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La bière Guth à Saint-Maurice

Charly et la microbrasserie

Publié le 26/10/2022

À 27 ans, Charly Guth est le digne héritier d’une famille d’entrepreneurs, versés autant en mécanique qu’en restauration. Sommelier de formation, passionné de bières et de brassage, il a ouvert, il y a quatre ans, sa microbrasserie, à Saint-Maurice, dans l’ancien garage automobile de son grand-père paternel. Il explore une gamme de cinq à neuf bières, et, distille aussi du rhum et du gin.

Au cœur de la forêt et à quelques centaines de mètres d’une réserve d’eau de source, Charly Guth brasse de la bière, distille du rhum et du gin. Sa microbrasserie, installée à Saint-Maurice, dans l’ancien garage automobile familial et à côté du restaurant qu’a tenu sa grand-mère jusqu’à ses 89 ans, est entourée de trois distilleries emblématiques du Val de Villé (Massenez, Meyer, Nusbaumer). C’est connu : pour une bonne bière, mais aussi une bonne eau-de-vie, il faut une eau pure. « Aujourd’hui, je brasse 1 000 l de la future bière de Noël, qui sera disponible dans un mois, après fermentation. Ce sera une bière fraîche, désaltérante, à l’image de toute ma gamme. Le but, quand on boit une de mes bières, est qu’on ait envie d’en reprendre une deuxième. Pour Noël et l’hiver, le côté malté, légèrement torréfié de la bière ressortira, en plus des arômes de mandarine, d’orange et d’épices, dont un peu de cannelle », dit Charly. De deux fûts de 500 l, l’odeur maltée se dégage. Il est 10 h. Charly Guth a lancé le premier brassin à 5 h 45, le second quatre heures plus tard. En parallèle, il désinfecte, entre autres, le matériel destiné à l’embouteillage. Deux de ses quatre cuves de fermentation (de 1 000 l chacune) sont remplies de bière brune, aux notes de chocolat noir, légèrement amères, et de café torréfié. Elle sera mise en bouteille le lendemain. Processus « Le brassage consiste à extraire le sucre des céréales maltées : orge et blé, principalement, chez moi. Et avoine, parfois. Le malt est un amidon, un sucre complexe non fermentescible. Le brassage des céréales maltées, dans de l’eau chauffée entre 65 et 69 °C, transforme cet amidon en sucre fermentescible », explique Charly Guth, sommelier de formation (BTS au lycée Alexandre Dumas, à Illkirch) et brasseur par passion, qui a appris la théorie, après la pratique, auprès d’autres microbrasseurs. Après une heure et demie de brassage, le moût (le jus sucré) est séparé des matières solides, les drêches, c’est-à-dire ce qu’il reste des céréales maltées bouillies. Il coule par gravité. Une pompe permet de l’envoyer dans la cuve d’ébullition, à côté. Il y bouillera une heure, jusqu’à stérilisation. C’est à cette étape que le brasseur ajoute le houblon et d’autres épices. Charly aromatise sa bière, pendant l’ébullition et non par infusion, pour être sûr de tuer les bactéries et les levures sauvages indésirables (qui pourraient changer le goût de la bière). « Si j’ajoute du houblon en début d’ébullition, la bière aura plus d’amertume. Si je l’ajoute à la fin, elle sera plus aromatique, plus fruitée », précise Charly. Une fois que le liquide a refroidi, il est mis en cuve un mois, pendant lequel la bière fermente. Les levures mangent le sucre, ce qui produit deux éléments : le gaz (les bulles) et l’alcool. Le produit sous pression est mis en bouteille directement. Les bières de Charly Guth sont ainsi plus légères que si elles fermentaient en bouteille, avec un ajout de sucre. Et il gagne deux semaines sur le processus. Durant le mois de fermentation, le microbrasseur régule la température : il faut qu’elle se situe entre 21 et 23 °C. Il contrôle aussi le taux de sucre. Sa bière n’est jamais filtrée. La recette se termine par une garde au froid de deux semaines, à 