Élevage

Gaspard et Lauren

Coup de foudre aux Embetschés

Publié le 11/02/2021

L’histoire de Gaspard et Lauren a le doux parfum des comédies romantiques qui font rêver, en cette période de Saint-Valentin. Des plaines du Wisconsin aux montagnes vosgiennes, il aura fallu des chèvres, quelques heureux hasards, saupoudrés d’une dose d’aventure, pour que ces deux-là se trouvent.

Lauren Engel, 33 ans, a grandi dans les plaines du Wisconsin, État au nord des États-Unis, au bord du lac Michigan. Capitale : Madison. Elle choisit d’étudier le marketing, s’installe à Chicago, puis à Washington. Elle devait s’établir à Denver mais il y a eu un léger changement de programme. Car, voyez-vous, Lauren a la vingtaine aventureuse. En 2013, elle prend son sac à dos à la découverte de l’Europe. Fille d’horticulteur, elle opte pour le wwoofing. Ce mode de voyage alternatif en est alors à ses débuts : contre le gîte et le couvert, des bénévoles s’initient pendant quelques semaines à l’agriculture biologique en prêtant main-forte sur une exploitation. Lauren passe par l’Irlande, l’Angleterre, l’Espagne. Mais la jeune femme a aussi « très envie d’apprendre à faire du fromage mais pas n’importe quel fromage » : du fromage français, pardi ! Elle contacte un petit élevage de chèvres bio dans les Vosges… « D’habitude, 5 à 6 mois à l’avance, les places étaient prises ! Mais quand Lauren a appelé, une place venait de se libérer ! », se souvient Gaspard, encore étonné de ce hasard. Gaspard Schmitt, 40 ans, a grandi sur la ferme familiale, avec sa petite sœur Salomé. Il a étudié l’agronomie à Nancy, puis l’aménagement et le développement du territoire à Pau. Il rejoint l’exploitation en 2004, s’installe en 2008. Frère et sœur sont aujourd’hui cogérant de l’EARL Chèvrerie des Embetchés, avec Thierry Hager, associé historique de leurs parents. Dominique et Élisabeth Schmitt ont fondé la ferme en 1978, débutant avec seulement huit chèvres. Aujourd’hui, l’activité s’est diversifiée. Aux chèvres qui se comptent aujourd’hui au nombre de 130, se sont ajoutés 95 moutons, 100 cochons, ainsi qu’un élevage de 30 chevaux, des poneys welsh pour la plupart ; et enfin des chiens bergers australiens. Tout ce beau petit monde est élevé en plein air, sur une exploitation de 100 ha. Côté bâtiments, à chaque élevage le sien. On en dénombre trois principaux, plus l’écurie, pour environ 1 500 m2 en tout. Aux Embetschés, c’est un véritable petit hameau qui s’est développé au fil des années, mêlant bâtiments agricoles et maisons familiales. 5 semaines ensemble Mais revenons à notre histoire. C’était en 2013. Lauren passe alors cinq semaines aux Embetschés. Assez pour que les jeunes amoureux s’engagent dans une valse, entre Alsace et Wisconsin. Pendant un an, ils font des allers-retours. Lauren envisage de s’installer en France. « J’avais dans l’idée de vivre à Paris ou à Strasbourg, de faire les trajets. Mais on a vite compris que ça ne marcherait pas », se souvient-elle. La distance n’est pas le seul obstacle. Lauren ne parle pas français, pas facile non plus d’avoir un visa. Pour résoudre ce détail administratif, le couple se marie rapidement, le 28 août 2015. Et puis, Gaspard a déjà deux filles, Carmen et Marjane, aujourd’hui 8 et 11 ans. « Devenir belle-mère, ça faisait partie du deal, souligne Lauren. Ça n’a pas toujours été simple mais elles m’ont appris tellement de choses. » À commencer par la langue. C’est à travers des livres pour enfants, avec pour professeurs intransigeantes Carmen et Marjane, que Lauren a appris. Elle parle aujourd’hui parfaitement français, gardant une touche d’accent qui a son charme. « Lauren leur offre aussi toute une ouverture sur le monde », affirme Gaspard. Ainsi qu’une nouvelle famille outre-Atlantique. Sa famille, Lauren ne l’a d’ailleurs pas vue depuis plus d’un an maintenant, à cause de la pandémie de Covid-19. Elle attend avec impatience de pouvoir les voir, autrement qu’à travers un écran. « Ils sont fascinés par la vie à la ferme, parfois plus intéressés d’avoir des nouvelles des chèvres que de moi », s’amuse Lauren. Là-haut Les 120 000 l de lait de chèvres produits annuellement sont transformés en fromage sur la ferme. La fromagerie, c’est d’ailleurs le prochain grand chantier. Elle doit doubler pour atteindre 160 m2. Mais ne parlez pas à Gaspard d’expansion, c’est avant