Viticulture

Vendanges 2018

Précoces et de qualité

Publié le 29/08/2018

C’est parti depuis quelques jours pour les vendanges 2018 en Alsace. Au domaine Fahrer-Ackermann, elles ont démarré mardi 28 août sur une parcelle de 28 ares située sur le ban de la commune de Rodern, au lieu-dit Wannen.

L’histoire du domaine Fahrer-Ackermann démarre il y a environ vingt ans. Vincent Ackermann rachète l’entreprise viticole de son patron à Rorschwihr en démarrant de presque rien. Aujourd’hui, le domaine compte 10 hectares de vignes, dont 9,5 ha en production, sur les bans de six communes : Rorschwihr, Rodern, Kintzheim, Orschwiller, Bergheim et Saint-Hippolyte. Depuis son installation, Vincent Ackermann travaille en lutte raisonnée, en labourant le sol et en utilisant le moins de produits phytosanitaires possible. Il s’interroge sur la possibilité de passer en production biologique. Un tiers du vin est commercialisé en bouteilles, un tiers en vrac et un tiers en raisin. La partie commerciale reste compliquée selon les années et la situation économique du moment. « Le vrac permet de garder les meilleurs lots et de les vendre quand nous avons besoin de trésorerie », souligne le vigneron indépendant. En complément de la partie viticulture, l’épouse de Vincent Ackermann, Muriel, a développé une activité œnotouristique. « Elle s’occupe de la vente au caveau et des deux gîtes et quatre chambres d’hôtes que nous avons aménagés nous-mêmes, précise Vincent Ackermann. Nous sommes situés sur la route des vins. Cette proximité, qui nous permet de proposer aux touristes différentes activités, la quiétude des lieux et les dégustations ont contribué à fidéliser la clientèle. » Une très bonne acidité Pour ces vendanges 2018, Vincent Ackermann a décidé de démarrer mardi 28 août sur une parcelle de 28 ares située sur le ban de Rodern, à 250 mètres d’altitude, au lieu-dit Wannen. « C’est une parcelle de pinot auxerrois que j’ai rachetée à de la famille cette année, spécialement dédiée au crémant. L’altitude favorise la production de crémant, car nous avons une belle acidité. L’état sanitaire est exceptionnel. Cela faisait longtemps que je n’avais pas connu une telle qualité. Nous récoltons à 10,5°. Pour les crémants, c’est très bien. En revanche, ce n’est pas la même chose pour la parcelle vendangée jeudi 30 août, où l’auxerrois a subi le stress hydrique : la vigne a stagné. » Vincent Ackermann consacre environ 15 % de sa production au crémant d’Alsace. Un pourcentage qui est stable dans le temps pour un crémant qui se vend très bien. La suite des vendanges ? « C’est prévu la semaine prochaine avec des parcelles AOC de pinot noir et auxerrois. J’ai goûté les raisins : pour les pinots noirs, les pépins sont déjà bien mûrs. L’auxerrois présente une bonne densité. Comme pour le crémant, ce sont les parcelles les plus précoces », commente Vincent Ackermann. Ensuite, il marquera une pause dans ces vendanges 2018. « Nous allons attendre un peu. Il ne faut jamais se précipiter. En général, nous vendangeons ici quatre à six semaines. Nous travaillons toutes nos parcelles différemment, ce qui nous permet d’avoir des vins différents. On peut se le permettre. Les maturités ne sont jamais les mêmes d’une parcelle à l’autre et dépendent de nos sols granitiques et calcaires. La preuve, lundi 27 août, j’ai visité une parcelle de gewurztraminer qui n’avait pas encore véré. On enchaînera donc en fonction des maturités de chaque terroir. J’en cherche d’assez importantes, car j’élabore des vins assez puissants, équilibrés. On revient sur des vins plus secs que par le passé », constate le vigneron indépendant. Du travail Vincent Ackermann vendange essentiellement à la main et utilise la machine à vendanger pour ses parcelles situées en plaine. C’est sans doute la première fois qu’il vendange un 28 août. « C’est peut-être arrivé en 2003, mais je n’en suis plus certain. C’est impressionnant car, désormais, tout s’enchaîne. On est toujours dans le stress. Il y a le palissage, la mise en bouteilles et directement les vendanges. Par le passé, nous avions un laps de temps pour nous reposer un peu et faire autre chose », commente le vigneron. Autre difficulté : trouver des vendangeurs. « J’ai passé une annonce via Alsace Vendanges. Mais, personne ne m’a appelé. Mais j’ai la chance de pouvoir faire confiance aux mêmes personnes depuis plusieurs années : des amis, des connaissances fidèles, des membres de la famille. » À commencer par la fille aînée de Muriel et Vincent Ackermann, Théa, 19 ans. L’avancée de la date des vendanges lui permet d’être là. « Je suis étudiante. Je prépare un Deust Métier de la forme à Strasbourg. Je suis encore en vacances. Faire les vendanges me plaît. C’est un moment convivial », explique la jeune femme. Pour autant, elle ne se voit pas, pour l’instant, succéder à ses parents à la tête du domaine familial. « C’est une activité professionnelle très compliquée qui prend beaucoup de temps. À 19 ans, travailler à ce point, tous les jours, n’est pas ce qui m’attire le plus. On verra à l’avenir. » Un peu plus loin dans les vignes, Michel, âgé de 63 ans. Il habite Saint-Étienne. Cela fait 17 ans qu’il vient en Alsace et 10 ans qu’il vendange chez Vincent Ackermann. « J’ai d’abord connu le gîte, que nous avions réservé avec mon épouse. Nous avons sympathisé. Ils sont très accueillants et surtout travailleurs. Du coup, nous revenons chaque année pour vendanger. C’est une activité intéressante. On voit le boulot. J’en profite pour approfondir mes connaissances. C’est important pour moi qui ai travaillé dans un bureau d’études. En tout cas, ces vignerons se battent pour faire évoluer leur entreprise et leur vin est de qualité », conclut le jeune retraité.

