Viticulture

Publié le 13/12/2017

Un colloque transfrontalier sur « les bioagresseurs invasifs des vergers et des vignes du Rhin supérieur » se tenait le 9 novembre à la Chambre d’agriculture Alsace. Avec une première intervention de Werner Dahlbender et Olaf Zimmermann sur quatre nouveaux « bioagresseurs ».

Ce colloque consistait à restituer les connaissances actualisées sur des « bioagresseurs » potentiellement destructeurs de cultures et les moyens de défense, grâce à un programme de recherche transfrontalier appelé InvaProtect. Engagé il y a deux ans suite aux fameuses invasions de drosophiles suzukii, ce programme de recherche intègre de nombreux spécialistes français, allemands et suisses. Nous reviendrons ultérieurement sur différents sujets abordés lors de cette journée et présentons d’abord quatre espèces invasives, potentiellement dangereuses pour les cultures, identifiées dans le fossé rhénan, autour du lac de Constance et le Rhin supérieur. Parmi les facteurs responsables de leur présence : le changement climatique et le commerce mondial. Elles font l’objet d’avertissements, de prédictions et de recommandations pour le contrôle. D’origine asiatique, la punaise diabolique (Halyomorpha halys), présente autour du lac de Constance et dans le fossé rhénan, semble inquiéter par sa dynamique de propagation et cause des dégâts sérieux en arboriculture. On la retrouve sur des cultures légumières - comme la tomate - forestières, ornementales, maïs, soja, plantes fructifères - comme le poirier - ainsi que la vigne. Autre espèce invasive, la cicadelle pruineuse (Metcalfa pruinosa) est présente dans tout le Rhin supérieur et possède plus de 300 plantes hôtes, dont l’ortie, la vigne… Préférant les habitats semi-ombragés, « des dégâts viticoles sont attendus dans les années à venir », estiment les observateurs, mais il n’y a pas de dégâts pour l’heure. Si pour cette cicadelle des parasites ont été trouvés, la punaise diabolique n’a pas d’antagoniste local ! Quant à la cochenille blanche du mûrier (Pseudaulacaspis pentagona), elle s’attaque aux pêchers, aux mûriers, à certaines variétés de cerisiers. On lui connaît deux larves antagonistes : Encarsia et Aphytis. En raison de son potentiel de propagation, il est conseillé d’agir rapidement dès les premières attaques identifiées, en coupant et incinérant les parties des arbres infestées. Enfin, la cochenille rouge du poirier (Epidiaspis leperii) est bien installée. Si les dégâts sont pour l’heure limités en arboriculture en France, il est cependant conseillé d’incinérer les bois touchés. Très dissimulée, elle est difficile à identifier. L’insecte s’attaque à pas mal d’arbres fruitiers, poiriers, mirabelliers, quetschiers et même des pins. La lutte est basée sur l’arrachage et l’incinération des bois. On connaît deux prédateurs auxiliaires contre cette cochenille, les cécidomyies et les coccinelles, et un lépidoptère parasite.

Confrérie Saint-Étienne à Malte

Les confrères sur l’île des chevaliers…

Publié le 13/12/2017

La confrérie Saint-Étienne s’est fixé pour objectif une nouvelle dynamique afin d’accentuer la diffusion des vins d’Alsace dans le monde. Pour illustrer cette volonté, une délégation s’est rendue du 16 au 20 novembre derniers en République de Malte au carrefour stratégique des routes maritimes de la Méditerranée occidentale et de la Méditerranée orientale.

La visite du domaine Meridiana Wine Estate, l’une des plus grandes exploitations viticoles de l’île a réservé de belles surprises viniques et gastronomiques. Le lendemain, au cours d’une soirée dédiée aux vins d’Alsace, peu connus sur l’île, plusieurs représentants de la viticulture et des producteurs d’Alsace ont pu présenter leurs meilleurs crus à près de 200 convives réunis dans les caves réputées du Trabuxu Wine Bar au centre de La Valette. Les échanges avec un public enthousiaste et chaleureux dans une ambiance cordiale ont été passionnés et constructifs. Le jour suivant sur l’île de Gozo, les membres de la délégation ont pu profiter de plusieurs réceptions, repas et rencontres, notamment dans le cadre merveilleux du Ta Frenc et sur le port au très fin Tmun Mgarr. Le 19 novembre, la confrérie Saint-Étienne a tenu un chapitre solennel au Palazzo De Piro, relais-château à M’dina, devant près de 60 personnes, dont plusieurs personnalités de la vie publique de Malte. Le vice-premier ministre, le Dr Christopher Fearne, et l’ambassadrice de France, son excellence Béatrice Le Fraper Du Hellen, ont été faits confrère et consœur d’honneur de la confrérie. Plusieurs restaurateurs, chefs de cuisine, importateurs de vins et viticulteurs locaux ont également été intronisés au sein de la confrérie Saint-Étienne. Un repas gastronomique de haut niveau a clôturé ce chapitre dans les salons de l’Infinitely Xara. Les contacts pris par les membres de la délégation laissent augurer une perception nouvelle et un élan neuf pour les vins d’Alsace sur le territoire de Malte, dont la capitale, La Valette, vient d’être promue capitale européenne de la culture pour 2018.

