Viticulture

Université des grands vins (UGV)

Nouveau comité, nouvelle formule

Publié le 04/02/2019

Florian Beck Hartweg, Jean-Claude Rieflé et Hélène Richard succèdent à Jean-Michel Deiss à la tête de l’UGV. Avec toujours la volonté de donner des clés de compréhension des vins de terroir et du message gustatif qu’ils délivrent, par des soirées conviviales et ouvertes à tous.

« L’Université des grands vins est née en 2013 de la volonté de vignerons alsaciens, rassemblés sous le nom de « groupe transversal Alsace », d’ouvrir les perspectives sur les vins de terroir et les grands vins », explique Florian Beck Hartweg. C’est ce jeune vigneron de Dambach la ville qui reprend les rênes de l’association, en tandem avec Jean-Claude Rieflé, vigneron à Pfaffenheim, et Hélène Richard, pour la partie œnophile ; l’université des grands vins fonctionne sur la rencontre de professionnels et d’amateurs. Ils succèdent à Jean-Michel Deiss. « Constatant l’inefficacité de son action politique », le groupe Transversal qui rassemblait une vingtaine de vignerons des trois familles, s’était « recentré sur une action philanthropique » et mué en association dont la vocation était « d’instituer au sein de la viticulture alsacienne, la culture des grands vins par la pratique de la dégustation géosensorielle et la rencontre des vignerons ». Aussi, au rythme d’une dizaine d’événements par an, depuis 2013, l’UGV a-t-elle permis de faire venir en Alsace des personnalités du vin tout aussi passionnées que réputées. Et permis de déguster des vins tout aussi renommés qu’inaccessibles. D’ailleurs le 4 février prochain, c’est le château Rayas qui sera à l’honneur, dans une soirée proposée à l’hôtel Europe à Horbourg-Wihr, avec les commentaires du géologue Georges Truc. Comprendre le message du lieu L’idée de la « dégustation géosensorielle » terme pouvant paraître comme abscons, repose sur « la compréhension du message du lieu délivré lors d’une dégustation d’un vin de terroir. Quelles sont les clés de lecture pour identifier ce message gustatif ? » Quelles perceptions sensorielles sont relatives à l’expression du lieu ? Les acquis en neurosciences des perceptions sensorielles et en génétique permettent de considérer qu’il y a deux types de dégustation : l’une plutôt hédonique car elle fait appel à des perceptions sensorielles très personnelles, parce qu’elle dépend de son parcours gustatif, de sa culture gustative, c’est la dégustation aromatique. L’autre dégustation, obligatoirement à l’aveugle, fait appel à un lexique de descripteurs sensoriels qui n’ont rien à voir avec les arômes, mais qui sont relatifs au toucher et aux représentations mentales induites. Exemple : rugueux, lisse, fin, épais, chaud, froid, courbe, droit, vertical, pointu, etc. Et tandis que la perception aromatique est une affaire très personnelle, en lien d’ailleurs avec son identité génétique, celle relative au toucher, dans la bouche en particulier, a un caractère universel. Concrètement, si un vin sent la fraise pour l’un, l’ananas pour un autre dégustateur, en revanche il y a consensus sur ses perceptions tactiles. Quel rapport avec l’expression du lieu ? C’est la géologie et la roche que les vignerons mettent de plus en plus en avant parce qu’elle renvoie à ces notions de perception tactile. La diversité, un remède à la surcompétition Selon Jean-Claude Rieflé, « si l’on veut redonner de la valeur aux vins d’Alsace, il faut redonner de la consistance aux discours des vins d’Alsace. Et ce discours ne peut passer que par le terroir », explique-t-il. Terroirs alsaciens, dont la diversité est unique au monde : « Nous sommes le seul vignoble au monde à détenir les trois grands types de roche : cristalline, sédimentaire et volcanique », rappelle Jean-Michel Deiss. Or l’expression de la diversité des terroirs dans les vins « est le seul remède à la surcompétition », estime Jean-Claude Rieflé. Pour les trois vignerons, « l’expression de cette diversité est l’une des clés de la survie des vins d’Alsace ». En 2019, l’UGV proposera plusieurs formules d’initiation à la dégustation géosensorielle : des formations en petits comités dans le cadre pittoresque de la cave des prélats à Sélestat et des soirées plus grand public, ouvertes désormais aux non-adhérents, avec toujours l’exigence conviviale d’apporter une bonne bouteille pour le repas final. Plusieurs thématiques sont actées : vins et cailloux, Toscane, vins et terroirs volcaniques, soirée Yquem. Grâce au soutien de la Ville de Sélestat et du Crédit Agricole Alsace Vosges pour la partie finances, le coût des soirées continuera d’être avantageux, au regard des vins dégustés et de la qualité de prestation générale.

Cave historique des Hospices civils de Strasbourg

De la matière et de la belle !

Publié le 04/02/2019

La dégustation de sélection des vins pour les Hospices civils de Strasbourg a offert d’heureuses surprises sur les rieslings et les pinots.

