Viticulture

Publié le 24/11/2017

La semaine dernière, la concession Serma a présenté en avant-première du Sitevi la nouvelle génération du tracteur vigneron de Fendt : le Vario 200 S3.

Les concessions Serma d’Houssen et Mommenheim ont présenté la semaine dernière, le nouveau tracteur vigneron de Fendt, le 200 Vario S3 Génération 2018, disponible dans des puissances allant de 70 à 110 ch. « C’est une avant-première. La présentation officielle française n’aura lieu qu’au Sitevi, tandis que la présentation allemande a eu lieu au dernier salon Agritechnica », souligne le gérant de Serma, Freddy Jung. Cette version revisitée du Vario, lancé pour la première fois en 2009, est équipée d’un nouveau système de dépollution répondant aux dernières normes en vigueur. La largeur de la machine est toujours « parfaitement adaptée » aux vignes alsaciennes avec ses 1,07 m. Comme sur la version précédente, le nouveau Vario 200 S3 bénéficie d’un pont avant suspendu ainsi que d’un plancher plat… et désormais chauffant en option. « C’est une demande qu’on a reçue de nombreux clients, désireux d’être un peu plus au chaud lors de travaux hivernaux », précise Freddy Jung. La cabine étant indépendante du châssis, elle ne bénéficie en effet d’aucune remontée de chaleur. « C’est un plus en été quand on veut être au frais, mais cela représentait vraiment un inconvénient en hiver. Ce n’est plus le cas désormais. » Autres options nouvelles à mettre au crédit du dernier tracteur vigneron de Fendt : la ventilation à pales réversibles qui permet de nettoyer les grilles d’admission d’air, ainsi que la possibilité d’ajouter un système de guidage. Une technologie héritée des « gros » tracteurs agricoles du catalogue Fendt. « À partir de cette génération, on peut proposer cette technologie dès la fabrication à l’usine. C’est vraiment très intéressant pour les viticulteurs, de plus en plus nombreux à travailler en combiné, avec un outil sur chaque essieu. Avec un système de guidage, ils peuvent laisser le tracteur rouler tout seul et davantage porter leur attention sur leurs outils », souligne le gérant de la concession Serma. À noter enfin l’intégration de la partie clignotant dans la partie supérieure de la cabine, et la possibilité d’opter pour un échappement vertical ou horizontal. Des démonstrations de ce tracteur « construit et assemblé à 100 % par Fendt » seront organisées par Serma au printemps 2018 dans le Haut-Rhin et le Bas-Rhin.

Démonstration viticole organisée par Siegwald matériels

Lundi 20 novembre, l’entreprise Siegwald matériels SAS Marchal de Logelbach organisait une démonstration dans une parcelle de Clément Bohn à Ingersheim. Le matériel en test : une prétailleuse Siegwald et un outil de travail du sol présenté par la société C.I.L.

Publié le 22/11/2017

Cette année, les œnologues de Champagne proposaient un focus sur le soufre, dont la première partie était consacrée à la viticulture. L’occasion d’observer les évolutions champenoises sur ce dossier peu préoccupant, mais qui nécessite de la technicité.

Coproduit de la pétrochimie, le soufre peut également provenir de volcan, mais les conditions extrêmes de son extraction sont alors sujettes à caution éthique, rappelle Marcro Manfredini de chez Esseco, fournisseur pour l’œnologie. Pour être purifié, le soufre tiré des raffineries est d’abord fondu à 120 °C, puis porté à 450 °C. Les vapeurs sont recondensées dans un flux d’air froid. Quant à la destination agrochimique bio ou conventionnelle, le soufre est soit broyé, soit distillé, soit micronisé, pour donner du soufre en poudrage ou mouillable. Sa densité très légère de 0,6 est liée à la structure des particules dites « utriculiforme » de 5 à 15 µm, en forme d’éponge : le but est d’optimiser les échanges avec l’atmosphère pour avoir une action massive sur la culture, explique Laurent Oudin, d’UPL, fabricant de soufre pour l’agriculture. En cas de micronisation pour usage liquide, le soufre étant hydrophobe, on lui ajoute des agents mouillant et dispersant, qui limitent la sédimentation en cuve. Parce qu’il a une action multisites, agissant à la fois sur la respiration cellulaire, la synthèse des protéines et la synthèse des acides nucléiques, le soufre ne rencontre pas de résistances dans son action contre l’oïdium. Les observations montrent que le mycélium s’effondre et est finalement détruit. Sur les 780 000 ha de vigne, le soufre est utilisé en moyenne entre 2,4 et 3 fois par an à une dose moyenne de 6 kg/ha. Soit environ 12 000 t par an de soufre mouillable et 6 000 t/an de soufre poudre épandus chaque année. En 2014, le soufre représente plus de la moitié de tonnage de la pharmacopée du vignoble. Fort heureusement, le soufre ne pose pas de préoccupation toxique, et n’a pas non plus de LMR (Limite maximale de résidu). Classé d’ailleurs, dans la liste des produits de biocontrôle, il n’est ainsi pas intégré dans les indicateurs environnementaux comme l’IFT (Indice de fréquence des traitements). Pas d’altération significative à demi-dose Pour autant, son usage n’est pas anodin, tempère Marie-Laure Panon, du Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC). Car si le soufre n’est pas préoccupant sur le plan environnemental des questions phytosanitaires, « c’est un produit pondéreux, incompatible avec d’autres produits, irritant, odorant ». Produit peu sélectif, il peut causer des brûlures à l’appareil végétal. Malheureusement, il a tendance à sédimenter dans les cuves de pulvérisateurs, et révèle assez facilement les défauts de conception de ces dernières quand le brassage des bouillies s’opère mal. « Il ne faut surtout pas laisser sécher les bouillies de soufre, et il faut veiller à la propreté des filtres. » Par ailleurs, l’adjonction de soufre augmente le pH des bouillies, rappelle Marie-Laure Panon, et « met à mal le pouvoir tampon des spécialités commerciales » co-ajoutées aux bouillies de soufre. C’est donc un très mauvais compagnon de certaines molécules sensibles au pH alcalins. Cela dit, le soufre est redevenu central dans les stratégies de lutte contre l’oïdium. Vincent Faihy, de la société de prestations viticoles Viti Concept, constate en Champagne qu’en cas de haute fréquence à forte intensité d’attaque d’oïdium, les parcelles en conventionnel décrochent plus que les parcelles en bio. Une raison est avancée : parmi la panoplie des 9 familles de produits contre l’oïdium, soit 93 spécialités commerciales au total, 5 familles sont concernées par des résistances. 5 familles sont par ailleurs classées CMR (cancérigène, mutagène, reprotoxique). Au final, sur les 93 spécialités, il n’en reste que 22 non concernées par les résistances et non classées CMR, dont 16 sont à base de soufre mouillable. Selon les essais du CIVC, l’application précoce de soufre n’améliore pas l’efficacité contre l’oïdium, car son effet est curatif. Par contre, des essais d’application à demi-dose d’homologation ne montrent pas d’altération significative de l’efficacité. Il y a donc des progrès possibles potentiels pour diminuer les quantités appliquées.

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