Élevage

Publié le 01/03/2021

À Schwoben, à dix minutes d’Altkirch, la ferme Hell pratique la vente directe depuis 30 ans. La gamme large de produits transformés assure la renommée et la pérennité de l’exploitation, qui fait partie du réseau Bienvenue à la ferme.

Marlyse Hell reprend la ferme de ses beaux-parents Joseph et Ernestine, au début des années 1980. « Dès les années 1990, les clients ont commencé à venir chez nous chercher du pain et des œufs, directement dans la cuisine familiale. » Le premier petit magasin à la ferme ouvre en 1997, alors que Marlyse participe à la création du réseau Bienvenue à la ferme. L’année suivante, son mari, Joseph, profite d’un plan social chez Peugeot pour rejoindre l’exploitation à temps complet et créer une SARL. Depuis, ils font évoluer les activités de la ferme pour suivre les attentes des clients : « À cette époque, ils cherchaient des porcs, des poulets, des lapins et des œufs », se souvient Marlyse Hell. Le couple décide donc d’arrêter le tabac ainsi que les vaches laitières en 2001 pour se concentrer sur l’élevage des porcs, des animaux de basse-cour et leur transformation. Les animaux sont nourris principalement avec les cultures de l’exploitation conformément à la charte de Bienvenue à la ferme. Ils achètent les porcs chez un naisseur à deux mois et les élèvent sur paille pendant six mois pour arriver à 100 kg de poids de carcasse. Ils sont nourris à 85 % d’orge, 15 % d’aliments complémentaires et sels minéraux sans OGM. Ils sont abattus à l’abattoir de Cernay. Les poules de race fermière rouge sont achetées à 20 semaines puis élevées sur caillebotis avec un terrain de grattage et un parcours extérieur en herbe. Leur nourriture est composée à 70 % de blé issu de la ferme et 30 % d’aliment spécial ponte et de sels minéraux. Elles sont toutes vendues directement au marché ou à la ferme. Les lapins sont disponibles à la commande. Le renouvellement est assuré par six mâles reproducteurs de différentes races et entre 25 à 35 lapines par période. Ils sont élevés sur paille jusqu’à 3,5 kg. Ils sont également nourris avec les céréales de la ferme (25 % d’avoine et 25 % de blé, mélangé avec 50 % de granulé de luzerne). Ils reçoivent quotidiennement du foin et deux à trois fois par semaine en alternance du pain dur, du maïs, des pommes ou des légumes (carotte, salade, céleri). Les poulets, de race chair fermière rouge, sont élevés sur paille. Jusqu’en 2019, la famille Hell en élève trois lots de 150 par an. En 2003, les Hell agrandissent le magasin et y accolent une chambre froide. En même temps, ils développent leur présence sur les marchés locaux. Les trois enfants du couple participent à la vie de la ferme au fur et à mesure qu’ils grandissent. Pascal, l’aîné de la fratrie, veille au bien-être des animaux, malgré un handicap mental. Christophe, le cadet, suit l’exemple de son père et travaille chez Peugeot tout en continuant à aider à la ferme. Nathalie (de son nom d’épouse Latuner), salariée dans l’industrie aéronautique en Suisse, revient à la ferme en 2005 après un accident de travail. En 2010, elle en prend la gérance. Sa fille Lætitia, venue renforcer l’équipe il y a neuf ans, s’occupe de l’élevage des lapins, de la transformation, de la vente et de la facturation. Retraités depuis quelques années, Marlyse et Joseph restent encore très présents. Joseph assure toujours une grande part des travaux des champs. Marlyse accepte tous les travaux que ses mains lui permettent d’accomplir. Y’a plus de saison La palette des produits transformés à la ferme est très large et s’étoffe sans cesse. « La demande est aléatoire et pas forcément en rapport avec la saison. On peut très bien nous demander des merguez et des chipolatas alors que nous sommes en pleine période du boudin. La clientèle est aussi exigeante avec nous qu’elle l’est au supermarché, c’est-à-dire qu’elle veut de la disponibilité, du choix, tout le temps. » Nathalie et Lætitia, aidées d’une salariée, transforment en début de semaine : roulés de porc, terrines, pâtés en croûte, tourte… Elles proposent aussi toute une gamme de viandes fumées et du lard paysan, lard de jambon, lard côtelette, ainsi que des saucisses fumées (le hirriwurst). La ferme est équipée de deux grands fumoirs situés au-dessus du point de vente. « Le pain, qui était le coeur de la vente directe à son début, est devenu secondaire. Les lards sont devenus nos produits principaux. » Marlyse a longtemps pétri à la main. Le couple, qui a acheté son premier pétrin en 1995, a investi depuis dans trois fours à pain et une machine à pâtes. Ils produisent neuf sortes de pâtes (la demande a explosé en 2020 jusqu’à 30 kg par semaine). La ferme fournit aussi en œufs des fermes-auberges et trois restaurants. Nathalie livre L’îlot fermier d’Hirsingue en pâtes, pains, kouglofs et tartes de Linz. En 2019, la famille Hell a cessé d’élever des poulets. Après la fermeture de l’abattoir de Chavannes-sur-l’Étang, elle s’était tournée vers celui de Goxwiller, dans le Bas-Rhin. Après la liquidation judiciaire de celui-ci, il lui aurait fallu aller jusqu’à Besançon pour faire abattre les volailles de la ferme. Trop de temps et trop de kilomètres : elle a préféré faire appel à deux collègues agriculteurs du réseau Bienvenue à la ferme pour approvisionner ses clients. Une décision prise à contrecœur, regrette Nathalie qui aurait préféré garder le poulet dans sa gamme de produits maison.   La Ferme Hell mise à l'honneur sur France Bleu Alsace. Rien de mieux en cette période si particulière de consommer local.?????? Publiée par Commune de Schwoben sur Lundi 8 février 2021  

Publié le 19/02/2021

Depuis le 1er janvier, Louis Frischinger s’est officiellement installé sur l’exploitation ovine familiale. Son troupeau de 300 têtes se trouve à Fontaine dans le Territoire de Belfort. Mais il va perdre une partie de sa surface de travail en raison de l’extension de la zone industrielle voisine. Il cherche donc des terrains ou une ferme à acheter dans le Sundgau pour développer son activité. Il encourage d’ailleurs les éleveurs haut-rhinois à s’intéresser à la filière ovine qui se porte bien.

