événement

Jusqu’à dimanche aux Tanzmatten de Sélestat

Des saveurs et des couleurs pleines de vitamines

Publié le 22/09/2017

La 7e édition de Saveurs et soleil d’automne démarre aujourd’hui aux Tanzmatten de Sélestat. Jusqu’à dimanche, petits et grands sont invités à venir voir, sentir, entendre et déguster les nombreuses créations, recettes et décorations réalisées avec les fruits et légumes d’Alsace.

Retour au bercail pour la plus grande manifestation française dédiée aux fruits et légumes et destinée au grand public. Ce vendredi, la septième édition de Saveurs et soleil d’automne revient aux Tanzmatten de Sélestat pour un événement qui s’annonce encore une fois riche en couleurs et surprises. Créée en 2001 afin de « célébrer les bienfaits des fruits et légumes et sensibiliser le grand public à la production locale », Saveurs et soleil d’automne a lieu tous les deux ans quelque part en Alsace. La dernière édition, en 2015, s’était ainsi déroulée pendant les Journées d’octobre de Mulhouse. Une présence remarquée qui avait suscité l’enthousiasme de près de 30 000 visiteurs attirés par les sculptures, décors et animations concoctés autour des fruits et légumes. Une recette gagnante que les organisateurs ont décidé de reprendre pour ce millésime 2017. Pour les enfants tout d’abord, avec multitude d’activités et de spectacles qui leur sont consacrés. Pour la première journée, pas moins de 700 élèves venus de plusieurs établissements scolaires sont attendus. Au programme : ateliers culinaires à la découverte des saveurs des fruits et légumes, dégustations à l’aveugle, réalisations de recettes gourmandes encadrées par les lycées agricoles et hôteliers d’Alsace, ateliers récréatifs (course de mini-tracteurs, course en sac de pomme de terre, stand de maquillage), ateliers pédagogiques pour apprendre en s’amusant (initiation aux gestes du quotidien en matière d’écologie, utilité du compost, etc.), et des ateliers de jardinage pour s’initier à la main verte. Au niveau des spectacles, les enfants - et leurs parents - auront également de quoi faire avec la montreuse de légumes Andrée Krupp, le jeu clownesque et interactif « L’Arche aux légumes », le potager musical où ce sont les légumes qui font office d’instruments, et l’aventure des « bonshommes mini-soupe » qui invite les enfants à confectionner un bonhomme avec des légumes et déguster une soupe avec les morceaux restants. « Faire rêver » avec les fruits et légumes Comme le révèle le directeur de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), Fabien Digel, l’idée globale de la manifestation est de « faire rêver » les visiteurs et d’aller bien au-delà « d’une simple assiette de fruits et légumes ». Il y a les décorations tout d’abord qui s’inspirent pour certaines de celles qui ont émerveillé le public en 2015 : les tableaux de mosaïques en perspective accueillent les visiteurs à l’entrée du site, tout comme la pyramide des saveurs ; les dinosaures de fruits et légumes apportent un soupçon de Jurassic Park et emmènent petits et grands plusieurs dizaines de millions d’années en arrière ; et le jardin éphémère créé par le Syndicat des maraîchers de Sélestat apporte une touche bucolique dans le but de mettre tous les sens en éveil. « Faire rêver » passe aussi par les saveurs gustatives. C’est ce que feront les chefs étoilés Patrick Fulgraff (le samedi) et Joël Philipps du restaurant Le Cerf à Marlenheim (le dimanche). Au menu, des démonstrations culinaires à base de fruits et légumes d’Alsace, mettant en lumière des recettes transmises de génération en génération dans les cuisines du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. « On veut ainsi montrer qu’on peut faire plein de bons repas avec les fruits et légumes locaux », souligne le président de l’Ifla, Pierre Lammert. Dans un autre registre, le champion d’Europe de sculpture sur fruits et légumes, Frédéric Jaunault étalera tout son art en réalisant des œuvres aussi colorées qu’improbables. Fleurs, cigognes, oiseaux exotiques, il déshabillera les fruits et légumes pour faire découvrir leurs trésors cachés avec finesse et volupté. Samedi, Saveurs et soleil d’automne accueillera pour la première fois le concours du Meilleur ouvrier de France (MOF) dans la catégorie primeur. Trente candidats auront 2 h 30 pour réaliser trois corbeilles différentes correspondant à trois commandes distinctes dévoilées le jour même. Le retour des Bateliers de la Lauch Les fruits et légumes, ce sont aussi des alliés précieux pour la santé. Un aspect essentiel que le docteur Christian Recchia ne manquera pas de rappeler dans ses conférences et ateliers pour enfants. Pour lui, notre identité culinaire s’étiole et notre santé est en danger, en particulier chez les jeunes générations, de moins en moins éduquées au plaisir de l’alimentation et de la cuisine. « De nos jours, nombreux sont ceux qui oublient de prendre le petit-déjeuner, sautent un repas puis grignotent pour combler une petite faim. Par ailleurs, les consommateurs ont perdu de vue ce qu’est un bon produit, sain, naturel et de saison. Nous varions moins notre nourriture que par le passé. Or, il ne faut jamais oublier que nous sommes ce que nous mangeons, à la molécule près », explique celui qui est aussi chroniqueur sur les radios RMC et France Inter. La confrérie des zewweltreppler et la maison du pain n’ont, elles, pas oublié de manger beaucoup de légumes, surtout quand il s’agit d’oignons. Dimanche, elles composeront ensemble une tarte géante à l’oignon dans le village des saveurs. Une recette traditionnelle que les visiteurs pourront bien sûr déguster. La confrérie des zewweltreppler profitera de l’occasion pour introniser l’ambassadrice des fruits et légumes d’Alsace, Delphine Wespiser. La restauration ne sera bien sûr pas en reste avec de nombreux espaces dédiés et moult buvettes. Saveurs et soleil d’automne oblige, les mets et boissons proposés aux gourmands seront quasi exclusivement réalisés avec des fruits et légumes d’Alsace : saucisses de légumes, frites fraîches, salades, soupes, plateau apéro, tartes aux pommes, choucroute, et jus de fruits créées spécialement pour l’occasion. Le tout payable uniquement en zewala, une monnaie locale, propre à la manifestation, qui vaudra un euro pour un zewala. Le ventre plein, les visiteurs pourront aller faire une pause le long de l’Ill où les Bateliers de la Lauch, venus tout spécialement de Colmar, descendront la rivière, l’embarcation pleine de fruits et légumes. Ils n’avaient pas participé à la manifestation depuis la première édition en 2001. À noter enfin que tous les fruits et légumes utilisés pour la décoration (ou non consommés) pendant cette septième édition de Saveurs et soleil d’automne seront distribués aux Restos du Cœur. L’inauguration est prévue ce soir à 17 h et sera suivie, de 18 h 30 à 22 h 30, d’un afterwork qui permettra de découvrir l’ensemble des décorations du site en version nocturne, le tout dans une ambiance musicale assurée par un DJ.

