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Finale départementale de labour du Bas-Rhin

Loïc Fischer et Victor Brumpter sacrés champions

Publié le 29/08/2022

Loïc Fischer, en labour en planches, et Victor Brumpter, en labour à plat, ont remporté ce dimanche à Mussig la finale départementale de labour du Bas-Rhin. Ils sont qualifiés, avec Romain Friess et Xavier Blatz, deuxièmes de chaque catégorie, pour la finale régionale Grand Est qui se déroule dimanche prochain à Dietwiller, dans le Haut-Rhin. 

« Ça va être serré… » « Ça va se jouer à 1/2 point ou 1 point entre les quatre ou cinq premiers ». À quelques heures de l’énoncé du palmarès, Loïc Fischer et Romain Friess échangent leurs impressions en bout de parcelle. Candidats à l’épreuve de labour en planches, ils ont participé à la finale départementale de labour du Bas-Rhin, ce dimanche à Mussig. Représentant le canton de Wasselonne, Loïc Fischer est un participant de longue date aux championnats de labour. Il a déjà été qualifié deux fois en nationale en labour en planches. Romain Friess, lui, a été champion de France en labour à plat, avant de se mettre en quête d’un nouveau titre dans la catégorie adverse. Il porte les couleurs du canton de Truchtersheim. Les deux jeunes gens ont trouvé les conditions « relativement bonnes », même s’ils ont dû s’adapter à des conditions de sol très changeantes. Deux parcelles plus loin, Nicolas Ventre, directeur départemental des territoires, examine le travail des laboureurs en compagnie d’Agnès Hardy, cheffe du service agriculture à la DDT. Il n’est pas expert en labour. Sa formation d’ingénieur agricole ne lui donne « aucune prétention », assure-t-il. S’il a accepté la présidence du jury, c’est qu’il peut compter sur les conseils de Freddy Bohr, ancien champion du monde de labour, qui l’accompagne durant la journée. « Vu la sécheresse, on pouvait avoir quelques inquiétudes quant au déroulement de ce concours. Mais je suis agréablement surpris. Il y a tout de même eu quelques pluies sur le secteur ces dernières semaines », constate Nicolas Ventre. Freddy Bohr ne s’attendait pas non plus à trouver cette humidité dans le sol. « C’est une chance. Sinon, on n’aurait pas eu ces sillons bien arrondis, cet enfouissement bien régulier. » Tous deux remarquent à quel point les 21 candidats sont « investis et motivés ». « Chercher tous les points qu’il y a à récupérer » « Il y a des bonnes parcelles et des moins bonnes, mais dans l’ensemble, c’est du beau boulot », commente pour sa part Alain Rinckel, membre du jury et double champion de France de labour en 2009 et 2014, originaire du canton de Soultz-sous-Forêts. Attentif à la rectitude des sillons et à la propreté du labour, il sait que, pour gagner, il faut aller chercher « tous les points qu’il y a à récupérer ». Avoir été soi-même champion de labour rend-il plus sévère dans la notation ? Pierre Kiffel, qui vient du canton de Truchtersheim, ne le croit pas. L’ancien champion de France en planches de 2006 pense qu’« en ayant vu plus de choses, on est peut-être plus objectif. On a une vision plus large » que ceux qui sont en lice ce jour-là. Le suspense autour du nom des vainqueurs s’achève un peu avant 20 h. En labour en planches, où s’affrontaient 17 candidats, c’est Loïc Fischer qui remporte le championnat départemental, suivi de Romain Friess et Georges Staath (canton de Hochfelden). En labour à plat, le vainqueur est Victor Brumpter, du canton de Truchtersheim, suivi de Xavier Blatz (canton de Marckolsheim) et Thibaut Staath (canton de Hochfelden). Les deux premiers de chaque catégorie participeront à la finale régionale dimanche 4 septembre dans le Haut-Rhin.

L’EARL Solanacea, à Breitenheim-Mussig

La porte ouverte va faire un tabac

Publié le 26/08/2022

Étienne et son père Rémy ouvrent les portes de leur ferme, située presque en face du Gaec Losser, où se dérouleront les épreuves de la finale départementale de labour du Bas-Rhin. Leur exploitation était la plus grande de France à être spécialisée dans la culture du tabac, dans les années 2000.

