Viticulture

Publié le 03/08/2018

Depuis un mois, la société de matériel viticole et de filtration Vinea propose une canne de désinfection produisant des rayons ultraviolets pour nettoyer les foudres en bois et barriques. Ce dispositif nommé UV-Clean est présenté pour la première fois à la Foire aux vins.

Imaginée et conçue par la société R-tech Œnologie, située à Levernois en Bourgogne, UV-Clean est une solution de désinfection des foudres et barriques en bois. Elle est déjà utilisée depuis plus de cinq ans dans les domaines bourguignons et bordelais. « Ce dispositif est intéressant au vu de l’augmentation du nombre de barriques en Alsace depuis dix ans, constate Pascal Wagner, gérant de la société Vinea. La technique actuelle du méchage au soufre a deux inconvénients principaux : l’ajout à long terme de dioxyde de soufre (SO2) dans le vin et son utilisation n’est pas agréable pour le viticulteur. UV-Clean s’emploie avec la même périodicité que le méchage, soit selon l’environnement de la cave et son humidité. Pour le tartre, le principe est le même que pour le méchage, il est nécessaire de l’enlever pour désinfecter. L’avantage principal de cet appareil est sa facilité d’utilisation ». La canne est équipée d’une minuterie, ce qui permet de la mettre en marche sans risque pour les yeux. Branchée sur une prise classique, la canne permet de détruire les bactéries pathogènes, notamment les Bretts (Brettanomycès, levures de contamination les plus actives). Le temps minimum de son action est de dix minutes. Lorsque l’opération est achevée, l’appareil s’arrête, la minuterie sonne et l’on peut retirer la canne de la barrique en toute sécurité. « Pour les foudres à partir de 40 hectolitres environ, il faut utiliser une deuxième canne simultanément, précise Pascal Wagner : l’une passée par le haut, l’autre par le bas, car la lumière doit atteindre la totalité du bois ». Le dispositif est vendu 810 euros HT. Un coût qui n’est pas rédhibitoire selon le gérant qui rappelle que R-tech Œnologie est la seule à commercialiser ce produit : « Les retours des viticulteurs venus découvrir cette technologie sur le parc agricole de la Foire aux vins sont bons. Je pense qu’après l’avoir essayé, beaucoup l’adopteront ».

Déphy Tour. Flux de cuivre dans l’environnement

Le cuivre s’accumule dans les premiers centimètres du sol

Publié le 03/08/2018

L’immense majorité du cuivre s’accumule dans les quelques centimètres superficiels des terres sur lesquelles il est épandu. Sauf érosion ou rétention des eaux pluviales d’érosion, le cuivre n’est donc pas diffusé ailleurs dans l’environnement.

