Élevage

Solidarité alsaco-bretonne

Un jumelage qui part en fromage

Publié le 12/01/2021

Confronté à de grandes difficultés pour écouler sa production de munsters depuis le début de la crise sanitaire, Mathieu Hunzinger a vu sa situation s’apaiser grâce au jumelage de sa commune, Muhlbach-sur-Munster, avec celle de Kermaria-Sulard en Bretagne. Ses habitants lui ont acheté depuis le mois de mars plus d’un millier de fromages.

Le jeune éleveur de 30 ans, installé sur l’exploitation familiale à la suite de ses beaux-parents, n’a pas vu arriver le premier confinement au mois de mars. Sa cave était remplie de fromages : munster, saint-grégoire, bargkass, tomme. « Du jour au lendemain, mes revendeurs ont tous fermé. Malgré quelques ventes avec la clientèle locale, il a donc fallu jeter du fromage. Jusqu’au jour où j’ai pu échanger avec le maire de Muhlbach-sur-Munster, Patrick Althusser, lors du week-end pascal quand il est précisément venu s’approvisionner à la ferme. Je ne lui ai pas caché mes difficultés. Il a alors informé de ma situation le comité de jumelage. Tout est ensuite allé très vite. Des mails, des appels téléphoniques, de la pub dans les journaux bretons. Je pensais que 200 à 300 fromages allaient trouver preneur. Ce qui était déjà bien. Finalement, ce sont plus de 1 500 munsters et saint-grégoire qui ont été commandés. Nous avons fait deux livraisons fin mars et fin mai. Il y a encore eu des commandes par la suite », se félicite Mathieu Hunzinger. La belle histoire se répète lors du second confinement. Là, ce sont 850 fromages (moitié munsters et saint-grégoire) qui partent en Bretagne. « D’après ce que j’ai compris, 90 % des habitants de Kermaria-Sulard ont au moins fait une commande. Ce soutien fait chaud au cœur. Pour Noël 2020, une nouvelle opération a été menée, plus habituelle. Nous avons fait l’échange avec les huîtres. 200 bourriches ont été commandées », note le jeune éleveur. Son stock a donc baissé et ses pertes financières se sont atténuées. Une autre bonne nouvelle : le retour de la clientèle locale. Le deuxième confinement a en effet eu un côté vertueux. « Les gens ont pris conscience de l’importance de soutenir les commerces locaux. Proximité et solidarité vont bien ensemble. J’espère que, désormais, ces bonnes habitudes perdureront. En attendant, ces échanges avec la Bretagne m’ont permis de sauver les meubles pour l’année 2020 », précise Mathieu Hunzinger. En revanche, l’incertitude demeure pour l’avenir. « Il faut que les entreprises soient réellement aidées et soutenues. Il ne faut pas seulement des effets d’annonces du gouvernement. Je ne compte pas faire de prêt pour continuer mon activité car je n’ai pas envie de m’endetter alors que c’est encore l’inconnu au niveau sanitaire pour ces prochains mois. Du coup, j’ai tari les vaches en fin de lactation pour avoir moins de lait », conclut l’éleveur.   Le comité des fêtes et de jumelage de Muhlbach sur Munster organise à nouveau une commande groupée d'huîtres de Bretagne... Publiée par Patrick Althusser sur Vendredi 27 novembre 2020   Tout de même 25 000 € de pertes Installé sur l’exploitation familiale depuis quatre ans, Mathieu Hunzinger n’est pas arrivé au bon moment. La sécheresse tout d’abord, puis la crise sanitaire l’ont obligé à revoir sa stratégie. Il a réduit à une vingtaine de vaches son cheptel. On y trouve historiquement des vosgiennes, mais également des brunes des Alpes. « Les premières ont un tempérament bien marqué et elles sont évidemment adaptées à notre relief. Les secondes sont dociles, productives avec une bonne richesse du lait. Néanmoins, avec le nouveau cahier des charges pour le munster, cela va me poser des difficultés. J’ai aussi quelques aubrac pour la viande que je propose en colis. Tout est vendu en direct ici. La viande donc et le fromage », explique Mathieu Hunzinger. Il y a encore cinq à dix ans, les vaches pouvaient pâturer jusqu’au milieu du mois d’octobre et les coupes d’herbe étaient suffisantes pour passer tranquillement l’hiver. « On arrive désormais à la moitié de ce que nous avons besoin. On entame les stocks d’hiver dès la fin du mois d’août. Il n’y a donc plus le choix. Soit il faut acheter du foin et de la paille ailleurs, soit il faut réduire le cheptel. Et puis, le Covid-19 est arrivé. Nous avons une clientèle de locaux et de touristes. Ces derniers ne sont plus là. On peut donc estimer la perte des ventes de fromages à 25 000 €. J’ai été contraint de jeter une des huit tonnes de ma production annuelle », ajoute Mathieu Hunzinger. S’il est encore aidé par ses beaux-parents retraités, il est néanmoins le seul actif de la ferme. Une situation d’autant plus complexe qu’outre la sécheresse et la crise sanitaire, il déplore aussi des dégâts de sangliers toujours plus importants. Le troisième fléau de cette année 2020 décidément bien compliquée.

