Viticulture

Publié le 03/11/2017

À Barr, la maison Charles Wantz multiplie les références sur sa carte. Cette prolificité organisée se veut garante d’un courant de vente soutenu.

Jeter un rapide coup d’œil sur la carte des vins de la maison Charles Wantz pour s’en faire une idée est impossible. Tout simplement parce qu’elle couvre trois pages. Il faut donc prendre son temps pour passer en revue les principales gammes baptisées « classiques », « terroirs et grands crus », et « vendanges tardives », avant de poursuivre avec les vins récompensés dans des concours et sigillés, et de terminer par les millésimes de collection de 1981 à 2008. « Le nombre de références est une richesse. Elle stimule les affaires. Plus j’en propose, plus j’en vends » lance Erwin Moser, directeur général de l’entreprise. Il n’hésite pas à en ajouter. Il y a une dizaine d’années, il a créé la gamme « modernes » sous l’étiquette Charles Wantz. Elle se compose d’un pinot noir rosé et de deux assemblages : pinot blanc, muscat et gewurztraminer d’une part ; pinots blancs et gris, d’autre part. Ces vins n’affichent ni millésime, ni longueur en bouche, mais un côté facile et floral qui doit les rendre « accessibles ». Le premier assemblage cité a trouvé son marché dans la petite restauration, chez le traiteur qui ne veut qu’un seul vin, sec, avec du bouquet, auprès de la clientèle féminine fréquentant les brasseries et, un peu à la surprise générale, sur le marché… russe ! Ces vins ont cependant raté leur cible d’origine, en l’occurrence les « jeunes consommateurs qui rentrent dans l’univers du vin et qui se fichent des cépages ». Erwin Moser a donc remis le projet sur le métier. Sous la marque « Eliane Moser », la toute nouvelle gamme Fleur se compose de mises de printemps en sylvaner, pinots blanc et gris, riesling et rosé. Tous sont des « vins de fruit » car « pour défricher un terrain, il faut faire simple afin de ne pas noyer le client de notions qu’il ne saisit pas forcément du premier coup ». Pour Erwin, chaque groupe de vins de sa carte doit cibler un type de clientèle. « Certains cavistes ne veulent que des vins médaillés. C’est pourquoi « les lauréats » figurent sur la carte. Ils ont été primés à Mâcon ou à Colmar, ou alors ils ont obtenu le sigille de la Confrérie Saint-Étienne ». Une telle segmentation apparaît d’autant plus judicieuse à Erwin que le marché français recule, que la clientèle traditionnelle le demeure en refusant par exemple un conditionnement comme la capsule à vis. Les vins de collection servent l’image La trentaine de vins de collection occupe pour sa part depuis vingt ans une place particulière sur la carte. « Financièrement, ils ne font pas gagner beaucoup d’argent. Ils sont régulièrement dégustés, entretenus, rebouchés. On en parle. On en ouvre. 10 à 15 % du stock ne seront pas vendus. C’est un budget. Et c’est au reste de la gamme de supporter ces frais de communication » explique Erwin. Ces vins trouvent notamment des amateurs au Japon, au Canada, en Suisse… « A plus de dix ans d’âge, il faudrait les vendre à un tarif encore plus élevé » estime Erwin, car « plus c’est cher, plus c’est bon. Le prix fait partie de la perception qualitative et du plaisir ressenti. Ce qui ne coûte rien, ne vaut rien ». Erwin maintient le positionnement de ces vins complexes car ils sont destinés à fabriquer du souvenir et de l’émotion chez ceux qui les dégustent. Ils servent l’image de la maison Wantz. À l’arrivée, ce sont eux qui font vendre la gamme des classiques qui représente l’essentiel des volumes écoulés. La maison Wantz commercialise 32 % de ses bouteilles chez les restaurateurs et cavistes, 28 % en grande distribution et 40 % dans une bonne vingtaine de pays. Erwin a participé en 2017 à son dernier Vinexpo, un salon au prix « trop élevé » qui ne lui offre plus aucune occasion de conquérir de nouveaux clients. Il préfère se concentrer sur Prowein, un événement où il rencontre notamment ses importateurs d’Europe du nord, dont ceux de Suède. « C’est le premier marché export de la maison Wantz. Elle y réalise volume et marge » avoue Erwin. La Belgique et l’Allemagne sont deux autres destinations importantes devant l’Italie, un « pays où les vins d’Alsace sont appréciés et où la marge est la meilleure ». En termes de produits, « le gewurztraminer a sa chance en Chine car son côté épicé plaît et personne d’autre que l’Alsace ne peut en proposer ». Le crémant en constitue une seconde. « Il permet de déclencher un client » estime Erwin. Pour mettre encore davantage d’atouts dans son jeu, la maison Wantz a choisi de ne pas vendre de crémant blanc qui n’aurait pas passé un minimum de quarante-huit mois sur lattes.          

