Viticulture

Pellenc et Berger Machines Agricoles

La nouvelle Grapes' Line 60 en démonstration

Publié le 04/10/2018

Une nouvelle vendangeuse tractée Grapes' Line 60 de Pellenc était récemment présentée en démonstration par Berger Machines Agricoles. Quoi de neuf techniquement ?

Bien implanté dans les vignobles avec notamment ses dispositifs de tri Selectiv Process, le constructeur de Pertuis (84) Pellenc lance cette année une nouvelle gamme de vendangeuses tractées, les Grapes' Line déclinées en cinq modèles, les 40, 45, 60, 70 et 80. C’est la Grapes' Line 60 que présentait Stéphane Berger, durant ces vendanges qui, il faut le souligner, ne se prêtent pas trop au test d’efficacité de tri des vendanges, tant l’état sanitaire est impeccable. Plusieurs nouveautés techniques significatives apparaissent avec cette nouvelle vendangeuse, pour toujours plus de confort de pilotage, précision et qualité de récolte. Bien que tractée, la vendangeuse soulage la motricité grâce à l’autotorque : les roues sont munies de moteurs hydrauliques gérés par des capteurs de force sur le timon, pouvant ainsi accepter 30 % de pente. Outre les corrections de tractions, la vendangeuse corrige également les dévers de façon semi-automatique. Côté pilotage, un seul joystick gère pas moins de 18 fonctions, le tout complété par un écran tactile de visualisation des différents paramètres utiles à la récolte. Et côté maniabilité, une tournière de 3,50 mètres de large suffit. Nouveautés aussi du côté de la tête de récolte. D’une manière générale, la qualité de résistance des matériaux plastiques (écailles, secoueurs) a été améliorée. La Grapes' Line peut admettre 10 paires de secoueurs, mais 7 suffiront pour l’Alsace, plus une paire de guide-piquets pour une hauteur maximale de voûte de 2,20 m. Pellenc propose des convoyeurs inox avec tapis à claire-voie qui permettent d’éviter l’aspiration fortuite des jus lors de la première aspiration des feuilles et d’améliorer l’aspiration des débris végétaux. La Grapes’ Line peut admettre quatre ventilateurs, et pour le modèle Grapes’ Line 80, le dispositif de tri Selectiv Process bien éprouvé. Enfin Pellenc a significativement amélioré la facilité de nettoyage de la machine. Différents organes, comme les aspirateurs, s’ouvrent pour rendre leur accessibilité plus facile. Et la passerelle rend le nettoyage plus aisé. Enfin, Pellenc propose une commande déportée de nettoyage automatique qui dure 20 minutes, un argument technique de poids pour les années de vendanges acétiques.  

Marie Wolf et Marie Nussbaumer à l’Adar du vignoble

Du terrain au labo sur l’ensemble du vignoble

Publié le 04/10/2018

Garant d’analyses normées et d’un conseil indépendant, le service technique du laboratoire de l’Adar est assuré par Marie Nussbaumer et Marie Wolf, les deux œnologues de la Chambre d'agriculture d’Alsace.

Marie Wolf et Marie Nussbaumer, sans désormais le très regretté œnologue Michel Pinsun décédé prématurément cet été, assurent le service de conseil œnologique de la Chambre d’agriculture d’Alsace, dont le laboratoire est basé à l’antenne d’Obernai de la Chambre. La zone artisanale comprend également le verger expérimental Verexal et en face le groupe Carlsberg. Tout vigneron et tout opérateur du vignoble peut faire appel aux services œnologiques de la Chambre d’agriculture, qui se positionnent en quelque sorte comme le garant de l’indépendance des conseils techniques et des méthodes d’analyse normées. Mais pour assurer sa continuité, le laboratoire de l’Adar propose aussi un suivi technique œnologique plus personnalisé, où la prestation assurée par Marie et Marie est facturée. Les deux œnologues assurent donc le conseil de terrain et les analyses, « ce qui fait des journées bien remplies… » Leur regard global du terrain au laboratoire, et sur l’ensemble du vignoble, permet de livrer un bilan de cette première partie de vendanges. « Les crémants, les pinots et les muscats sont vendangés, il reste les rieslings, gewurztraminers et sylvaners », annonce Marie Wolf. Elle note forcément d’importantes disparités de maturité technologique en raison du stress hydrique de certaines parcelles. Et une logique d’enchaînement de récolte selon les cépages un peu bouleversée en ce millésime. La question qui taraudait le vignoble, au 20 septembre, date de notre entretien, était de savoir si les parcelles de rieslings qui avaient souffert de stress hydrique notoire allaient reprendre le cours de la maturation à la faveur des petites pluies des 6 et 12 septembre. Toujours à la date du 20 septembre, l’état sanitaire était bien contenu, de l’ordre de 1 à 4 %, « peu problématique ». Fort heureusement, le millésime est pour l’heure peu touché par « l’acidité volatile », et le millésime abondant permet en tout état de cause de trier pour ne sélectionner que les belles grappes. Même en vendange mécanique. Au chai, les crémants s’affichent au sortir des FA particulièrement « sains ». La difficulté du millésime repose surtout sur l’excès de richesse en sucres des moûts de gewurztraminer, qu’il faudra gérer. Mais le pendant positif du millésime, c’est pour l’heure son exceptionnel état sanitaire « avec aussi de beaux arômes pour le gewurztraminer ».

