Viticulture

Publié le 22/03/2019

120 hectares, 23 déclarants de récolte, 9 metteurs en marché, dont 6 en bio et un certifié Haute valeur environnementale, un grand cru Bruderthal, trois coteaux - le Finkenberg, le Schaefferstein et le Hahnenberg de Molsheim - en demande de reconnaissance en premier cru : les vignerons de Molsheim, dont le syndicat viticole est présidé par Henri Kaes, affichent de l’ambition culturelle pour leurs vins.

De la consommation courante à l’acte culturel. Les vignerons de Molsheim ne ménagent pas leurs efforts pour faire valoir la qualité de leurs vins et de leurs coteaux en particulier. Ils tenaient leur assemblée générale au restaurant de l’hôtel Diana, le 13 mars dernier, autour d’un repas gastrovinique, concocté par le chef Frédéric Malaisé, et agrémenté des crus en devenir. Une assemblée générale dans une ambiance décontractée, même si les sujets abordés étaient extrêmement sérieux : rendements 2019, liste des cépages, assemblages, riverains des vignes, et préparation des manifestations viniques d’envergures régionale et nationale. Assemblage ou monocépage Henri Kaes cède la présidence de la gestion locale du Bruderthal à Jérôme Neumeyer. Hommage a été rendu au travail de Bernard Weber et Gérard Neumeyer, ainsi que de Philippe Heitz pour avoir obtenu la reconnaissance en 1992. Julien Boehler relève cette incohérence : « La variable entre les grands crus, ce n’est pas le cépage, mais le terroir ». Il prend l’exemple du Zinnkœpflé : les vignerons se sont accordés sur deux versions, l’une liquoreuse et l’autre en sec, à l’exclusion de la mention des cépages. Ils deviennent juste une mention informative et qui n’est plus identitaire. Mais Jérôme Neumeyer estime que le cépage est un marqueur de terroir, en particulier le riesling. Faut-il alors ajouter une déclinaison supplémentaire d’assemblage à l’offre des cépages et rendre l’offre encore plus complexe ? Julien Albertus estime que la complexité de l’offre n’est pas un frein au marché, bien au contraire. Comme pour le Zinnkœpflé, le cépage, qui ne serait plus la variable identitaire du terroir, deviendrait néanmoins un élément informatif sur la contre-étiquette, jugé nécessaire certes, mais plus en tant qu’élément protecteur de l’appellation… Faut-il stabiliser, voire diminuer, les rendements ? Le syndicat viticole se demande s’il faut diminuer les rendements d’appellation compte-tenu des problèmes d'écoulement de stocks sur  le marché du vrac. « L’idée serait surtout de baisser dans une perspective de produire mieux », dit un vigneron, car « la question est de valoriser nos productions ». Mais cette décision hypothétique de diminution ou de maintien des rendements reste suspendue au fait que « 60 % des volumes de vins d’Alsace sont dans les mains de dix opérateurs », fait remarquer un autre vigneron. Étiquetage sec, demi-sec, moelleux, liquoreux Un loup juridique a été soulevé, car l’actuelle réglementation qui encadre la sucrosité du riesling ne permet pas de replier un riesling grand cru en riesling AOC Alsace. La réalité du débat est de savoir s’il faut informer le consommateur par l’étiquette sur la teneur en sucrosité contenue dans le vin. Les vignerons s’interrogent : ces mentions européennes porteront-elles préjudice ou valoriseront-elles l’image du vin ? Ou inversement amélioreront-elles les ventes par une meilleure lisibilité de la sucrosité du contenu ? Phytosanitaires - riverains Les millésimes 2017 et 2018 se caractérisent par « peu de pression sanitaire et pas de soucis identifiés avec les riverains ». Henri Kaes en appelle au bon sens des bonnes pratiques, comme « ne pas poudrer le samedi à 11 h 30 ». Il invite aussi à nouer contact avec les riverains et plus largement les Molsheimois, à « privilégier les relations de bon voisinage. On est en position favorable à Molsheim » en raison de la configuration parcellaire et globalement des Molsheimois compréhensifs, même si des questionnements se font de plus en plus nombreux.

Diplôme et concours de taille 2019

William Jost vainqueur

Publié le 15/03/2019

William Jost de Dorlisheim remporte la 40e édition 2019 du concours de taille, qui se tenait le 27 février à Scherwiller avec 81 inscrits au diplôme préliminaire. Elle mettait également en lice 12 anciens vainqueurs pour une super finale remportée par Jean-Marc Baltzinger, chef de culture du domaine viticole du lycée de Rouffach, et Étienne Maetz, vigneron à Rosheim.

