Viticulture

Les feux en Californie

Californian tragedy

Publié le 19/10/2017

Avec les feux géants, la Californie et en particulier son vignoble, le quatrième plus grand du monde, vit l’une de ses plus grandes tragédies. Un point sur la situation et le témoignage de Sébastian Erggelet, du Kayserstuhl, travaillant actuellement dans une winerie de Napa Valley .

Nous avons contacté Sébastian Erggelet pour nous livrer son témoignage de la situation de la Californie actuellement en proie aux flammes d’un gigantesque incendie qui affecte plus particulièrement la zone viticole du nord de San Francisco. Il travaille actuellement dans une winerie de Napa.   « Le feu a commencé dimanche 9 octobre. Il y avait des vents violents. Nous n’avions reçu aucune pluie depuis cinq mois », témoigne Sébastian. Lundi et mardi, la situation a d’autant plus empiré que « nous étions sans électricité et donc sans aucune communication, ni par téléphone, ni par internet ». Coupée du monde, la population a été durant deux jours plongée dans l’inquiétude voyant de surcroît les feux sur les collines cerner la ville de Napa. « Nous avons vécu une situation chaotique. » Mercredi 11 octobre, « l’électricité a été rétablie, et on a retrouvé les communications. On a commencé à voir des canadairs, des hélicoptères. Et les feux ont commencé à être maîtrisés. L’air était devenu irrespirable », ajoute Sébastian. En date du 16 octobre, la Nasa a fait le point sur une situation encore critique sur le front des incendies avec toujours des problèmes majeurs de feux de forêt autour des régions de Napa et de Sonoma Valley. Sans compter les feux plus au Nord autour du Mont Sainte Hélène et d’Oakmont, qui ont fait 22 morts, et détruits 3 947 habitations. Des pluies étaient enfin annoncées pour cette fin de semaine, levant l’état d’urgence. Mais avec plus de 50 morts, une centaine de portés disparus, 100 000 ha brûlés et 5 700 structures d’habitations détruites, la Californie fait face à l’une de ses plus grandes tragédies de son histoire. À Santa Rosa, dans le comté de Sonoma, 40 000 des 175 000 habitants ont été évacuées. La ville totalise 2 834 habitations, commerces et autres bâtiments détruits. « Les vignobles ont joué le rôle de pare-feu », explique Sébastian Erggelet. L’impact global sur la production aura une portée psychologique. Sur les quelque 1 200 établissements vinicoles des comtés de Mendocino, Napa et Sonoma, qui représentent environ 12 % de la production globale de raisins de Californie (85 % de la production de vin des États-Unis), 90 % des raisins dans la vallée de Napa et dans le comté de Sonoma, et 75 % dans le comté de Mendocino, ont été vendangés avant le début des feux, indique Karissa Kruse, présidente de la Sonoma Grape Growers. Parmi la trentaine de wineries détruites, on compte cependant quelques noms emblématiques comme Signarello, William Hill estate, Château Saint Jean…

Publié le 30/09/2017

Du 22 au 24 septembre, une quarantaine d’animations gourmandes en Alsace ont marqué la fête de la gastronomie et sa thématique nationale « Au cœur du produit », déclinée notamment sur le Foodtour, un inédit de cette troisième édition régionale.