tout pour améliorer leurs conditions de travail que chaque changement est envisagé. Un agrandissement pour laisser plus de place aux cochons par-ci, un autre pour faciliter le travail par-là. « Je veux optimiser plutôt que développer », tranche Gaspard. Il cite en exemple le faible taux de renouvellement de ses chèvres, entre 15 et 20 %. « Certaines ont 15 ans ! En bio, c’est important de compter sur ces animaux qui gagnent en résistance », explique-t-il. Les trois cogérants se dégagent aujourd’hui un salaire, après plusieurs années dans le rouge à chercher le bon équilibre. Le circuit court, et en particulier la commercialisation d’une bonne partie des produits au Cellier des montagnes à Lapoutroie, est une des clés. Gaspard est d’ailleurs le président de ce magasin coopératif, qui incite à l’investissement de tous les producteurs dans son fonctionnement, c’est la raison de sa réussite selon l’éleveur. 70 % des fromages sont aussi vendus dans plusieurs magasins bio, chez Leclerc et Grand frais. L’élevage de porc doit lui, ses débuts au restaurant étoilé Buerehiesel à Strasbourg qui cherchait un producteur de qualité pour sa table. « C’était aussi un moyen de valoriser le petit lait des chèvres », précise Gaspard. Les porcs sont abattus à Cernay, l’éleveur se charge de la découpe. Une partie de la production est sous-traitée à des bouchers pour être transformée en lard fumé et autres boudins. La viande de porc, mais aussi celles de chevreau et d’agneau, sont commercialisées au Cellier des montagnes. Un bonheur n’arrive jamais seul Pour sa part, Lauren télétravaille pour Quantis, une entreprise qui accompagne des organisations comme Nestlé, Danone ou Unilever, vers le développement durable. En ce moment, Quantis développe, par exemple, un outil pour aider les grandes cultures à mieux maîtriser leur empreinte carbone. Un emploi pas si éloigné des préoccupations de la ferme finalement. « Que la ferme soit en bio, c’était important pour moi, explique Lauren. C’est aussi bien que Gaspard comprenne ce que je fais. Le soir, on peut discuter de notre travail, échanger. » Et il faut écouter Gaspard parler de son travail pour voir tout ce que Lauren lui a apporté. « À 33 ans, je me suis demandé dans quelle mesure je changerai. Je savais que j’étais raide amoureux », se souvient Gaspard, qui ne porte toujours pas de chapeau de cow-boy. « Finalement, je suis plus organisé, et ça a un vrai impact professionnel. Je suis très admiratif de Lauren, elle m’a appris qu’en faisant bien les choses, on laisse de la place aux rêves. » Il cherche surtout à se dégager du temps libre. « Le but ultime, ce sont les 35 heures », rit Gaspard. Si pour un éleveur, cela relève de l’utopie, le fonctionnement de l’exploitation permet à Gaspard et Lauren de partir quelques semaines aux États-Unis, tous les deux ans. « Là-bas, il y a des fermes immenses, comme on les imagine. Les grands céréaliers alsaciens font pâle figure à côté. Mais il y a aussi une grande communauté amish qui pratique une agriculture plus traditionnelle », témoigne l’éleveur. Pour Lauren, c’est à n’en pas douter le sourire de Gaspard qui l’a séduite. « Il m’a rendu ma bonne humeur, ce n’est pas le cas de tous les Français, rougit la jeune femme. Je suis impressionnée par son travail sur la ferme, sa vision, sa détermination. » Et de conclure : « En venant ici, je percevais une vie drôle et aventureuse. Surtout, je n’avais besoin de renoncer à rien de ce que je suis. On a créé un bel équilibre, on apprend toujours l’un de l’autre. » P.S. I love you Les Embetschés accueille toujours des wwoofeurs, comme depuis une dizaine d’années. Un carrefour du monde, sur les hauteurs de Lapoutroie, qui donne lieu à de belles rencontres. Parfois pour quelques jours, parfois pour la vie. « Le monde vient à nous », dit Gaspard. « Pour moi, c’est l’occasion de continuer à croiser de nombreuses nationalités », enchérit Lauren. « Mais c’est assez fatigant de toujours réexpliquer notre travail aux bénévoles, peut-être que cela se fera moins souvent à l’avenir. » Et Lauren de compléter avec un regard complice : « Alors j’ai vraiment eu beaucoup de chance. »       ? TÉMOIGNAGE Pauline est venue faire du wwoofing à la ferme des Embetschés alors que s'annonçait tout juste le deuxième... Publiée par la chevrerie des Embetschés sur Jeudi 3 décembre 2020  

