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Lancement original à Strasbourg

La folle choucroute d’Alsace

Publié le 13/09/2017

Ouverture en beauté de la saison de la choucroute d’Alsace. Une dizaine de chefs de cuisine ont rivalisé de créativité et d’originalité pour présenter autrement ce légume emblématique de l’Alsace, lundi à la foire européenne de Strasbourg.

Mettre un grain de folie dans un plat ancestral, c’est l’idée de génie qu’ont eue les Chefs d’Alsace en organisant un concours de cuisine lors de la foire européenne de Strasbourg. Malicieusement baptisé « Folle choucroute d’Alsace », ce concours a vu la participation de neuf chefs de cuisine de la région. Doté de trois prix, il était organisé avec le soutien de l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace (AVCA), l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) et Alsace Qualité. C’est Alexis Albrecht, du Vieux Couvent à Rhinau, qui présidait le jury, auquel participait notamment Pierre Baumann, de la maison Kammerzell à Strasbourg, célèbre dans le monde entier pour sa choucroute au poisson. « Ces chefs ont quitté leurs fourneaux, parfois même fermé leur établissement » pour participer à ce concours qui s’est déroulé lundi matin dans le Jardin des délices. Leur mission était de réaliser deux recettes à base de choucroute d’Alsace, l’une avec de la choucroute crue, l’autre avec de la choucroute cuite, le tout présenté sur des assiettes que les visiteurs de la foire ont pu admirer dans les vitrines du Théâtre du goût. Le grand prix du concours Folle choucroute d’Alsace a été attribué à Joël Philipps, de l’hôtel-restaurant Le Cerf à Marlenheim, pour un filet de cochon de lait farci au boudin sur lit de choucroute, parmentier de choucroute et cromesquis de choucroute à la croûte de bretzel. « J’ai failli manger toute l’assiette, tellement c’était bon », s’est exclamé Alexis Albrecht. Le prix de la créativité est allé à Christian Acker, de l’hôtel-restaurant Les Pins à Haguenau. « Je suis parti du côté de l’Asie avec du sucré-salé, a expliqué ce chef talentueux. J’ai travaillé le chou comme une galette et je l’ai accompagné d’une knack de cabillaud et de langoustine. » Le président du jury était séduit : « Cette knack à la mousseline de poisson et de langoustine a marqué des points. Quand je l’ai goûtée, c’était la surprise ! » C’est Nicolas Pfirsch, du restaurant Au Cerisier à Westhoffen, qui a remporté le prix de la présentation artistique. « C’est un vrai jardin, très coloré », a souligné le président du jury. Le lauréat a choisi la choucroute rouge pour la version cuite. Il a agrémenté la choucroute crue de pommes nashi et l’a assaisonnée de crème de marrons et de vinaigre de pomme. Le tout accompagné d’une knack d’oie, de girolles poêlées, de tagliatelles de légumes légèrement cuites, sans oublier le carré de porcelet braisé à la bière cerise, un hommage à sa commune. Bientôt une IGP pour la choucroute d’Alsace ? Après la remise des prix, qui s’est déroulée sur le stand d’Alsace Qualité, Sébastien Muller, président de l’AVCA, a lancé officiellement la saison de la choucroute nouvelle. Une choucroute plutôt douce, issue de la transformation de choux récoltés à partir du mois d’août. L’association, a-t-il rappelé, rassemble une cinquantaine de producteurs de choux et douze transformateurs. Outre la promotion de ce légume aux multiples vertus, elle se bat depuis vingt ans pour obtenir une IGP (indication géographique protégée) choucroute d’Alsace, reconnaissance d’un savoir-faire ancestral. « C’est le premier dossier alsacien pour lequel j’ai été sollicitée après mon élection », a indiqué la députée européenne Anne Sander. Elle a mobilisé des collègues d’autres pays européens pour faire avancer ce dossier auprès de la Commission européenne. « Mais auparavant, il a fallu convaincre les autorités nationales de défendre ce dossier à Bruxelles… » L’Alsace représente 70 à 75 % de la production française de choucroute, a souligné Jean-François Vierling, président d’Alsace Qualité. « C’est ce produit local, élaboré dans nos entreprises familiales, que nous voulons protéger à travers l’IGP. Les chefs de cuisine sont nos meilleurs ambassadeurs. C’est grâce à eux que nous pourrons modifier l’image de la choucroute d’Alsace, trop souvent associée à la choucroute garnie. » « Nous lançons régulièrement des légumes de saison, a déclaré Pierre Lammert, président de l’Ifla. Mais le chou à choucroute est vraiment un légume emblématique de notre région. C’est un légume aux multiples vertus, qui s’est peu à peu affranchi de son image de plat très lourd grâce à des pionniers comme Pierre Baumann qui sert chaque mois 15 000 choucroutes au poisson… » La choucroute sera l’une des vedettes du salon Saveurs et soleil d’automne qui ouvre ses portes le 22 septembre à Sélestat.

Publié le 10/09/2017

Mardi 5 septembre, c’était la journée de la femme à la foire européenne. À cette occasion, Interbev Grand Est proposait des conférences sur « la viande au féminin ».

