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Association régionale des industries alimentaires d’Alsace (Aria)

L’appel au « juste prix »

Publié le 15/10/2022

Face à la hausse du coût de l’énergie et des matières premières, les industries alimentaires alsaciennes tirent la sonnette d’alarme. Si elles ne répercutent pas ces hausses sur leurs prix de vente, elles risquent l’asphyxie.

Après la crise de l’énergie, la crise alimentaire ? L’association régionale des industries alimentaires d’Alsace, qui regroupe une centaine d’adhérents dans la région, a tiré la sonnette d’alarme lors d’une conférence de presse donnée le 4 octobre dans les locaux du torréfacteur Sati à Strasbourg. Son président, Sébastien Muller, a évoqué « la crise protéiforme » que traversent les entreprises alimentaires depuis des mois. Elle se manifeste dans le domaine de l’énergie, de l’approvisionnement en matières premières agricoles et industrielles, mais aussi de la main-d’œuvre, dont le recrutement devient difficile. Résultat : les entreprises du secteur sont « sous pression », elles ont peu de visibilité sur 2023 et bien qu’elles aient fait preuve de résilience lors de l’épidémie de Covid, les voici confrontées à une hausse des coûts de production qui pourrait leur être fatale si elles ne parviennent pas à les répercuter sur leurs prix de vente. Sébastien Muller énumère les chiffres : + 57 % pour les coûts de l’énergie, + 29 % pour celui des matières premières agricoles, + 26 % pour les coûts d’emballage. « Pas tenable à long terme » Les prix des produits alimentaires, quant à eux, n’augmentent pas dans les mêmes proportions, fait valoir l’Aria. L’inflation alimentaire, en France, est de 8,4 % sur un an, alors qu’elle dépasse 15 % en Allemagne et qu’elle s’en approche en Espagne. « Nous avons besoin de répercuter ces surcoûts », argumente Sébastien Muller qui mentionne les 14 % de marge perdus par les industries agroalimentaires (IAA) dans un secteur où les marges sont déjà serrées. « Ce n’est pas tenable à long terme », ajoute-t-il, précisant que les IAA sont dans leur immense majorité des PME (petites et moyennes entreprises) et qu’elles représentent 50 000 emplois en Alsace. Il appelle à « une prise de conscience collective » et à un « juste prix » de vente des produits alimentaires. Agir sur les coûts, les entreprises alimentaires le font déjà. Particulièrement dans le domaine de l’énergie, poste qui représente ordinairement moins de 3 % du chiffre d’affaires mais qui est monté à environ 7 % du chiffre d’affaires depuis janvier. Le président de l’Aria estime que les grosses économies ont déjà été réalisées. La perspective des coupures de gaz et d’électricité inquiète les adhérents de l’Aria : sans énergie, pas de production ni d’alimentation cet hiver, rappelle Sébastien Muller. L’État a certes prévu une aide pour aider les entreprises à faire face à leurs charges de gaz et d’électricité mais « celle-ci n’est pas calibrée comme il se doit ». Le président de l’Aria souhaite notamment que l’aide soit calculée par rapport au pourcentage de l’énergie dans le chiffre d’affaires en 2022 et pas en 2021, pour ne pas pénaliser les entreprises déjà vertueuses. Des initiatives pour « jouer collectif » À son niveau, l’association a mis en place une commission sur ce sujet des achats d’énergie et met à disposition des entreprises un expert à même de les orienter dans leur stratégie d’achat ou de les aider à revoir leur modèle énergétique. Face aux difficultés d’approvisionnement en matières premières, Sébastien Muller appelle à jouer collectif et à « ne pas rentrer dans le cycle des pénalités avec les clients. Ce serait inacceptable », dit-il. Sur ce sujet-là aussi, l’Aria est à la manœuvre : elle a engagé une personne chargée de l’animation des filières qui fait le lien avec les fournisseurs de matières premières agricoles. L’association est également associée à l’initiative de « business sourcing » prise par la Chambre de commerce et d'industrie Alsace Eurométropole visant à relocaliser l’approvisionnement en matières premières industrielles. Les difficultés de recrutement rajoutent aux difficultés actuelles. 52 % des entreprises prévoient d’embaucher, mais les postes d’ouvriers et les postes techniques plus qualifiés peinent à trouver preneurs, relève le président de l’Aria qui y voit un effet indirect du Covid et un signe du changement de perception du travail. L’association travaille à l’émergence d’une marque employeur pour attirer des nouvelles recrues sur le territoire et prépare un webinaire pour aider les chefs d’entreprises à faire évoluer leurs pratiques, annonce Sébastien Muller.

