Viticulture

Publié le 11/12/2018

En plus de proposer différents types de compost destinés aux parcelles des vignes, la société Agrivalor entend faciliter la mise en œuvre de l’épandage avec une solution « clé en main ». Une démonstration a été organisée le 30 novembre à Sigolsheim.

Vouloir épandre du compost dans ses parcelles de vigne est une chose. Le mettre en œuvre concrètement en est une autre. C’est en partant de ce postulat que la société Agrivalor, spécialisée dans le compostage et la valorisation des déchets organiques, a créé une prestation « clé en main » à l’attention des viticulteurs. « Beaucoup de professionnels sont intéressés par l’apport de matière organique dans leurs parcelles. Mais étant donné qu’il faut charrier des volumes importants à l’hectare dans les vignes, cela peut vite devenir compliqué et lourd à gérer », explique Guy Meinrad, responsable de la gamme « viticulture » chez Agrivalor. Dans le cas présent, pas besoin de se déplacer dans l’un des points de vente de l’entreprise (Bergheim, Sainte-Croix-en-Plaine, Wittenheim, Hirsingue) pour récupérer le compost, et pas de tas posé en vrac en bord de champ. « En fait, tout dépend si le viticulteur est équipé ou non pour l’épandage de compost, et tout dépend de la disposition de ses parcelles. Si elles sont éparpillées, ça peut devenir contraignant, poursuit Guy Meinrad. En proposant à la fois la vente du compost, le transport et l’épandage, on réalise des chantiers propres et on gagne en flexibilité, en pouvant déplacer l’ensemble du volume à épandre d’une parcelle à l’autre. » Financièrement, il faut compter entre 700 et 800 euros par hectare pour cette prestation « complète » d’épandage d’entretien. Une prestation « polyvalente » Le travail est réalisé assez rapidement. C’est ce qu’a pu constater la trentaine de viticulteurs présents lors d’une démonstration organisée le 30 novembre dans une parcelle située entre Sigolsheim et Bennwihr-Gare. Concrètement, la benne à fond poussant d’une capacité de 30 m3 est déposée en bordure de parcelle. Elle a été adaptée par Berger Machines Agricoles, à Saint-Hippolyte, afin de pouvoir remplir automatiquement le réservoir de l’épandeur grâce à un système de tremplin. Une optimisation qui n’existait pas au début et qui a permis de sécuriser le système, d’augmenter le débit de remplissage. Deux tracteurs viticoles à pneumatiques basse pression et équipés d’épandeurs portés sont ensuite utilisés par l’entreprise Vitisol, d’Ostheim, pour réaliser l’épandage dans les vignes. En une journée, elle peut couvrir une surface d’environ 4 hectares, en plaine ou sur les coteaux. « Concrètement, partout où un tracteur passe, je passe aussi », résume Christophe Ketterer, gérant de l’entreprise Vitisol. De plus, l’utilisation d’épandeurs portés au lieu d’épandeurs traînés assure une « meilleure maîtrise » du process dans les coteaux. Encore trois ans d’essais Mais au fait, c’est quoi comme compost qui est épandu dans ces vignes ? Agrivalor propose trois types de « viticompost » : celui de base composé à 100 % de matières végétales compostées ; le « complémenté » constitué de 70 % de matières végétales et 30 % de fumier de cheval ; et le « premium » composé de 50 % de matières végétales, 30 % de fumier de cheval et 20 % de fumier de bovin. Les doses d’apport sont calculées en fonction de l’estimation des pertes humiques annuelles, et de l’humus issu des bois de taille et des bandes enherbées. « On apporte entre 40 et 50 m3 par hectare de viticompost avant la plantation, puis 20 m3 par hectare tous les un à deux ans en guise d’entretien, et des doubles apports tous les quatre ans », détaille Guy Meinrad. Mais dans le sol, qu’est ce que cela apporte concrètement ? Après trois ans d’expérimentation dans les sols sablonneux de la Hardt de Colmar et les sols plus lourds du secteur de Bennwihr Mittelwihr, Agrivalor et les services de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) ont déjà pu constater le maintien de la vigueur de la vigne. Frédéric Schwaerzler, qui s’occupe de ce dossier à la CAA, remarque aussi que la fertilisation du sol induite par le compostage se fait sans à-coups, ce qui est « très positif ». Les essais doivent encore durer trois ans. À l’issue de cette période, les techniciens de la CAA disposeront de résultats précis sur l’utilisation de compost en viticulture et ses conséquences. « On fait des analyses assez régulières. On pèse le bois de taille pour évaluer la différence de vigueur en fonction des modalités, on fait un suivi du botrytis, du poids de récolte et des différentes maladies. Une année sur trois, on mesure l’activité biologique des sols. Et on mesure aussi les risques éventuels de pertes de nitrates. C’est pour cela qu’on utilise des parcelles jeunes qui réagissent rapidement », ajoute Frédéric Schwaerzler.