C’est dans la salle des fêtes des Hospices de Strasbourg que le directeur général des hôpitaux universitaires de Strasbourg, Christophe Gautier, a accueilli le 16 janvier, les participants à la première dégustation des vins du millésime 2018. Ce rendez-vous traditionnel réunit des vignerons, des professionnels du vin et du monde de la santé pour sélectionner les vins destinés à être élevés dans les chais des hospices civils. Christophe Gautier a salué cette tradition séculaire, le partenariat exceptionnel entre les hôpitaux universitaires et la Sica des vignerons qui font vivre ce patrimoine. Et salué tout particulièrement le consul général de la République de Chine Populaire, Jun Ling, et Isolde Felskau, consul d’Allemagne. Double dégustation, une nouveauté Patrick Aledo, président de la Sica, a pour sa part salué la participation de la reine des vins d’Alsace, Margaux Jung, de ses deux dauphines, Pauline Husson, Flore Ansel, et du sommelier de l’Auberge de l’Ill Serge Dubs. Pour améliorer « la qualité des échanges », la dégustation s’est déroulée par table de 6 et 2 cépages. 94 échantillons étaient en lice. Dont certains pourront être représentés ultérieurement. « Ceux qui ont su attendre la maturité phénolique sont de meilleure facture, l’alcool étant assez haut sur les pinots gris », observe Luc Anstotz, président de la cave du Roi Dagobert. Les rieslings dégustés et commentés à la table du vigneron Daniel Ruff sont dans la tonalité de ce millésime, « riches, fleuris, avec une acidité présente et de beaux équilibres ». Le vigneron Michel Fonné a souligné la bonne minéralité des rieslings dégustés, « comme on aime en parler en Alsace ». D’autres, avec moins de fraîcheur traduisent les effets, variables selon les terroirs, de ce millésime solaire sont notés « plus gras, plus souples ». Christine Collins s’est enthousiasmée sur un riesling aux arômes bien typiques, citron, bergamote, « déjà bien », tout comme un pinot gris « au nez exubérant, mais sec, important pour la gastronomie ». Des pinots noirs prometteurs Les pinots noirs ont séduit la plupart des dégustateurs en montrant une grande concentration : « Un millésime pinot noir », ajoute Patrick Lebastard. « Ils sont bien structurés avec de belles expressions du cépage », renchérit Justine Schmitt, du domaine éponyme d’Ottrott. Le vigneron Jean-Daniel Hering observe « un millésime 2018 précoce avec un potentiel de garde intéressant ». À l’issue de cette dégustation, l’historien Claude Muller a évoqué une part d’histoire de la cave avec la Suisse, suivie par la présentation d’une étude scientifique du célèbre vin de 1472, le plus vieux vin de la cave des Hospices. Pour cette sélection 2019, un tiers des vins a été refusé, précise le nouveau caviste Lucas Spinner, dont 12 rieslings sur les 26 dégustés. Ils pourront être représentés sous 15 jours à un comité si le vigneron le souhaite. Sur les 11 gewurztraminers, c’est plus mitigé, trois vins sont refusés « pour une sucrosité trop importante » et deux sont concernés par la double dégustation. Les pinots gris « sont plutôt bien » avec seulement 4 vins refusés sur 24 présentés.

Isavigne Géofolia Viti

Un logiciel pour préparer l’avenir

Publié le 31/01/2019

Devant faire face à des impondérables de la vie mais souhaitant s’adapter aux exigences modernes de production, le domaine Jean-Claude Koestel à Ergersheim s’est adjoint les services du logiciel parcellaire Géofolia Viti. Explications de Carole Koestel.

En 2016, Jean-Claude Koestel, vigneron et pépiniériste à Ergersheim, décède subitement. Carole, sa fille, alors chercheuse en œnologie à l’école de Changins, doit envisager de revenir exploiter le domaine familial aux côtés de sa mère et de son frère Romain. Il est alors crédité de 12 hectares et d’une activité de production de 60 000 plants en pépinière. Le retour de la jeune œnologue se concrétise en 2018. L’occasion pour le domaine Koestel d’ajouter 7 ha à son actif. « Un véritable tournant », constate Carole, pour qui l’organisation du travail doit trouver à s’adapter. Et ce d’autant que, si une partie de la récolte est vendue sous contrats à moyen terme, le domaine Koestel continue de vinifier, conditionner lui-même et de vendre quelque 20 000 bouteilles. Avec l’ambition de développer cette activité à valeur ajoutée. Bref au domaine Jean-Claude Koestel, il ne manque pas de travail pour les 5 UTH comptabilisées. Et ce ne sont pas les charges administratives et autres déclarations auxquelles doit faire face la viticulture aujourd’hui qui vont faciliter ces tâches. « Il y en aurait pour un mi-temps », estime Carole. Mais le plus important pour cette jeune viticultrice, qui se veut en phase avec les évolutions de la viticulture moderne, est de bien cerner l’état d’avancée des travaux sur l’ensemble de l’exploitation arrivée à une taille critique, d’autant qu’elle compte plus de 100 parcelles. Elle s’est donc attaché les services de Géofolia, un logiciel de la société Isagri. Ludique et intuitif avec saisie sur smartphone, Géofolia s’appuie sur le parcellaire de la Pac, plus précis que les anciens documents orthophotos. Si le canevas numérique des parcelles est aujourd’hui en phase avec le terrain, reste encore à le rendre cohérent avec le Casier viticole informatisé, et à tenir compte de la complexité cadastrale : « Aujourd’hui, des parcelles comprennent trois îlots cadastraux, avec en plus plusieurs cépages. »* En l’état, Géofolia est un outil opérationnel pour la gestion des travaux viticoles, d’autant que le domaine fait aussi appel à des prestataires en viticulture : « Il nous permet de gérer au plus près les prestations, l’efficacité des temps consacrés, le suivi et la traçabilité des opérations. Ça libère l’esprit », observe Carole. Géofolia est également utilisé pour l’activité de pépinière, le calendrier des traitements, qui font par ailleurs l’objet d’une traçabilité importante. Le domaine Koestel cultive également des vignes-mères de greffons pour le Service de prospection et multiplication clonale (SPMC) du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), ce qui nécessite un suivi sanitaire très rapproché. Par un système de veille réglementaire, le logiciel se met en phase avec l’actualité réglementaire phytosanitaire.

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