Grand contournement ouest (GCO)

Non à la surenchère environnementale

Publié le 20/09/2017

Lundi 18 septembre, plusieurs dizaines de tracteurs se sont rassemblés place de la République à Strasbourg pour dénoncer l’augmentation du niveau des compensations environnementales au projet de GCO exigée par le Conseil national de la protection de la nature (CNPN).

« Nous avions mobilisé une trentaine de tracteurs, il y en a plus que prévu », estime Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, en jetant un regard circulaire sur la place de la République, où se sont rassemblés les agriculteurs pour protester contre le GCO. La mobilisation était importante donc, pour cette énième manifestation agricole suscitée par le projet de GCO. Celui-ci présente en effet la particularité de cristalliser plusieurs enjeux sur lesquels les agriculteurs alsaciens sont, et deviennent, de plus en plus chatouilleux. Premièrement, il consomme du foncier. L’emprise foncière de l’ouvrage est estimée à 300 ha, ce qui concerne 22 communes et 500 agriculteurs. Or, dans une région où la densité de population est élevée, donc l’emprise des zones artificialisées importante, la ressource en terres agricoles se fait rare et doit être préservée. Si tant est qu’on veuille maintenir un modèle agricole familial… Mais il s’agit d’un autre débat. Une notion de « juste » compensation relative Deuxièmement, en plus de sectionner des parcelles agricoles, les rendant impropres à la mise en culture, le tracé du GCO passe par des zones boisées, des zones humides, des zones habitées par le grand hamster… Et, sur ce point, la réglementation est claire : il faut compenser, c’est-à-dire contrebalancer les effets néfastes d’un aménagement pour l’environnement. Le problème, c’est que la notion de « juste » compensation est toute relative. On peut vouloir compenser un peu, beaucoup, passionnément. Les agriculteurs savent qu’ils ne pourront pas y couper, mais craignent que la mise en œuvre des mesures compensatoires se fasse sur des terres agricoles, en sus de celles déjà prélevées par l’infrastructure. Autrement dit, pour eux, ce serait une double peine. D’un autre côté, les associations de protection de l’environnement chargent la barque des compensations environnementales. Dans l’espoir au mieux de faire capoter le projet, (théorie évoquée par certains manifestants), ou du moins de parvenir à rétablir une situation écologique proche de celle antérieure au projet. Récemment, le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) a donc retoqué le projet de compensations environnementales au GCO tel que présenté par les concessionnaires, jugeant ces dernières insuffisantes. Un jugement qui a mis le feu aux poudres dans la campagne alsacienne. Car, en matière de protection de l’environnement, les agriculteurs sont particulièrement sollicités par rapport aux autres catégories socioprofessionnelles : traitements phytosanitaires, pratiques de fertilisation, entretien des cours d’eau, gestion de la fauche et du pâturage… Absolument tout est encadré pour éviter les dérives au sein d’une profession qui œuvre en interface directe avec l’environnement. Mais le travail en ce sens des agriculteurs est si peu, ou si mal, valorisé par le reste de la société que bon nombre d’entre eux oscillent entre agacement et découragement. Un remembrement nécessaire Fabien Metz, vice-président de la FDSEA du Bas-Rhin et président du canton de Brumath, illustre l’impact du GCO sur son secteur, où l’embranchement sur l’A4 va consommer 60 ha de terres au niveau de Vendenheim, rien que pour l’emprise directe de l’ouvrage. À cela, il faut ajouter des zones de stockage temporaires qui ne seront pas cultivables pendant la durée des travaux, alors que « le secteur comporte des cultures de légumes de plein champ irriguées, qui représentent une source de valeur ajoutée