Publié le 29/08/2018

Les titulaires du revenu de solidarité active (RSA) vont pouvoir cumuler leur allocation avec un salaire de vendangeur. Cette initiative du Conseil départemental vise à pallier le manque de main-d’œuvre dans les vignes et à remettre des chômeurs sur la voie du travail.

Ils n’ont qu’une idée en tête : décrocher un contrat pour les vendanges. 35 allocataires du revenu de solidarité active (RSA) ont participé à un job dating (entretiens d’embauche rapides) avec des vignerons, mercredi 22 août, à Barr. La scène, encore inimaginable quelques mois en arrière, est devenue réalité grâce au plan de cumul RSA et vendanges voulu par le Département. Jusqu’à présent, un allocataire perdait son RSA, ou le voyait diminuer, en cas d’embauche. Le travail saisonnier présentait alors peu d’intérêt. Désormais, le salaire des vendanges s’ajoutera à l’indemnité mensuelle versée par la CAF. « Faire les vendanges me permettrait de presque doubler le revenu de mon RSA », explique Alexandre Chatelet, chômeur de longue durée. Il compte beaucoup sur le job dating pour décrocher un précieux contrat. Pour cela, encore faut-il cocher toutes les cases. Aptitude physique, ponctualité… « Mais j’évalue surtout la motivation du candidat », indique Armand Landmann, vigneron à Nothalten. Le Conseil départemental espère que cette expérimentation remettra les chômeurs dans un cycle de recherche de travail. « C’est un premier retour vers l’emploi », estime Frédéric Bierry, président de la collectivité. « Ça peut faire l’effet d’un tremplin vers un emploi plus stable », imagine Pierre Bernhard, président du Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira). Lui-même en a fait l’expérience sur son exploitation de Châtenois. « On a embauché une saisonnière il y a quelques années. Le travail lui a plu, on l’a rappelée pour des travaux ponctuels et maintenant elle travaille de manière permanente au vignoble. » Main-d’œuvre d’urgence Le dispositif vise aussi (surtout) à offrir des bras en urgence aux viticulteurs. En effet, il manquerait encore 6 000 vendangeurs sur les 20 000 nécessaires à la campagne. Alors même que la récolte pour le crémant a commencé mercredi 22 août et que celle pour les vins AOC a été fixée au 3 septembre. Plusieurs facteurs expliquent cette pénurie de travailleurs. La précocité des vendanges d’abord. « Les gens sont encore en vacances en août et les étudiants commencent de plus en plus tôt les cours en septembre », constate Pierre Bernhard. Mais un autre problème de fond complique le recrutement. Le vieillissement de la population. Étonnant ? Pas vraiment. En Alsace, de nombreux postes de vendangeurs sont occupés par des retraités. « Des gens qui le font autant pour arrondir leurs fins de mois que par plaisir », précise Armand Landmann. Mais avec l’âge, de moins en moins d’anciens se lancent à l’assaut du vignoble. Et les nouvelles générations de retraités rechignent à les remplacer. Par manque d’intérêt pour la tradition ou parce qu’ils n’ont pas besoin d’un complément de retraite. Résultat, il manque encore dix saisonniers au vigneron de Nothalten. La moitié de ses effectifs. Mais il reste optimiste : « On va y arriver, ça va se décanter ». Mercredi, il a déjà rencontré un candidat. Un bon début…

Circuits de la Couronne d’or

Une troisième édition réussie !

