Chambre d’agriculture Alsace
L’élevage allaitant poursuit sa croissance
Chambre d’agriculture Alsace
Publié le 06/04/2021
Le service élevage de la Chambre d’agriculture Alsace a organisé récemment deux réunions pour les éleveurs allaitants adhérents au contrôle de performance viande pour leur remettre leurs résultats annuels.
Ces données ont été livrées pour les races charolaises, limousines, salers et rouge des prés. En Alsace, 30 élevages sont adhérents au « bovin croissance Alsace ». 22 sont en charolais, 4 en limousin, 3 en salers et 1 en rouge des prés. Au niveau national, la répartition est la même avec 2 939 élevages de charolais, 2 334 en limousin, 441 en salers et 181 en rouge des prés. Concernant la race charolaise, ses effectifs sont très présents dans son bassin d’origine (Auvergne-Rhône-Alpes) et dans le nord-ouest du pays. « En Alsace, on a perdu 8 % des effectifs d’élevages charolais. La race reste cependant majoritaire dans les troupeaux allaitants. Dans ces élevages, il y a de plus en plus de vaches. On y constate que l’intervalle des vêlages augmente depuis 2018. En fait, les exploitations s’adaptent au potentiel fourrager qu’elles ont. La productivité globale, elle, a un peu reculé ces dernières années. L’objectif reste d’avoir un veau par vache et par an », explique Matthieu Vaillant de Guelis, conseiller spécialisé bovin viande et fourrage au service élevage de la Chambre d’agriculture Alsace. Les élevages de race limousine sont très présents dans le Massif Central et également dans le nord-ouest du pays. On constate chez eux une augmentation de la mortalité avant sevrage. L’explication la plus évidente vient de l’augmentation trop rapide du gabarit de cette race. On observe également une baisse de sa productivité ces dernières années. Les élevages de rouge des prés se trouvent essentiellement en Anjou. Il y a un seul éleveur en Alsace. Il est basé à Vendenheim. Enfin, le bassin de production de la race salers est évidemment le Massif Central. Même si l’on retrouve des élevages sur l’ensemble du territoire. Et notamment dans le Haut-Rhin. Des vêlages regroupés Concernant le regroupement des vêlages, leur intensité (pourcentage sur trois mois consécutifs) est équilibrée. Un quart est équilibré. En Alsace, 17 % sont très regroupés (au-delà de 90 %) avec même un élevage en Alsace Bossue qui a 100 % de ses vêlages regroupés. Une minorité de ces élevages (huit sur trente) ont des regroupements inférieurs à 60 %. « Nous constatons également que dans les élevages où les vêlages sont les plus regroupés, il y a une productivité globale plus importante. Jusqu’à six veaux de plus sevrés. L’aspect sanitaire a évidemment son importance. Mais, on peut également expliquer cela par une meilleure technicité. Le régime alimentaire est également une explication », précise Matthieu Vaillant de Guelis. Pour le taux de mortalité au sevrage, les élevages les moins regroupés présentent 12 % de mortalité en moyenne contre 8 à 9 % pour les élevages les plus regroupés. Les intervalles vêlage-vêlage se font en moyenne tous les 400 jours. L’objectif étant d’atteindre les 365 jours. Par ailleurs, les regroupements ou non des vêlages ont un impact économique évident. Il peut y avoir un écart de 11 000 € en fonction de la productivité, de la croissance ou encore du poids de chaque animal. « L’alimentation est plus simple avec des vaches allaitantes » À l’issue de la présentation de ces résultats techniques, deux thématiques différentes ont été abordées. Chez Ernest Hoeffel, à Walbourg, il y a eu une présentation de la litière pour bovins avec des plaquettes de bois (voir vidéo, ci-dessous). À Vieux-Ferrette, Émile Schweitzer a présenté son exploitation. Il l’a reconverti en un élevage de vaches allaitantes limousines. « Je me suis installé en 2008 en hors cadre familial. D’abord à Diefmatten puis également ici à Vieux-Ferrette. Avec mon père, on a commencé à monter le troupeau allaitant. Nous avons rassemblé les deux exploitations. En tout, 200 hectares dont 25 hectares de prairies naturelles et 20 hectares de prairies temporaires. Nos cultures principales sont le maïs, le blé, l’orge et le colza. L’alimentation est plus simple avec des vaches allaitantes qu’avec des laitières. Elles sont au pré en été tant qu’il y a de l’herbe. En hiver, nous leur donnons de l’ensilage d’herbe, du ray-grass italien avec un mélange suisse et du foin quand il est disponible. Depuis quelques jours, j’ai modifié la ration des génisses à l’engraissement avec deux tiers d’ensilage d’herbe », explique Émile Schweitzer. Il travaille désormais seul depuis le départ à la retraite de son père en 2019. Contrôler les vaches C’est aussi en 2019 qu’il a fait construire un couloir de contention. Il se trouve dans un bâtiment situé entre deux autres où est regroupé le cheptel. « Je l’ai placé dans cet endroit central pour faciliter l’arrivée et le départ des vaches. C’est un box de 15 m2 modulable. Il permet de faire différents lots pour mieux identifier et contrôler les animaux. Le premier avantage de ce système concerne la sécurité. Si je souhaite intervenir pour soigner une vache, pour lui mettre une boucle, effectuer une prise de sang où toute autre intervention parfois bénigne, je fais en sorte qu’elle passe dans ce couloir de contention. Cela peut alors éviter les accidents comme les coups de pied ou les mouvements d’humeur », précise le jeune éleveur. Avec cet outil de travail, il est alors possible d’effectuer différentes opérations comme la pesée et la tonte. « En outre, ce système facilite les vêlages. L’animal est en sécurité. Rares sont les vêlages où j’ai été obligé d’intervenir », se félicite Émile Schweitzer. Il vient d’adhérer au contrôle de performance et fait donc partie des quatre élevages en Alsace suivi par Bovins Croissance France.












