Viticulture

Dégustation du Guide Hachette 2019

Une « référence » dans l’air du temps

Publié le 05/02/2018

Les dégustations de sélection du Guide Hachette 2019 ont eu lieu la semaine passée à Colmar. Les 900 échantillons notés, départagés et commentés par des professionnels du cru, iront agrémenter cet ouvrage qui reste une référence pour de nombreux consommateurs, que ce soit dans sa version papier ou sur internet.

Trente-trois ans après sa création, le Guide Hachette des vins a toujours autant la cote auprès du public. En 2018, ce sont 90 000 exemplaires qui ont été imprimés, et entre 300 000 et 400 000 internautes ont visité chaque mois son site. « Notre guide est une référence pour beaucoup de monde », commente Stéphane Rosa, directeur du Guide Hachette. Avant de pouvoir y figurer, chaque vin doit être dégusté, noté et commenté par un panel de professionnels propre à chaque région viticole. « Cette approche collégiale par des professionnels du cru nous différencie d’autres guides réputés comme celui de Bettane & Desseauve ou de la Revue du Vin de France », poursuit Stéphane Rosa. Depuis quelques semaines, ce dernier arpente les vignobles français pour les différentes sessions de dégustation qui ont lieu chaque début d’année. L’étape alsacienne s’est déroulée la semaine passée, à la Maison des vins de Colmar, pendant trois jours. Au total, 900 échantillons ont été dégustés à l’aveugle et décrits de la manière la plus précise et la plus complète possible. « Cela permet aux auteurs de notre guide de faire des synthèses de qualité pour chaque vin », précise le directeur du guide. Un travail titanesque quand on sait que ce sont au total 45 000 vins qui sont dégustés dans l’ensemble du pays. Les 900 échantillons dégustés à Colmar étaient issus des millésimes 2016 et 2015 avec, pour ce dernier millésime, une plus grande proportion de Vendanges tardives (80 contre 31) et de Sélections de grains nobles (27 contre 10) que l’année précédente. Si le Guide Hachette des vins reste classique dans sa forme, il sait aussi évoluer pour s’adapter aux nouveaux modes de consommation, et aux nouveaux profils des acheteurs. Ainsi paraîtront cette année les deuxièmes éditions du Guide Hachette des vins rosés, du Guide Hachette des vins bios ou du Guide Hachette des vins de moins de 15 euros. Des guides plus ciblés et moins chers qui reprennent le fonctionnement d’un site internet : la possibilité de filtrer sa recherche. « Ainsi, on touche plus spécifiquement certains publics. Des femmes, des citadins ou des personnes qui recherchent d’excellents vins avec un petit budget. Globalement, on se rend compte qu’on a de moins en moins de vins boisés et davantage de vins plus digestes, plus légers. On tâche de s’adapter à cette évolution. » À noter que le contenu de tous ces mini-guides reste bien présent dans le « gros » guide qui paraîtra au mois de septembre dans sa 35e édition. Toujours dans cette logique de modernisation, le Guide Hachette propose depuis le mois de décembre d’acheter sur son site des vins référencés dans ses pages depuis 2001. « C’est une vitrine qu’on propose aux viticulteurs qui le souhaitent, internet étant un canal de vente qui se développe fortement aujourd’hui », explique Stéphane Rosa. La partie logistique (stockage/expédition) est assurée par une entreprise spécialisée dans la vente en ligne de vins. Actuellement, ce nouveau point de vente de vins Hachette compte un millier de références.

Cave historique des Hospices civils de Strasbourg

2017, de belles choses en perspective !

Publié le 04/02/2018

La première dégustation du millésime 2017, organisée par la cave historique des Hospices civils de Strasbourg le 16 janvier, a confirmé son bon potentiel et offert de belles surprises, notamment sur les pinots blancs.