Publié le 11/10/2022

Ces Bas-Rhinois sont respectivement vice-champion du monde de labour en planche, troisièmes au National en labour à plat et en planche, et qualifié pour le Mondial de 2024 en planche : Thomas Debes, Xavier Blatz, Loïc Fischer et Bertrand Rott ont en commun d’aimer « le travail bien fait ». Ils partagent leurs expériences, avec joie.

Des cailloux gros comme des rochers, « des menhirs », un temps irlandais avec des trombes d’eau suivant un soleil radieux : Thomas Debes est arrivé « miraculeusement » deuxième, au classement général, du dernier championnat mondial de labour, qui s’est déroulé en République d’Irlande, fin septembre 2022. « Les Irlandais sont des roublards, disait Chirac. Ils n’ont pas failli à leur réputation ! Ils ont pris comme prétexte de n’avoir que cinq mois pour préparer le Mondial (il était prévu en Russie, NDLR), pour nous emmener dans des terres avec des pierres de 50 cm de haut et 20 cm de large. Or leurs charrues sont adaptées aux cailloux. Les nôtres, non. Et des terres caillouteuses, comme celles-ci, à une compétition de cette envergure, c’est impensable, c’est même honteux. On n’aurait pas pu le prévoir », résume Thomas Debes, fâché, puisque les charrues sont réglées « comme des horloges suisses » et que ce terrain les a endommagées, mais heureux de sa prestation « contre toute attente ». En effet, le premier jour, au labour sur chaumes, il était classé huitième : le coup du menhir ! Sa performance sur l’herbe, le lendemain, l’a propulsé à la deuxième place, juste derrière… un Irlandais, bien sûr ! « Pendant les entraînements, sur des parcelles bien moins compliquées qu’à la compétition, il me regardait. Avec une autre terre, à la première épreuve, si je n’avais pas dû casser un caillou coincé dans la charrue, à coups de clé, ni la rafistoler en bout de champ, j’aurais eu une chance de le surclasser », estime Thomas.     Éternel deuxième Le trentenaire de Jetterswiller a plaisanté avec Eamonn Tracey, ex-éternel deuxième place ; aujourd’hui, enfin, champion du monde de labour. Parce que Thomas Debes, lui aussi, est abonné à la médaille d’argent : il est deux fois vice-champion du monde de labour, 2018 (Allemagne) et 2022. Suivra-t-il les traces d’Eamonn Tracey, arrivera-t-il premier ? Qui vivra verra. « Ce loisir est extrêmement chronophage. Si on veut être le meilleur, il faut travailler. En sept mois d’hiver, j’ai passé 80 heures à m’entraîner sur prairie, surtout, et chaumes. Il faut s’entraîner toute l’année, d’autant plus que la sécheresse, l’été, complique le labour, en Alsace. Je compte aussi presque 200 heures d’atelier pour préparer le matériel, depuis 2018. J’aime d’ailleurs autant la mécanique que le labour, puisque le labour est une application de la mécanique. L’investissement est financier aussi : 10 000 € pour la charrue. Kuhn (la marque de sa charrue ; une exception dans la compétition) me donne les pièces d’origine mais je la transforme avec un ami. Nous avons monté des plaques de téflon, par exemple, pour un meilleur rendu visuel : des sillons lisses, une terre brillante. Par rapport aux déports et dévers combinés, les charrues master L et M de Kuhn copient, aujourd’hui, nos créations. Elles ont été conçues à partir de nos modifications pour la compét’ », dévoile Thomas Debes. Tête de vainqueur L’éleveur laitier remercie sa famille, dont son épouse Élodie, pour son soutien indéfectible, France Labour, son coach Éric Burger (de Rummersheim, sacré deux fois champion de France de labour) et ses sponsors : Kuhn (qui prend en charge le transport du tracteur et de la charrue, aussi) dont le regretté Jean-Paul Moineau, récemment décédé, mais aussi Alsace Lait, la Région Grand Est… Ils étaient cinq, cette année, au championnat du monde de labour : lui et le concurrent ardennais Thierry Bosserelle, leur coach commun Éric, Freddy Bohr, champion du monde en 2001 (à plat) et membre de l’association mondiale de labour, et Philippe Raguet, juge au Mondial. Ils ont passé entre une dizaine et une quinzaine de jours, sur place ; le temps de s’entraîner ; hors compétition, notamment, sur des parcelles louées à leurs frais. S’il y a presque trente concurrents, au Mondial, arriver deuxième, sur le podium, c’est surtout pour la gloire. L’organisation paie l’hôtel et la nourriture (pas les boissons, même au gagnant) et… il n’y a pas de prix. Il faut être vivement motivé ! « Je