Viticulture

Publié le 26/10/2017

C’est une édition du Viteff en pleine effervescence qui s’est tenue du 17 au 20 octobre, avec un vignoble champenois qui continue d’entretenir avec succès son image de marque et consolide son chiffre d’affaires.

À l’heure où les vignerons élaborateurs de bulles se rassemblent dans les allées du Millésium d’Épernay à l’occasion du Viteff, c’est l’occasion de prendre le pouls de la viticulture champenoise. Le prix du raisin payé aux producteurs champenois a connu pour 2017 une flambée sous l’impulsion de Moët & Chandon. Le plus grand opérateur de Champagne force ainsi le destin de la Champagne et oblige l’ensemble des opérateurs à plus de rigueur dans la recherche des valeurs ajoutées. Le prix du kilo de raisin était jugé déjà très élevé en 2016, avec une moyenne allant de 5,50 €/kg jusqu’à 6,26 €/kg pour la cote des blancs. Le coût de la matière première, évalué en 2016 entre 6,60 et 7,51 € par col de 0,75 l, a encore augmenté pour le millésime 2017. Conséquence : plus que jamais, en Champagne, le prix du raisin élevé fixe des obligations pour les opérateurs à valoriser et cultiver la bonne image de marque. Et les oblige à dégager des marges bénéficiaires. Si les grands opérateurs de la place peuvent réaliser des économies d’échelle, le petit négoce est en revanche condamné à ne pas brader ses champagnes. Et à trouver des marchés à plus grande valeur ajoutée que la grande distribution en métropole. Les ventes de champagne en France accusent une baisse, le grand export connaît une progression de 14 % au premier semestre 2017. La Champagne reste le premier exportateur mondial en valeur et se taille la part du lion avec 55 % des échanges en valeur du marché des effervescents. Le marché allemand est très dynamique (+ 5 % en volumes). C’est pourquoi le Viteff proposait un focus sur la consommation des champagnes Outre-Rhin appelée à évoluer très favorablement. Chiffre d’affaires : de record en record Au final, le chiffre d’affaires des ventes de champagne est en hausse de 3,4 % sur le premier semestre 2017. La Champagne consolide ses résultats, après que les ventes de 2015 et 2016 ont renoué avec le record historique de 2007. Mais en 2007, il s’était vendu 339 millions de cols (Mcols), alors qu’actuellement il en est à 312 Mcols. Dans ces conditions, le salon du Viteff constitue un lieu d’effervescence où les tendances de l’innovation technologique et en marketing s’expriment fortement. Point notable, la robotique est déjà bien implantée dans les grandes unités vinicoles. La robotique s’introduit aussi dans les petites unités et même chez les vignerons indépendants avec par exemple Universal Robots, leader mondial des robots collaboratifs : « Notre cible, ce sont les TPE. C’est un robot très simple à programmer. L’UR 3 - 5 ou 10 porte respectivement 3, 5 ou 10 kg avec un rayon d’action de 500, 850 ou 1 350 mm », explique Nicolas Bouhet, directeur commercial d’HMI-MBS. Ce robot permet de soulager les tâches répétitives et lourdes comme placer les bouteilles dans un carton. L’organe préempteur de ces robots qui prennent les bouteilles par une, deux ou beaucoup plus, c’est une ventouse. À l’usage, la mécanique est très sollicitée par le poids des bouteilles translatées. C’est pourquoi Duguit Technologies, avec sa filiale Allians Robotics, propose l’impression 3D dans un alliage à base de titane de certaines des pièces du robot très sollicitées. Thimotée Duguit et Olivier Magnien ont reçu pour cela le prix de l’innovation 2017 du Viteff. Piles à combustibles : l’assurance électrique Mais pour faire fonctionner ces robots, il faut être sûr de la qualité de son alimentation électrique. Les micro-coupures peuvent causer bien des dommages sur les circuits électroniques, et subitement interrompre un robot qui alors peut lâcher les bouteilles. Gencell équipe les chais d’une pile à hydrogène de 5 kW par module, dont le temps de réactivité répond à cette problématique qui peut causer de lourds dommages à l’entreprise. « Gencell est un groupe électrogène super-réactif et extrêmement performant sur le plan environnemental », témoigne Christophe Labruyère qui distribue la pile. L’hydrogène provient de l’électrolyse de l’eau. Une pile équipe actuellement la maison de Champagne Billecart-Salmon (3 Mcols/an), dont le directeur de production Éric Coelho, a témoigné l’intérêt. Il faut compter 800 €/mois pour cette pile génératrice, qui constitue en quelque sorte une assurance sur des productions où l’informatique et la robotique deviennent prééminentes et où la charge du réseau de distribution va devenir incertaine. Au chapitre des tendances, signalons aussi la recherche à la diminution des sulfites, impulsée peut-être par la mouvance nature pour répondre à une demande, mais plus institutionnellement par le CIVC. Au total, cette édition du Viteff a enregistré plus de 22 000 entrées.

Aménagements des chemins du vignoble

Plaidoyer pour les dalles béton à gazon

Publié le 25/10/2017

Moins onéreuses, plus écologiques et beaucoup plus respectueuses du paysage que les traditionnels chemins en béton plein, les dalles béton à gazon ont séduit les vignerons de Beblenheim. Frédéric Schwaerzler, à la Chambre d’agriculture, voudrait convaincre le vignoble de les utiliser.

« J’essaie de convaincre les communes viticoles, mais cela ne prend pas partout, et pourtant c’est mieux que le béton coulé », explique Frédéric Schwaerzler, technicien conseil à la Chambre d’agriculture d’Alsace. Depuis plusieurs années, il tente de convaincre le vignoble que les dalles béton à gazon présentent de multiples intérêts écologiques, économiques, environnementaux et paysagers. Elles seraient même plus simples à mettre en place que les dalles classiques. Mais les pratiques ont la vie dure, observe le technicien qui voudrait convertir tous les chemins du vignoble qui vont être refaits avec ce matériau. « Ça se pose en plaques de 40 sur 60 cm. Quand c’est bien préparé, un chargeur est nécessaire et il suffit de déposer les plaques. Il faut songer à la durabilité, et les dalles peuvent s’enlever facilement, comparées au macadam ou au béton coulé. » Mais au-delà, les dalles à gazon présentent notamment l’avantage de casser la vitesse d’écoulement de l’eau, lors de précipitations intenses, et d’éviter ainsi la formation de ravines. À Beblenheim, Serge Birckel, premier adjoint et vice-président de la cave vinicole confirme : « C’est très stable, l’herbe repousse. Nous avons posé 400 mètres linéaires en une demi-journée. La vitesse de l’eau est brisée, nous n’avons plus de coulées. » Et quelques années après, le gazon s’installe, laissant un parterre vert bien plus agréable à la vue que des chemins en béton.

Les vendanges tardives du Domaine Stirn

Mardi 17 octobre, le Domaine Stirn de Sigolsheim vendangeait des parcelles de gewurztraminer sur les hauteurs du village. Initialement prévue en vendange tardive la récolte aura finalement été revendiquée en sélection de grains nobles...

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