Récolte de plants de vignes

Vendredi 3 novembre, aux abords de Dachstein, les pépinières viticoles Schaffner d’Ergersheim récoltaient leurs plants de vignes. Leur parcelle de 4,70 hectares compte un million de plants de vignes au total qui ont été implantés, à la main, au mois de mai dernier. 

Publié le 03/11/2017

Les chefs étoilés d’Alsace ont lancé la 27e édition de la Formule jeunes, jeudi 26 octobre aux Haras de Strasbourg. Une offre de menus à prix raisonnables pour séduire les jeunes amateurs de bonne chère. En outre, les Jeunes vignerons indépendants d’Alsace et des artisans s’ajoutent au menu, via de nouveaux partenariats.

Ne dites pas apéritif dînatoire, mais afterwork festif. Mission séduction de la jeune clientèle pour les Étoiles d’Alsace, la semaine dernière à Strasbourg. Les meilleurs chefs de la région ont donné le top de la Formule jeunes 2017, proposant des menus à petits prix, à coups de musique électro, d’amuse-bouches quatre étoiles et de bon vin. Après le succès de l’afterwork de l’an dernier, l’association de restaurateurs était attendue au tournant. Au final, plus de 400 fêtards ont pris part à cette soirée branchée. « Nous affichions complet à peine 24 heures après l’ouverture des réservations. » Michel Husser, fraîchement élu président des Étoiles d’Alsace, affichait un large sourire, quelques minutes avant l’ouverture des portes. L’événement a drainé son lot de jeunes cadres dynamiques entre la salle de réception et les jardins du Haras. La plupart ont eu vent de la fête sur les réseaux sociaux. « Des amis m’ont parlé de la soirée de l’an dernier et m’ont recommandé de venir, raconte Justine, une petite rousse qui débute dans la médecine. Je me suis tenue à l’affût sur Facebook pour cette édition. » De l’étoilé à partir de 42 € Praliné de foie gras, huître pochée, origami de betterave et anguille. Les mets servis aux tables de la vingtaine de cuisiniers présents donnent un avant-goût des menus proposés en Formule jeunes. Des cuistots qui se sont prêtés à fond au jeu de la proximité. On pouvait ainsi causer avec les grandes toques locales autour d’un pinot noir et d’un cake aux olives. Normal pour une promotion qui veut inciter les jeunes à pousser la porte de restaurants reconnus. Mais l’argument choc reste bien sûr le prix. Pour 42, 79 ou 109 € on peut s’offrir un repas tout compris à trois ou quatre plats dans une des meilleures maisons alsaciennes. Une manière de démonter l’idée bien implantée chez les jeunes selon laquelle un restaurant gastronomique coûte toujours très (trop) cher. « Les jeunes sont notre clientèle d’avenir, c’est essentiel d’aller vers ce public, » confirme Michel Husser, par ailleurs chef au Cerf à Marlenheim. Les Jeunes vignerons s’invitent à la fête Pour couronner le tout, les cuistots sont venus avec une surprise dans leur hotte. Deux partenariats avec les Jeunes vignerons indépendants et une dizaine d’artisans (boulangers, bouchers…) viennent étoffer les offres classiques de l’association. En clair, les restaurants participants à la Formule jeunes vont désormais proposer des vins issus des Jeunes vignerons indépendants d’Alsace. « On va essayer d’en proposer au moins deux par menu », espère le président de l’association. « L’idée est de se faire connaître au sein de restaurants déjà reconnus », affirme Denis Hebinger, cheville ouvrière de ce partenariat pour le syndicat viticole. Un accord qui coule de source selon le vigneron. Si l’initiative est venue de la base des Jeunes vignerons, les chefs l’ont reçue avec bienveillance. « Nous partageons les valeurs de qualité, d’authenticité, de fidélité à notre région et son terroir, » appuie le patron des Étoiles d’Alsace. Un peu plus discret, le mariage avec une dizaine d’artisans marque un changement dans l’utilisation de l’offre. À l’issue d’un repas Formule jeunes, les convives recevront un bon de réduction valable chez des maîtres artisans de la région. Et quelle ristourne ! Pas moins de 20 % offerts chez la dizaine de partenaires. Un argument supplémentaire pour attirer encore plus de jeunes gourmets, et battre le record des 12 000 repas servis dans le cadre de ce programme l’an dernier. D’ici là, un deuxième afterwork est prévu le 16 novembre, au Koifhus de Colmar. Avis aux amateurs !

Pages

Les vidéos