Élevage

Ferme Zum Burahisla à Ungersheim

Une pépinière pour faire progresser la vosgienne

Publié le 21/04/2021

Installés sur l’exploitation familiale depuis 2013, Raphaël et Florine Barowsky sont aussi passionnés de génétique. Ils font partie de la commission allaitante de l’organisme de sélection vosgienne. C’est chez eux que se trouve une pépinière d’élevage de veaux. L’objectif ? Sortir les meilleures bêtes pour faire progresser la race.

À Ungersheim, la famille Rasser a toujours privilégié la race vosgienne. Il n’est donc pas étonnant d’y retrouver cette pépinière. « Nous faisons partie de la commission allaitante de l’OS vosgienne. Depuis quelques années, nous travaillons pour favoriser l’amélioration du patrimoine génétique de la race. L’idée est de faire des taureaux de monte naturelle issus d’inséminations artificielles pour pouvoir bénéficier du travail des éleveurs laitiers en génétique en améliorant les aptitudes bouchères tout en conservant la rusticité. On a donc fait des tournées de mères supports pour trouver des vaches qui nous plaisaient à l’œil et sur le papier. La méthode actuelle a finalement été la plus intéressante », explique Florine Barowsky. Cette méthode consiste à sélectionner des animaux, des mères issues du schéma de sélection, des vaches pointées, permettant de réaliser un accouplement avec un taureau d’insémination. « Si le veau est un mâle, il faut alors trouver quelqu’un qui puisse l’élever jusqu’à l’âge de cinq mois. Dans un premier temps, l’Esat des Tournesols à Sainte-Marie-aux-Mines a élevé les veaux concernés pendant un an dans le cadre d’un protocole d’élevage bien précis. Mais la ferme de l’établissement a depuis fermé. Du coup, dans le groupe des allaitants, on s’est tourné vers nous car nous avons la possibilité de raccrocher des veaux aux mères. Trois veaux par vaches sont actuellement élevés sur une lactation. On s’est donc lancé dans cette aventure », poursuit Florine Barowsky. « Nous avons le sentiment de progresser » Cette pépinière de taureaux est présente sur le site depuis janvier 2019. « Nous avons une liste des vêlages à venir. Quand je vois la date du terme arriver, je fais un rappel à l’éleveur propriétaire. Et quand la vache vêle, le tri est immédiatement effectué. Si c’est un mâle, il entre en pépinière sauf si l’éleveur constate immédiatement que cela ne donnera pas un bon taureau. S’il est intéressant, on le récupère à l’âge de 15 jours et on le rentre dans le cheptel. On l’élève comme notre propre veau de lait. Nous donnons un prix fixe de 150 € par veau à 15 jours », précise l’éleveuse. À 4 mois et demi, une sélection est réalisée. Si le veau a du potentiel, la commission allaitante de l’OS vosgienne est prévenue et se déplace pour juger définitivement. Il peut être récupéré à six mois au prix de 1 100 €. Les veaux peuvent être retenus si c’est un coup de cœur d’un des éleveurs et que la réservation est réalisée au moment de la visite. En revanche, si à quatre mois et demi, il n’est pas jugé intéressant, les éleveurs le commercialisent en veau de lait en circuit traditionnel d’abattage ou de vente à la ferme. Au niveau des effectifs, en 2020, deux veaux sont sortis de la pépinière et étaient gardés à l’Esat, et deux autres veaux sont sortis de l’exploitation de Florine et Raphaël Barowski. Ils ont une quarantaine de mères du schéma allaitant sélectionnées. Ce qui représente environ une quinzaine de veaux potentiels par an pour la pépinière. « Actuellement, on en a un qui a été déclassé, un autre de trois mois qui a du potentiel et trois autres sont rentrés il y a un mois et sont intéressants. Cette méthode de travail est vraiment intéressante. Nous avons le sentiment de progresser. On a des veaux qui ressemblent à quelque chose même si, pour le moment, il manque encore de la viande. La morphologie est là. Les exigences sont cependant différentes d’un éleveur à l’autre. Surtout qu’à quatre mois et demi, ils sont beaux mais n’ont pas encore exprimé tout leur potentiel. En tout cas, la race est 100 % vosgienne comme notre cheptel qui est composé de 115 bovins », souligne Florine Barowsky. Se remettre en question Toute la viande produite à la ferme Zum Burahisla est vendue directement. Au magasin de vente à Ungersheim, et dans quatre autres points de vente. « On sort 50 à 60 veaux de boucherie à l’année et on garde une dizaine de femelles pour le renouvellement. Notre objectif, à plus long terme, est de sortir encore davantage de veaux de la pépinière pour proposer cette méthode de travail à d’autres éleveurs qui sont moins investis actuellement que les 7-8 que nous sommes dans la commission allaitante. Nous voulons faire progresser la race et proposer une viande de qualité et en quantité importante. Pour y parvenir, il faut progresser tous ensemble », insiste l’éleveuse. Ce travail et ces réflexions avec la commission allaitante de l’OS vosgienne lui permettent d’évoluer et de se remettre en question dans son travail de tous les jours. « Nous échangeons régulièrement sur notre travail. Nous avons quelques réunions annuelles. Nous avons également créé un groupe sur WhatsApp qui nous permet de nous transmettre des informations en temps réel. Nous estimons ainsi aider à l’amélioration de la race. Même si nous sommes partis sur une base solide grâce au travail effectué par le passé par les éleveurs laitiers », conclut Florine Barowsky.    