3 °C. « Ça va affiner le produit, l’éclaircir, le rendre propre et limpide, sans le filtrer pour autant, car le froid va concentrer les dernières matières solides au fond de la cuve », dévoile Charly. Au brassage, les drêches ont déjà fait office de filtre naturel du moût. « C’est une première belle sélection. On enlève les poussières du malt, lorsque le moût passe par les drêches. À l’ébullition, une deuxième sélection s’opère. La chauffe va colmater les parties solides au fond de la cuve, tout comme le froid, en dernier lieu », développe Charly. Au total, 300 à 400 kg de drêches sont produites, chaque semaine, à la microbrasserie Guth. Pour les valoriser, Charly les donne à un éleveur de poules, vaches, cochons, à Breitenau. Diversification Charly a brassé sa première bière en amateur à 18 ans. Il est passé par la restauration gastronomique, jusqu’au service en bar, au début de sa vie active. À 23 ans, il se casse le bras et peaufine son projet de microbrasserie. Il se lance, quelques mois après sa guérison. « Ce que j’aime avec la bière, c’est qu’il n’y a aucune limite ou presque. On peut tout créer : de l’acide au fruité, jusqu’au malté. Et j’ai pu commencer dans ma cuisine ! Faire plein d’essais, avant de démarrer, professionnellement. C’est plus facile et accessible que d’acheter un vignoble ! », ajoute-t-il, rappelant, au passage qu’un sommelier se spécialise dans les boissons, quelles qu’elles soient. Ce besoin de changement, de variétés, de différences colle à la peau de Charly. Il aime se fournir localement mais il ne trouve pas forcément tout ce qu’il veut. Pour sa IPA, il cherche un houblon américain. « Comme pour la vigne, le houblon a son terroir », sait-il. Le Comptoir agricole est tout de même un gros fournisseur. « Les houblonniers alsaciens font de très belles choses. Il faudrait maintenant que l’on puisse nous, petites brasseries, bénéficier de contrats plus souples : que l’on puisse payer en plusieurs fois, des petites quantités de houblons différents. Je pourrais ainsi m’amuser, tout en m’engageant », propose Charly. Les épices proviennent souvent de Terra Madre, la marque développée par le Jardin de Gaïa. « Une bière 100 % Alsace, ce serait possible, grâce à Maltala (malt bio et local), mais sur une recette particulière, pas sur toute la gamme. Le coût de production serait trop élevé », justifie Charly Guth. Son coût de production a d’ailleurs grimpé d’un tiers, depuis mi-octobre, notamment et surtout à cause du prix des bouteilles de verre, en 33 cl. Charly préfère en changer plutôt que d’infliger une hausse à ses clients. Juste avant d’aromatiser sa bière, avec la poudre de mandarine, vers midi, Charly reçoit un colis : les potentielles futures bouteilles de rhum et de gin. Il produit 3 000 flacons d’alcools forts à l’année, en plus des bières, quand Nusbaumer en délivre 70 000 environ, compare-t-il, pour donner un ordre d’idée de sa petite production. Charly Guth démarre à peine cette activité. Son rhum, distillé à partir de mélasse, et son gin (élaboré à partir d’alcool neutre à 96 °C) répondent au cahier des charges des breuvages. Ils méritent donc l’appellation. « Je distille (du schnaps, NDLR), depuis l’adolescence avec mon grand-père et les anciens du village », raconte Charly. Au regard des taxes, cet atelier, c’est uniquement son plaisir, pas un business. « Je ne perds pas d’argent non plus. Mais avec mon matériel artisanal, dont l’alambic de 200 l, c’est beaucoup de travail », constate-t-il. Charly est sûrement le premier, le seul et unique producteur de rhum alsacien ! « Je suis pile poil au bon endroit », s’exclame-t-il. Eh oui ! Saint-Maurice, c’est aussi une ville en Martinique. Les arguments de Charly sont tout trouvés pour le marché de Noël de Colmar, où il aura son stand.      

