A la une

Publié le 28/09/2022

La base de Niess, à Hoffen, a ouvert ses portes le week-end passé : une première depuis 2020 et depuis l’entrée de Niess dans le groupe Ackermann. Preuve que la manifestation était attendue, 1 500 personnes s’y sont pressées. Les agriculteurs en ont profité pour découvrir les nouveautés : le matériel de fenaison Kuhn et SIP, les pulvérisateurs Chabas et le tracteur de toute dernière génération New Holland T7 HD, entre autres.

« Depuis 2020, ce sont les premières portes ouvertes de Niess, sur le site historique de Hoffen, dans le Bas-Rhin. Nous avions participé aux Trois jours du vignoble, à Dambach-la-Ville, et nous avions hâte d’accueillir nos clients et leurs familles ici », résume Justine Rioult, responsable marketing et communication du groupe Ackermann, qui a acquis Niess, fin janvier 2020, juste avant la crise sanitaire liée au Covid-19. 1 500 personnes ont répondu à l’appel : le samedi 24 septembre, surtout des agriculteurs déjà clients, pour des démonstrations techniques, et le dimanche 25, la sortie était familiale. Une grande partie des fournisseurs étaient présents pour l’occasion, d’APV à Rolland, en passant par Amazone et Kverneland, pour ne citer qu’eux. Le tout dernier tracteur New Holland T7 HD était présenté : « forte puissance, cabine silencieuse, confortable », énumère Olivier Meintzer, responsable commercial pour Niess agriculture. Mais les nouveautés les plus marquantes de 2022 sont les suivantes : le matériel de fenaison Kuhn et SIP, et les pulvérisateurs Chabas. « C’est un gros changement pour nous d’avoir rentré la marque Kuhn. On a commencé en décembre 2021, avec les outils de travail du sol, et depuis septembre 2022, nous avons tout ce qu’il faut pour la fenaison. La deuxième nouvelle marque qu’on distribue est SIP ; du matériel de fenaison haut de gamme, robuste, pour du travail intensif, qui vient de Slovénie. Nous avons l’exclusivité dans le Bas-Rhin. Faucheuse, groupe de fauche, faneur, andaineur : nous proposons tout le nécessaire pour l’herbe », énumère Olivier Meintzer.     Développer l’offre en matériel arbo’et houblon SIP est encore peu connue ici, mais la marque, privilégiée par les ETA et les Cuma, se développe rapidement en France depuis cinq ans. La troisième grande nouveauté chez Niess, est la marque Chabas. « Chabas est un nouveau constructeur français, spécialisé en arboriculture et en houblon. Nous vendons ses pulvérisateurs, avec l’ambition de progresser sur ces marchés-là », précise le responsable commercial pour Niess agriculture. Le semoir à maïs Horsch Maestro, en démonstration au printemps dernier, ainsi que l’épandeur à engrais porté ZA-TS d’Amazone étaient aussi exposés. « Le ZA-TS à entraînement des aubes d’épandage hydraulique permet plus de précision sur les coupures de tronçon », relève Olivier Meintzer. Des offres spéciales avaient cours durant ces deux jours, notamment pour fêter le réaménagement du magasin de Hoffen au concept Promodis P2. « Tous nos magasins sont aménagés sur le même modèle maintenant : celui de notre centrale d’achat. C’est cohérent », remarque Justine Rioult, ajoutant que Philippe Ackermann est président de Promodis, depuis cette année. De nombreuses animations ont rythmé le dimanche : apéro-concert de musique traditionnelle alsacienne avec la cave de Cleebourg, restauration assurée par les Jeunes Agriculteurs du canton de Soultz-sous-Forêts, jeux pour les enfants, vol captif en montgolfière et tombola… avec un vol en montgolfière libre à la clé ! De quoi ravir les passionnés de toutes les machines ; les volantes, aussi.    

Création, sélection et évaluation variétales

Les stations d’expérimentations lèvent le voile

Publié le 28/09/2022

Jeudi 22 septembre, sur le site du Grand show des fruits et légumes d’Alsace, une conférence de l’Association française des stations d’expérimentation en fruits et légumes (Irfel, pour Innovation et recherche en fruits et légumes) a rappelé les enjeux de la création, de la sélection et de l’évaluation variétale.

