Viticulture

Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace

« On veut être une référence sur le vin »

Publié le 17/08/2018

Le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace a tenu un stand central dans le hall 4 de la foire aux vins. L’espace et les activités ont été pensés pour remettre le vin au centre de l’événement.

Deux grandes lettres dorées. « VA », pour « vins d’Alsace ». Le nouveau slogan du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) surplombe le stand du hall 4 de la foire aux vins. Le carré, chapeauté par le Civa, regroupe vignerons indépendants, coopératives et négociants. De nombreuses activités sont prévues à destination du grand public. « On veut être une référence sur le vin », plaide Thierry Fritsch, responsable marketing du Civa. Résultat, de nombreuses animations programmées tout au long du salon. Les speed tasting d’abord. Ces séances de dégustation rapide (30 minutes maximum) ravissent les badauds. Chaque soir, une session est organisée autour d’un thème : les millésimes en « 8 », le pinot noir… Et le rendez-vous se déroule à la bonne franquette. Thierry prodigue ses observations et ses conseils d’un côté du comptoir. Le public participe accoudé au bar ou débout dans l’allée. « Le but est de donner une information claire, simple, rapide », explique le responsable. « On a souvent critiqué le fait que la foire ne serait pas suffisamment tournée vers les vins, note Thierry. On a beaucoup travaillé pour que le vin reste l’élément fédérateur. » Le communicant multiplie donc les apparitions lors d’événements et les coups de pub. Il participe par exemple à des cook show organisés dans la Halle aux vins. Le Civa fournit aussi un coffret de trois bouteilles aux artistes qui se produisent dans le théâtre du Parc des expositions. Une occasion de faire la promo des productions locales à l’international… et de faire de belles rencontres. Ainsi, Thierry se rappelle avec fierté avoir offert une petite dégustation à Sting. Mais ça vaut le coup de faire de la communication sur les vins d’Alsace en Alsace ? « Oui à 400 % », répond Thierry du tac au tac. Selon lui, les Alsaciens doivent se réapproprier les vins locaux. Et les producteurs doivent être fiers de leur travail. « Nous voulons montrer que derrière chaque étiquette il y a une famille qui nous accueille. »

Publié le 16/08/2018

Le sommelier Jérémy Bas a reçu des centaines de visiteurs sur son stand la Feuille de vigne, lors de la foire aux vins de Colmar. Son credo : s’adapter aux styles de clients et à la chaleur étouffante de cet été.

Des dizaines de bouchons en liège dépassent des deux bacs réfrigérés plantés derrière le comptoir en « U » du stand Feuille de vigne. Ce bar monté dans la Halle aux vins a proposé 65 crus lors de la foire aux vins de Colmar. Cette année, Jérémy Bas, responsable du stand, a dû s’adapter à la canicule. « Avec cette chaleur, j’oriente les gens vers des vins frais, comme le riesling sec ou le sylvaner », confirme le sommelier. L’important est de bien conseiller les clients, quitte à gagner moins. « Ça ne sert à rien de proposer un verre de vin trop riche à 5 €, qui ne correspond pas au climat du jour », annonce Jérémy. Lui n’hésite pas à recommander des verres à 3 €, de vin plus simple. Et il distille ses conseils à tous types de clients et à toute envie. Aux jeunes qui souhaitent acheter des bouteilles pour faire la fête par exemple. « Autant qu’ils boivent un produit de qualité, qui ne leur donnera pas mal au crâne », remarque le sommelier. Pour cela, il essaye de les orienter vers un de ses treize vins bios. « C’est un petit challenge que je me suis fixé », sourit-il.

Atelier des millésimes anciens

La nature aime-t-elle les cycles réguliers ?

Publié le 16/08/2018

Lors de cette 71e foire aux vins d’Alsace de Colmar, la confrérie Saint Étienne proposait trois ateliers de découverte des vins d’Alsace de millésimes « anciens » autour de vins de terroirs et de cépages variés en visitant les millésimes des années 1990 aux années 1960. Le premier, samedi 28 juillet, s’est intéressé aux années en huit : 1998, 1988, 1978, 1968. Avec cette question : La nature aime-t-elle les cycles réguliers ?

