Salon À Contre-Courant au domaine Brand et fils
Biodynamie, le courant passe
Salon À Contre-Courant au domaine Brand et fils
Publié le 02/11/2018
Rencontres et dégustations de vins nature et biodynamiques, le salon À Contre-Courant, organisé par le vigneron Philippe Brand à Ergersheim a fédéré treize domaines de France et attiré des centaines d’amateurs pour sa seconde édition des 20 et 21 octobre.
« C’était à l’école, à l’époque du BTS. Nous étions une bande de copains. Ils m’ont aidé quand j’ai eu besoin », raconte Philippe Brand, vigneron à Ergersheim. Ils lui ont notamment fourni du raisin. Il a eu envie de les remercier par la création de l’événement À Contre-Courant sur son domaine, en les invitant à « ce salon de l’entraide ». Conforté par le succès de la première édition de ces rencontres et dégustations de vins nature et biodynamiques, l’année dernière, Philippe Brand a organisé cette seconde édition les 20 et 21 octobre, avec treize amis vignerons venus de différentes régions viticoles de France, « tous en bio, la moitié en biodynamie ». Un pas plus loin, longuement réfléchi Ces rencontres sont aussi l’occasion d’ouvrir les portes du domaine et de « mieux faire connaître mes vins et pratiques culturales ». Installé depuis cette année, Philippe Brand a commencé la vinification en 2009, suivant la voie des vins bios et de la biodynamie initiée par son père, Charles. Labellisé en biodynamie depuis 2014, il est allé plus loin encore dans sa démarche en vinifiant sans produits et sans filtration l’ensemble de ses vins. Tout est manuel, pas seulement les vendanges. « Le raisin doit être parfait car il n’y a plus de béquilles œnologiques, c’est une prise de risque totale. » C’est en 2005 en Grèce qu’il a goûté pour la première fois un vin nature. Il lui a fallu « un temps de réflexion », de dialogue avec d’autres vignerons déjà engagés dans cette démarche et quelques essais, avant de se lancer dans ce chemin. « J’ai renouvelé la clientèle quasi totalement », en développant l’export, notamment en Suède, Allemagne ou encore Belgique. Cavistes, restaurateurs haut de gamme, chefs étoilés, notamment parisiens constituent « son premier gros marché ». Surprenants… Ce salon est l’occasion « de démontrer la qualité de ces vins et de valoriser cette éthique de travail qui place l’homme au centre ». Philippe Brand a fait découvrir sa gamme Tout Terriblement Macération sur un gewurztraminer et un muscat, des vins filtrés, élaborés à partir d’une macération des raisins récoltés durant 15 jours dans un tonneau, avant d’être mis au pressoir. Une technique qu’il a découverte en Géorgie. En Champagne, au cœur du Jura, en Échappée belle, en Baleine ivre, en Sang neuf, ces vignerons ont fait voyager les amateurs avec leurs étiquettes et leurs terroirs. Loïc Mahé, en AOC Savennières (Anjou), a séduit avec ses blancs de Loire élaborés avec du chenin. La vigneronne Mee Godard, en conversion bio, a surpris avec ses morgons très tanniques. Le dernier arrivé dans cette bande de copains, Vivien Hemelsdael du Clos des Jarres dans l’Aude, a conquis les amateurs de minervois avec sa gamme Abrensis, où grenache, syrah et carignan donnent des vins gouleyants aux arômes marqués. Dans la cour de ce domaine, où ont résonné des musiques d’Amérique latine, les visiteurs ont pu percevoir ce qui lie ces vignerons : des convictions, un engagement profond, une écoute et un respect de la nature dans leurs vignes, exprimés passionnément et quasi philosophiquement dans leurs vins.