La cave historique des Hospices civils de Strasbourg donne traditionnellement le coup d’envoi des dégustations du nouveau millésime de l’année. Vignerons, membres de la Sica (société civile d’intérêt agricole), œnologues, représentants professionnels parmi lesquels Gilles Neusch, directeur du Conseil interprofessionnels des vins d’Alsace (Civa), et amateurs éclairés ont été accueillis mardi 16 janvier par André Ruhlmann, vice-président de la Sica, et Christophe Gautier, directeur général des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS). Ce dernier a salué « ce partenariat unique » avec les vignerons, qui font vivre ce lieu historique « qui a résisté à tout, même au grand incendie de 1716 ». Il a chaleureusement remercié de leur présence Serge Dubs, meilleur sommelier du monde en 1989, le chef étoilé Marc Haeberlin, parrain d’honneur de cette édition, et la reine des vins d’Alsace, Justine Schmitt, qui apportent « un poids considérable à cette dégustation ». 98 échantillons, dont 8 crémants et 11 grands crus Cette première dégustation, qui a pour but de sélectionner les meilleurs vins destinés à être élevés quelques mois dans les chais de la cave, marque « le début d’une nouvelle ère vinicole », a indiqué André Ruhlmann. 98 échantillons de vins, dont 8 crémants et 11 grands crus, étaient proposés à l’agrément. Tous les cépages étaient représentés, sauf le muscat, « car un affinage dans les fûts lui ferait perdre son croquant ». « Cette dégustation n’est pas un concours, a précisé Pélagie Herzog, l’œnologue de la cave. Ces échantillons sont des bébés vins. » Un élément dont les dégustateurs doivent tenir compte. Si un vin n’est pas sélectionné, il peut être à nouveau présenté sous 15 jours. Parmi les huit tables de dégustateurs, celle de Christine Collins, de Strasbourg Événements, est tombée d’emblée sur une pépite : un pinot blanc, magnifique, qualifié de « bombe » par Philippe Junger, ancien responsable de la cave historique. Cette série a continué sur de très belles notes avec des vins équilibrés, élégants, sans défauts, malgré quelques rieslings « un peu fermés ». « De beaux vins dans l’ensemble » pour Christine Collins, « avec une mention spéciale pour les pinots, bien réussis ». Un avis partagé par Gilles Neusch, notamment sur le pinot noir, « un cépage puissant qui a une belle trajectoire depuis quelques années ». Luc Anstotz, directeur de la cave du Roi Dagobert, a souligné quant à lui leur moindre dosage en sucre, donnant « des vins plus secs, correspondant à une demande actuelle des consommateurs ». Les klevener dégustés sont d’une belle facture, longs en bouche, avec « beaucoup de gras, un nez vraiment sur du fruit, des arômes subtils sur une belle fraîcheur », a noté Daniel Ruff, président du syndicat viticole de Heiligenstein. Pinots gris hétérogènes, grands crus au top L’œnologue Francis Klee a remarqué deux rieslings grands crus, d’une belle fraîcheur, gustativement sur le versant sec. Il a été particulièrement séduit par des grands crus pinots gris, dont l’un « atypique » avec une acidité rafraîchissante, surprenante. Xavier Léon Muller, vigneron à Marlenheim, a par contre relevé des disparités sur ce cépage : trois pinots gris ont été refusés car « ils n’avaient pas assez de matière et trop de sucres ». Une série de quatre gewurztraminers a quelque peu déçu Bruno Hertz. Certains rieslings, quasiment prêts à boire, pas suffisamment évolués n’ont pas été retenus. « Un exercice compliqué » que celui d’anticiper le potentiel d’un vin. À la table de Stéphane Wantz, tout le monde a été unanime sur les sylvaners présentant « beaucoup de matière, avec une belle acidité arrière ». Au final, le comité a refusé 38 % des vins. 62 échantillons ont été acceptés. « Les refus sont en hausse », constate Pélagie Herzog, qui confirme « le sérieux des dégustateurs ». Les notes sont « très belles sur l’ensemble des cépages », notamment sur les sylvaners et les grands crus, de plus en plus nombreux. Ainsi les 9 grands crus sélectionnés ont obtenu des notes de 8,5 et 8. 50 % des pinots gris ont été refusés, notamment en raison de « leur caractère oxydatif ». Dans l’ensemble, la qualité est de mise pour ce millésime 2017, « avec de belles choses sur les vins de garde », a conclu Pélagie Herzog.

Comptoir Vigne dévoile sa nouvelle marque

Et viva VitiVina !