Après son assemblée générale, jeudi 22 septembre, sur le site du Grand show des fruits et légumes d’Alsace, à Illkirch-Baggersee, l’Irfel a enfoncé le clou sur l’importance de ce réseau de quinze stations d’expérimentations, quant à la création, la sélection et l’évaluation variétales, et à l’accompagnement des agriculteurs. Sa conférence s’intitulait « La recherche variétale en fruits et légumes : levier indispensable pour répondre aux attentes des producteurs et de la société ». Dans l’assistance, parmi les professionnels, l’Union française des semenciers (UFS) et l’interprofession des semences et plants (Semae) étaient présents, ainsi que la presse spécialisée. Une trentaine d’auditeurs ont profité des denses exposés sur la recherche appliquée. Il a été question de création variétale en fraises, de sélection variétale en noix, d’évaluation variétale en quetsches, en tomates et légumineuses, et en choux. Amener sa fraise Sébastien Cavaignac, de la station Invenio, en Nouvelle-Aquitaine, a tout d’abord rappelé les spécificités de la fraise, un faux fruit (il y a plusieurs fruits sur une seule fraise), qui se reproduit par reproduction allogame (mode de reproduction sexuée, où les deux gamètes mâle et femelle, proviennent de deux parents différents) ou végétative (mode de reproduction assexué : en bouture, par exemple). Sa sélection débute à partir d’une plante unique issue d’un croisement. Le génome de la fraise est complexe. Quand chez l’être humain, deux gènes déterminent le groupe sanguin des individus, chez la fraise, huit gènes décident de tel ou tel caractère. Aussi, entre le génome et l’environnement, l’interaction est forte ; les dates de floraison par exemple, changent selon le terroir. La multiplication végétative est donc choisie pour le processus de création et de sélection, qui avec le développement de la variété, dure douze ans. Beaucoup d’acteurs sont impliqués, des obtenteurs aux consommateurs, en passant par les multiplicateurs, les cultivateurs et les metteurs en marché. Tout l’enjeu est de confier aujourd’hui le pilotage d’une création variétale aux producteurs, afin qu’ils définissent leurs attentes et deviennent co-obtenteurs. Sébastien Cavaignac clot son intervention sur l’importance du goût pour les consommateurs ; goût dont on ne sait pas encore quels gènes sont responsables, puisque 350 molécules composent les arômes de la charlotte par exemple, cette fraise en forme de cœur. Une sélection pas à la noix Marie-Neige Hébrard, de la station de Creysse en Dordogne, a elle, parlé de la sélection de matériel végétal en vergers de noyers. Les enjeux pour les producteurs sont les suivants : augmenter la productivité́, conserver la qualité́ des noix, limiter le risque de gel (pour les variétés tardives) et étaler le chantier de la récolte. Quant aux enjeux sociétaux de la sélection variétale des noix, ils sont doubles : limiter le recours aux produits phytosanitaires et avoir une noix dont la coquille est adaptée au cassage mécanique, pour récupérer les cerneaux. La noix en France, c’est 20 000 ha, soit 40 000 t de fruits produits principalement dans le Sud-Est et le Sud-Ouest. La sélection variétale s’effectue d’abord sur des critères simples, puis sur des caractérisations précises. De mars à mai, sont observés le débourrement, la floraison, la nouaison, puis de mai à septembre, la sensibilité à la bactériose, aux anthracnoses, à la mouche du brou, entre autres, ainsi que la fructification : latérale (comme aux Amériques) ou terminale (comme pour les espèces européennes). À la récolte, en septembre et en octobre, la