Le retraitement des résidus et des dépassements

Une question d’image pour la filière

Publié le 28/09/2018

Le millésime est globalement généreux en raisins à quelques exceptions, en Alsace comme pour l’ensemble des vignobles français. Se pose dès lors la question de la gestion des surplus, de la manière la plus vertueuse qui soit…

Le vignoble alsacien s’est pour l’heure réservé à émettre des pronostics de volumes, étant donné l’amplitude des aléas climatiques et leur imprévisibilité croissante. Des vignerons ont été surpris cette année par l’abondance en raisins, une générosité de la nature qui n’avait plus été remarquée depuis bien longtemps. Que faire de ces excédents de raisins, les DPLC (dépassement de plafond limite de classement en appellation) ? Le vignoble s’est doté d’outils de régulation pour faire face à ces aléas de volumes : les rendements butoirs qui permettent de compenser les pertes sur une parcelle par les excédents d’une autre parcelle dans une limite de 20 hl/ha supplémentaires. En outre, l’exploitation viticole peut désormais stocker des VCI (volumes complémentaires individuels), ce qui permet d’augmenter le volume réglementaire maximal moyen vendangé d’une exploitation, mais il ne concerne pas les cépages nobles. À l’heure où les questions environnementales peuvent largement interférer dans l’acte de consommation du vin, la question du retraitement le plus vertueux possible des excédents de raisins à la parcelle est posée. Et ce d’autant que l’interprofession investit massivement dans l’image « verte » des vins d’Alsace. Outre, les outils réglementaires, la profession dispose à proximité de la distillerie Romann à Sigolsheim. Entrée dans le giron du groupe coopératif GrapSud (60 M€ de chiffres d’affaires, 220 salariés), la distillerie « s’est mise en capacité d’absorber la totalité des coproduits de la viticulture et donc les DPLC », indique le responsable de site Erwin Brouard. Depuis 2009, « nous avons massivement investi de sorte que rien ne se perd, tout se transforme ». Les marcs sont valorisés en biocarburant, acide tartrique, pulpes de raisins séchées broyées pour l’alimentation animale ; de l’huile est extraite des pépins ainsi que des polyphénols pour les marchés de la « nutraceutique ». Quant aux lies, « on en extrait des huiles essentielles comme fixateurs d’arômes ». Enfin, les DPLC sont quant à eux distillés pour en extraire de l’eau-de-vie à destination du marché des brandy et des extraits de vins utilisés comme fond de sauce. En bout de chaîne, les vinasses, résidus liquides de cette chaîne de valorisation, constituent une matière organique à méthaniser ou à épandre comme amendement des cultures. Autant de valorisations qui font des coproduits de la viticulture une ressource importante en biosourcing des industries. Rien ne se perd, tout se transforme « Nous fonctionnons en 5-8, 7 jours sur 7. À plein, nous avons une capacité de distillation liquide de 1 500 hl/jour. Et nous disposons de 40 000 hl de stockage liquide », indique Erwin Brouard. Globalement ces dernières années, ce sont plutôt entre 13 000 et 18 000 t de marcs qui ont été traitées, « alors que la distillerie est capable d’en absorber jusqu’à 30 000 t, soit la totalité du vignoble alsacien ». Cette surcapacité du site industriel pose à la question de sa rentabilité, ce qui avait occasionné des tensions avec la profession. Mais la distillerie a consenti ces dernières années des millions d’euros d’investissements pour valoriser tout ce qui peut l’être. « Notre vision est que la distillerie doit s’équilibrer avec l’ensemble de ses valorisations. C’est un outil au service de la viticulture », résume Erwin Brouard. Reste que la distillerie, tout comme d’ailleurs les méthaniseurs, n’est réglementairement pas habilitée à retraiter les raisins entiers. Ils doivent donc être préalablement vendangés, pressés et fermentés. Se pose donc la question pour le vigneron ou l’opérateur vinicole de la rentabilité de ces opérations pour des excédents de raisin qui n’ont pas de finalité sous vins d’appellation. La distillerie propose pour cette campagne de payer 50 € le degré par hl d’alcool pur, « soit 500 € pour 100 hl de DPLC, c’est ce que nous pouvons proposer afin d’atteindre cet équilibre global attendu de nos valorisations », indique Erwin Brouard. S’ajoute la question du coût de la logistique de collecte : « Pour les marcs de raisin, on ne fait plus payer la transformation. Le viticulteur perçoit une aide France AgriMer au transport, aide dont nous avons la charge de rétrocession. » Quant aux lies, et autres DPLC, la distillerie assure à ses frais la collecte selon un système de regroupement géré en bonne intelligence avec les présidents de syndicats viticoles. « C’est un service gratuit. »

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