laboure en compétition depuis 2000. J’avais 17 ans, à l’époque, et je suis arrivé avant-dernier au concours départemental, se souvient Thomas, le sourire aux lèvres. Comme quoi, il ne faut jamais lâcher ! J’y étais allé pour l’ambiance JA (Jeunes agriculteurs, NDLR). Et l’année d’après, je me suis retrouvé troisième au championnat de France. Je ne m’y attendais pas. Je labourais à plat, avec la charrue de Freddy Bohr. J’ai été champion de France, en 2004, puis en 2012, mais, cette fois, en planche. J’ai arrêté le plat, en 2007. » Il compare sa passion à une drogue : « l’amour du travail bien fait », comme le scande France Labour. Et il salue le bienfait de ce sport : l’apprentissage de la gestion du stress, primordial pour les jeunes. La relève est assurée Thomas Debes n’est pas avare de conseils. Il est souvent en contact avec la relève, que représentent fièrement Xavier Blatz, ouvrier agricole, et Loïc Fischer, salarié au Comptoir agricole, à Wiwersheim. Les deux JA du Bas-Rhin sont arrivés troisièmes (sur une quinzaine de participants, dans chaque catégorie) au championnat de France de labour, début septembre 2022 : Xavier pour la seconde fois consécutive, à plat, mais Loïc, en planche, était, lui, deuxième, en 2021. « Le terrain était dur, cette année, à Outarville, dans le Loiret : plus dur qu’ici, même ! Ma parcelle, c’était un fond de cuvette, d’où ma troisième place, au National 2022 », confie Loïc Fischer, que Thomas Debes voyait déjà premier. Les deux hommes ont eu un début de carrière similaire, puisque Loïc aussi était avant-dernier, à sa première départementale, en 2014. Ils ont aussi déjà eu l’occasion de concourir, ensemble, lors de cantonales. « Lui et Bertrand Rott (lire ci-dessous) sont très, très forts. On se challenge, on apprend avec eux. Ils sont au top et ils le démontrent encore une fois, cette année », lâche Loïc Fischer, admiratif. Le laboureur de 27 ans cherche à améliorer sa charrue, actuellement. Tout comme Xavier Blatz, qui a laissé sa Kverneland (la même marque que Loïc et que la plupart des compétiteurs), près de l’établi, à son retour de la Nationale. « Une charrue, c’est personnel. Ça ne se copie pas, dit le jeune homme d’Heidolsheim, qui procède à des ajustements. Je vais persévérer, remettre mon titre en jeu, l’an prochain. » « Par chance », Loïc et lui, étaient qualifiés ensemble, en 2022, comme en 2021, ajoute-t-il. Ils se sont donc organisés pour transporter leurs engins. Et vite ! Les JA n’ont eu qu’une semaine de battement entre la finale régionale et la nationale. Jamais deux sans trois ? Loïc est aussi motivé pour 2023.     Un œil sur le monde Le double champion de France Bertrand Rott, lui, a un objectif à plus long terme : 2024, et le Mondial, en Estonie, les 16 et 17 août. Le quadragénaire, éleveur de vaches allaitantes à Hatten, vient de se qualifier, à Outarville, en planche. Après cinq championnats du monde, il a arrêté le labour à plat, en 2007, juste après sa consécration nationale, dans cette catégorie. En planche, il avait remporté le titre, en 2000. Et c’est donc avec sa charrue Kverneland catégorie en planche, qu’il s’est classé septième sur plus de 25 candidats, en 2019, aux États-Unis. « J’avais annoncé que j’arrêtais les championnats de labour mais j’ai repris. C’est un hobby. Je maîtrise. Alors, pourquoi ne pas retenter ma chance ? C’est motivant, quand on bat les meilleurs », lance Bertrand, qui se mesurerait bien à Thomas Debes encore, en sélection. Bertrand Rott, qui est aussi jury, jusqu’au National, depuis ses titres, est tombé dans le labour… quand il était petit ! Contrairement aux jeunes qui ont suivi leurs amis, en finales, pour s’amuser, Bertrand a des antécédents familiaux. « Le père, qui a 78 ans aujourd’hui, a semé la graine. Il nous a donné envie à tous de labourer. C’était notre entraîneur », résume le champion. Ses deux frères et sa sœur sont arrivés, avant lui, en finale départementale ou en régionale. Lui est le plus doué. Bertrand Rott aime le labour, « le travail soigné » et la compét’. « En 2000, je suis aussi arrivé troisième aux championnats de France de karaté. Je suis têtu. Je me donne du mal pour y arriver », glisse-t-il. Quel plaisir aussi de retrouver les autres finalistes d’Angleterre, d’Irlande du Nord, de la Suisse, etc. Bertrand garde contact avec tout ce beau monde. Et essaie d’aller au Mondial, même quand il ne concourt pas.    