Publié le 02/02/2018

Depuis la naissance de Comptoir Vigne, la nouvelle filière du groupe Comptoir agricole, le suspense a été soigneusement entretenu. Quelle sera la marque de cette nouvelle filiale, qui se positionne comme le leader de la distribution de produits viticoles en Alsace ? Le voile a été levé vendredi 19 janvier, au cours de « Comptoir Vigne - La révélation », une cérémonie qui a réuni près de 800 personnes au Parc des expositions de Colmar.

VitiVina, telle est la nouvelle marque déposée par le Comptoir agricole pour ses activités vigne, regroupées au sein de Comptoir Vigne. Pour Marc Moser, président du groupe, le lancement de cette nouvelle filière est « le début d’une grande aventure au service de la viticulture alsacienne ». Elle est le fruit de la fusion de la Coopérative agricole d’appro du Piémont et d’Alsace Appro avec Viti.com, filiale du groupe Comptoir agricole, « trois entreprises saines, performantes et rentables, gérées par des équipes dynamiques et volontaires ». Ces trois entités collaboraient déjà étroitement au sein de l’union d’achat Vitisphère Alsace, créée en 2013. « Mais elles étaient de taille moyenne, et il fallait voir plus loin afin de massifier l’activité et, surtout, de se doter d’un service technique digne de ce nom. » Pour Marc Moser, « c’est un rêve qui se réalise : accompagner le développement du vignoble alsacien, de la vigne à la flûte ». Un vignoble en pleine mutation, qui doit faire face à l’émergence de nouvelles attentes sociétales et au durcissement des contraintes réglementaires. « Jean-Claude Wolffer, qui présidait aux destinées de la coopérative agricole d’Appro du Piémont, et Patrick Schiffmann, qui présidait à celles d’Alsace Appro, ont été proactifs pour faire avancer cette filière et créer une entreprise leader sur son marché. Notre devoir, désormais, est de réfléchir ensemble, avec le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace et les autres partenaires de la viticulture alsacienne, à l’évolution technique et économique de notre vignoble. » « Il fallait un leader » Les premiers mois après la fusion, intervenue en juin 2017, ont été mis à profit pour peaufiner l’organisation de Comptoir Vigne, autour de ses dix dépôts, répartis le long de la route des vins d’Alsace, et de ses différents métiers (fourniture de produits et de matériels pour la viticulture, packaging, laboratoire d’œnologie, innovation agronomique). Mais aussi pour former l’ensemble des équipes aux nouveaux outils. « Nous sommes en train de capitaliser les synergies, d’attaquer les optimisations. Merci aux adhérents de nous faire confiance. » Marc Moser est parfaitement lucide : « Nous sommes au début de cette aventure. Bien des ponts devront encore être construits sur le Landgrave. » Ce sera l’une des priorités de la commission de douze viticulteurs qui a été mise en place pour gérer cette filière, sous la présidence de Patrick Schiffmann. « Elle devra être en phase avec les organisations professionnelles et être force de proposition pour répondre aux défis de la viticulture de demain. » Ces défis, Comptoir Vigne est armé pour les relever, souligne Didier Pettermann, président du Civa. Ils sont de plusieurs ordres, explique-t-il : « Au niveau de la production, avec le dépérissement de la vigne, la réduction des produits phytosanitaires et les changements climatiques. Au niveau sociétal, avec les contraintes environnementales, les problèmes de consommation d’alcool. Au niveau marketing, enfin. Je suis convaincu que nous devons attaquer les marchés avec force et conviction. Nous sommes une référence mondiale en matière de vins blancs. Nous élaborons des vins humains, reflet de la qualité de notre accueil et de la beauté de nos villages sur la route des vins. » Pierre Olivier Baffrey, vice-président de Coop de France Alsace, souligne l’importance de l’outil coopératif pour l’agriculture et la viticulture alsacienne, un outil particulièrement performant. « Il conforte les exploitations et structure la filière en amont et en aval. » Pour continuer à peser sur le marché, il est nécessaire d’atteindre une certaine taille. « Les rapprochements d’entreprises répondent à cet impératif. » Les premiers bénéficiaires de cette restructuration sont les coopérateurs. « Comptoir Vigne s’impose dès le départ comme une coopérative leader sur le marché alsacien de la distribution de produits viticoles », indique Pierre Olivier Baffrey, avant de féliciter les dirigeants qui ont mené à bien ce projet d’envergure.

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