Viticulture

Publié le 28/07/2023

Pendant toute cette Foire aux vins 2023, l’entreprise Stevial va présenter la cireuse de bouteilles semi-automatique CIR 22 fabriquée par LV Cireuse. Une machine qui permet d’apporter facilement, rapidement, et à un coût réduit, une touche « haut de gamme » à ses cuvées spéciales ou grands crus.

Une touche de cire pour monter en gamme. C’est la promesse offerte par la cireuse de bouteilles semi-automatique présentée pendant toute la Foire aux vins de Colmar par Stevial. Toujours à l’affût des dernières innovations du marché capables de répondre aux besoins et attentes des vignerons alsaciens, l’entreprise de Bennwihr a cette fois eu le coup de foudre pour cette petite machine à cacheter les bouteilles CIR 22 imaginée par la société LV Cireuse et son fondateur Hervé Larmigny. Avec elle, finie la corvée de cirage à la main et sa cadence de seulement 200 bouteilles par heure, le tout pour un budget abordable. « Une cireuse automatique, c’est plus de 100 000 euros. Cette version semi-automatique ne coûte que 16 000 euros. Certes, il faut toujours un opérateur. Mais le rendement est bien meilleur - entre 500 et 600 bouteilles par heure - et le travail est bien plus optimal et régulier », développe Olivier Zink, responsable commercial chez Stevial. Il existe même une version « premium » de la machine capable de débiter entre 900 et 1 100 bouteilles par heure avec ses dix bras (contre cinq dans la version de base) servie par deux opérateurs.     Moins d’effort pour l’opérateur, un rendement bien meilleur, et une facilité accrue pour valoriser ses grands crus ou cuvées spéciales. Une perspective qui a déjà séduit quelques acteurs du vignoble alsacien comme la maison Frey, à Dambach, la maison Josmeyer, à Wintzenheim, ou la maison Mann, à Eguisheim. « Par rapport à une capsule aluminium, celle en cire apporte une touche haut de gamme au produit final. Ce n’est pas pour rien que de grands noms du Bordelais ou de Bourgogne l’utilisent depuis longtemps », souligne Olivier Zink. Un bon retour sur investissement En Alsace, la pratique reste encore marginale mais a pourtant un gros potentiel pour se développer estime le représentant de Stevial. Grâce à la cinquantaine de couleurs existantes, le vigneron peut cacheter chacune de ses cuvées spéciales avec une teinte différente. C’est ce qu’a notamment fait la maison Mann en associant la couleur des capsules de cire avec la couleur des étiquettes et terroirs associés. « Le retour sur investissement est vraiment intéressant. On peut facilement ajouter entre cinq et dix euros sur le prix de vente d’une bouteille cirée », met en avant Olivier Zink. Cette cireuse semi-automatique CIR 22 a aussi le mérite d’être relativement économique avec un coût de revient en cire de seulement 4 cts par bouteille, et la garantie zéro déchet. Une tôle d’égouttage récupère les projections de cire qui sont ensuite ramassées et remises dans le circuit avec une simple spatule. Pas de perte et aussi pas de souci d’approvisionnement en perspective comme cela a pu être le cas avec les capsules en aluminium encore très récemment. « La cire est une alternative sérieuse, certes plutôt orientée grands crus et cuvées spéciales, qui n’est pas sujette aux crises actuelles. » Enfin, Olivier Zink met en avant le gabarit de la machine, de la taille d’une europalette, facilement transportable grâce à ses roulettes. « Ça rentre facilement dans une camionnette. Pour un usage partagé en Cuma par exemple, c’est l’idéal. Chaque vigneron a son jeu de cloche et ses consommables, et peut finalement utiliser une machine performante à un coût encore plus abordable. »

Publié le 28/07/2023

Cette année, Wolfberger renforce sa communication à la Foire aux vins de Colmar en devenant le fournisseur officiel du Théâtre de plein air et du Parc-Expo, et un partenaire privilégié de l’Est Agricole et Viticole et du Paysan du Haut-Rhin au cœur du Parc agricole. Une visibilité accrue pour divertir, séduire et recruter la jeunesse locale au sein de la cave coopérative.