Publié le 10/10/2022

À Obernai, la distillerie Lehmann a construit sa réputation sur les eaux-de-vie de fruits. Depuis plus de 20 ans, elle élabore aussi des whiskys. Plus qu’une diversification, ceux-ci représentent désormais la moitié de son activité.

En ce premier mardi d’octobre, des effluves maltées se dégagent d’un des alambics en cuivre de la distillerie Lehmann. Spécialisée dans les eaux-de-vie de fruits, la plus ancienne distillerie artisanale d’Alsace élabore aussi des whiskys depuis les années 2000. Yves Lehmann, maître-distillateur, a lancé son premier single malt 15 ans avant la reconnaissance de l’indication géographique protégée (IGP) whisky d’Alsace. Depuis, les barriques en bois se multiplient dans le chai de la distillerie, où vieillissent les whiskys élaborés à partir des moûts des brasseries partenaires. Qu’il s’agisse des eaux-de-vie de fruits ou des spiritueux, tout repose sur « un savoir-faire rare et ancestral », la distillation, précise Florent Lehmann, qui a rejoint son père dans l’entreprise après cinq ans passés comme ingénieur dans la sous-traitance automobile en Asie. Ce savoir-faire est attesté par de nombreuses médailles obtenues au Concours général agricole de Paris depuis 30 ans. Il a valu à la distillerie obernoise d’être labellisée Entreprise du patrimoine vivant. Pour les eaux-de-vie de fruits, la famille Lehmann s’approvisionne auprès de producteurs locaux dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres autour d’Obernai : essentiellement des particuliers qui entretiennent leurs vergers et participent au maintien des ceintures vertes et de la biodiversité autour des villages. « Nous sommes très exigeants sur la maturité des fruits », pose Florent. Leur laisser le temps de mûrir, c’est leur permettre de développer la plénitude de leurs arômes qui s’exprimera plus tard dans les eaux-de-vie. La distillerie complète ses apports avec les fruits d’arboriculteurs professionnels. Avec la disparition des vergers familiaux, leur part pourrait augmenter dans les années à venir. « Nos apports diffèrent chaque année : il faut composer avec la nature. Les gelées tardives peuvent impacter certains arbres. Cette année, par exemple, nous n’avons pas rentré de cerises. » Les maladies et les ravageurs provoquent aussi des dégâts. « On a toujours un peu de stock, ce qui nous permet d’avoir une qualité de produits stable », se rassure le trentenaire. Des classiques et des raretés La distillerie Lehmann produit plus de 40 références d’eaux-de-vie différentes, dont quatre sous IGP (framboise, mirabelle, kirsch et quetsche d’Alsace) et une sous appellation d’origine protégée (marc de gewurztraminer d’Alsace). Sa gamme inclut des classiques mais aussi des raretés telles que la gentiane, le cédrat, le céleri, la prunelle sauvage, le sureau ou le sorbier des oiseleurs, plutôt en perte de vitesse mais qui contribuent à