maturité et le rendement sont scrutés. Puis, en novembre et décembre, le calibre, la couleur et la saveur des cerneaux sont analysés. De novembre à janvier, l’aspect, la soudure des valves, l’épaisseur de la coquille et sa forme sont relevés. Et enfin, de novembre à février, il est question du port et de la vigueur des arbres. Mais la sélection variétale est longue… Pour la variété Fernor créée en 1978, quinze années de sélection ont été nécessaires. Elle n’a été inscrite qu’en 1995. Il a ensuite fallu attendre dix ans, jusqu’à sa commercialisation… pour qu’elle prenne son essor en 2012 ! Marie-Neige Hébrard (tout comme Sébastien, quelques minutes avant elle, au sujet de la création) pointe la nécessité de réduire le temps de sélection variétale. En effet, il faut encore environ quinze ans pour que les producteurs s’approprient une variété suite à sa sélection, et il est extrêmement difficile de prévoir quels seront les bioagresseurs par exemple, trente ans après une création. Un nouveau programme de création devrait d’ailleurs voir le jour, puisque les dernières variétés de noix inscrites, créées en 2004, seront commercialisées en 2034. Quelle quetsche ! Hervé Bentz, responsable du Verexal à Obernai, le plus âgé des intervenants, a résumé quarante ans de sélection et d’évaluation variétale en quetsche d’Alsace, de 1981 à 2021… avec l’humour qu’on lui connaît. « Si un Alsacien n’a pas au moins une tarte aux quetsches dans l’année, il est de mauvaise humeur… et c’est mauvais pour la santé », démarre-t-il. La quetsche est donc un enjeu de santé publique ici. Blague à part, nombreux sont les enjeux pour les producteurs : maintien et développement des surfaces d’une culture rustique, avec des variétés tolérantes aux bioagresseurs tels que la maladie virale sharka, résistance aux stress hydriques, amélioration de la rentabilité… Ce fruit est emblématique de la région : parmi les enjeux sociétaux, celui de la préservation de la culture alsacienne est cité d’emblée, ainsi que celui de la réduction des traitements phytosanitaires. En parallèle à la création du Verexal, un appel aux producteurs familiaux est lancé, début des années 1980, pour signaler des types de quetsches d’Alsace jugés d’un intérêt particulier. L’objectif est de faire mieux que le standard type 2910. Au bout de six années, seuls vingt types approchent ou dépassent la référence (le type 2910). En 1992, les dix quetsches les plus performantes sont plantées, à Obernai. Un nouveau cultivar, originaire du Sundgau à la frontière suisse, le type 3066 se démarque au fil des ans. En 2005, les cinq meilleures variétés sont mises en comparaison au Verexal. And the winner is ? 3066, le Haut-Rhinois, s’exclame Hervé Bentz, sans trop faire durer le suspense. Meilleur en rendement, en calibre, le type 3066 est en plus parfait sur le plan gustatif. Pour l’instant, les variétés étrangères sont dépourvues d’intérêt en ce qui concerne le marché alsacien ; les allemandes sont grosses et moins goûteuses, notamment. Les essais de variétés tardives et précoces ne sont pas concluants, non plus. Le Verexal a presque testé tous les porte-greffes possibles et le calibre du fruit sera à l’image de la vigueur de celui choisit, conclut Hervé Bentz. Et comment voit-il l’avenir ? « La quetsche d’Alsace déteste avoir soif… comme tout bon Alsacien », plaisante-t-il. L’irrigation est donc envisagée, au Verexal. Si le virus de la sharka est un obstacle aux plantations et aux replantations, le Verexal se bat pour cette petite production, historique, très importante pour les locaux de l’étape. Ils déplorent au passage, que les financements nationaux deviennent difficiles d’accès du fait de l’exigence d’une bibliographie scientifique internationale, qui n’existe pas pour cette culture régionale.     