Pour une vendange de qualité
Transport rapide vers les chais
Pour une vendange de qualité
Publié le 24/08/2018
Éric Meistermann a donné quelques préconisations techniques sur le millésime à venir. La grande tendance est l’avancement des dates de vendanges, de l’ordre de 30 jours sur la période allant de 1980 à 2017, avec une augmentation des températures moyennes de 12,1 à 16,8 °C et des températures maximales de 17 à 23,6 °C. Ce qui est lourd de conséquences au niveau de la maturité. « On observe une modification du profil aromatique des vins blancs. Les risques sanitaires sont plus élevés, notamment de pourriture en cas de pluie, comme cela a été le cas en 2006. Pour la récolte, les risques microbiologiques sont plus importants, avec des raisins et des moûts chauds et peu acides qui constituent un très bon milieu de culture pour les bactéries. Ce qui peut engendrer des problèmes de piqûre, de débourbage, de fermentation, de stabilisation. » Le stress hydrique est important, actuellement, dans le vignoble, « entraînant un arrêt précoce de la croissance végétative de la vigne, un blocage de l’accumulation des sucres, renforcé par la charge du pied. La teneur en acide malique est faible, avec une augmentation du pH et de la teneur en polyphénols, donc de la sensibilité à l’oxydation. On note également une maturité plus faible des pépins et une diminution des teneurs en azote assimilable. » Ce qui, pour la vinification, entraîne des modifications des précurseurs d’arômes. Elles concernent la composition du raisin. Il faut intervenir sur les extractions sélectives (pressurage, débourbage, cuvaison). Pour la vinification en blanc, afin d'éviter tout développement microbien durant les opérations préfermentaires, « il faut récolter des raisins frais et refroidir les jus. Le transport de la vendange vers le chai doit être rapide, avec un traitement du raisin dès la réception et, surtout, une bonne hygiène du matériel vinicole. Pour le pressurage, il faut surveiller la qualité des fins de presse et les séparer ou éventuellement les coller. Enfin, en l'absence de régulation thermique, il faut effectuer un débourbage grossier à la fin du pressurage suivi d’un débourbage plus fin », ajoute Éric Meistermann. Pour la vinification en rouge, avec des raisins issus de vignes stressées, il y a une apparence de surmaturation (couleur, arômes) sur une charpente manquant de maturité. Il faut alors bien maîtriser la cuvaison. « Dans le travail du raisin, il ne faut pas hésiter à faire le tri de la vendange avec un éraflage sans brutalité. La cuvaison est à suivre de près. Il faut maîtriser les remontages, sans excès. Enfin, au pressurage, il faut séparer les jus de presse », conclut Éric Meistermann.