cette variété qui fait l’identité de la distillerie. Les fruits sont d’abord écrasés dans un malaxeur et mis en cuve où ils fermentent sans adjonction de sucre ou d’intrant. Les baies (framboise et mûre notamment), comme les plantes, les racines et les fleurs, qui ne contiennent pas de sucre, macèrent dans une eau-de-vie de vin de quelques jours à quelques mois. Commence alors le travail du distillateur qui consiste à extraire l’alcool chargé en arômes au moyen d’un alambic : deux chauffes successives permettent d’éliminer les composants indésirables pour ne garder que « le cœur de chauffe », le plus apte au vieillissement. Les eaux-de-vie de fruits s’affinent jusqu’à plusieurs années dans des cuves inox ou des dames-jeannes en verre. Seule la prune a le droit de vieillir dans des fûts en bois qui lui donneront sa belle couleur ambrée. Les whiskys, quant à eux, demandent un savant travail d’assemblage. Jongler avec des signatures aromatiques différentes, liées à la provenance de l’orge maltée, avec des temps de vieillissement et des contenants d’origine variée demande une expertise que la distillerie obernoise a acquise au fil du temps. « Contrairement aux eaux-de-vie, nous recherchons une interaction entre le contenant et le contenu. Le bois apporte un goût, une coloration, il est imprégné d’une vie précédente », explique Florent. Pour le vieillissement de ses Elsass whiskys, qui dure trois ans minimum selon les règles de l’IGP, la distillerie Lehmann n’utilise pas de fûts neufs, mais des fûts de 3e ou 4e vin de Pessac-Leognan, Sauternes ou Cognac. « Nous avons fait des tests avec plein de vins différents. C’est notre terrain de jeu », sourit le distillateur, qui annonce la sortie prochaine d’un whisky vieilli en fût de vin d’Alsace. « Le whisky est rentré dans les modes de consommation depuis quelques années, constate Florent. Les gens deviennent de plus en plus connaisseurs et ouverts à d’autres provenances que l’Écosse, l’Irlande, les États-Unis et le Japon. » En France, d’autres producteurs s’engouffrent dans ce créneau. Il n’y voit pas une concurrence, mais plutôt une complémentarité qui permet de peser plus fortement sur le marché. « Il a fallu beaucoup d’acteurs pour que le whisky d’Écosse ou le gin anglais se développent. C’est pareil pour le whisky français », analyse Florent. La situation est bien différente pour les eaux-de-vie de fruit dont la consommation a énormément reculé en dehors de l’Alsace. « Il y a un gros travail d’éducation à faire pour sortir de l’image d’un produit vieillot qui arrache, donne mal à la tête ou qu’il faut charger en sucre pour le rendre buvable », estime le trentenaire. Aidé d’un commercial qui sillonne la France, il démarche cavistes, restaurateurs et bars à cocktails. « À nous d’être créatifs pour redonner envie de consommer ces produits nobles. »

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