De succulentes tomates… chiche ? Lilian Boullard, l’autre Alsacien de la conférence, conseiller à Planète Légumes, s’est chargé de l’évaluation variétale sur tomates et légumineuses. L’adaptation au changement climatique, la souveraineté alimentaire et l’innovation ont guidé celle-ci. La diversité et l’amélioration gustative sont au cœur des enjeux aussi. Pour s’affranchir des problèmes de sol, le greffage sur tomates apparaît comme une nouvelle solution. La Tronus 2T est particulièrement bien réceptive au greffage, puisque son rendement s’améliore au fil des mois d’été avec cette technique. Quant aux tomates noires, la variété Ebeno concentre toutes les qualités gustatives. En pois chiche et lentille, les enjeux sont plus nombreux : rotation vertueuse, intérêts agronomiques, nouveau débouché stockable, du côté des producteurs ; mais aussi réduction de l’apport d’engrais, économie en autres intrants et en eau, adaptation au changement climatique et préservation des sols, des enjeux partagés avec la société, dans son ensemble ; avec les consommateurs qui s’intéressent de plus en plus aux protéines végétales. De nouvelles variétés de pois chiches sont ainsi en test depuis deux ans, et ce, dans toute la France. Pour fixer l’azote de l’air (et utiliser ainsi moins d’engrais), le pois chiche réalise une symbiose avec une bactérie : reste à trouver laquelle ! L’évaluation variétale sur lentilles quant à elle, a permis de retenir la variété Anicia, en vertes. Des tests d’association pour limiter la verse (jusqu’à̀ la récolte et au tri) sont aussi réalisés, avec l’orge ou l’avoine et la cameline ; à différentes doses et selon différentes modalités de semis. Feuille de chou Damien Penguilly, de la station de Caté en Bretagne, a présenté l’évaluation variétale en choux comme une source d’innovation. Plus de 100 variétés de choux sont toujours disponibles, dont une trentaine de nouvelles, chaque année. Le matériel génétique détermine l’itinéraire technique, la performance agronomique, la qualité́ au champ… mais il peut être la source de litiges entre tous les acteurs jusqu’au point de vente, a-t-il précisé. Les objectifs de l’évaluation sont donc de proposer, en conventionnel et en agriculture biologique (AB), une gamme de variétés adaptées au marché́ (qualité́, conservation…), adaptées aux conditions climatiques, tolérantes aux maladies et s’affranchissant de l’utilisation de fongicides pour diminuer l’indice de fréquence de traitement (IFT) fongicide de 100 %, en chou-fleur… et ainsi constituer des références robustes et fiables, pour des démarches sans pesticide, zéro résidu de pesticides, AB ; des données transférables à l’ensemble de la filière, en lien avec les dispositifs Dephy Expe, Fermes et Groupes 30 000. Dix variétés de choux-fleurs, trente variétés de choux pommés et une variété de brocolis ont ainsi été testées durant un an sur deux sites, et durant deux ans sur quinze à 18 sites. La variété pour réduire la pénibilité au ramassage est aussi dans le collimateur, puisque la récolte équivaut à 50 % du coût de production. Une plus longue et meilleure conservation post-récolte est encore étudiée. Dans la revue Aujourd’hui et demain, éditée par le Caté, un tableau permet de comparer les variétés retenues, afin de faire son choix. Les résultats des évaluations variétales sont encore valorisés, à travers un maximum de publications spécialisées.    