Initiatrice de la déclinaison régionale de la fête nationale de la gastronomie, Alsace Destination Tourisme (ADT), en collaboration avec les chefs restaurateurs et la Chambre d'agriculture d’Alsace, a offert au public un programme dense, festif et très gourmand pour sa troisième édition, du 22 au 24 septembre. Restaurateurs et producteurs, des collaborations pérennes Parmi les différentes animations, le Foodtour Alsace « Du champ à l’assiette » a été inauguré le 22 septembre à l’Îlot de la Meinau à Strasbourg. « Sans bons produits, pas d’excellence dans l’assiette », a lancé le chef Jacques Eber, rappelant que 32 de ses homologues se mobilisent pour cette fête, en proposant jusqu’au 1er octobre un menu terroir, illustré par l’affiche d’un selfie réalisé avec des producteurs. Cette coopération « met en avant leur savoir-faire ». « Ce Foodtour est l’occasion de découvrir ce territoire exceptionnel, ses productions agricoles diversifiées et sa convivialité », a ajouté Vincent Debès, président délégué d’ADT, saluant la présence de Marie-Thérèse Fischer-Phung, représentante nationale du commissariat général de la fête de gastronomie. Paul Schiellein, représentant la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), est revenu sur « ce partenariat gagnant-gagnant » avec les restaurateurs. Les producteurs ont « tout intérêt à vendre leurs produits aux restaurateurs qui vont les mettre en valeur » et pour les chefs, utiliser des produits locaux est un plus. Cette collaboration est « pérenne tout au long de l’année », a-t-il souligné. Quatre salariés s’occupent des circuits courts à la CAA. « C’est le rôle de la Chambre d'agriculture d’accompagner ces productions agricoles périurbaines », à l’image de cette exploitation agricole à la Meinau, gérée par Geoffrey Andna. Créée en 2014 avec deux associés, elle compte 6 144 m2 de serres sur 11 hectares au total et décline une quarantaine de productions. Les produits sont vendus en direct et via un réseau de restaurateurs, qui représentent 50 % de l’activité. L’Îlot a produit « 1 tonne de tomates par jour en pleine saison », a précisé Geoffrey Andna, en invitant les participants à la visite de l’exploitation. Du chou au confit de choucroute Après avoir souligné « la richesse que nous avons tous sous les pieds », Jean-François Vierling, président d’Alsace Qualité, a rappelé que la marque Savourez l’Alsace Produit du terroir est gage de qualité. Les participants ont ensuite été accueillis par Sébastien Muller, à la choucrouterie Le Pic à Meistratzheim pour découvrir ce « légume ancestral » aux multiples qualités dont l’Alsace produit 75 % du volume. Cinquième génération à la tête de cette entreprise familiale, Sébastien Muller a rappelé qu’elle exploite 70 hectares de choux à choucroute, qui sont lavés, coupés et transformés sur place, après « une fermentation naturelle qui peut durer 15 jours à deux mois », pour une production de 4 000 à 5 000 tonnes de choucroute par an. L’entreprise propose une gamme de choucroute bio et les participants à ce Foodtour ont pu apprécier sa dernière création, le confit de choucroute qui se marie parfaitement au foie gras. Sébastien Muller a précisé que le jus de choucroute sert à la méthanisation, et les feuilles vertes sont épandues. La choucrouterie Le Pic, qui aura un site internet en janvier, accueille le public tous les jours, une communication importante « pour éviter les amalgames et se défaire de l’image lourde de la choucroute garnie ». Président de l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace, Sébastien Muller œuvre avec Alsace Qualité et sa directrice, Bénédicte Dubois, pour l’obtention de l’IGP choucroute d’Alsace, une demande toujours en cours depuis vingt ans. « Longueur, finesse, blancheur », les critères sont précis pour l’obtention de ce label européen. Aquaponie et vins du terroir Ce Foodtour s’est poursuivi par la découverte de la start-up myFood à Gertwiller, une serre connectée pour une culture aquaponique verticale. Partis de l’idée d’autoalimentation, trois passionnés, venus de la finance et de l’informatique entre autres, ont installé un bassin avec des poissons, qui alimente des plantes, ces dernières filtrant l’eau du bassin, dans un système d’économie circulaire. Quelques panneaux solaires sur le toit de la serre permettent la production d’énergie pour obtenir « une parfaite autarcie alimentaire au niveau des légumes », précise Julien Wosnitza, l’un des créateurs. La consommation d’eau est fortement diminuée, car il y a moins d’évaporation, ajoute son associé, Matthieu Urban. Leur objectif est « d’apporter l’alimentation chez tout un chacun, en réunissant la permaculture, la bioponie et l’aquaponie ». Avec seulement une heure de maintenance par semaine, ils ont déjà installé 50 serres en Europe et seront présents au prochain Salon international de l’agriculture. Ils ont également un projet au Vaisseau à Strasbourg. Les participants du Foodtour ont ensuite été accueillis au domaine Hering à Barr. Jean-Daniel Hering, cinquième génération de vignerons, et son épouse, Fabienne, leur ont présenté succinctement le domaine, totalement en bio, dont les vignes du grand cru Kirchberg qui s’étendent au pied de leur domaine. Les vins, issus de ce grand cru, « un lieu unique », sont en « lien direct avec le terroir » et font « la singularité du domaine, plus que les cépages riesling ou pinot gris entre autres, qui peuvent être plantés partout », a souligné Jean-Daniel Hering. Les participants ont dégusté trois vins avec les recettes du chef Christian Boulard, du château d’Andlau, dont un pinot gris grand cru Kirchberg de Barr 2013, prouvant les qualités de garde des vins blancs, et un gewurztraminer 2008 sur une soupe de carotte froide au cumin. Après un passage à Saint-Pierre pour apprécier les fromages de la ferme Haag et les bières de la brasserie, le Foodtour s’est terminé dans le Haut-Rhin, avec un cook show à six mains harmonisé par les chefs étoilés Nasti, Binz et Jaegle, et retransmis sur écran géant. Puis Jérôme Jaegle, une étoile au Michelin, a accueilli les participants dans son restaurant L’Alchémille à Kaysersberg-Vignoble pour une pause dînatoire qui leur a permis de déguster des bouchées en direct du potager. Pour finir, petite escale au musée des eaux-de-vie à Lapoutroie pour déguster des mignardises de Christine Ferber, accompagnées d’eaux-de-vie. Un tour surprenant, au cœur des produits de la gastronomie alsacienne et des hommes qui la font vivre, apprécier et… fêter !