Voyage d’étude « Eau et agriculture de montagne » à la ferme du Krameterhof en Autriche

Épisode 1 : contexte et théorie

Publié le 24/10/2022

Face au régime sec auquel est soumise l’agriculture de montagne d’été en été, le Parc naturel régional des Ballons des Vosges s’est emparé de la problématique et a organisé un voyage d’étude en Autriche, à la ferme du Krameterhof, réputée notamment pour sa gestion de l’eau. En parallèle, trois exploitations pilotes vont servir d’incubateurs de solutions en France. Les premières propositions devraient être opérationnelles d’ici début 2023. Retour sur ce voyage d’étude en quatre épisodes.

Josef Holzer n’est pas un magicien, et sa ferme n’est pas un miracle. Elle est le fruit d’une histoire, plutôt rude, à l’image des conditions pédoclimatiques qui règnent dans la région du Lungau, en Autriche. « Jusque dans les années 1960, toutes les petites fermes d’altitude étaient des systèmes autonomes, qui produisaient davantage pour la subsistance des agriculteurs que pour la vente, contrairement aux plus grosses fermes, situées en plaine », rappelle Josef Holzer. C’est en quelque sorte ce modèle ancestral que la ferme du Krameterhof reproduit aujourd’hui. « Nous nous positionnons sur des produits de niche, et c’est pour ça que cela fonctionne », constate l’agriculteur. Il raconte que cette ferme a été achetée par son grand-père en 1890 : « Il n’était pas l’aîné. C’était la seule qu’il pouvait s’offrir car elle était désaffectée après un incendie. » Elle est alors conduite comme une ferme destinée à la subsistance de ses propriétaires. Mais le grand-père de Josef a un penchant pour la bouteille et le jeu. Son père, Sepp, hérite donc d’une ferme amoindrie, de dettes, et aussi de la farouche volonté « d’être heureux, de se faire plaisir, et d’être rentable », rapporte Josef Holzer. Il décide donc de prendre le contrepied de ses confrères qui se spécialisent dans le lait, et cherche des niches, dans un contexte où la vente directe est quasi inexistante. « Sa première idée a été de se lancer dans la pisciculture, ce qui était une idée assez folle dans ce contexte escarpé. Il y avait des étangs, irrigués par gravité, pour alimenter des moulins, qui n’existaient quasiment plus, mais pas de pisciculture. C’est ainsi que lui est venue cette idée », raconte Josef Holzer. Une idée qui a été creusée, jusqu’à obtenir un réseau de 30 étangs. Josef Holzer précise que, si son père a dû beaucoup batailler, jusqu’à décrocher le surnom d’« agriculteur rebelle », il ne rencontre guère plus de difficultés à obtenir les autorisations nécessaires à la réalisation des travaux. « Si le projet fait sens, que la sécurité et la stabilité sont prouvées et que la réglementation est respectée, il n’y a pas de problème. » Ainsi, les étangs du Krameterhof sont notamment dimensionnés et conçus pour être capable d’encaisser une crue centennale, soit quelque 200 m3 en 20 minutes. Des permaculteurs qui s’ignorent Finalement le projet fou de Sepp Holzer a bien fonctionné. Si bien qu’il a appliqué la même méthode - prendre le contrepied de ses contemporains - à d’autres aspects de sa ferme. Au lieu de n’élever que des vaches laitières, il pratique un élevage diversifié de cochons, poulets, dindes, oies et autres canards qui profitent aussi des étangs. Alors que les haies sont arrachées en plaine, Sepp Holzer plante des arbres fruitiers. À peu près tout a été envisagé et tenté sur la ferme : élevage de gibier, production de champignons, apiculture… « Toujours avec la conscience que ça peut ne pas fonctionner et que ça n’est pas un problème, puisqu’il