Miss et Mister France agricole

La passion des concours

Publié le 03/01/2021

Originaire de Bettendorf dans le Sundgau, Florine Wira poursuit ses études en alternance dans les Vosges. Intéressée par la génétique et les concours d’élevage, elle n’hésite pas à partager sa passion pour le monde rural. Sur les réseaux sociaux, elle vient d’ailleurs de participer au concours de miss agricole.

« C’est Tony, mon petit ami, qui m’a incitée à me présenter. L’idée est de se faire connaître et de montrer ce que l’on fait dans le monde agricole. Mon objectif n’était pas de gagner. Mais bien de participer. L’élection de Miss et Mister France agricole est une vraie vitrine pour la jeunesse en agriculture », raconte Florine Wira. Le concours est organisé par le site terre-net.fr. « Cet événement amical a pour but de promouvoir les femmes et les hommes du milieu agricole, afin de montrer une image positive et souriante de notre profession, il n’y a aucun enjeu financier, juste un bon moment à passer ensemble », détaillent les organisateurs sur la page Facebook de l’élection. Florine Wira a réalisé un montage photo d’une présentation d’elle dans son milieu professionnel. Elle l’a ensuite envoyé aux organisateurs qui l’ont publié sur les réseaux sociaux avec celle des autres participants. Une édition marquée par une forte hausse du nombre de candidatures qui ont été déposées du 19 novembre au 10 décembre dernier. Un jury a sélectionné les gagnants de chaque catégorie parmi les 20 candidats ayant récolté le plus de « j’aime ». Le 12 décembre, c’est finalement une éleveuse de chèvres en Haute-Savoie prénommée Noémie qui a été élue. « Je suis déjà très satisfaite d’avoir participé car ce n’est pas forcément évident de se mettre en valeur. Il faut faire un effort sur soi-même », poursuit la jeune femme. Elle est maintenant dans l’attente de l’amélioration de la situation sanitaire.   Soutenez la candidature de Florine Wira au concours de Miss Agricole 2021 ! Ancienne élève de STAV au lycée de Rouffach,... Publiée par Lycée de Rouffach sur Dimanche 29 novembre 2020   Tout ce qui touche à la génétique Car la vraie passion de Florine, c’est l’élevage. Après un bac STAV (sciences et technologies de l’agronomie et du vivant) à Rouffach, puis un BTS ACSE (analyse, conduite et stratégie de l’entreprise agricole) effectué en apprentissage à la maison familiale et rurale à Fougerolles en Haute-Saône et chez un patron à Lepuix-Neuf dans le Territoire de Belfort, Florine Wira, 20 ans, s’en est sortie avec réussite et une mention assez bien. Elle a décidé de poursuivre son cursus en effectuant un certificat de spécialisation bovin lait en une année toujours à Fougerolles. L’occasion d’acquérir de nouvelles connaissances tout en continuant en alternance. « Mon objectif est de devenir technicienne pointeuse pour évoluer dans tout ce qui touche à la génétique. Mais cette orientation professionnelle n’est pas