Publié le 16/04/2021

La nouvelle est tombée, il y a quelques jours. Le festival de l’élevage, manifestation emblématique de l’agriculture bas-rhinoise, n’aura pas lieu à la mi-mai. La faute au confinement. Pour les organisateurs, c’est un coup dur. D’autant que le site du plan d’eau de Brumath avait été entièrement réaménagé pour l’occasion.

Le Festival de l’élevage devait se dérouler les 15 et 16 mai, au plan d’eau de Brumath. Les préparatifs étaient bien engagés, mais les organisateurs ont préféré tout arrêter, en raison des nouvelles restrictions sanitaires, annonce Marc Schneider, président du comité d’organisation du festival. « Nous avions déjà été contraints de l’annuler en 2020, lors du premier confinement. Alors, nous tenions absolument à le maintenir cette année. Fin janvier, nous avions bon espoir. Mais avec les nouvelles règles de confinement, ce n’est pas possible. » Les risques sont trop grands, selon les organisateurs. C’est donc la mort dans l’âme que Marc Schneider et son équipe ont pris cette décision. « Nous avons évoqué la possibilité de le reporter à l’été, mais c’est trop compliqué. » Avec les moissons, c’est une période chargée pour les agriculteurs. Et dès le retour des beaux jours, le plan d’eau est envahi par les baigneurs. « Le festival de Brumath est la plus grande manifestation d’élevage du département », rappelle Marc Schneider. C’est aussi l’occasion de mettre en avant l’agriculture alsacienne, de faire le point sur ses difficultés, ses projets. Ouvert au grand public, il rassemble entre 3 000 et 5 000 personnes, selon les éditions. « C’était un réel plaisir de voir autant de monde. » C’est aussi le rendez-vous incontournable de tous les éleveurs. « Nombre d’entre eux ne se voient qu’à cette occasion. Cela me chagrine qu’ils ne puissent plus se rencontrer et échanger sur leur métier », avoue Marc Schneider. Pour les jeunes éleveurs aussi, c’est un moment de fête. « Nous avions une équipe dynamique de jeunes de 14 à 25 ans qui ne peuvent plus se voir non plus… Je crains qu’ils ne perdent leur motivation. » « J’espère que tout le monde restera mobilisé » Marc Schneider espère qu’il arrivera à mobiliser ses troupes l’an prochain. « Certains bénévoles risquent de jeter l’éponge. Mais leur expérience nous est précieuse : le jour J, chacun sait ce qu’il a à faire. J’ai peur que ce savoir-faire se perde. » Deux ans d’arrêt ne doivent pas casser cette belle dynamique, estime-t-il. « À nous de faire le nécessaire, le moment venu, pour relancer la machine. Si nos anciens bénévoles décident de décrocher, il faudra recruter des jeunes, pas seulement pour les concours, mais aussi pour tout le reste, le montage des chapiteaux, la restauration, le nettoyage du site, etc. » Et n’oublions pas les concessionnaires : « J’espère qu’ils seront présents comme les autres années pour faire vivre le festival. Nous, on reste motivé, et au cas où certains se sentent une âme de bénévole, on est preneur… » Frédéric Bernhard, président du syndicat de la race simmental d’Alsace, regrette lui aussi l’annulation du festival. « En début d’année, nous étions confiants, la situation sanitaire s’améliorait dans notre région. Tout le monde était prêt à y aller, mais dans les conditions actuelles, ce n’est pas possible. Organiser une fête où il faut gérer le nombre de visiteurs, c’est trop risqué. Refouler des personnes à l’entrée aurait été délicat.  » Un site réaménagé en profondeur Même son de cloche chez les éleveurs de la race montbéliarde. Pour leur président, Jean-Marie Schoenel, il était difficile de maintenir le festival dans les conditions sanitaires actuelles. « C’est un peu triste !  » Chez les passionnés de concours, on sent une certaine frustration, suite à l’annulation de la plupart des manifestations. « Cette confrontation amicale nous manque, sans parler de la fête qui suivait… » « Lors de notre réunion de préparation, en janvier, nous étions confiants, indique Jean-François Dintinger, président du syndicat prim’holstein du Bas-Rhin. Mais lorsque nous nous sommes revus fin mars, nous avons dû nous rendre à l’évidence. C’est vraiment dommage de ne pas pouvoir organiser ce festival. C’est l’un des plus grands rassemblements agricoles de l’année, avec la finale de labour. C’est le premier rendez-vous de la saison, et il draine toujours beaucoup de monde de tout le département. » Accessoirement, cette annulation est aussi un manque à gagner pour les syndicats d’élevage qui auront beaucoup de mal à boucler leur budget sans les retombées financières du festival. « À l’automne 2019, nous avons entièrement réorganisé le site, poursuit Jean-François Dintinger. Nous avons posé de nouvelles canalisations, modifié les allées de circulation, pour déplacer les chapiteaux. Depuis, nous n’avons jamais eu l’occasion de tester cette nouvelle organisation… » Certains prédisent qu’il faudra des années avant de voir le bout du tunnel. « Pourvu que non ! L’avenir nous le dira… Nous espérons vraiment que nous pourrons relancer la machine dès l’an prochain, et que tous, éleveurs, bénévoles, visiteurs, seront au rendez-vous.  »