Les techniques de taille évoluent avec une plus grande prise en compte des trajets de sève, mais le concours de taille, très prisé en Alsace, reste toujours sur ses fondamentaux. « C’est une vraie valeur ajoutée pour le CV », observe Didier Pettermann, président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa). Mais la sélection reste rude. Pour la 40e édition, sur les 81 inscrits au diplôme de taille, seuls 19 l’ont obtenu, informe Jérôme Attard, de la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA). L’ensemble des candidats sont cependant invités par les organisateurs à se représenter au diplôme ou au concours en 2020 : « Ça se joue au quart de point près, dans un mouchoir de poche », précise Didier Pettermann. Organisé conjointement par la CAA, le Civa, le lycée viticole de Rouffach, ce concours bénéficie également d’une intendance assurée par les Jeunes Agriculteurs, en l’occurrence cette année les jeunes viticulteurs de Scherwiller. Pour cette finale 2019, c’est le futur vigneron William Jost, de l’EARL Goesel-Jost à Dorlisheim qui remporte le concours. « J’ai appris avec Jean-Marc Baltzinger et Freddy Boltz, qui disait : « Pense à celui qui descend les baguettes », ce que je me suis efforcé d’appliquer. Tailler, arquer, c’est ce que je préfère », précise le jeune homme. Les diplômes et les lots des vainqueurs du concours ont été remis en présence d’Olivier Sohler, maire de Scherwiller, Flore Ansel, dauphine de la reine des vins d’Alsace, Catherine Greigert, conseillère départementale du canton de Sélestat, Didier Pettermann, et le jury assuré par les conseillers techniques de la CAA, du Civa et de l’EPLEFPA de Rouffach. Pour Karen Saccardy, directrice adjointe en charge des exploitations et du développement pour Les Sillons de Haute Alsace, la formation de taille reste un enjeu majeur : « C’est le premier geste de production du vin ». Retour sur 40 années de concours de taille avec André Roth, ancien responsable de l’exploitation viticole du lycée de Rouffach, et surtout l’un des pères de l’épreuve : « Il y avait le concours de labour, le concours de pointage et ça manquait en viticulture », introduit-il. Avec François Montavon et Jean Schwach, les conseillers viticoles de la CAA, ensemble ils conçoivent le concours, son système d’évaluation, le jury étant assuré par l’ITV, l’Inra, des professionnels bénévoles, le Suad, le lycée de Rouffach. Force est de constater 40 ans après que le succès perdure, observe André Roth, expliqué au moins en partie par le bien-fondé de la formule du concours définie par ses pères. C’est Jean-Paul Ringeisen qui, d’année en année, démarche les sponsors dont la générosité contribue également à son attrait.

Publié le 15/03/2019

Beaucoup de viticulteurs étaient présents, jeudi 7 mars dans la salle communale de Saint Hippolyte, pour le VitiTour des établissements Armbruster. Une soirée innovante avec les présentations de Movida, un modèle de prévision du risque mildiou, des robots Naïo Technologies et de Vinewiew, des drones pour cartographier les parcelles en viticulture de précision.

En introduction, Aymé Dumas, responsable du service technique viti chez Armbruster, a présenté les résultats encourageants de Stopesca, un charbon actif à badigeonner sur les plaies de taille, qui neutralise les toxines du champignon. Également présenté, QualiDrop, un outil de mesure de la qualité de couverture de pulvérisation. Movida est un outil d’aide à la décision de traiter en fonction de l’évaluation du risque mildiou ou oïdium. Il table sur un modèle mathématique qui intègre nombre de paramètres, dont les données météorologiques à l’échelle de la parcelle, la phénologie du pathogène et celle de la vigne. L’outil s’articule sur quatre piliers paramétrables, énumère Jacques Louvet de Bayer en charge du développement de Movida : « La gestion de la parcelle ; le risque maladie - sensibilité de la parcelle ; la croissance de la vigne - sa physiologie ; et la météo ». Movida répond à deux enjeux principaux : « Obtenir une récolte saine et sans résidus d’intrants ». En pratique, sur son smartphone, le viticulteur voit ses parcelles cartographiées avec une punaise de couleur rouge, orange ou verte, qui lui indique la nécessité ou non de traiter. Il faut compter 150 € par an pour 10 parcelles. Naïo Technologies est une entreprise toulousaine qui développe des robots. Créée en 2011, elle compte aujourd’hui 50 salariés et propose quatre robots : Dino, Oz, Ted et Jo. À ce jour 100 robots Oz, pour le désherbage en maraîchage, ont été vendus, une vingtaine de Dino pour le maraîchage en planches. Ted et Jo s’adressent à la viticulture. Pour les vignes larges, Ted, un enjambeur qui dispose de 8 heures d’autonomie, certifié pour sa fiabilité, combine trois systèmes de guidage GPS, laser et caméra. Ce robot admettra des outils de désherbage mécanique classiques. Et en projet sur ce robot, un appareil à traiter hyper-bas volumes. « Notre vraie problématique est de voir comment ces robots vont s’intégrer avec les humains dans les exploitations », explique-t-on chez Naïo Technologies. Troisième présentation lors de cette soirée, Vineview qui propose une cartographie des parcelles pied par pied, au moyen d’un drone qui renseigne sur la vigueur et les manquants. Il en résulte de multiples applications en viticulture de précision et en œnologie de précision pour la sélection intra ou extra-parcellaire, sur la base de ce zonage de la vigueur.

Pages

Les vidéos