Enquête : la perception des sulfites par le consommateur

Mention « sans sulfites ajoutés » vue comme un indicateur de qualité

Publié le 10/12/2017

… De qualité environnementale, mais pas forcément de qualité gustative. Cependant, la mention sans sulfites ajoutés constitue un élément décisionnel de l’acte d’achat. Les résultats de l’enquête étaient présentés récemment au Biopôle de Colmar par son auteur, Ronan Symoneaux.

Il est désormais acté que les vins sans sulfites ajoutés ont le vent en poupe. Certains ne voudraient y lire qu’une mode, comme pour le bio à ses débuts. Mais les metteurs en marché et acteurs de la profession viticole ligériens ont tout de même voulu être éclairés sur ce mouvement consumériste des vins naturels et sans soufre ajouté. Et ils ont commandé une étude au département de recherche « évaluation sensorielle et perception des consommateurs », de l’École supérieure d’agriculture d’Angers. Son objectif : dans quelle mesure l’information qu’on délivre au consommateur va modifier sa perception hédonique et son intention d’achat, interroge Ronan Symoneaux qui est venu présenter certains résultats le 30 novembre au Biopôle à Colmar. Parmi les multiples chartes qui concernent ces vins, l’on relève quelques points communs : « Une philosophie est présentée, ils revendiquent tous les vendanges manuelles, ils utilisent des levures indigènes, pas d’intrants de synthèse. Quant aux sulfites, il y a des divergences, zéro ajout pour l’un, ajouts limités pour d’autres. » Une première partie de l’étude a consisté à vérifier si des vins sans sulfites dégustés à l’aveugle sont mieux appréciés. L’étude portait sur 6 muscadets dégustés à l’aveugle, les uns sans et d’autres avec sulfites, par un panel de 305 consommateurs, représentatif de la population. « Il n’y a pas de modification globale d’acceptabilité s’il n’y a pas d’étiquetage, et il n’y a pas de valorisation hédonique pour les vins sans sulfites. Mais en fonction des vins, il y a des différences, je ne suis pas autorisé à vous en parler », explique Ronan Symoneaux. Une deuxième partie de l’étude qui a fait appel à un panel de 140 dégustateurs, représentatif de la population, a consisté à faire déguster un même vin - gamay effervescent rouge -, l’un avec et l’autre sans sulfites, mais cette fois-ci chacun de ces deux vins est mentionné avec sulfites pour l’un, sans sulfites pour l’autre. Donc quatre vins au total, en faisant croire que ces quatre vins sont différents. Résultat : « Le fait qu’il y ait écrit la mention « sans sulfites ajoutés » suffit pour générer une meilleure valorisation hédonique. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est significatif. Par classe d’âge, les jeunes sont moins sensibles à la mention que les anciens. Et les plus jeunes, moins de 35 ans, apprécient même mieux les vins avec mention sulfites ». Enfin, la troisième partie de l’étude concernait la perception des sulfites. À la question « Êtes-vous allergique ou hypersensible aux sulfites ? », 5 % des sondés déclarent oui, 20 % disent connaître des proches sensibles (c’est même 30 % pour des consommateurs de bio). 30 % des sondés déclarent ne pas savoir à quoi servent les sulfites. Un tiers des sondés pensent que les vins sans sulfites ajoutés sont meilleurs, un tiers qu’ils ne le sont pas, et un tiers restent neutres. Attention, la réciproque n’a pas été étudiée, prévient Ronan Symoneaux. La question « Pensez-vous que les vins sulfités sont meilleurs que les vins sans sulfites ajoutés ? » n’a pas été posée dans l’enquête. Cette dernière indique en outre qu’une majorité des sondés pense que les vins sulfités se conservent mieux, mais que les vins sans sulfites donnent moins la migraine, 40 % d’entre eux pensent en outre qu’ils seraient plus respectueux de l’environnement. « Clairement la question des sulfites relève d’une problématique de santé dans l’imaginaire du consommateur », observe Ronan Symoneaux.

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