Syndicat ovin du Bas-Rhin
Une transition, en attendant la relève
Syndicat ovin du Bas-Rhin
Publié le 14/06/2021
Le syndicat ovin du Bas-Rhin envisage de se structurer au niveau régional. De jeunes éleveurs des deux départements sont motivés pour s’investir dans cette instance, qui œuvre pour la défense de la filière ovine.
Devenu président par intérim suite à la démission de Stéphane Huchot, Hervé Wendling a profité de l’assemblée générale du syndicat des éleveurs ovins du Bas-Rhin, vendredi 4 juin à Schiltigheim, pour présenter l’équipe de jeunes éleveurs qui devrait prendre les rênes du syndicat à compter de 2022. S’il a accepté d’assurer la transition le temps d’une année, c’est bien parce qu’il existe des jeunes motivés prêts à s’engager pour défendre la profession : Virginie Ebner, Louis Frischinger, Pierre et Yvan Stoffel et Florian Huchot ont déjà intégré le conseil (nous y reviendrons dans une prochaine édition). « Cette nouvelle équipe se partagera les tâches et les dossiers », annonce Hervé Wendling, qui fait part du projet de création d’un syndicat ovin régional pour défendre la filière à l’échelle de l’Alsace. Un projet bien accueilli par les participants à cette assemblée générale. Dans son rapport d’activité, Simon Maier revient sur l’année 2020 marquée par le confinement et les restrictions liées à la pandémie de Covid-19. Sur le plan de la météo, l’année passée a une nouvelle fois été marquée par la sécheresse, ce qui a impacté la récolte des fourrages. Les éleveurs ont pu heureusement, bénéficier d’aides à l’achat de fourrage et au sursemis accordées par le Conseil départemental du Bas-Rhin. « Nous espérons connaître une année 2021 plus satisfaisante. » Les cours de l’agneau, qui étaient bien orientés en début d’année 2020, ont dévissé sous l’effet du premier confinement qui a coïncidé avec les fêtes de Pâques. Les abattages se sont maintenus grâce à un effort de promotion mais « la catastrophe a été évitée au détriment des prix », constate Simon Maier. Ceux-ci se sont redressés depuis pour atteindre 7,25 €/kg de carcasse fin 2020. Ils se situent actuellement à 7,60 €/kg de carcasse. Le syndicat ovin a profité de la Foire européenne, seule manifestation d’envergure maintenue en 2020, pour faire la promotion de la filière et du métier d’éleveur, ce qui a été très apprécié. Des atouts et un paradoxe En attendant que la nouvelle équipe se mette en place, Hervé Wendling énonce quelques-unes des priorités du syndicat : la reconduction de la charte filière ovine, qui associe quatre partenaires (Safer, Chambre d’agriculture, Crédit Mutuel, Agneau terroir d’Alsace) au syndicat ovin, en est une. « Cette charte est très importante pour les jeunes qui veulent s’installer », puisqu’elle leur permet de bénéficier d’un certain nombre de facilités, et de se concentrer sur la production. Trois éleveurs ont pu s’installer grâce à cette charte. Hervé Wendling souhaiterait également pouvoir placer du mouton au lycée agricole d’Obernai « On n’installera pas de jeunes hors cadre familial si on ne montre pas cette production au lycée », affirme-t-il. Car le paradoxe est là : la production ovine a beau avoir de nombreux atouts, elle peine à attirer les candidats. « On a toutes les cartes en main, énonce pourtant Jean-Pierre Saulet-Moes, technicien ovin à la Chambre d’agriculture Alsace (CAA). Le prix de l’agneau bat des records, on n’en a jamais vendu autant. Le consommateur local l’apprécie, la charte de relance nous donne des possibilités, les éleveurs peuvent bénéficier d’une aide à la génétique, des subventions du plan bâtiments… Il est difficilement compréhensible qu’on n’arrive pas à faire plus de mouton. » La CAA, qui apporte un appui aux éleveurs par la mise à disposition d’un conseiller à temps plein, est prête à réfléchir au développement de la filière, annonce Laurent Clarys, chef du service élevage. Jean-Luc Beil, responsable du marché agricole au Crédit Mutuel, et Michel Freyss, son homologue au Crédit Agricole Alsace-Vosges, confirment pour leur part qu’ils continueront à accompagner les éleveurs dans leurs projets. Quant à Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin, il se félicite de la présence d’une équipe de jeunes motivés dans les rangs du syndicat. La laine comme isolant Jean-Philippe Ferry, de la coopérative haut-marnaise Cobevim, dont l’activité appro auprès des éleveurs ovins s’est bien développée depuis quelques années, fait part d’une difficulté à s’approvisionner en matières premières, qui va entraîner un renchérissement des coûts du matériel d’élevage. Le prix de l’aliment est également en forte hausse depuis avril, sous l’effet des restrictions dans les échanges liées à la pandémie. Dans ce contexte, il recommande d’attendre la nouvelle récolte plutôt que de « se précipiter pour signer des contrats ». Il évoque également le problème de la laine, que les éleveurs ne parviennent plus à écouler faute d’acheteurs. Utiliser la laine comme isolant est une possibilité, actuellement en cours de développement en Lorraine, mais les besoins sont réduits : 300 kg de laine suffiraient pour isoler une maison. Peu de chose au regard des stocks accumulés dans les élevages depuis deux ans.