La Foire aux vins (FAV) de Colmar est littéralement « The place to be »* pour Wolfberger. Pour cet exposant historique, la manifestation phare de l’été alsacien est tout aussi bien un lieu festif, un lieu de rencontres… et de recrutements tous azimuts. « C’est le moment idéal pour attirer des jeunes à nous, leur montrer les métiers du vin et tout ce que la Cave peut leur proposer comme emploi saisonnier ou plus durable », explique la chargée de communication de Wolfberger, Véronique Renck.   Voir cette publication sur Instagram Une publication partagée par Wolfberger (@wolfberger_officiel)   La 74e édition de la FAV qui démarre aujourd’hui pousse un peu plus loin cette philosophie. Après avoir instauré un nouveau stand extérieur en 2022, Wolf' devient cette année le fournisseur officiel du Théâtre de plein air, du Parc-Expo, et un partenaire privilégié de l’Est Agricole et Viticole et du Paysan du Haut-Rhin pendant ces dix jours de foire. Des cartes boisson, d’une valeur de vingt euros, seront offertes lors des différentes animations proposées sur le stand des journaux, au cœur du Parc agricole. Une fois en sa possession, l’heureux ou heureuse gagnant (e) pourra se rendre sur le stand de la cave pour y déguster ses vins les plus emblématiques, ses dernières nouveautés ou expérimentations. « La FAV est l’endroit idéal pour lancer de nouveaux produits et le faire tester par les visiteurs. On peut ainsi voir ce qui marche et ce qui marche moins bien », poursuit Véronique Renck.   Voir cette publication sur Instagram Une publication partagée par Wolfberger (@wolfberger_officiel)   Wolfberger n’est en effet pas qu’un producteur de vin. L’entreprise a également un joli catalogue de spiritueux et d’amers bière à proposer. Trois métiers, trois approches qui illustrent bien son envie de séduire tous les publics. « C’est ce qu’on retrouve à la Foire aux vins : un public familial la journée, plus festif le soir. C’est aussi l’intérêt de ce nouveau partenariat avec le PHR et l’EAV : faire venir à nous les visiteurs du Parc agricole, et notamment des jeunes vignerons qui pourraient être intéressés à l’idée de nous rejoindre », précise la chargée de communication. L’argument « patrimoine » pour séduire les jeunes Attirer de nouvelles têtes, c’est justement ce sur quoi travaille la génération « W » de Wolfberger depuis 2018, la communauté de jeunes vignerons coopérateurs présidée actuellement par Guillaume Gruneisen. Comme tant d’autres métiers manuels, la viticulture se voit de plus en plus confrontée à une crise de vocation, quel que soit le métier. « Avec la disparition des petites exploitations, celles qui restent grossissent de plus en plus et ont par conséquent un besoin de main-d’œuvre plus important, et pas que saisonnier. À côté de cela, les époux ou épouses ne travaillent plus nécessairement aux côtés du vigneron, ni les parents. C’est un phénomène nouveau auquel nous devons nous adapter tant bien que mal », développe le jeune vigneron coopérateur. C’est cette nouvelle donne qui l’a incité, entre autres, à venir grossir les rangs de Wolfberger lors de son installation. « Savoir qu’il y a toute une équipe derrière moi - commerciale, technique, marketing - est hyper rassurant et sécurisant. On ne se sent jamais délaissé. Dans le contexte actuel, cela permet de voir l’avenir un peu plus rose », argumente-t-il.   Voir cette publication sur Instagram Une publication partagée par Wolfberger (@wolfberger_officiel)   Pour convaincre la jeunesse de rejoindre l’aventure vigneronne au sein de Wolfberger, il met en lumière le rôle patrimonial de la vigne dans le paysage alsacien. « Quand je vois tous ces touristes qui font tant de kilomètres pour les voir, j’éprouve une certaine fierté à l’idée de faire mon métier. J’ai la chance de pouvoir perpétuer ce que nos aïeux ont construit et qu’on doit transmettre à nos enfants. En travaillant dans la viticulture alsacienne, c’est à tout cela qu’on contribue. C’est ce message qu’on veut partager auprès de tous ces jeunes qui parcourent les allées de la Foire aux vins », conclut avec enthousiasme Guillaume Gruneisen.