Publié le 09/02/2021

La Bergerie de la Doller propose exclusivement en vente directe de la viande et de la charcuterie issues d’élevages de moutons (races Mourérous, Limousine et Mérinos) et de vaches écossaises (Highland Cattle).

Petit-fils d’éleveur, Guillaume Bissler, 32 ans, a déjà une belle expérience professionnelle. Il a géré son premier troupeau dès 2008 avant d’en faire son activité principale en 2012. Il est aujourd’hui installé sur sa ferme : la bergerie de la Doller, à Sentheim. On y retrouve six cents brebis, une dizaine de béliers pour la reproduction et, bien sûr, des agneaux. Les bovins, des vaches Highlands, sont une vingtaine. Les bêtes sont abattues à Cernay avant de revenir à Sentheim pour être transformées. « J’ai engagé depuis mai 2019 un boucher, Patrick Eisele. Il me seconde pour la découpe, la préparation de la viande et la vente. J’ai moi-même suivi une formation pour participer à cette tâche. La viande est ensuite commercialisée en détail ou en caissettes à des particuliers ou des professionnels », explique Guillaume Bissler. Ses clients viennent des vallées de la Thur et de la Doller, mais également du Territoire de Belfort et de la plaine d’Alsace. Le jeune éleveur a compris la pertinence de la vente directe bien avant son installation. « Dès l’école et lors de mes formations, en observant les différents parcours des uns et des autres, j’ai estimé qu’il fallait le moins d’intermédiaires possible entre nous, les producteurs, et les consommateurs. Depuis le début de mon activité, j’ai une demande grandissante, notamment du côté des particuliers. Les gens sont de plus en plus désireux de venir acheter directement à la ferme ou sur les marchés. La viande est un peu plus chère mais la qualité est supérieure. Et les clients le savent bien. Ils peuvent venir vérifier par eux-mêmes. Et nous pouvons échanger directement », ajoute-t-il. Il propose des merguez, des chipolatas, des brochettes, des gendarmes à l’agneau, du saucisson de brebis ou encore du gigot fumé à sa clientèle.   Merguez et saucisses indiennes disponible demain matin à la ferme de 10 heures à 12 heures le 04/04/20 Il a encore possibilité de commender votre viande pour Pâques. N'hésitez à nous contacter Publiée par Bergerie De La Doller sur Vendredi 3 avril 2020   Un nouveau laboratoire dans les cartons La viande est transformée dans le laboratoire à Sentheim. Ce bâtiment de 60 m2, ouvert depuis 2016, est déjà trop petit face à une activité toujours plus importante. La variété de sa production peut expliquer ce succès : 200 brebis limousines de petite taille, 200 Mourérous plus « rustiques », et 200 Mérinos. En été, les bêtes sont dans les pâturages de la vallée de la Doller et vont jusqu’au Ballon d’Alsace ainsi qu’entre Vieux-Thann et Cernay. Les agneaux sont allaités par leur mère, puis ils se nourrissent d’herbe lorsqu’ils sont sevrés . En hiver, les ovins rentrent au chaud. De leurs côtés, les bovins profitent de la belle saison autour du lac de Sewen. En hiver, ils restent dans la nature à Sentheim et Guewenheim. « Au total, les bêtes profitent d’environ 70 hectares de champs et de prairies », précise Guillaume Bissler. Le travail ne manque pas. Jusqu’à il y a deux ans, il était seul avant de faire appel à Patrick Eisele pour le seconder. « Mon emploi du temps est très chargé, mais je ne reviendrais pas en arrière. La ferme a évolué et je suis au contact de mes clients. Il y a des échanges et des retours intéressants sur les produits. Ces remarques me permettent de faire évoluer la gamme. À long terme, j’ai comme projet de développer davantage cette vente directe en prenant de nouveaux créneaux de produits transformés comme le foie d’agneau pour le pâté en croûte, ou faire de la terrine. Pour cela, il faudra agrandir le laboratoire ou l’installer dans un nouveau bâtiment. »   Rendez vous mercredi 4 Avril au Café Rapp à Colmar Le chef vous proposera son menu élaboré à partir des produits de la... Publiée par Bergerie De La Doller sur Lundi 2 avril 2018  