y a déjà des activités qui fonctionnent. Donc c’est si on n’essaie pas qu’on a perdu », pointe Josef Holzer. À partir des années 1990, la notoriété de la ferme dépasse les frontières autrichiennes, et elle commence à accueillir des étudiants, des stagiaires. C’est ainsi que les Holzer découvrent qu’ils pratiquent la permaculture sans le savoir. « Alors qu’ici nous étions plutôt à la marge, ça nous a intéressés de savoir que d’autres font comme nous, ailleurs, et cela nous a incités à nous engager dans cette voie et à nous revendiquer de la permaculture », explique Josef Holzer, qui livre sa définition de ce mouvement à la mode, qui suscite autant de vocations que de crispations. « C’est un état d’esprit. Ce n’est pas quelque chose qui se planifie, avec un design, un hôtel à insectes ici et un autre là, c’est quelque chose qui croît. Ici nous n’avons rien planifié. Nous avons essayé, arrêté, recommencé autrement… Rien n’est figé. La ferme est toujours en train d’évoluer. » Fort de ces expériences, Josef Holzer sait mieux ce qu’il est possible de faire chez lui, et ce qui ne l’est pas. « Mais ça ne veut pas dire que c’est comme ça qu’il faut faire. Chaque situation est unique. » La diversité comme pendant aux ressources limitées Entretien de la fertilité du sol, valorisation de la diversité génétique, de la biodiversité, des ressources locales, font partie des principes de base de la permaculture. « Il s’agit d’interagir en harmonie avec la nature. Bien sûr, notre activité perturbe les écosystèmes naturels, mais l’objectif est de limiter cette perturbation. La nature dirige, et la technique suit, pas l’inverse », pose Josef Holzer. De ce premier principe découle le second : « Nous sommes confrontés à un environnement avec une surface et des ressources limitées qu’il convient d’économiser, recycler, renouveler au maximum. Il ne s’agit pas d’être parfait, nous ne sommes pas autonomes non plus, mais de faire au mieux dans cette direction. » Et pour Josef Holzer, la limitation en termes de surface et de ressource a pour équivalent la diversité : « Ici, j’ai la même quantité de bovins qu’une ferme d’altitude typique, mais en plus j’ai des légumes, des poissons, des fruits, des abeilles, des plantes médicinales, des volailles… Tant qu’il n’y a pas de concurrence, on peut ajouter de la diversité », pointe Josef Holzer, qui constate : « Plus de diversité, c’est aussi plus de travail. » Et plus que la surface, le temps et la force de travail posent les limites du système. Aujourd’hui, la ferme s’étend sur 45 ha, de 1 100 à 1 500 m d’altitude, en une succession de terrasses, qui ont été aménagées au fil du temps. Ces successions de pentes et de terrasses, couvertes de taillis, de pâtures, d’étangs, de parcelles cultivées, de petits bâtiments d’élevage, sont quasiment imperceptibles au regard. Elles ont été aménagées progressivement, « en considérant la biodiversité, les ressources, en tâchant d’établir des cycles et des boucles », décrit Josef Holzer. En gravissant les pentes du Krameterhof, son discours prend vie. Vous le découvrirez dans notre prochain épisode !

Apiculture en Alsace

Une saison plutôt décevante

Publié le 18/10/2022

L’année 2021 avait été terrible pour les apiculteurs alsaciens. La campagne 2022 est une petite année. Selon les premières estimations de l’Association pour le développement de l’apiculture dans la région Grand Est (Ada Grand Est), le rendement moyen se situe entre 10 et 15 kg par ruche, alors que le double est attendu en année « normale ». En cause, les pics de chaleur et la faible hygrométrie de l’air, de mai à juillet.

