événement

Fête des bergers

Une très belle affluence

Publié le 28/09/2017

Ce dimanche, la fête des bergers a attiré de nombreux visiteurs à Rosenwiller-Dettwiller, sur l’exploitation ovine de Vincent Stoffel. Les Jeunes Agriculteurs du canton de Saverne, le Syndicat des éleveurs ovins du Bas-Rhin et leurs partenaires bouchers charcutiers avaient mitonné un programme riche en animations et une assiette du berger qui a été plébiscitée.

Lors de la dernière édition de la fête des bergers, 200 repas avaient été vendus en prévente, et la fête s’était achevée sur le score de 1 000 repas vendus. Pour cette édition 2017, « nous totalisons déjà 400 repas en prévente. J’espère qu’on aura prévu assez pour tout le monde… », indiquait Perrine Ludwig, présidente des Jeunes Agriculteurs du canton de Saverne, alors que les premiers convives commençaient à se diriger vers l’imposant chapiteau prévu pour les accueillir. Verdict au lendemain de la fête : aucun gaspillage alimentaire. Les 850 assiettes du berger (gigot et brochettes d’agneau accompagnés de frites et de flageolets) prévues ont été servies à midi, soit plus de 1 000 repas en tout avec les grillades, et 350 tartes flambées ont été enfournées le soir. Entre ces deux pauses gastronomiques, les visiteurs ont pu pleinement profiter d’un soleil radieux et de températures clémentes pour flâner entre les diverses animations proposées : exposition avicole, visite de la ferme Stoffel, démonstration de tonte de mouton, de chien de troupeau, marché du terroir, promenade en calèche ou en poneys, exposition de matériel agricole (notamment dédié à l’élevage ovin, en partenariat avec Cobevim), démonstration de récolte d’herbe, de sciage de bois… Missionnés par les membres du Syndicat ovin du Bas-Rhin pour les seconder dans la gestion de l’intendance de la partie restauration, les 60 bénévoles mobilisés par les Jeunes Agriculteurs du canton de Saverne n’ont pas failli à leur réputation d’efficacité. Le plan de relance génétique est acté À l’heure de l’inauguration officielle, responsables professionnels et élus locaux se sont succédé pour féliciter les organisateurs, dire leur plaisir de voir la filière ovine maintenir la dynamique qu’elle a engagée il y a quelques années, et l’importance d’organiser de telles manifestations pour communiquer sur le métier d’agriculteur auprès du grand public. Hervé Wendling, président du Syndicat ovin du Bas-Rhin, a indiqué que, par le biais de la Fédération nationale ovine, les éleveurs ovins resteront vigilants sur le sort qui sera réservé à cette production dans le cadre de la future Pac. Et, sur la prédation, l’autre sujet « chaud » du moment, il a été très clair : « Nous ne tolérerons aucune attaque sur notre territoire. Il est temps de mettre en place un véritable plan loup ! » Il a tenu à mettre à l’honneur Jean Bernhard et Lucien Simler pour leur engagement en faveur de l’élevage ovin. En écho à Véronique Klein, qui représentait la Chambre d'agriculture d’Alsace, et qui a plaidé pour la relocalisation de l’alimentation, et la transparence des agriculteurs sur leurs pratiques, Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, a dénoncé le problème d’image dont souffre l’agriculture : « On nous colle une étiquette qui ne correspond pas à la réalité. Les éleveurs soignent leurs animaux, la terre est le patrimoine des agriculteurs, qui prennent soin de leur outil de travail. C’est ce que nous montrons lors de telles manifestations ». Et, sans remettre en cause les bénéfices apportés par la Pac, il a tout de même relevé le caractère artificiel de cette rémunération. Or, pour lui, le maintien d’une agriculture dynamique passe par « la rémunération du travail ». Patrick Bastian, vice-président de la commission agriculture et forêt de la Région Grand Est, a eu le plaisir d’annoncer aux éleveurs ovins que le plan de relance génétique pour lequel ils se sont tant mobilisés - et qui représente un certain montant - est acté par les instances régionales. Sur le sujet du loup, il a fait preuve de la même fermeté qu’Hervé Wendling. Pour lui, le loup et l’élevage en plein champ ne sont « pas compatibles. » L’inauguration officielle a été clôturée par Frédéric Bierry, président du Conseil départemental, qui a listé les services rendus par l’agriculture et qui justifient donc l’engagement du Département à ses côtés. L’entretien des paysages, « qui font la richesse de l’Alsace ». Une alimentation saine, « qui ne peut l’être que si elle est locale ». C’est pourquoi le Conseil départemental poursuit l’objectif d’approvisionner tous les restaurants des collèges bas-rhinois, mais aussi ceux des hôpitaux, des maisons de retraite en produits locaux. Il a aussi souligné le lien entre l’agriculture et l’industrie agroalimentaire, « pourvoyeuse d’emplois et d’attractivité pour le territoire ». Deux secteurs qui constituent des viviers d’emplois que le Département compte solliciter afin de favoriser le retour à l’emploi. En conclusion, Hervé Wendling a tenu à remercier tous les partenaires de l’association Agneau Terroir d’Alsace, sans qui la dynamique de la filière ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui, et l’ensemble des éleveurs ovins qui se sont engagés nombreux pour faire de cette fête une réussite : « Ce genre de manifestation permet de redynamiser les membres du syndicat. Travailler ensemble crée de la solidarité. Et ça fait plaisir ! »