Publié le 22/11/2018

Le colloque InvaProtect, qui se tenait jeudi 8 novembre à Bad Krozingen, visait à restituer trois années de recherches dans le Rhin supérieur, notamment sur Drosophila suzukii.

L’invasion en 2014 de la drosophile suzukii sur les petits fruits rouges puis en viticulture avait démontré à quel point les filières pouvaient se retrouver démunies face à un bioagresseur invasif. 30 partenaires français, allemands et suisses des instituts de recherche et de conseil du bassin du Rhin supérieur se sont alors réunis pour faire progresser la connaissance dans ce domaine, avec comme sujets la punaise diabolique, la cicadelle de la flavescence dorée, la cochenille du mûrier, le virus de la sharka ou encore les cochenilles vectrices du virus de l’enroulement. Le programme de trois ans était cofinancé par les États et des fonds européens Feder. Jeudi 8 novembre à Bad Krozingen avait lieu la restitution générale de ces travaux. Les résultats détaillés sont en ligne en français sur le site www.ltz-bw.de. La biologie de chaque bioagresseur y est décrite, ainsi que les plantes hôtes, la carte de propagation, l’état des destructions causées et les solutions de lutte actuellement envisageables. Drosophile suzukii, vers un outil d’aide à la décision En ce qui concerne la drosophile suzukii, si l’habitat joue un rôle sur le développement de ce bioagresseur amateur de fruits colorés à pellicule fragile, difficile cependant de prévoir l’invasion de cette mouche capable d’engendrer jusqu’à huit générations par an, au rythme de 300 œufs par femelle qui pond 1 à 10 œufs par fruit. Atteindre le stade adulte lui nécessite seulement entre 9 et 14 jours. Les recherches ont mis en évidence qu’il existe une forme hivernale de drosophile, plus sombre et plus grande, et une forme estivale. À partir de 7,5 °C, les formes hivernales survivent mieux, mais les pontes hivernales ne sont pas viables. La drosophile séjourne alors sur plantes vertes en lisière de forêts ou aux abords des haies. Les chercheurs du FiBL ont alors voulu vérifier si ces éléments du paysage (habitat écologique), par exemple des haies bordées de sureau, merisier, mûrier, laurier, fraises des bois, cornouiller, prunellier, ronce, chèvrefeuille, cynorrhodon et autres fruits rouges sauvages, jouent un rôle dans l’intensité du développement des drosophiles sur les parcelles cultivées. Le protocole a consisté à pulvériser les haies d’une protéine marquée, susceptible d’être transportée par la drosophile et d’être retrouvée sur les cultures sensibles. Résultat : les haies n’ont pas d’influence sur l’infestation et ce sont surtout les conditions météorologiques de l’année, température et hygrométrie, qui sont le facteur prépondérant de leur développement. Mais de quoi se nourrit la drosophile sans baies rouges l’hiver ? Une étude suggère que la drosophile se nourrirait l’hiver de microflore à la surface des plantes, mais se servirait aussi des feuilles persistantes pour se protéger des intempéries. Dans ce contexte, le projet allemand Simkef (SIMulation Cherry Vineyard) vise à développer un outil d’aide à la décision (OAD) qui évalue le risque de prolifération de la mouche. Il se fonde sur un modèle décrivant la dynamique de population à partir du premier cycle de multiplication des mouches femelles, de l’attractivité des fruits et de la structure de l’habitat. Il permet de déduire la probabilité de première ponte (plus d’informations sur www.zepp.info.) Mais avant un tel OAD, le simple monitoring avec les pièges à vinaigre permet d’évaluer le développement des populations, sans toutefois « permettre de décider du bien-fondé d’un traitement ».

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