Les apiculteurs alsaciens comptaient sur cette saison pour renflouer les stocks, mis à mal par la saison précédente… Hélas ! Malgré un printemps très prometteur, ce fut une année propice à faire des essaims, plutôt qu’à récolter du miel. Alexis Ballis, conseiller spécialisé en apiculture et animateur de l’Ada Grand Est, résume la campagne 2022 : « Cela a bien démarré au printemps, avec le miel de fleurs. C’était explosif. Nous étions pleins d’espoir : les ruches étaient vigoureuses, fortes. Mais le gel (occasionnellement), puis la sécheresse ont impacté les floraisons. Le vent sec surtout a limité la production de nectar et raccourci la durée de vie des fleurs. Certaines floraisons, comme celle des acacias, ont été très brèves : trois jours seulement. Des fleurs ont flétri sans même avoir donné de nectar. » La situation est similaire ailleurs en France et très peu de miel d’acacia a été produit cette année. Il se négocie donc très cher sur le marché du gros : jusqu’à 12 €/kg, en fûts de 300 kg, quand les autres oscillent entre 4 à 8 €/kg, en conventionnel, et entre 9 à 14 €/kg, en bio - quand les lots trouvent preneurs, la demande en bio étant en baisse. Printemps 1, été 0 Sécheresse, canicule, vent asséchant : l’été a été trop chaud et sec. En Alsace, les miellées de tilleul, de châtaignier ou de forêt ont été limitées. Quant à celle de sapin, issue du miellat des pucerons, elle a été très précoce et extrêmement courte. Les petits insectes ont pullulé en mai, quelques jours ou semaines selon les îlots, puis plus rien, alors qu’ils apparaissent en juillet/août, une année classique. Résultat des courses : il a fallu soutenir les jeunes colonies, qui n’étaient pas en production, en leur apportant du sirop et du pollen ; quant aux ruches en production, certaines ont été mises à l’arrêt et scindées en deux ou en trois pour créer de nouvelles colonies, nourries au sirop… tant le miel qu’elles récoltaient ne suffisait pas à les sustenter. La récolte a donc été amputée. « La saison de miel a duré un mois, un mois et demi… D’habitude, c’est quatre mois », relève Alexis Ballis. Le rendement moyen en 2022, se situe entre 10 et 15 kg par ruche, au lieu de 25 à 30 kg une saison « normale ». Ces chiffres sont cependant, meilleurs que ceux de 2021, historiquement faibles, avec des pertes de production de 80 %. Mais les apiculteurs font face aujourd’hui, à de fortes augmentations de prix pour leurs achats (sirop, pots en verre, couvercles, etc.) : de 30 à 100 %. « On verra en fin d’année 2022 si les prix du miel augmentent à la hauteur de celui des charges », souffle le conseiller de l’Ada Grand Est. Pour l’instant, la marge est abîmée. Forcément. Et en vente directe, les prix n’ont pas ou peu monté : autour de 14 à 16 €/kg, et jusqu’à 20 €/kg pour le miel de sapin. En Lorraine et en Champagne-Ardenne De l’autre côté des Vosges, le bilan est bon. Les récoltes ont été satisfaisantes, avec une moyenne de 30 kg par ruche de miel. « Ils ont eu plus de chance avec les aléas climatiques. Chez eux, l’acacia a fleuri une semaine après et dans de bien meilleures conditions. Idem pour le tilleul : il n’a pas fleuri en pleine canicule, comme en Alsace, mais dix jours plus tard, ce qui a permis de belles miellées. Les cultures agricoles mellifères que sont le colza et la luzerne ont également contribué à faire de belles récoltes de miel », développe Alexis Ballis. Par contre, la silphie n’a pas apporté de miel, contrairement aux annonces faites sur cette nouvelle culture. L’Ada Grand Est a suivi six parcelles différentes et constate zéro gramme récolté ! « Nous allons continuer ce suivi l’an prochain. Nous aurons ainsi plus de recul », explique Alexis Ballis.

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