Labour de compétition

L’Alsace en force

Publié le 28/09/2017

Dimanche 10 septembre, à Margny-lès-Compiègne, avait lieu la finale nationale de labour et les sélections pour la finale mondiale de labour, qui aura lieu en 2018 à Stuttgart. Retour sur les performances des laboureurs alsaciens.

Ils étaient cinq. Cinq Alsaciens à avoir déplacé tracteurs et charrues jusque dans l’Oise pour s’adonner à leur passion : les concours de labour. Parmi eux, Valentin Meyer, 24 ans, salarié sur l’exploitation agricole familiale située à Hohengœft. Valentin Meyer taquine la charrue depuis qu’il a 14 ans. Et déroule un palmarès à faire frémir les lombrics : trois fois premier au niveau départemental, deux fois deuxième au niveau régional, il a aussi été déjà une fois vice-champion de France. Cette année, il concourait dans la catégorie labour en planches, où il s’est classé premier au niveau départemental, régional, et termine une nouvelle fois vice-champion de France. « C’est la deuxième fois que je rate la première place de peu », se désole le jeune homme. D’autant qu’à son époque, son père, Denis Meyer, a lui aussi frôlé la première marche du podium à deux reprises. Mais Valentin Meyer ne se décourage pas, et retentera sa chance d’être sacré champion de France dès l’an prochain. Il aura alors atteint ses cinq participations réglementaires. Ce sera donc la compétition de la dernière chance. Aussi Valentin Meyer va-t-il mettre les bouchées doubles pour ses entraînements, dont l’objectif consiste essentiellement à trouver un réglage assez passe-partout, qui donne de bons résultats quelles que soient les conditions. Et à labourer dans diverses situations afin d’avoir les bons réflexes le jour du concours. Un entraînement intensif À 18 ans, « bientôt 19 », Romain Friess, « roule à plat » depuis trois ans. Comprenez qu’il participe aux concours de labour dans la catégorie du labour à plat, c’est-à-dire avec des charrues réversibles. Avant cela, et durant trois ans, il a labouré dans la catégorie charrues de ferme, réservée aux concurrents ne disposant pas de matériel de compétition. Actuellement étudiant en alternance en deuxième année de BTS Acse à Bar-le-Duc, le jeune homme se destine à reprendre la ferme et l’ETA familiales avec son frère, Thomas. Et à abonder son palmarès de laboureur de compétition. En 2015, il a été deuxième au niveau départemental, et deuxième au niveau régional. En 2016, il a fini deuxième au niveau départemental. Et en 2017, il se classe au premier rang départemental et régional avant de décrocher la quatrième place au niveau national. En constante progression, Romain Friess va poursuivre sur sa lancée dans la même catégorie. Son objectif ? Un titre national. Ses moyens ? Un entraînement encore plus intensif. Tous les concurrents décrivent les mêmes conditions de labour très sèches du site à Margny-lès-Compiègne. Des conditions difficiles dues à la présence de repousses de céréales qui avaient absorbé l’humidité, et accentuées par la présence éparse de paille. « C’était compliqué de rester droit, car la charrue prend toujours le chemin le plus facile, donc quand elle rencontre des mottes dures, elle saute », explique Valentin Meyer. La solution ? Labourer les yeux rivés en permanence sur les sillons, et la main sur les manettes qui commandent les vérins, afin de compenser la largeur de travail. « On avait du mal à faire rentrer la charrue dans la terre », rapporte aussi Romain Friess. Une difficulté qui peut être contournée en lestant la charrue avec des poids. Du matériel de pro Les deux concurrents témoignent aussi de l’importance de bénéficier d’un bon matériel. Romain Friess roule en New Holland et modifie régulièrement sa charrue Kverneland, achetée d’occasion. Valentin Meyer apporte des améliorations à sa charrue Kverneland chaque année depuis huit ans. Et, pour la tracter, il roule en Massey. Il tient d’ailleurs à remercier le constructeur, qui lui a mis un tracteur à disposition : « Je suis allé sur leur stand au Sima et je leur ai demandé s’ils pouvaient me prêter un tracteur. Ils ont été d’accord et je n’ai eu qu’à aller le récupérer chez mon concessionnaire. Ça a vraiment été pratique pour moi d’avoir un tracteur dédié à mes entraînements de début juillet à fin septembre. » Les laboureurs alsaciens tiennent à remercier les sponsors et donateurs de lots. Parmi eux, plus particulièrement la Région Grand Est et le Crédit Mutuel, qui leur ont donné un coup de pouce financier en participant aux frais de transport. Et Patrick Bastian, qui leur a mis un camion et un chauffeur à disposition pour filer dans l’Oise après la finale régionale, qui avait lieu en Meuse le week-end précédent. « Quand les concours s’enchaînent ainsi, la logistique est difficile à gérer, donc c’était vraiment un stress en moins. » Ils remercient aussi l’association France labour, les membres du jury… Bref tous ceux qui ont participé à l’organisation des concours.