Publié le 09/04/2021

Alsace Lait vient de tenir plusieurs réunions d’information, à la maison de l’agriculture de Schiltigheim. L’occasion de faire le point sur une année 2020 compliquée, mais somme toute satisfaisante, sur le plan du chiffre d’affaires et de la collecte. La coopérative se lance aujourd’hui dans le lait bio et se donne deux ans pour le collecter et le transformer.

« Une année extrêmement compliquée. » Voilà ce qu’il faut retenir de 2020, selon Michel Debes, président d’Alsace Lait. Pourtant, le secteur laitier n’est pas le plus à plaindre, puisque la demande a continué à progresser de 1,5 % au niveau mondial. Les difficultés ont commencé dès l’instauration du premier confinement, indique le président : « Avec la fermeture brutale des restaurants et des écoles, nous avons perdu 80 % de notre chiffre d’affaires sur le marché de la restauration hors foyer (RHF). Même lorsque les restaurants ont rouvert l’été dernier, nous n’avons pas retrouvé le niveau d’avant la crise. Aujourd’hui, nous enregistrons une baisse de 40 % sur le chiffre d’affaires RHF.  » L’usine alsacienne a été plus impactée que d’autres, souligne Michel Debes : « Nous sommes un peu atypiques, car la RHF représentait 25 % de notre activité en 2019, contre 6,5 % sur l’ensemble de la métropole. En 2020, ce pourcentage est tombé à 12 %. » Les échanges internationaux ont également souffert : les choses ont pris du retard, avec le télétravail. Un phénomène vraiment exceptionnel « Dès que les restaurants ont fermé, les gens se sont rués dans les supermarchés pour faire des provisions massives », rappelle Michel Debes. Cela a duré tout au long du premier confinement. Ce qui fait que les ventes en GMS ont progressé de 6 %. « Cela nous a permis de compenser en grande partie le recul de la RHF. » Au début du confinement, les commandes étaient vraiment erratiques, une situation difficile à gérer lorsqu’on travaille avec des produits frais. « D’un jour à l’autre, elles pouvaient être divisées ou multipliées par deux. Nous étions dans l’incapacité de satisfaire toutes les demandes. La situation n’est revenue à la normale qu’en juin. » Pourtant, l’entreprise s’est montrée extrêmement réactive. L’Alsace a été la première région à être classée zone rouge. Des interrogations ont plané sur la continuité de l’activité, entre les salariés malades et ceux qui sont restés à la maison pour garder leurs enfants. « Nous avons tout fait pour éviter la fermeture de l’usine. Fort heureusement, le nombre de personnes contaminées est resté faible et nous avons réussi à gérer la situation. » Dans une entreprise comme Alsace Lait, le port du masque et la désinfection des mains étaient déjà des pratiques courantes. L'entreprise a même pu offrir des masques au Conseil départemental pour les maisons de retraite et les hôpitaux. Mais comment la situation va-t-elle évoluer ? « Nous attendons avec impatience la réouverture des restaurants. » Michel Debes en est persuadé, « ce qui a sauvé l’année, c’est le comportement de la GMS et la bonne tenue de l’export, grâce à nos produits frais en portions individuelles. Les laiteries qui produisent du fromage à la coupe ont beaucoup souffert lors du premier confinement, car les consommateurs se sont détournés des produits manipulés par l’homme. » L’activité industrielle, quant à elle, s’est maintenue à un bon niveau. La collecte s’est envolée en 2020 : les producteurs d’Alsace Lait ont livré plus de 152 millions de litres, soit 6 millions de plus en un an. C’est un record historique ! « Nous avions prévu une tolérance de 15 % sur votre volume de