importante pour les agriculteurs, et dont les installations d’irrigation devraient être déplacées ailleurs pour compenser la perte de surface. » Mais où ? Et à quel prix ? Avec le Conseil départemental et les communes concernées (plus certaines communes limitrophes), la profession agricole, avec la Chambre d'agriculture d’Alsace, avait entamé un travail de concertation pour arriver à un projet de remembrement qui tienne la route. « Le remembrement est un outil qui permet de compenser l’impact de la perte de foncier pour les agriculteurs les plus touchés, en mutualisant cette perte à un ensemble plus large d’agriculteurs », explique Fabien Metz. Un travail d’autant plus important que le projet de tracé disloque des îlots de culture qu’il s’agit de réorganiser. Or ce projet d’aménagement foncier est remis en cause par le CNPN, au prétexte qu’en préservant l’intérêt agricole, il desservirait la protection de l’environnement. Pour Fabien Metz, l’attaque est difficile à encaisser. Car le projet de remembrement « intègre des mesures environnementales, avec l’agrandissement de bandes enherbées le long des cours d’eau, un réaménagement des abords de la Souffel… » Des aménagements qui, selon le responsable agricole, ne peuvent se faire qu’avec une « vision globale du territoire », d’où l’intérêt de procéder à un large remembrement. Il illustre : « À Weyersheim, il y a des prairies remarquables, elles sont préservées par le remembrement, qui prévoit aussi de mettre en place des corridors écologiques entre les différentes zones remembrées. » Trouver une autre forme de mutualisation des préjudices Un exemple de compensation environnemental hérisse particulièrement les agriculteurs. La construction de l’ouvrage nécessite de prélever plusieurs dizaines d’hectares à la forêt alsacienne, notamment en forêt du Grittwald, près de Vendenheim. Pour compenser cette atteinte à l’environnement, la Sanef proposait de reboiser une surface équivalente sur l’ensemble de son territoire. Mais le CNPN estime que, pour compenser la perte subie, le reboisement doit se faire sur le même secteur. Et les agriculteurs craignent qu’il se fasse à leur détriment, sur des terres agricoles. Fabien Metz estime qu’il faut alors trouver « une autre forme de mutualisation des préjudices » qui permette de préserver l’espace dédié à l’agriculture. Car, après tout, « il reste une forme d’espace naturel, avec de la biodiversité en termes de faune et de flore ». Loin d’apaiser les relations entre agriculteurs et acteurs de la préservation de l’environnement, le GCO attise les braises. Pour clôturer leur manifestation, les agriculteurs ont déversé pneus, drêches et fumier devant les locaux d’Alsace Nature. Retrouvez la manifestation en images :  

Publié le 19/09/2017

À chacune de ses participations au Concours général agricole (CGA), Yves Lehmann a été récompensé et ce depuis des années. Ces eaux-de-vie de poire et de mirabelle ont été couronnées d’or au dernier CGA. Cinquième génération de la distillerie familiale Lehmann à Obernai, qu’il a reprise en 1982, il s’est lancé en 2000 dans la fabrication de whisky alsacien, pure single malt. Présenté pour la première fois en 2014 au CGA - ouvert cette année-là au whisky de France -, son Elsass whisky gold a remporté une médaille d’or, d’autres ont régulièrement suivi depuis. Vieilli en fût, « c’est en fait une bière inachevée », avec uniquement de l’orge, précise-t-il. Ce distillateur fait appel à un brasseur - qui respecte cahier de charges précis - pour fabriquer le moût. Il le distille ensuite dans ses alambics à deux chauffes, dont deux sont anciens. Les visiteurs de la foire européenne ont pu découvrir ce distillateur jovial et chaleureux et ses whiskies primés, sur le stand de la Chambre d'agriculture. Succès au rendez-vous !

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