Organisme de sélection vosgienne
Le travail de développement et de valorisation se poursuit
Organisme de sélection vosgienne
Publié le 03/04/2021
L’assemblée générale de l’organisme de sélection vosgienne s’est déroulée, mardi 23 mars, à Rouffach. Les éleveurs poursuivent leur travail de développement et de valorisation de la race. Ils espèrent pouvoir communiquer davantage lors de la semaine européenne des races locales de massif (Seram). La troisième édition doit se dérouler du 20 au 23 septembre à Colmar.
C’est le lycée agricole de Rouffach qui a accueilli l’assemblée générale de l’organisation de sélection (OS) vosgienne. Une volonté d’associer la jeunesse saluée par le directeur de l’établissement. Il a notamment rappelé que trois exploitations y étaient associées (viticole, horticole et la ferme de la Judenmatt). En outre, un dossier est en cours pour valoriser l’élevage et réintroduire des animaux sur la ferme. « Nous espérons que ce seront des vosgiennes. Notre objectif est de faire de l’engraissement des animaux de cette race. Nous voulons vous aider sur la valorisation de vos produits et la promotion de votre filière. Pour cela, nous menons une réflexion sur la mise en place de stages ou d’actions sur la transformation. On est sur un travail de ferme individuelle pour proposer de la valorisation en direct », assure Jean-Luc Prost. Un travail collectif Une initiative appréciée par le président de l’OS vosgienne, Florent Campello. Dans son rapport moral, ce dernier n’a pas caché son émotion d’organiser cette réunion dans le lycée où il a appris son métier. « L’enseignement agricole est primordial pour les générations futures tout comme pour nous éleveurs. Le contexte sanitaire actuel nous oblige à travailler différemment pour préserver la dynamique de notre organisme de sélection et notre massif vosgien. Avec nos techniciens, nous nous sommes adaptés pour pérenniser notre développement. J’applaudis aujourd’hui nos anciens. Je pense à Jean Wehrey et à ceux qui ont cru en l’agriculture de montagne. Ils ont permis de préserver la race et la relancer », explique Florent Campello. Le président a ensuite rappelé toutes les responsabilités assurées par l’OS. Elles ont été détaillées dans le rapport d’activité. « La Covid-19 ne nous a pas stoppés. Nous utilisons les nouvelles technologies pour nous retrouver et le planning de travail a été modifié. Notre fromage Cœur de Massif est en évolution. C’est un fromage qui crée du lien et de l’économie. Poursuivons ce travail collectif au service de la race vosgienne », ajoute Florent Campello. Ce rapport d’activité a été l’occasion de rappeler que quatre commissions existent au sein de l’OS. La première, sous la responsabilité de Clément Géant, s’occupe de génétique. La seconde, sous la responsabilité de Guy-Loup Botter, s’intéresse à l’élevage allaitant. La troisième concerne la communication avec Jean-Michel Curien. La quatrième, celle de Lionel Vaxelaire, se penche sur le travail de valorisation. Le premier objectif de ces commissions est de coller au mieux aux besoins des adhérents en utilisant les moyens humains (équipe OS et éleveurs bénévoles), financiers et techniques à disposition. Pour 2021, les axes de travail sont clairement définis. « En génétique, il s’agit de rappeler les fondamentaux. À savoir, la conduite du schéma de production en partenariat avec Elitest et la tenue des différents services comme les plannings, les pointages et les génotypages. Pour la commission valorisation, la priorité est de travailler sur l’évolution du cahier des charges du fromage Cœur de Massif. La commission allaitante s’intéresse à la création génétique. Enfin, la communication prépare la Seram 3 (lire encadré) et les différents bulletins de l’OS », indique Nicole Bloc, directrice administrative depuis mars 2020. Les effectifs progressent Des travaux d’autant plus importants au moment où les effectifs progressent. « Il y a près de 1 800 femelles vosgiennes de plus sur la période 2011-2020 pour un total de 9 927 vaches. Cette augmentation se constate également pour le seul département du Haut-Rhin avec un peu plus de 200 vaches. 