Publié le 28/09/2017

À 34 ans, Thomas Debes a déjà été deux fois champion de France, à plat en 2004, et en planches en 2012. Autres faits d’arme : une troisième place en labour à plat, une cinquième place en labour en planches à la finale mondiale de 2011, et une sixième place en planches à la finale mondiale de 2015. Dimanche 10 septembre, il participait avec Bertrand Rott et Philippe Grathwohl à la sélection française pour la finale mondiale qui aura lieu en 2018 à Stuttgart. Les trois laboureurs alsaciens s’affrontaient dans la catégorie du labour en planches. Si Bertrand Rott a remporté l’épreuve sur chaumes, avec 202,50 points contre Thomas Debes, avec 200,50 points, ce dernier a ensuite remporté l’épreuve sur prairie, avec 218,50 points, suivi par Bertrand Rott, à 176,50 points. Au classement final, Thomas Debes, avec 419 points, termine premier et devance le second, Bertrand Rott, qui cumule 379 points. Quant à Philippe Grathwohl, il termine sixième, avec 242 points. C’est donc Thomas Debes qui représentera la France à Stuttgart. Bien sûr, il caresse l’espoir de décrocher le titre ultime. Mais il sait aussi qu’à ce niveau-là la concurrence est rude. Aussi se fixe-t-il pour objectif de « faire mieux que cinquième ». Il croisera le soc avec des pointures de la discipline, comme les Autrichiens, ou encore la famille Tracey, de République d’Irlande, ou, pire encore, les redoutables Écossais Andrew Mitchell, junior et senior, qui « sont toujours dans les cinq premiers ». « La dernière fois que j’ai participé à une mondiale, il y avait cinq anciens champions du monde dans ma catégorie », rapporte Thomas Debes. En effet, il n’y a pas de limite de participation à cette épreuve. Et le niveau est donc très élevé. C’est pourquoi dans les années 1990 une épreuve de sélection a été instaurée en France. « Avant on envoyait le champion de France, mais on l’envoyait un peu au casse-pipe. Maintenant, il faut d’abord franchir une étape de sélection à laquelle tous les laboureurs qui ont participé à une finale nationale peuvent s’inscrire », détaille Thomas Debes. Qui conseille cependant de ne pas brûler les étapes, au risque de « se brûler les ailes ». Pour cette épreuve, Thomas Debes roulait en Massey, et manœuvrait sa fidèle charrue Kuhn, une particularité dans le Landerneau du labour de compétition, où la marque Kverneland fait figure de favorite : « Je tenais à avoir une charrue de la marque régionale. Je l’ai pas mal modifiée, mais ça fait partie du défi. » Thomas Debes tient d’ailleurs à remercier l’entreprise Kuhn pour « son soutien technique et logistique lors de cette sélection ». Qui lui a permis de remporter un ticket pour la mondiale de 2018 à Stuttgart.

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