Un record. Pas moins de 30 personnes (du jamais vu) se sont inscrites pour ce premier atelier consacré aux millésimes anciens. « Nous ne pouvons pas accueillir davantage de monde si nous voulons favoriser les échanges pendant la dégustation », se félicite le délégué général de la confrérie Saint Étienne, ÉricFargeas. Un rapide tour de table permet de constater que seules quatre personnes viennent pour la première fois. Toutes habitent en Alsace où dans les départements limitrophes. Une grande majorité déguste du vin plus ou moins régulièrement. ÉricFargeas débute cet atelier en présentant la confrérie Saint Étienne. L’occasion de rappeler que son siège se trouve au château de Kientzheim depuis 1973 et que l’œnothèque rassemble désormais plus de 60 000 bouteilles. « Tout au long de l’année, nous organisons des ateliers et des chapitres. Le prochain, le 22 septembre, sera consacré au bio et celui du 20 octobre aux femmes. Deux thèmes chers à Martine Becker, Grand Maître 2018 de la confrérie », ajoute ÉricFargeas. Les vins d’Alsace vieillissent bien La dégustation débute. Elle est présentée par le chancelier receveur Jean-Paul Goulby, le major de l’année passée, Christian Beyer, et celui de cette année, Ignace Kuehn. « Vous allez déguster des vins qui, au fil des années, prennent de la valeur. Cela va être l’occasion de constater que, 30 années après, ils tiennent toujours la route. C’est maintenant qu’il faut acheter et consommer ces vins d’Alsace. C’est aussi l’occasion de préciser et de répéter que les vins d’Alsace se gardent bien, qu’ils vieillissent comme d’autres vins de l’hexagone », annonce Jean-Paul Goulby. Le thème choisi, celui des années en huit, permet de le constater dès le premier vin présenté. Il s’agit d’un Auxerrois 1998 de la maison Barmes Buecher à Wettolsheim. Une occasion de rendre hommage à François Buecher, parti bien trop rapidement, et qui a lui-même été membre de la confrérie Saint Étienne. Le vin dégusté est localisé sur des parcelles situées au niveau du Herenweg. « Sa robe est très marquée par le millésime. On trouve des tons jaunes, or, vif avec de superbes reflets. Le nez nous emmène sur des notes de fruits confits, d’abricots surmûris. Il est très expressif et ouvert. L’attaque en bouche est souple et se termine de façon fine et droite. C’est un vin d’une grande fraîcheur, avec un côté minéral, salin et qui ne donne pas d’impression de sucrosité, avec au contraire une légèreté persistante. Ce vin n’est pas issu d’un grand cru, mais montre un beau potentiel de garde qui n’est pas encore terminé », explique Christian Beyer. La dégustation se poursuit avec un riesling Schœnenbourg de la maison Hueber 1998, un riesling de chez Klipfel 1988, un tokay pinot gris de la cave de Sigolsheim 1988, un riesling de chez Gisselbrecht 1978, un muscat de la cave de Bennwihr 1978, un tokay de chez Pierre Sparr 1968 ou encore un gewurztraminer de chez Kuehn 1968. « Cette dégustation nous permet de voir qu’à chaque fois, et quel que soit le terroir, la touche du viticulteur est très influente dans la concentration des vins », se félicite Ignace Kuehn. De superbes vins Pendant toute la durée de la dégustation, les échanges permettent de rehausser encore l’appréciation des vins et la connaissance du public. Ce dernier est ravi. « Je suis un vrai amateur des vins d’Alsace qui, pendant des années, s’est formé dans des clubs de vins. Ce n’est pas la première fois que je viens à un tel atelier à la foire aux vins. Car c’est une occasion unique de déguster des produits exceptionnels, comme un gewurztraminer 1968 ou un riesling 1978. Ailleurs, on n’en trouve quasiment plus », explique Jean-Baptiste Muller, venu avec son épouse de Village-Neuf. « Pour ma part, je suis venu pour découvrir ces vieux millésimes. Nous avons appris énormément de choses pendant cette dégustation. Nous avions face à nous des vins magnifiques présentés par des gens passionnés », se félicite Jean-Christian Haudy d’Holtzwihr. La dégustation a également permis de réunir des amis, dont un groupe de onze jeunes personnes. « Personnellement, j’habite à Verdun, la ville de mon épouse. Nous nous sommes tous retrouvés pour ce week-end en Alsace. La foire aux vins est un moment de partage tout comme cet atelier. Nous avons découvert de superbes vins », conclut Nathan Probst.

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