forcément accessible. Il me manque de l’expérience et un peu de confiance en moi. Une autre solution serait de devenir conseillère technique en faisant par exemple les plannings d’accouplement. Cela me permettrait d’être avec les vaches sans avoir les deux pieds dans une ferme. Et ainsi de pouvoir bouger et d’observer ce qui se fait dans une multitude d’exploitations », explique Florine. Actuellement, elle suit son second apprentissage au Gaec de la Petite Chicotte à Hautmougey dans les Vosges. Une belle exploitation laitière sur 150 hectares qui livre ses 950 000 litres de lait à Lactalis et qui est gérée par Ghyslain Bilquez et Ludovic Mouton. C’est son petit ami, Tony, lui-même salarié agricole et originaire de Fougerolles, qui l’a orientée pour cette nouvelle expérience. « J’avais envie de quitter la maison familiale et de vivre ma propre expérience. Je suis à l’école une semaine par mois et les trois autres semaines à la ferme. Je m’occupe de la traite, du nettoyage, de nombreux travaux agricoles. Mon objectif était de sortir de ma zone de confort. On m’a également laissé conduire le tracteur et faire de l’ensilage. Une première pour moi », se félicite la jeune femme qui doit rester à la ferme jusqu’en septembre 2021. « Mes patrons me font confiance. Ils participent à rendre ma passion pour le monde agricole encore plus forte. Ils me font partager leurs connaissances et leur vision de la gestion d’une exploitation dans la situation actuelle et dans l’avenir. » Curiosité et expérience La jeune femme a participé à plusieurs concours. Et notamment celui de Habsheim où, avec sa vache Liane, elle a été sacrée grande championne l’an dernier. Elle a également participé à l’école française des jeunes éleveurs pour approfondir ses connaissances, après des premiers titres de meilleur meneur holstein en 2016 et montbéliarde/interrace en 2017, également obtenus à la foire Simon et Jude de Habsheim. Elle a aussi pris part, avec son frère Paulin, au concours départemental de labour. « Je suis une touche-à-tout. Ma curiosité me pousse à multiplier les expériences. Il ne faut jamais rester dans son coin avec ses certitudes. Le monde évolue et nous devons le faire également », estime Florine Wira. « Dès que les concours d’animaux redémarrent, on peut compter sur moi. Cela reste ma passion », conclut Florine Wira.   Bon... nous sommes prêtes pour les concours !?? Choupi me met pleins d’étoiles dans la tête ce soir, le temps d’une... Publiée par Florine Wira sur Mardi 21 juillet 2020    

Volaille festive en Alsace

Petite mais ô combien qualitative

Publié le 24/12/2020

À quelques jours des fêtes, la filière Alsace Volaille entend rappeler aux consommateurs toutes les vertus de la consommation des volailles festives et produits nobles dérivés : en premier lieu le foie gras, le chapon fermier et l’incontournable dinde fermière noire d’Alsace. Des productions sous labels de qualité en Alsace.