4 700 de ces animaux sont issus d’insémination artificielle. Les Vosges et le Haut-Rhin sont évidemment les deux départements où la race est la plus représentée avec respectivement 2 815 et 2 627 femelles. La Moselle, le Bas-Rhin et la Haute-Saône progressent également très bien. Rares sont les départements de l’Hexagone où la vosgienne est totalement absente. La vosgienne envahit la France », ironise Emmanuelle Wendling, salariée de l’OS. En revanche, après trois années de sécheresse et de manque de fourrage, les effectifs sont en baisse au contrôle laitier. Là également, on les retrouve en grand nombre dans le Haut-Rhin (647) et dans les Vosges (529). La part des vosgiennes allaitantes progresse sensiblement. La durée de lactation des vosgiennes est de 268 jours et leur production augmente avec une moyenne à 3 911 kg contre 901 en 2019. De nombreuses vaches sont désormais à plus de 50 000 kg de lait. « 25 % des vaches au contrôle laitier sont au moins en cinquième lactation. Elles ont donc plus de 7 ans. C’est représentatif de ce qu’on cherche. On élève les génisses pour les garder », précise Emmanuelle Wendling. Un travail complété par la recherche et la génétique. L’orientation de la sélection, la validation des gestations qualifiées, les génotypages, les choix des taureaux permettent d’obtenir ces résultats positifs. Le génotypage ralenti par le Covid-19 Le schéma allaitant mobilise fortement les éleveurs. Il y a ainsi eu une amélioration du protocole de suivi des mères supports. 172 d’entre elles ont été retenues pour créer les nouveaux taureaux. « Nous allons génotyper tous les mâles et en sélectionner dix. Nous cherchons à obtenir des lignées pour éviter les copies des années précédentes. On génotype également toute la population femelle qui est au contrôle laitier. C’est notre particularité. En 2020, nous avons effectué 273 génotypages. C’est en baisse en raison de la crise sanitaire. Les tournées de pointage ont été limitées. Mais, pour cette année, c’est déjà bien reparti. On est même déjà au même niveau que l’an passé. Grâce à ce travail, on a une idée, pour chaque veau, de son potentiel génétique », note Emmanuelle Wendling. Il faut savoir que 51 % des exploitations de race vosgienne adhérentes à l’OS sont des éleveurs allaitants. 20 % de ces exploitations ont un troupeau mixte laitier + allaitant. 40 % de tous les effectifs confondus (de + 6 mois à + de 2 ans) sont des femelles allaitantes. 326 780 litres pour le Cœur de Massif en 2020 Outre la poursuite de ce travail, l’OS vosgienne compte également relancer le groupe « fromage ». Une première réunion doit avoir lieu le 13 avril prochain. L’idée est de fonder une association dédiée au fromage Cœur de Massif, pour maintenir une cohésion et une dynamique de groupe. 21 producteurs sur quatre départements (Haut-Rhin, Vosges, Bas-Rhin et Haute-Saône) valorisent actuellement ce fromage. En 2020, ils ont transformé 326 780 litres de lait dans cet objectif. L’idée de ce groupe est de réfléchir et d’innover ensemble pour pérenniser et développer encore davantage ce fromage. C’est dans ce cadre que le financement de l’OS en tant que GIEE (Groupe d’intérêt économique et environnemental) pour son projet Cœur de Massif a été prolongé jusqu’au 31 mars 2022. Il doit permettre une étude de la performance environnementale du fromage pour les pratiques agricoles liées à son cahier des charges dans le cadre du projet « PastoEco », mené en partenariat avec le Coram et la création d’un réseau national de GIEE par le Coram. Un travail d’autant plus important qui peut être pertinent aux côtés de la démarche concernant l’inscription de la transhumance au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Le dossier devrait définitivement être déposé en mars 2022 après une réunion qui devrait être déterminante en septembre 2021 lors de la session européenne des races de massif.