Lors du Déphy Tour, qui s’est tenu le 19 juillet sur l’exploitation viticole du lycée de Rouffach (lire aussi en page 25 du n° 30), Sylvain Payraudeau, enseignant chercheur à l’Engees, a présenté les résultats d’une étude supposant un important dispositif installé sur des parcelles du lycée viticole : le projet Plateforme alsacienne du cuivre d’origine viticole (Pacov), dont l’objet est d’étudier le comportement du cuivre d’origine viticole dans les sols et les eaux. « Quel est le poids de l’utilisation du cuivre depuis des décennies ? », interroge Sylvain Payraudeau. Plusieurs fosses ont été creusées à 2 m de profondeur dans les parcelles. Et dans la forêt, de manière à « quantifier la signature de base naturelle en cuivre car toute géologie produit plus ou moins de cuivre ». Ce bruit de fond correspond à 10 mg de cuivre naturel métallique par kilo de sol. Le cuivre très complexé, peu lessivé Dans les parcelles, grâce aux profils, « on s’est aperçu que le cuivre est accumulé dans les 10 - 15 premiers centimètres du sol, puis il y a un décrochage et l’on retrouve la teneur naturelle du cuivre jusqu’à 2 m de profondeur, cette même teneur que l’on retrouve aussi dans la forêt », décrit Sylvain Payraudeau. Dans les 10-15 premiers centimètres de sol, les quantités se situent entre 70 et 230 mg/kg de sol, soit de 7 à 23 fois plus que ce qu’on devrait retrouver naturellement. « C’est le résultat de dizaines d’années d'application de cuivre. » L’étude s’est intéressée au devenir du cuivre appliqué chaque année, c’est-à-dire connaître ce qui part dessous, et ce qui part en surface par ruissellement et érosion. « Toutes les semaines, on a mesuré en continu les flux. On en a fait un bilan ». En définitive, « très peu de cuivre s’échappe. Car une fois appliqué, il se complexe très vite aux composés du sol. Et très peu lessive. Moins de 0,1 % du cuivre appliqué lessive, même avec des orages très violents », explique le chercheur. Moins de 1 % du cuivre appliqué s’échappe de la parcelle par ruissellement. Tandis qu’on en retrouve de 0,3 à 0,4 % dans l’herbe et les feuilles. Du coup : 99 % du cuivre appliqué se retrouve dans les quelques centimètres superficiels de sol Réduire l’érosion pour limiter les flux de cuivre « C’est une bonne nouvelle pour les eaux, quoique… », poursuit Sylvain Payraudeau : « Ce qui sort est de trois à cinq fois plus que ce qui commence à impacter la qualité naturelle d’une rivière. Mais ceci ne veut pas dire qu’on flingue les poissons », tempère-t-il au regard des autres pollutions diffuses. « C’est très peu mais c’est un début de perturbation de la biodiversité. » Toutefois, sur le site de Rouffach, grâce aux bassins de rétention des eaux d’orage qui collectent les eaux de ruissellement, « il n’y a pas de flux de cuivre vers l’écosystème aquatique ». En réalité, 99 % de cette fraction déjà infinitésimale du cuivre de ruissellement part de la parcelle en étant accrochée à des particules de sols. « Ce qui signifie que, quand on règle la question de l’érosion des sols, on règle celle des flux de cuivre. » Une bonne nouvelle pour les vignerons qui prêtent attention au fonctionnement et la qualité de leurs sols et limitent par conséquent l’érosion. La question centrale se pose donc pour les quelques premiers centimètres de sol qui concentrent l’accumulation de cuivre année après année. « Des chercheurs travaillent à connaître à l’échelle de 10 - 50 - 100 ans, à partir de quelle quantité de cuivre il y aura un impact sur la vie du sol ». Et sur sa capacité à minéraliser. Quelques données commencent à sortir sur la base de « dopage artificiel de sols au cuivre ». Les chercheurs étudient en particulier l’effet du cuivre sur la diversité des communautés bactériennes, impliquées dans la fertilité des sols.

Publié le 03/08/2018

Lors de la journée d’ouverture de la foire aux vins d’Alsace de Colmar, le comité des Reines des vins d’Alsace a organisé sa seconde soirée de gala. 180 personnes étaient présentes pour assister à l’annonce du nom de la reine 2018. Il s’agit de Margaux Jung. Ses deux dauphines sont Flore Ansel et Pauline Husson.