Domaine Kumpf et Meyer à Rosheim

Des lianes dans l’herbe

Publié le 21/07/2023

La question de la gestion de l’inter-rang revient régulièrement sur le tapis. Parmi les nombreuses solutions envisageables, en figure une qui requiert à la fois d’être capable de lâcher prise, de faire confiance aux équilibres naturels, et de bien connaître la physiologie de la vigne : celle de laisser pousser des lianes dans de l’herbe, jusqu’à la mort du couvert, qui précède la fructification de la vigne.

Le domaine Kumpf et Meyer s’étend sur 15 ha dans les environs de Rosheim. Depuis décembre 2010, il est cogéré par Sophie Kumpf et Julien Albertus. Petits-fils de viticulteur, titulaire d’un BTS viti-oeno, ce dernier a fait ses armes chez plusieurs vignerons, dans le Sud, en Alsace, et chez un caviste, avant d’être embauché par Sophie Kumpf. Sa mission : donner une direction au domaine. Pour Julien Albertus, qui ne voulait pas « faire du vin pour faire du vin, mais faire du vin de lien, de terroir », la ligne directrice est toute trouvée : le domaine sera converti à l’agriculture biologique. Poussé par sa fibre environnementale, il tient aussi à remettre de l’herbe dans des vignes qui étaient jusqu’alors conduites de manière traditionnelle : « Le cavaillon était désherbé, et l’inter-rang fauché avant même que l’herbe ait poussé. » Transition dans les vignes et dans les têtes « La transition a demandé des adaptations, tant en termes de moyens que de mentalités », rapporte Julien Albertus. Mais, petit à petit, il a atteint ses objectifs. Dès 2012, il entame la conversion en bio. À cette époque, le sol n’est déjà plus travaillé qu’une fois par an sur l’inter-rang, et deux à trois fois par an sous le cavaillon, pour qu’il reste « propre ». En 2016, la progression vers l’enherbement permanent connaît un bond en avant. Julien Albertus investit dans un rolofaca, et un châssis plus adapté pour travailler le cavaillon au disque, une technique qui permet « de scalper l’herbe, la soulever, et la laisser sur place ». Pour gérer l’enherbement de l’inter-rang Julien Albertus utilise son rolofaca, mais « souvent mal », affirme-t-il aujourd’hui, après avoir appris de ses diverses expérimentations qu'« un seul passage suffit, quand l’herbe est mûre ». En 2017, il investit dans un semoir, afin de réaliser des semis sous couvert dans l’inter-rang. « J’ai mené plein d’essais, dans l’espoir de trouver la formule idéale : à faible densité, à densité élevée, à différentes périodes… J’en suis arrivé à la conclusion que, pour avoir un bon résultat, ce qui compte c’est la préparation du lit de semence. Pourtant l’objectif est de moins travailler le sol, de dépenser moins d’énergie et de temps. En outre, les résultats de ces semis sont très dépendants des conditions météorologiques, sur lesquelles on n’a aucune prise. » Résultat, en 2021, année où il obtient ses plus beaux résultats de semis, Julien Albertus décide de jeter l’éponge : « J’ai vu ce qu’il fallait faire pour que ça fonctionne, et ça ne me convenait pas. » Less is more L’année suivante, il sème encore 6 ha, mais laisse faire la nature sur les autres. C’est la révélation : « Il y avait trois fois plus de biomasse avec l’enherbement naturel qu’avec l’enherbement guidé. J’ai attendu que cette herbe spontanée mûrisse et puis je l’ai couchée. » Et c’est tout. Tout naturellement, Julien Albertus conclut : « Mieux vaut laisser pousser ce