Publié le 29/09/2017

Le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace réfléchit à une nouvelle stratégie de promotion des vins d’Alsace. Voilà ce qui se prépare en concertation avec les opérateurs.

« Les vins d’Alsace ont toutes leurs chances pour se vendre mieux ! ». Les élus du Civa portent ce message depuis plusieurs mois sur les tribunes où ils s’expriment. S’il ne fallait qu’un pourcentage pour justifier leur optimisme, ce serait sans doute 77 % ! C’est le taux de notoriété assistée qui a été mesuré pour les vins d’Alsace par l’étude Wine Intelligence. Autrement dit, ils figurent dans la mémoire de près de 29 millions d’adultes parmi les 38 millions de Français qui consomment du vin à domicile. « Il n’y a pas de rejet des vins d’Alsace, mais une indécision à leur égard. Seuls 12 % considèrent qu’ils sont trop chers et pas assez souvent en promotion. 46 % des personnes interrogées ont une position neutre vis-à-vis d’eux. Cela veut dire qu’il y a un grand potentiel à exploiter » rappelle Gilles Neusch, directeur du Civa. Comment ? En « faisant le ménage dans les circuits », en France comme à l’étranger. « Des marchés proches comme le Benelux, l’Allemagne ou le Danemark présentent de bonnes perspectives mais sont pourtant en recul. Nous devons mieux connaître nos consommateurs et savoir comment les toucher » résume Gilles Neusch. Ce chantier est ouvert. Il commence par l’analyse des marchés à dynamiser, à maintenir ou à surveiller. « Grâce au passage des touristes, l’Alsace a toujours eu la chance de vendre ses vins sans faire trop d’efforts commerciaux. Mais la concurrence d’autres régions lui intime aujourd’hui de faire du marketing qui lui donnera une assise commune, au-delà des choix propres à chaque entreprise » analyse Tanguy De Prest, architecte de marque et conseiller marketing du cabinet belge Lielens & Partners, partenaire du Civa pour mettre au point la stratégie de communication qui doit succéder à l’actuelle, mise en route en 2014. Le travail en cours est de définir des valeurs spécifiques aux vins d’Alsace pour ensuite les traduire, à la fois en images et par un discours adapté à chaque marché en fonction de sa maturité. Une première évidence sera de se consacrer aux pays proches où les vins d’Alsace possèdent de la légitimité. « Nos consommateurs y sont vieillissants. Il est plus facile d’y essayer d’en recruter de nouveaux. Ce choix nécessite moins d’investissements que dans les pays où les Alsace sont peu ou pas connus » assure Tanguy De Prest. Une nouvelle signature à Prowein La lisibilité de l’offre est un autre défi à aborder. « La valeur qu’un consommateur est prêt à donner à un produit doit être en équilibre avec l’émotion qu’il lui procure. Or l’émotion que procurent actuellement les vins d’Alsace n’est pas à la hauteur car la gamme présente une image floue » avance Tanguy De Prest. « La complexité actuelle des gammes n’est pas au service au consommateur. Il faut faire de la diversité une force, sensibiliser les opérateurs pour qu’ils simplifient l’étiquetage de 75 % des vins mis en marché. L’offre à mettre en place par les entreprises doit être claire, compréhensible, avec un code facilement mémorisable » poursuit Stéphanie Dumont, responsable du service d’intelligence économique. Dans l’esprit de Gilles Neusch, cette logique collective à installer concerne essentiellement l’appellation Alsace, moins les cuvées particulières que leurs élaborateurs continueront à vendre au contact direct des consommateurs avec les explications adéquates. Le but ultime reste d’améliorer la valeur créée par de la vente à un prix plus élevé. « L’Alsace n’est pas un vignoble à rester confiné dans son coin. Il a tous les atouts pour se positionner en marque forte, de référence, créatrice de valeur, avec l’appui de tous les opérateurs alsaciens » insiste Tanguy De Prest. Une telle ambition prendra la forme d’une nouvelle signature et d’un nouveau visuel pour les vins d’Alsace. Aux entreprises de se les approprier. Et ce dès mars 2018, dans les allées de Prowein à Düsseldorf. Selon le calendrier du Civa, le salon allemand et le millésime 2017 serviront de lancement à la nouvelle identité du vignoble. Elle sera mise à disposition de tous les exposants alsaciens qu’ils soient dispersés dans les différents halls ou rassemblés sur le nouveau stand collectif du Civa. La seule certitude est que le terme « Vins d’Alsace » figurera dans le futur emblème du vignoble.

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