Qu’elles soient en bio, en IGP ou en label rouge, les productions de volaille fermière alsaciennes ont un rendez-vous particulier avec les tablées festives de fin d’année. Les responsables des filières volaillères avaient donc donné rendez-vous le 7 décembre dernier chez Yann et Cynthia Eber, à Griesheim-près-Molsheim, dans leur auberge de la Chèvrerie, pour une communication multisensorielle… Pendant la présentation des filières, l’apprenti Valentin Meyer, récent troisième au concours des Meilleurs ouvriers de France, s’est livré à une démonstration culinaire de préparation de ballottine de chapon label rouge farcie aux coings confits. Ambiance ! Choix de la qualité C’est donc fatalement très détendu que Jean-Michel Schaeffer, président d’Alsace Volaille, a donné quelques éléments chiffrés de la filière qu’il préside. Bien organisée avec ses 44 éleveurs, ses deux abattoirs (Siebert et Meyer), les Couvoirs de l’Est à Willgottheim et deux producteurs d’aliments (Sanders et Costal), cette filière « 100 % locale », avec son 1,1 million de poulets, 250 000 poulets à chair jaune, autant de chapons et 5 200 dindes, ne représente qu’un pourcent de la production sous label rouge nationale. C’est que l’orientation politique impulsée depuis 1986, date de la création d’Alsace Volaille n’a pas été celle de la productivité, mais des labels de qualité : la qualité gustative notamment. À titre d’exemple, le chapon se prépare dès le mois de juillet, le label rouge lui impose 75 % de céréales locales, et la finition alimentaire est à base de produits laitiers, donnant ainsi une chair tendre et fondante en bouche. La même rigueur accompagne la production de dinde fermière d’Alsace. « Rappelons qu’il y a trois niveaux de contrôles en label rouge, le dernier étant assuré par un organisme extérieur impartial », souligne Jean-Michel Schaeffer. Globalement, les principes du label rouge répondent aux attentes sociétales, avec des races rustiques, une croissance lente, de l’élevage de plein air, donc une prise en compte du bien-être animal, et un accompagnement sanitaire qui garantit la sécurité, notamment sur les règles d’hygiène. Bio : 15 éleveurs de volaille Quand on parle de production de qualité, évidemment la filière bio est aujourd’hui dans tous les esprits. Francis Humann qui préside le GIE Plume bio du Grand Est a donné quelques éléments clés qui témoignent du fort développement de cette filière, forte aujourd’hui de 250 000 volailles bio par an produites par 15 éleveurs. Avec un petit plus paysager : les éleveurs ont planté 6 000 arbres sur les parcours de plein air des poulets. La ballottine étant farcie, enrobée d’une feuille cellophane pour être prête à être pochée dans une eau frétillante, la parole était donnée aux acteurs de l’agritourisme en Alsace. Paul Schiellein, président du réseau Bienvenue à la ferme, avec pas moins de 230 fermes adhérentes, souligne tout l’intérêt d’instaurer (ou réinstaurer) un dialogue constructif ville-campagne, consommateur-agriculteur, ceci afin de « comprendre le travail des agriculteurs ». Les occasions pour ces « temps d’échange » ne manquent pas, rappelle-t-il : les marchés, les ventes à la ferme, et plus largement les circuits courts. C’est d’ailleurs dans cet objectif que l’ADT (Alsace Destination Tourisme) communique et multiplie les événements qui sont autant d’occasions de consommer local, font observer Marie-Jo Simon (ADT) et Céline De Monte de la fédération des chefs d’Alsace. Citons la fête de la gastronomie, les opérations Savourez l’Alsace, le Fascinant week-end œnotouristique… Confinement : attention aux dommages irréversibles sur la filière Des opérations de promotion d’autant plus bienvenues que le Covid et les confinements n’ont hélas pas épargné certains pans de la filière volaille, précisément là où les occasions de consommation tablent sur l’interaction sociale et festive, particulièrement en restauration. Canard, foie gras… : « il y a urgence à soutenir ces filières », souligne Jean-Michel Schaeffer qui craint des effets irréversibles si un plan de sauvegarde n’est pas rapidement adopté. En attendant (avec impatience) la réouverture du restaurant de Yann et Cynthia Eber, soyons positifs et dégustons leur ballottine de chapon, avec ses coings confits et ses noisettes. Et pour accompagner le met raffiné, pourquoi pas un sylvaner de terroir, puissant et structuré du Zotzenberg de Mittelbergheim, par exemple, ou plus localement un pinot gris Bruderthal à Molsheim.   ?Merci à la Chambre d'agriculture Alsace pour cette publication ?Pour ces fêtes de fin d'année, faites-vous plaisir... Publiée par Bienvenue à la Ferme Alsace sur Mardi 15 décembre 2020    

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