Élevage du Sud Alsace

Une marque collective à trouver

Publié le 05/02/2021

Une dizaine d’éleveurs a participé, vendredi 29 janvier, à un atelier de travail portant sur la création d’une marque valorisant les productions et pratiques de l’élevage du Sud Alsace. Cette marque, qui doit être lancée en 2022, est l’un des objectifs du contrat de territoire eau et climat mené par les communautés de communes Sundgau et Largue, avec l’agence de l’eau Rhin-Meuse.

Ce projet fédérateur est une des actions qui doit être mise en place dans le cadre d’une série d’actions en faveur de la qualité de l’eau et de la biodiversité dans le Sud Alsace. Ce sont 7 millions d’euros (M€) qui doivent être ainsi investis sur quatre années, dont 2,80 M€ financés par l’agence de l’eau Rhin-Meuse. « L’eau, l’agriculture, les circuits courts, les paysages sont essentiels. Vous allez bâtir la première pierre du cahier des charges de cette action collective en parallèle de l’étude de marché. Nous avons besoin de vous. L’herbe est essentielle pour la préservation de l’eau. Et pour conserver des espaces prairiaux, on a besoin d’éleveurs. On doit donc pouvoir trouver les moyens de faire des choses en commun », explique en préambule le directeur de l’agence de l’eau Rhin-Meuse, Marc Hoeltzel. Des propos complétés par les présidents des deux communautés de communes du secteur, Sundgau et Largue, respectivement présidées par Gilles Fremiot et Benoît Gassmann. « Il faut que vous puissiez vendre au bon prix. Nous y travaillons à travers les circuits courts qui prennent une place de plus en plus importante dans la restauration de nos établissements scolaires par exemple. Le manger local me tient cœur », précise le premier. « Vous êtes un maillon de cette dynamique globale. La viande, le lait, nos paysages sont nos valeurs communes », ajoute le second. L’objectif est de développer une logique de filières agricoles respectueuses de la ressource en eau et viables économiquement, accompagnées d’une recherche de label. Ce travail doit se concrétiser par la création d’une marque collective valorisant les productions et pratiques de l’élevage du Sud Alsace. Douze éleveurs ont répondu présents. Ils ont été répartis sur deux tables de travail distinctes. Il leur a été demandé de répondre à la question introductive qui doit permettre d’élaborer le futur cahier des charges de production : qu’attendent-ils de cette future marque ? Leurs réponses devaient prendre en compte l’aspect économique, mais également les plans technique, social et personnel. « Nous attendons avant tout une pérennité économique permettant de trouver facilement et rapidement des débouchés qui eux, seront sécurisés. En complément, il nous faudra de la visibilité, des prix rémunérateurs, des marges et donc un revenu », insiste l’un des éleveurs présents. Deux outils sont cités pour réussir : la prise en compte des coûts de production et des aides aux investissements pour l’entretien des prairies.   ?[Contrat de territoire Eau et Climat (CTEC) Action axe 1] Création d’une marque collective valorisant les productions... Publiée par Communauté de communes Sud Alsace Largue sur Vendredi 29 janvier 2021   Mieux valoriser les productions Que le lait ou la viande soient la production dominante de leurs exploitations n’y change rien. Il est vital que leur prix de vente soit valorisé avec un volume de vente suffisant. Sans cela, adhérer à une telle démarche n’a pas de sens au niveau économique. En amont, les professionnels ressentent un nécessaire besoin d’accompagnement dans la gestion de cette nouvelle charge de