Publié le 28/08/2018

Organisés par les vignerons de la Couronne, les Jeunes Agriculteurs du canton de Wasselonne et les Randonneurs de Strasbourg, les circuits de la Couronne d’or ont attiré plus d’un millier de participants, dimanche 26 août. Un beau succès.

En famille ou en groupe, marcheurs et cyclistes amateurs ou aguerris étaient nombreux ce dimanche 26 août à converger vers la salle des Roseaux à Marlenheim, point de départ et d’arrivée des circuits de la Couronne d’or. Parkings pour les vélos, informations sur les différentes possibilités de circuits, ils ont été accueillis par les organisateurs, Didier Blaesius, président des Randonneurs de Strasbourg, Jean-Michel Zorn, des vignerons de la Couronne d’or, et Jérémie Fritsch, des JA du canton de Wasselonne, entre autres. Marches commentées, nouveaux points d’accueil Cette troisième édition a offert quelques nouveautés, parmi lesquelles les marches commentées, au nombre de trois durant la matinée. Elles étaient animées par Xavier Léon Muller, vigneron à Marlenheim, et son fils Franck, nouveau président du Syndicat viticole de Marlenheim, également membre des JA du canton de Wasselonne. Clément Heckmann, président cantonal du réseau jeunes, a emmené une trentaine de marcheurs dans le vignoble et à la ferme du Cabri, un des points d’accueil des circuits. « C’est une première », précise l’éleveur Jean-Pierre Fend, qui ouvrait les portes de sa bergerie. La ferme, créée dans les années 1970, dispose d’un troupeau de 400 chèvres. Elle a d’emblée proposé ses fromages fait maison en vente directe. « Une évidence » pour cet éleveur qui a progressivement élargi sa gamme, avec quelques spécialités comme le P’tit Roussêt. Sur les quatre circuits vélo et VTT sillonnant ce territoire, la diversité était au rendez-vous avec les animations proposées par les fermes Ostermann et Debès. Sur le stand de l’association Production fruitière intégrée d’Alsace (PFI), installé au cœur des vergers de Roland Reisz, les cyclistes ont pu reprendre de l’énergie avec les jus de fruits, les mirabelles et les quetsches d’Alsace. « C’est l’occasion de parler de nos productions, de nos difficultés, souligne Daniel Dettling, président de PFI. Et notamment celle de concilier les impératifs économiques, l’écologie et les traitements sur les fruits. » Les vins de la Couronne d’or étaient également à l’honneur aux différents points d’accueil vignerons, avec une visite de cave au domaine Charles Muller à Traenheim, suivie par une dégustation de ses vins bios. En ce début de vendanges, Jean-Jacques Muller est satisfait : le rendement est au rendez-vous, les raisins sont sains avec « seulement trois traitements mildiou et plus aucun depuis le 14 juin ». Continuer à développer les animations Marcheurs et cyclistes ont apprécié la petite restauration proposée par les JA, tartes flambées et knacks à la salle des Roseaux. Lors de l’inauguration de cette manifestation, le maire de Marlenheim, Marcel Luttmann, s’est réjoui du succès de ces Circuits de la Couronne d’or qui voient le nombre de participants augmenter d’année en année. Il a souligné « le professionnalisme » acquis au fil des éditions et les animations de plus en plus étoffées. « Elles le seront encore pour la prochaine édition, notamment dans les villages », a annoncé Didier Blaesius. Avant de souligner « les excellentes relations entre tous les partenaires », l’office de tourisme de Marlenheim et le Département entre autres. « C’est toujours une fierté pour nous de pouvoir parler de notre métier avec le public et valoriser nos productions », a ajouté Clément Heckmann. Outre les futurs Circuits de la Couronne d’or avec les vignerons, 2019 s’annonce dense pour les JA qui auront en charge l’organisation de la finale départementale de labour à Wangen. « Un événement qui n’a pas eu lieu dans le canton depuis 30 ans. »

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