qui vient spontanément. Car c’est ça, qui est adapté au contexte. Les semences du commerce sont obtenues ailleurs, dans d’autres conditions. Donc non seulement elles représentent une charge, mais en plus elles ne sont pas forcément adaptées à notre contexte, donc elles poussent mal, et ne remplissent pas la fonction attendue. Sans compter que les produire consomme des terres et des intrants, de l’énergie. » Une touche de rolofaca Julien Albertus laisse donc désormais place à l’enherbement naturel sur près de 80 % des parcelles du domaine, avec succès. Cet enherbement naturel est géré de différentes manières. « Les traitements phytosanitaires sont réalisés au quad (lire aussi pages 28-29), ce qui a tendance à coucher l’herbe à chaque passage. » Puis, quand l’herbe est mûre, elle est couchée au rolofaca : « C’est très facile et ça forme un très beau paillage », assure Julien Albertus.     Le cavaillon, lui, est géré au cas par cas, selon les années. En 2021, année poussante, il y a eu un passage de disque. Pas plus, car le sol était détrempé. Résultat : « L’herbe s’est arrêtée au premier fil et n’a pas gêné la suite des opérations. » En 2022, Julien Albertus a investi dans un intercep Facamatic de Boisselet. Un investissement qui se solde par un échec : « Il y avait un dysfonctionnement donc je ne l’ai pas utilisé. » Quoi qu’il en soit, cette même année, en raison du manque d’eau, l’herbe n’est pas montée sur le cavaillon, où il y en avait beaucoup moins que sur l’inter-rang. « C’est sans doute lié à l’historique du travail du cavaillon, mais je n’ai pas assez de recul pour l’affirmer », rapporte le vigneron. En 2023, il utilise, après réparation, le Facamatic qui procure « un joli paillage ».     Problématique hydrique Pour Julien Albertus, la problématique de la compétition hydrique entre la vigne et l’enherbement, est un faux débat, à plus d’un titre. Il égraine ses arguments. « Pour pousser, la vigne a besoin de carbone, qu’elle se procure via la photosynthèse, et d’éléments minéraux, qu’elle puise dans le sol. Au début de sa période végétative, elle puise dans ses réserves, à peu près jusqu’à la floraison, où elle commence réellement à aller prospecter dans le sol. Or ce moment coïncide avec la fin du cycle de l’herbe. » En outre, la présence d’herbe, qui est couchée au sol, contribue à avoir un sol riche en matière organique, avec une bonne capacité d’infiltration et de rétention de l’eau. Alors que d’autres parcelles ravinent sous l’effet de fortes pluies, l’eau s’infiltre dans les parcelles enherbées. « Autant d’eau qui pourra alimenter l’herbe, et la vigne. » Enfin, le fait de laisser pousser l’herbe et, surtout de la laisser en place, alimente la vie du sol : « Les racines qui restent dans le sol vont être propices à l’installation de symbioses mycorhiziennes, qui vont créer une capacité de prospection supérieure à celle qui prévalait sous un inter-rang travaillé. » Mais pour que ce système fonctionne, Julien Albertus insiste : « L’herbe doit être couchée seulement quand son cycle est fini, sinon elle va repartir et, ce faisant, elle va repomper de l’eau dans le sol. Une catastrophe au niveau de la gestion hydrique. Alors qu’une fois couchée, l’herbe bien mûre forme un paillage qui a un effet allopathique, empêchant d’autres espèces de s’installer trop rapidement. » Un confortable matelas pour aller jusqu’aux grains de raisin.

Pages

Les vidéos