C’est à Sigolsheim et à Kirchheim que se tenaient cette année les deux rendez-vous techniques annuels que donne VitiVina, la filiale viticulture du Comptoir agricole, à ses adhérents. Avec cette année un focus sur « l’après glyphosate ».
L’équipe technique de VitiVina a voulu explorer toutes les alternatives possibles au glyphosate. Alternatives dont il ressort une constante : toute solution de remplacement - désherbage mécanique, désherbage robotisé, désherbage chimique naturel ou de synthèse - va augmenter plus ou moins significativement les coûts de production du vin d’Alsace. Une mutation technique qui n’arrive pas vraiment à point nommé pour la viticulture alsacienne, en proie à un marché très concurrentiel des vins de cépages rhénans et à une baisse significative des cours du vin en vrac, quand il trouve preneur… Ce qui aura aussi un effet de ricochet sur le cours du raisin, qui en dépend en partie. Emmanuel Kropp, directeur de VitiVina, confirme : « L’activité de courtage est très réduite, une certaine inquiétude a gagné le vignoble. Et on peut le constater à travers l’état de certaines vignes. »
Sans glypho : trop de confiance ?
L’organisation des ateliers Agrosphère Vigne, rendue extrêmement difficile - selon Philippe Kuntzmann, responsable technique de VitiVina - en raison d’impondérables administratifs, douaniers, techniques et même accidentels, préfigure-t-elle des conséquences de l’abandon programmé du glyphosate ? En tout cas, il a fait part de ses craintes, en guise d’introduction devant les 240 vignerons venus à Kirchheim le 18 juillet dernier. Car cette question ne tient finalement qu’à une promesse présidentielle, celle « d’un président confiant », commente Philippe Kuntzmann. Et dont on sait aujourd’hui ce qu’il peut advenir des excès de confiance…
Six mois n’auront pas suffi à préparer cette journée de démonstrations innovantes à cause des défections de dernière minute. Retour donc « au bon vieux travail du sol 2.0 avec rasettes et rouleau émotteur qui, sans faire preuve d’innovation, fonctionnent et sont sans cesse améliorés », prévient Philippe Kuntzmann. « Un autre enseignement est que nous devons réfléchir, avec la collaboration des viticulteurs, à des plateformes d’essais sur lesquelles on pourrait tester des itinéraires dans la durée », propose-t-il. Car la révolution du « sans-glyphosate » ne se fera pas sans les viticulteurs. L’occasion de remercier Clément Heckmann, Pascal Heitz, Thierry Kuhn et Bertrand Siefert pour Kirchheim, le domaine Kappler, Bernard Vontrat et Alain Kuehn pour Sigolsheim, qui se sont associés aux expérimentations. Ces dernières vont devoir être « efficaces » pour trouver des itinéraires techniques proposant des alternatives performantes au glyphosate. Car n’oublions pas que ce produit est arrivé sur le marché il y a 50 ans, à une époque où il y avait encore de la main-d’œuvre agricole abondante pour piocher la vigne.
En attendant, d’ici les vendanges, l’équipe de Philippe Kuntzmann proposera des « rendez-vous qualité », de façon à aborder la récolte dans les meilleures dispositions œnologiques. Pour l’heure, la situation sanitaire est globalement bonne. « Nous avons fait le choix du fosétyl plus dosé et en deux voies », indique-t-il, c’est-à-dire associé à un fongicide. Un choix qui s’est avéré efficace cette année quand d’autres solutions ont vu leur rémanence un peu limitée car diluée par la forte pousse végétale.
Désherbage chimique : des alternatives plus coûteuses
Il y avait huit modalités testées cette année à Sigolsheim, qui permettaient de comparer des stratégies « de contact foliaire chimique » sans glyphosate. Cinq avaient pour base une première association Stratos, un antigraminée, et Sorcier, un antidicotylédone, en première application car le délai avant récolte est de 90 jours. Une première application reprise un mois plus tard, selon les essais, par différentes modalités à base de Spotlight, Fusilade, Foen, Boa, ou Beloukha. Au final, le coût est multiplié au mieux par 2,5 et jusqu’à 6 fois, comparé à du Roundup seul, appliqué en une seule fois, indique Sylvain Boulay. « Si globalement, on arrive à gérer les graminées, l’absence de glyphosate risque de poser des problèmes vis-à-vis des dicotylédones, ce qui imposerait de multiplier les passages, car le stade de l’adventice est très important pour avoir l’efficacité. »
SCDC : Absorber la dilatation des fils
Chez SCDC, on propose un tuteur en forme de U, dont la stabilité est idéale face aux palpeurs d’intercep un peu musclés ! De surcroît, il propose une agrafe pour tenir les fils palisseurs hors du sol. SCDC propose en outre un tendeur de fil : « Il se dilate de 4 - 5 cm par 100 m », ce qui a pour effet de faire travailler l’ensemble, les poteaux, les amarres, d’où le tendeur qui permet d’absorber la dilatation des fils.
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