Les visiteurs seront frappés par la délicieuse odeur de tabac chaud, lorsqu’ils pénétreront dans le hangar des Losser, à Breitenheim-Mussig. La variété Virginie, que cultivent exclusivement Étienne et son père Rémy, est séchée, en vrac, dans des fours, d’où exhalent les parfums de la plante, de la famille des solanacées. « Nous sommes, ici, sur l’exploitation familiale, transmise par mon grand-père paternel, Eugène. De mes aïeux maternels, nous avons encore des terres à Richtolsheim. Quand mon père s’est installé, il cultivait du céleri. Dans les années 1980, il a choisi d’arrêter cette spécialisation pour le tabac. Il a modernisé et augmenté la surface dédiée au tabac, au fur et à mesure, pour arriver à un système 100 % mécanisé, avec des fours pour chauffer les feuilles en vrac, en 2005, et 40 ha de SAU. Aujourd’hui, on cultive encore entre 36 et 37 ha de tabac », raconte Étienne Losser, 35 ans. Au début des années 2000, avec 25 ha en récolte manuelle, Rémy Losser était le plus gros producteur de France, ajoute Étienne. Culture spéciale L’ingénieur de formation s’est installé en avril 2019, associé à 50/50, avec son père. Il a travaillé pour Arvalis, sur le stockage des grains, de 2011 à 2015, et a été salarié sur l’exploitation, ensuite. Avec Rémy, ils ont choisi le nom de l’EARL en fonction de leur culture spéciale : Solanacea, plus évocatrice que Wolfsgrube, par exemple, le nom du lieu-dit. Ensemble, père et fils cultivent 75 ha de SAU : 36,5 ha de tabac Virginie, 25,5 ha de maïs, 9 ha de blé, 3 ha de soja et 1,2 ha de prairies, en conventionnel. Tout est irrigué. Le tabac représente 75 % de leur chiffre d’affaires, environ. Ils sont adhérents à la Coopérative Tabac Feuilles de France (lire l’encadré). Pour le reste, ils livrent le soja au Comptoir agricole, et, le maïs et le blé, au Comptoir agricole, à Armbruster, au Moulin Stoll… L’herbe sur pied est principalement vendue au Gaec Losser, des cousins, éleveurs de vaches laitières. En réflexion constante, Étienne souhaite se diversifier mais des contraintes techniques ou économiques freinent, pour l’instant, son élan. Si Étienne et Rémy n’ont pas de salariés permanents, ils travaillent avec des saisonniers, qui équivalent à cinq ETP, en moyenne, sur l’année. « Alexis Losser, mon voisin, est trésorier adjoint et responsable installation des Jeunes Agriculteurs (JA). Avec les JA des cantons de Marckolsheim et Sélestat, ils cherchaient un endroit pour les portes ouvertes, lors de la finale départementale de labour du Bas-Rhin. Puisque je suis JA aussi et qu’on a une culture spéciale à faire découvrir, je me suis porté volontaire », explique Étienne Losser. Dimanche, il exposera son matériel, répondra aux questions sur l’itinéraire de la plante, à l’aide de posters et de films… à l’ombre du hangar à tabac.

Finale départementale de labour du Bas-Rhin

Les cousins Staath dans les starting-blocks

Publié le 25/08/2022

Georges Staath se passionne pour le labour de compétition. Il a entraîné son cousin Thibaut dans l’aventure. Tous deux participeront à la finale départementale de labour du Bas-Rhin, ce dimanche 28 août à Mussig. L’un en labour en planches, l’autre en labour à plat.