travail et un accompagnement sur les changements à mettre en place liés au futur cahier des charges. En aval, il faudra de la logistique afin de pouvoir maîtriser la production en sortie de ferme. Un débat a lieu entre les producteurs présents. L’un s’agace : « Me concernant, j’ai ma façon de travailler et de produire. Si elle ne correspond pas à cette marque, je vais laisser tomber car je ne compte pas changer mes pratiques et prendre le risque de perdre mes débouchés. » Un autre est plus optimiste : « Si économiquement le projet est bien ficelé et s’il nous donne de la visibilité à long terme, il n’y aura aucun problème. Nous sommes habitués à évoluer. » Dans tous les cas, les éleveurs attendent un minimum de contraintes supplémentaires et encore moins de surcharges de travail. « Il faut que cette démarche soit techniquement simple à mettre en place », insiste Christophe Bitsch, éleveur à Obermorschwiller et président de l’abattoir départemental de Cernay. Comme d’autres de ses collègues, il s’inquiète en s’adressant au personnel de l’agence de l’eau Rhin-Meuse. « On n’a encore rien posé. Et déjà on parle de contrôle. C’est oppressant. » Une marque a des avantages mais également des contraintes lui répond-on. « Notre objectif, et Marc Hoeltzel l’a expliqué au début de cette réunion, c’est qu’il y ait de l’herbe sur ce territoire. C’est dans ce cadre que ce projet est financé par l’agence. Maintenant, il faut que vous puissiez valoriser les productions qui découlent de cette herbe. » Ce que font déjà de nombreux professionnels. « On est déjà beaucoup d’éleveurs à avoir mis davantage d’herbe. Mais, effectivement, il faut que ce soit mieux valorisé derrière », complète Sébastien Stoessel éleveur à Feldbach. Reconnaître le savoir-faire des éleveurs Au niveau social, les agriculteurs attendent beaucoup. « Il est vraiment nécessaire que la complexité de notre métier soit entendue, comprise et expliquée, à nos interlocuteurs et aux consommateurs. Cette reconnaissance sociale est nécessaire car les agriculteurs sont constamment montrés du doigt dans tous les débats de la société. Nous attendons une vraie reconnaissance du métier de producteur », insiste Vincent Dietemann éleveur à Traubach-le-Bas. D’autant plus que le métier a évolué. Les agriculteurs ne sont plus déconnectés. Bien au contraire. Ils sont également employés et employeurs. « Cette labellisation doit déboucher sur des créations supplémentaires d’emplois. Nous devons également revoir les liens entre nous et les collectivités. Cette démarche doit y aider », se félicite un professionnel de Gommersdorf. Sur un plan personnel, les éleveurs présents veulent se reconnaître dans cette future marque. « Elle doit nous appartenir. Et pour cela, elle doit reconnaître notre savoir-faire et valoriser notre travail », notent les professionnels. Il leur a ensuite été demandé de choisir les critères à intégrer dans les futurs cahiers des charges de production de cette marque. Sans surprise, le lieu d’implantation de l’exploitation agricole (Sud Alsace), le respect de la charte des bonnes pratiques d’élevage, l’origine des fourrages (avec un pourcentage précis en autoproduction), la part d’herbe dans l’alimentation, le lieu de transformation (Sud Alsace), la traçabilité des produits de la ferme au produit fini, la qualité de la carcasse ou encore la couverture du sol ont été les critères principaux choisis. Le travail va désormais se poursuivre. D’autres ateliers suivront pour pérenniser la création de cette nouvelle marque.    

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