Foire européenne de Strasbourg

Une transhumance au cœur de la ville

Publié le 28/09/2022

La foire européenne de Strasbourg constitue une belle opportunité d’amener l’agriculture au cœur de la ville, au plus proche de consommateurs. Vendredi 9 septembre, les citadins avaient rendez-vous avec des vosgiennes et leur ambassadeur Florent Campello, président de l’Organisme de sélection (OS) vosgienne.

Des clarines qui tintent dans les allées de la foire européenne de Strasbourg, voilà qui n’est pas commun. Les visiteurs de l’espace agricole ne boudent pas leur plaisir et dégainent leurs téléphones portables pour immortaliser l’arrivée des égéries de la race vosgienne. Vives et alertes, les deux laitières et les deux allaitantes suitées trottinent vers les boxes où elles passeront leur week-end en ville. En effet, la race vosgienne était mise à l’honneur tout le week-end, avec aussi la vente de produits issus de la race, comme le fromage cœur de massif, des munsters, des tomes et des produits carnés. Agriculteur à Mittlach, dans la vallée de Munster, où il élève quelque 70 vosgiennes dont le lait est transformé en fromages et la viande en charcuterie, Florent Campello est aussi le président du Collectif des races locales de massif (Coram). C’est dire la passion qui l’anime pour cette race qui a bien failli disparaître durant la révolution verte. En effet, en apparence, la vosgienne n’est pas très productive : elle donne moins de lait qu’une holstein, moins de viande qu’une charolaise. Certes. Mais elle donne les deux. Et, surtout, elle produit même lorsque les conditions ne sont pas optimales. Elle est rustique. À l’image de son terroir, qu’elle est capable de valoriser comme aucune autre race bovine. Florent Campello a donc salué le travail de ceux qui ont continué à croire aux atouts de la race, tout en nuançant : « La vosgienne n’est pas encore sauvée. Son avenir passe désormais par les consommateurs. Car, par leurs choix alimentaires, ce sont eux qui orientent le modèle agricole de demain. La vosgienne ne sera donc jamais mieux valorisée que dans leurs assiettes. » Pour ce faire, la race possède un atout, celui des circuits courts, qui sont particulièrement développés en montagne. Au départ, c’est une réponse à une contrainte. « Il y a dix ans, il n’y avait pas de ramassage de lait en montagne. La seule solution pour conserver le lait, c’était de le transformer en fromages », décrit Florent Campello. Et toujours, parce qu’en montagne on ne va pas au supermarché trois fois par semaine, le plus simple était de vendre les fromages en direct. « Les circuits courts, c’est quelque chose que la montagne vit. Sans ça, il n’y aurait pas d’agriculture de montagne. » Et ce serait dommage, car, à cette altitude, l’élevage est la meilleure solution pour entretenir des espaces ouverts. Pourquoi est-ce important ? Pour le tourisme certes, mais pas que. Les nombreux feux de forêt qui ont rapidement pris des proportions difficilement contrôlables, cet été, l’ont rappelé : les surfaces non entretenues sont plus propices à la propagation des flammes. « Contrairement aux idées reçues, la surface couverte par la forêt progresse en France. Il est donc d’autant plus légitime de reconnaître le rôle des éleveurs dans l’entretien des espaces ouverts, qui contiennent une biodiversité spécifique », campe le président de l’OS vosgienne. Sans eau, pas d’herbe Défendre l’élevage de montagne est d’autant plus important qu’il est en première ligne face au changement climatique : « Sur les cinq dernières années, nous avons été confrontés à quatre années de déficit hydrique estival », rapporte Florent Campello. Les éleveurs et le bétail subissent donc de plein fouet ces évolutions. Car, sans eau, l’herbe ne pousse pas. Et elle représente parfois 100 % de la ration des animaux. Les éleveurs n’ont, alors, pas d’autre choix que d’acheter du fourrage, ce qui, couplé à la baisse de la production de lait, met en péril l’équilibre économique déjà fragile de ces exploitations. En outre, si en plaine les agriculteurs peuvent compter sur la nappe et les rivières pour puiser de l’eau afin d’irriguer les cultures, en montagne c’est inenvisageable. « Notre ressource en eau ce sont les sources. » Une ressource qui s’écoule inexorablement vers l’aval. Pour faire face au changement climatique, des solutions existent. Mais leur mise en œuvre exige des moyens et de la volonté. Le premier levier, que les éleveurs actionnent déjà, c’est la sélection génétique. « Avec l’OS, nous cherchons à identifier des familles qui se maintiennent mieux en condition difficile et à les démultiplier ». Les solutions seront aussi techniques : récupération des eaux pluviales issues des toitures dans des réserves ou à l’exutoire des bassins-versants, dans des petites bassines… La solidarité avec la plaine doit aussi être développée, pour pouvoir par exemple nourrir les bêtes avec du maïs ensilé en plaine, quand l’herbe ne pousse plus en montagne… Enfin, il faudra peut-être aussi développer l’élevage ovin… mais sans pour autant abandonner la vosgienne ! En tout cas, « des choix décisifs s’annoncent pour l’avenir de la race », conclut Florent Campello.

Pages

Les vidéos