Après une première soirée réussie l’an passé, le comité des reines des vins d’Alsace, présidé par Claudia Renel, a renouvelé l’événement, toujours au cabaret colmarien, et toujours en ce début de foire aux vins. « Le concept avait séduit. Nous l’avons donc reconduit en améliorant l’organisation. Nous sommes heureux de constater que le public a répondu présent », se félicite Claudia Renel. Parmi les participants, on pouvait reconnaître le maire de Colmar, Gilbert Meyer, le président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), Didier Pettermann, et celui de l’Association des viticulteurs d’Alsace, Jérôme Bauer. Au cours de la soirée, les tables non réservées se sont bien remplies. « Nous voulions aller voir Indochine, mais c’est complet. Nous avons espéré jusqu’au dernier moment. Peine perdue. Du coup nous avons visité la foire. Et, par hasard, nous nous sommes arrêtés ici. Nous avons décidé de dîner tout en suivant la soirée. Elle a été très intéressante. Le spectacle m’a impressionné. Le concept de reine, je connaissais. Celle qui a été choisie semble connaître la viticulture. C’est apparemment l’objectif, si j’ai bien compris. C’est sympa. J’aime bien les vins d’Alsace. Avec mon épouse, nous dégustons du riesling avec le repas », témoigne Jean-Paul Fauviau qui, avec son épouse Suzanne, est de passage en Alsace pour quelques jours. Le couple habite à une dizaine de kilomètres de Nantes. La dernière de Jean-Marie Arrus La soirée est ouverte par la présidente de Colmar Expo, Christiane Roth. « Nous organisons une soirée avec le comité des reines des vins et le Civa depuis deux ans. Un trio a été désigné. Vous allez connaître la nouvelle reine et ses dauphines, assister à un superbe spectacle et passer une bonne soirée. La reine et ses dauphines sont partout dans le vignoble et ailleurs pendant une année. Je tiens à rendre hommage au trio sortant, qui a toujours été soudé pour la promotion des vins d’Alsace », souligne Christiane Roth. Un avis que partage Didier Pettermann : « Vous êtes toutes des ambassadrices des vins d’Alsace. Et c’est vrai depuis 1954. Nous en profitons pour saluer la première reine, Marguerite Binner-Bannwarth, qui est présente à cette soirée. Et pour rappeler que nos reines sont élues pour la qualité de leur présentation et leurs connaissances du vignoble et des vins d’Alsace ». Le comité des reines existe depuis sept ans. Il a été impulsé par les deux précédentes présidentes : Marie-Odile Goefft et Martine Guth. La soirée se poursuit avec le repas et le spectacle présenté par Jean-Marie Arrus. Un moment d’émotions pour ce dernier, qui officie à cette responsabilité pour la dernière fois. D’ailleurs, ce soir-là, comme pour toute la durée de la foire, il est secondé par celle qui va lui succéder : Marlyse Riegenstiehl. Comme chaque année, le spectacle est magnifique. Avec fierté et honneur Le moment tant attendu arrive. Avec émotion, le trio sortant va céder sa place. La reine 2017-2018, Justine Schmitt, et ses dauphines Marie Grund et Clémence Bléger sont invitées à venir sur scène. Elles rappellent leurs joies et les bons moments passés au cours de cette année très chargée. Le nouveau trio entre en scène. Didier Pettermann invite Marguerite Binner-Bannwarth à venir annoncer le nom de la nouvelle reine des vins d’Alsace. Il s’agit de Margaux Jung. Âgée de 24 ans, elle est originaire de Riquewihr. Sa candidature a été poussée par sa famille, et notamment son grand-père, Roger Pontius. Ce dernier, âgé de 88 ans, la rejoint sur scène pour une photo de famille. Le moment est très intense. Les deux dauphines sont Flore Ansel et Pauline Husson. La première est âgée de 21 ans et est originaire de Turckheim. La seconde est âgée de 27 ans et est originaire de la vallée d’Orbey. Quelques minutes après les traditionnels discours, les photos et autres témoignages d’affections de sa famille, Margaux Jung accepte de répondre à nos questions. Elle est issue d’une famille de viticulteurs : le domaine Jung Gustave et fils à Riquewihr. Elle termine un master en septembre et va poursuivre son cursus avec un Brevet professionnel responsable d’entreprise agricole (BPREA) spécialisé dans le vin à Rouffach. « À terme, mon objectif est de reprendre le domaine familial », précise la nouvelle Reine, très étonnée d’avoir été élue. « Tout a démarré par une simple candidature et une présentation vidéo. Quand j’ai été présélectionnée, j’ai rigolé et j’étais déjà très contente. Nous n’étions plus que sept. À l’entretien, je me suis dit que c’était fichu. Toutes les filles avaient bien préparé et moi, la veille de mon passage, je suis allée à Strasbourg assister à la finale de la coupe du monde de football. Paradoxalement, je suis arrivée à cet entretien sereine et tranquille. Quand, ensuite, j’ai été rappelée, j’étais surprise », raconte la nouvelle reine des vins d’Alsace. Lors de cette soirée, Margaux Jung n’imaginait toujours pas que ce serait elle qui serait choisie. « Je compte exercer cette responsabilité avec fierté et honneur. Et je vais le faire avec mes dauphines, Flore et Pauline. Comme le trio précédent, nous allons représenter ensemble les vins d’Alsace, les professionnels, la région. Nous connaissons toutes les trois le vignoble, le métier, les vins. Ça va être une année géniale », conclut Margaux Jung.

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