production. À un moment donné, nous avons envisagé de réduire ce chiffre, mais nous avons préféré vendre plus de lait sur le marché spot. » Les négociations commerciales sur les marques se sont terminées le 28 février, annonce Michel Debes. « Le lait s’en sort mieux que d’autres secteurs. » Les négociations sur les marques de distributeur (MDD) viennent de commencer et se prolongeront jusqu’en juillet. Toutes les entreprises laitières poussent la grande distribution à accepter des augmentations, car le prix de l’aliment a connu des hausses drastiques, notamment le soja, et cela risque de continuer. Un premier essai en lait bio Michel Debes a fait le point sur le lait de prairie. « C’était la condition sine qua non pour nous maintenir sur le marché hollandais. Vous avez massivement joué le jeu et, en 2020, nous avons collecté 32 millions de litres. » C’est un marché porteur : Alsace Lait a ouvert des négociations avec d’autres distributeurs. « Mais cela prendra du temps car ils doivent s’engager sur la durée et accepter une variabilité du prix du lait. D’ici l’automne, nous connaîtrons la demande de nos clients et pourrons prévoir une montée en charge de la production. » Cette année, quatre adhérents ont rejoint le club des producteurs de lait de prairie. Le potentiel de croissance est réel, la coopérative a identifié d’autres producteurs pouvant se convertir au lait de prairie. Le prix est majoré de 2 €/1 000 l, et au niveau des volumes, c’est « open bar ». « Comme vous le voyez, nous préparons stratégiquement 2022. » La laiterie a longuement réfléchi à l’opportunité d’entrer sur le marché du bio, ne serait-ce que pour son image de marque. « Nous avons contacté les producteurs qui s’intéressent au bio et ont des surfaces de pâturage adéquates. Le bio, il faut le faire en mode extensif et être capable de produire assez de fourrages. Ce n’est pas évident pour toutes les fermes. » Michel Debes annonce qu’un producteur est en cours de conversion. Trois autres sont en train de le suivre. « Nous avons deux ans devant nous pour trouver une solution pour collecter ce lait et le transformer. » La filiale Savoie Yaourt a réalisé un très bel exercice 2020. Elle affiche plus d’1 million d'euro de résultat, après un amortissement exceptionnel sur une machine de conditionnement de gourdes destinées au marché britannique. « Depuis l’entrée en vigueur du Brexit, nous avons perdu ce marché et nous avons fait le nécessaire pour prendre en compte cet aléa. » La famille qui possédait l’usine Chalifoux de Sorel-Tracy, au Québec, a émis le souhait de se retirer, et donc de vendre ses actions. « Nous étions déjà actionnaires de la société à hauteur de 40 %. Lors de la vente de l’entreprise, nous avons fait le choix de devenir actionnaires majoritaires, autour de 52 ou 53 %. » Le reste de l’actionnariat sera constitué d’entreprises bancaires ou financières canadiennes. Frédéric Madon a pris la direction de la laiterie canadienne dont le chiffre d’affaires est en forte progression. Depuis le mois de juillet, il a procédé à une réorganisation de l’entreprise, ce qui a un impact extrêmement favorable sur les ventes de produits frais. « Lors de notre implantation au Canada, il y a cinq ans, nous avons lancé une gamme de produits laitiers ultra-frais. Depuis un an, nous avons développé des yaourts végétaux. » Commercialisés sous la marque Maison Riviera, ces yaourts à base de lait de coco, font un tabac. La société Chalifoux est devenue le deuxième intervenant canadien sur ce secteur innovant. L’aventure canadienne est donc un pari gagnant. « Nous dépassons les 30 M$ de chiffre d’affaires sur les produits frais, à comparer avec les 15 à 16 M€ de Savoie Yaourt. » Un petit regret, pour le président : « La fête du 40e anniversaire est tombée à l’eau, l’an dernier. Je ne sais pas s’il sera possible de le fêter cette année, mais ce n’est que partie remise.  » Cette année encore, l’assemblée générale aura lieu par correspondance, au début du mois de juin. Le Québec, une affaire qui marche Le groupe, qui comprend désormais quatre entités, Alsace Lait, Savoie Yaourt, Chalifoux et Maison Riviera, a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 125,60 M€, indique Frédéric Madon, directeur général. « Le chiffre d’affaires s’est légèrement amélioré, malgré la déconsommation dans certains secteurs. » Le résultat net consolidé s’établit à 2,50 M€, en amélioration par rapport à l’an passé.  « Les quatre sociétés du groupe contribuent à ce résultat bénéficiaire. » Les fonds propres s’améliorent d’une année à l’autre. La dette financière du groupe continue à baisser sous l’effet de la consolidation de la trésorerie qui atteint 6,30 M€ sur l’ensemble du groupe. La coopérative Alsace Lait contribue largement au bénéfice réalisé par le groupe en 2020, souligne Frédéric Madon. À 111 M€, son chiffre d’affaires est en légère augmentation, avec des résultats contrastés selon les réseaux. « La RHF a chuté de 29 % ; fort heureusement, la GMS a pris le relais, avec une progression de plus de 5 %. » Le poids de la GMS est de 80 %, contre 75 % en 2020. Celui de la RHF, par contre, a reculé de 25 % à 12 % en un an. La marge globale de l’entreprise continue à progresser pour s’établir à 39,60 M€. « La GMS n’a pas facturé de pénalités l’an dernier, compte tenu de la situation chaotique, ce qui nous a permis d’améliorer notre marge. » Conséquence, la valeur ajoutée est aussi en progression, d’autant que les charges externes - transport, intérim, fluides et énergie - sont en baisse. L’excédent brut d’exploitation s’établit à 6,60 M€, le résultat d’exploitation à 2,20 M€, en très nette amélioration. Les charges salariales augmentent, sous l’effet de l’intéressement, de l’embauche de nouveaux agents, de la prime Covid et des négociations salariales (+ 1 M€ au total). Les résultats financiers sont déficitaires. Au final, le résultat net comptable s’élève à 1,7 million d’euros. Une nouvelle ligne de fabrication de lait UHT En 2020, la coopérative a consenti des investissements limités. De l’ordre de 1,70 M€, ils ont porté essentiellement sur l’aménagement des infrastructures pour réorganiser les services. Cette année, Alsace Lait prévoit d’investir 4,70 M€. « Nous installons une nouvelle machine pour l’élaboration du lait UHT pour être en capacité de produire plus. » L’ancienne machine UHT est à l’arrêt, la nouvelle machine entrera en fabrication début mai. Une augmentation de la production de lait UHT permettra à la coopérative de réduire la vente de lait spot et de gagner des marchés supplémentaires dans la région, mais aussi en Asie. Sur ce marché export, la demande de crème UHT est également très forte. Alsace Lait produit environ 8 millions de litres de lait UHT, entre sa propre marque et les marques de distributeurs. « Cela nous permet d’écrêter nos excédents, surtout en hiver où il y a beaucoup de lait sur le marché et où les prix sont bas. Avec cette machine nous pourrons faire d’autres produits UHT, comme la crème chantilly vanillée, le tiramisu, la crème anglaise, pour avoir des dates de péremption plus longues et nous développer à l’export », annonce le directeur général.

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