Delphine Franck est diététicienne nutritionniste à son compte, au sein du cabinet DietaCoach, et fait partie du réseau de diététiciennes qui œuvrent pour l’interprofession Interbev. Sa silhouette fuselée ne laisse aucun doute sur ses compétences en matière de nutrition. « Cette conférence a pour but d’aider les femmes à choisir la viande, à la cuisiner et à savoir la doser dans les assiettes, pour elle et pour le reste de la famille, car ce sont encore souvent elles qui sont derrière les fourneaux », indique Delphine Franck, lucide quant à l’évolution pachydermique de la place de la femme dans la société. Il s’agit donc dans un premier temps de définir le poids de la viande dans une alimentation équilibrée. Ou plutôt de la famille « viande, œufs, poissons », qui se caractérise notamment par sa richesse en protéines. Et qui a donc toute sa place dans une alimentation équilibrée. Car Delphine Franck, le martèle : « Toutes les familles d’aliments sont complémentaires. Aucune ne devrait être supprimée pour atteindre un bon équilibre alimentaire. » Des qualités nutritionnelles de la viande Or les préjugés sur la viande ont la dent dure. « On en mangerait trop, elle serait grasse, on pourrait s’en passer, et elle favoriserait certains cancers », liste Delphine Franck, qui ne s’en tient qu’aux griefs nutritionnels attribués à la viande. Mais, se faisant, on oublie ses qualités nutritionnelles : « La viande, les œufs et le poisson renferment des protéines de bonne qualité, du fer héminique, absorbable à 25 %, contrairement au fer contenu dans les végétaux, non-héminique, qui n’est absorbable qu’à 5-10 % ». Des qualités qui font de la viande un aliment presque encore plus important pour les femmes que pour les hommes. En effet, leur musculature est moins développée que celle des hommes. Elles sont donc structurellement plus sensibles au risque de sarcopénie, c’est-à-dire de dégradation des muscles. Un phénomène naturel, lié au vieillissement. Deux facteurs permettent de le freiner : l’activité physique et l’absorption de protéines. Mais surtout pas l’un sans l’autre ! « Les protéines ne sont pas stockées dans l’organisme. Soit elles servent à faire du muscle, soit elles sont éliminées par les reins. Il ne sert donc à rien d’absorber des protéines sans pratiquer une activité physique. Au contraire, c’est mauvais pour les reins, qui sont très sollicités », explique Delphine Franck, qui rapporte des cas d’adeptes de régimes hyperprotéinés atteints d’insuffisance rénale. Et, du fait de leur cycle menstruel, les femmes sont aussi plus sujettes aux carences en fer. Viande et légumes, le duo gagnant Une fois la viande revenue en odeur de sainteté, il reste à savoir comment la consommer. Delphine Franck rappelle que depuis 2014 un étiquetage simplifié de la viande a été mis en place : « Il est plus facile à comprendre, le mode de préparation des différents morceaux y apparaît clairement. » Justement, pour retirer un maximum de bienfaits de la viande, Delphine Franck préconise de varier les modes de cuisson, qui permettent de plus ou moins préserver les différentes catégories de nutriments : « Le fer est thermosensible. Il est davantage préservé lorsque la viande est juste grillée, plutôt que bouillie, ou braisée », illustre Delphine Franck. Enfin, reste à savoir adapter les portions : « L’idéal, c’est une portion de la famille viande, poisson, œufs, de la taille de la paume de la main et de l’épaisseur du petit doigt, une à deux fois par jour », indique Delphine Franck, qui précise : « Une fois par jour c’est sûr. Deux fois par jour c’est si on veut. » Avant de livrer encore quelques conseils de dégustation. Le combo gagnant, c’est la viande et les légumes. Parce que le fer est mieux absorbé par l’organisme lorsqu’il arrive accompagné de vitamine C. À l’inverse, le thé et le café limitent l’absorption du fer. Après un repas comportant de la viande, mieux vaut donc attendre deux heures après le repas pour s’octroyer un p’tit noir, pas trop sucré de préférence… Quoique. Delphine Franck ne bannit aucune catégorie d’aliments. Son credo : « Manger de tout, un peu de tout. » Pour elle, lutter contre l’obésité, le diabète, revient à retrouver des comportements sains, que ce soit en matière d’activité physique ou d’alimentation. Si elle devait bannir un aliment, ce serait plutôt une catégorie tout entière : celle des produits transformés industriellement, et hyper marketés.

Publié le 08/09/2017

Plus spacieux, mais pas très visible… Il faut faire preuve d’une certaine opiniâtreté pour découvrir l’entrée de l’espace agricole, caché derrière le hall 5.

« Elles sont où, les vaches ? » demande une maman, accompagnée de ses enfants, à un visiteur. « Tout au fond, là-bas », indique ce dernier. Car la signalétique fait cruellement défaut pour aiguiller les visiteurs désireux de humer le bon air de la campagne, déguster les produits du terroir et découvrir le dynamisme des filières alsaciennes. Pourtant, elles sont toutes au rendez-vous, impatientes de partir à la conquête du public strasbourgeois. Dommage, car la qualité des animations proposées vaut vraiment qu’on s’y attarde. Avec, chaque jour, des coups de projecteurs, sur les produits bios, la filière ovine, l’interprofession viande, la pomme de terre, etc. Et toujours les indéracinables, comme les aviculteurs, les apiculteurs, les producteurs de fruits et légumes, les vignerons de la Couronne d’or. Sans oublier les nouveautés de cette édition 2017 : les paysagistes, les sculpteurs sur bois et les recruteurs, avec l’Apecita… De belles rencontres gustatives, aussi, avec les bêtes à cornes de la ferme des Mille et une Coquilles à Ettendorf, les steaks d’Interbev, la limonade délicieusement régressive de Limo’s (attention à ne pas retomber en enfance !), la bière avec Elsass Brau, les glaces de la ferme Humbert à Urbeis, sans oublier les barbes à papa de la sucrerie d’Erstein. Profitez-en tant qu’il est encore temps : la foire européenne fermera ses portes lundi prochain, 11 septembre.

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