« Ce sera ma huitième ou ma neuvième participation à une finale départementale cette année ». Georges Staath n’est plus sûr du nombre mais il se souvient que sa première départementale, « c’était à La Wantzenau ». À 26 ans, le jeune bûcheron n’a jamais réussi à se hisser sur la première marche du podium mais on peut, à coup sûr, lui décerner la médaille de la persévérance. Depuis quelques années, il finit second de l’épreuve de labour en planches, catégorie qui réunit le plus grand nombre de participants à chaque finale départementale. Fils d’agriculteur, Georges a passé un bac pro CGEA (Conduite et gestion de l’exploitation agricole) au lycée agricole d’Obernai, mais il ne s’est pas installé sur l’élevage familial de Wickersheim, que dirigent son père et sa tante. Après deux années passées comme intérimaire au Comptoir agricole, il a bifurqué vers le secteur forestier. Entré comme apprenti à l’ONF (Office national des forêts), il a passé un bac pro Gestion forestière avant d’être engagé à l’agence Nord Alsace de l’ONF, où il officie depuis comme bûcheron et débardeur. Parallèlement, il a créé une entreprise de bois de chauffage. Mais il continue d’aider à la ferme, ce qui fait de lui un « triple actif ». Une charrue numérotée Georges a toujours aimé labourer. « Je viens d’une ferme où on laboure tout, c’est vraiment ancré chez nous. » Plus jeune, il a fréquenté des concours de labour. C’est en voyant des candidats à l’œuvre qu’il a eu envie de participer. « J’ai emprunté une charrue et un tracteur, puis en 2011, j’ai acheté ma première charrue, une Kverneland », raconte-t-il. C’est avec celle-ci qu’il est sélectionné pour sa première finale départementale. Il laboure avec, pendant cinq à six ans. « Mais le châssis me bloquait. Il me manquait toujours quelques points pour gagner. » Il décide d’acheter une charrue de compétition neuve. Toujours une Kverneland. Numérotée. « Depuis que je laboure avec celle-là, c’est plus simple », confie Georges. Le labour est une passion qui coûte cher : il contracte un prêt pour acquérir l’engin, qui coûte plus de 8 000 €. « Et encore, dit-il, le matériel, ce n’est pas ce qui coûte le plus. C’est le temps qu’on y passe. » Car le jeune homme ne se contente pas de creuser des sillons. Sur sa charrue, il essaie d’améliorer « tout ce qui peut être amélioré » pour devenir plus performant au concours suivant. « Ce qui m’a bien changé la vie, c’est d’avoir installé un système pour relever les corps séparément, ce qui donne plus de facilité dans les ouvertures de sillon. » Ainsi, il peut aisément régler le niveau des socs de sa charrue. Cette charrue à 2 socs simples, il l’attelle à un tracteur de la ferme, un TL 90 New Holland auquel il a rajouté « pas mal d’équipements » : trois points hydraulique, stabilisateur hydraulique, chandelle… Tout ceci lui permet de régler plus facilement et en continu son matériel. S’adapter à des conditions sèches Mais le matériel ne fait pas tout : Georges sait bien que pour décrocher la victoire, il lui faut s’entraîner de manière intensive. « C’est le plus gros souci, je manque de temps pour le faire. Avec le bois de chauffage, il n’y a jamais de période creuse. » Logiquement, il s’est posé la question d’arrêter les compétitions de labour. « Mais, maintenant que j’ai acheté la charrue, il faut que je continue », raisonne-t-il, quand bien même il projette de construire sa maison, ce qui, là aussi, va l’occuper pendant quelque temps. À dix jours de la finale départementale, Georges continue donc à s’entraîner. Autant que sa triple activité le lui permet. « Le plus dur, ça va être de s’adapter aux terres, surtout avec des conditions aussi sèches. » Il prévoyait de participer au concours de labour du canton de Niederbronn-les-Bains, le week-end précédent à Oberbronn, histoire de se préparer pour le jour J. À Oberbronn comme à Mussig, le jeune homme sera accompagné de son cousin Thibaut. De deux ans son cadet, Thibaut a passé beaucoup de temps à la ferme avec Georges et son frère lorsqu’ils étaient enfants. Lui aussi a fait des études agricoles à Obernai : un CAP production animale, puis un bac pro agroéquipement. Il travaille, maintenant, dans les travaux publics. Depuis que son cousin sillonne les concours de labour, Thibaut le suit. « Et j’ai fini par me lancer là-dedans aussi. Au départ, dans la même catégorie, puis, quand le frère de Georges a arrêté la compétition, j’ai repris sa charrue et j’ai changé de catégorie. » Il concourt désormais en labour à plat avec une charrue réversible 2 corps Kverneland et emprunte des tracteurs « à gauche à droite » pour s’entraîner. Pour la finale départementale, ce sera un tracteur Fend 312 prêté par un agriculteur de Zoebersdorf, à qui il donne parfois des coups de main. S’entraîner davantage « J’ai arrêté les concours ces deux, trois dernières années, mais, cette année, j’ai voulu me lancer à nouveau », explique le jeune homme, qui pour l’heure, n’a réussi à accéder en départementale qu’une fois, à Mietesheim. Cette fois-là, il n’a pas fini aux premières places car il ne possédait pas une charrue aussi sophistiquée que ses concurrents, pense-t-il. Mais cela ne le décourage pas. « Ce qui me plaît, c’est de participer, de rencontrer d’autres passionnés. On apprend à chaque concours, on peut se comparer aux autres », confie-t-il. Comme son cousin, il pense qu’il faudrait s’entraîner davantage pour percer. Il est aussi à la recherche d’une nouvelle charrue : « Avec celle que j’utilise actuellement, je suis au bout, elle ne me permet pas de faire plus. » En matière de labour, Thibaut sait qu’il doit beaucoup à son cousin. « Il m’aide plus que je ne l’aide. On discute de ce qui ne va pas, de ce qui peut être amélioré », détaille-t-il. Georges, de son côté, ne rechigne pas à faire profiter d’autres compétiteurs de son expérience. « Si un jeune est intéressé, je le soutiens. Il y a tellement peu de gens que le travail de précision intéresse ! Je donne aussi des conseils à ceux qui commencent les concours. Je ne me vois pas faire autrement. »

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