Ces premières semaines à gérer la ferme familiale sont positives. « J’ai un troupeau de 300 brebis, de race est à laine mérinos. Ce sont des animaux rustiques qui s’adaptent bien au climat de chez nous », explique le jeune homme de 23 ans. Par le passé, le cheptel a atteint les 1 500 brebis avant de diminuer progressivement. « J’ai voulu démarrer sur une base que je valorise mieux. Cette qualité de travail me permet d’avoir davantage d’agneaux par brebis », explique Louis Frischinger. Une pression foncière « terrible » Mais à peine installé, Louis est déjà en quête de nouveaux terrains ou d’une ferme à acheter. « Nous sommes à Fontaine depuis longtemps. Nous y avons environ 80 des 95 hectares de l’exploitation. Il y a également 10 hectares à Riespach et nous exploitons sur environ 5 hectares la citadelle à Belfort. Le problème, c’est que je vais perdre 50 hectares ici à Fontaine car ils développent la zone industrielle. On est sur un terrain précaire qui était utilisé par le passé pour l’ancien aérodrome. Je ne suis ni propriétaire, ni locataire. Je n’ai pas de bail, mais on me permet d’exploiter la moitié des lieux. Le site est également concerné par deux directives. La première, agricole, ne me concerne pas. La seconde, environnementale, me touche. Mais ils veulent me garder pour entretenir les lieux », indique le jeune éleveur. Ses recherches se concentrent sur le département du Haut-Rhin et tout spécialement dans le Sundgau. « C’est difficile pour moi de me projeter. Le prix du foncier est décourageant. Peu de monde veut vendre et les rares terrains reviennent aux paysans les plus grands. Cette pression foncière est terrible. Mais mon objectif est bien de rester dans la production ovine et de développer cette filière dans le département. Le marché français du mouton est intéressant et rémunérateur », ajoute Louis Frischinger. Il est d’ailleurs responsable ovin des Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin. « Le département compte 30 000 brebis contre plus de 300 000 en Aveyron par exemple. Iic, il y a une dizaine de gros professionnels. Nous cherchons à installer des éleveurs. C’est une filière qui est intéressante car elle se porte bien et il y a moins d’astreintes que pour d’autres élevages », complète Louis Frischinger.   Louis Frischinger est diplômé d'un bac #STAV depuis 2016, il reprend l'exploitation familiale en élevage ovins. Retrouvez son témoignage ! L'aventure du vivant Région Grand Est Alsace Alim'agri Publiée par Lycée de Rouffach sur Dimanche 2 février 2020   Local mais pas bio En attendant de trouver de nouveaux terrains, le jeune éleveur est toujours bien installé à Fontaine. Son cheptel se trouve sous des serres en hiver, de décembre jusqu’en mars. « Je les laisse dehors au maximum. Même si avec les intempéries et le froid en ce moment, ce n’est pas possible. Ma seule crainte, ce sont les chiens errants. C’est pour cela que j’ai un chien, un Patou qui dort avec les moutons et surveille le troupeau. J’ai également des clôtures mobiles et je clôture tous mes terrains. » Louis veille au quotidien à la bonne santé des animaux et à leur bien-être. « Je tente de faire en sorte que les brebis développent de l’auto-immunité. Je ne traite plus et je ne donne plus rien en préventif. Je fais du curatif en utilisant un vermifuge deux à trois mois après le pic de l’infection prévu chez les moutons. Ils sont en effet très sensibles aux parasites. J’ai également réduit les antibiotiques à tel point que je n’en ai pas encore utilisé cette année. Mon père avait déjà des pratiques d’une agriculture raisonnée. Je suis dans la même démarche même si je ne peux pas passer au bio qui est très coûteux. Je n’ai pas besoin de label. Chacun est responsable et le consommateur se fait sa propre image de nos produits. Le local est une démarche suffisamment pertinente », conclut Louis Frischinger. Louis écoule directement ses animaux. Cela lui permet de maîtriser son prix de vente. Il consacre une partie de ses agneaux, plus de 200 l’an passé, aux fêtes religieuses, mais aussi pour une autre partie via Terre d’Elsass, le groupement d’éleveurs alsaciens. Les produits, vendus sous forme de caissettes, permettent de proposer plusieurs types de morceaux de viande. « Depuis que je suis chez Terre d’Elsass, mon chiffre d’affaires est en augmentation. C’est là que je réalise mes plus grandes marges. Le fonctionnement est bon, mais cela nécessite du temps. Il faut aller à l’abattoir à Cernay et suivre toute la chaîne. Par ailleurs, j’ai la chance d’avoir de bons agneaux car je les engraisse à l’herbe. Cette façon de procéder est moins coûteuse et permet d’avoir un goût de la viande qui est différent », précise Louis Frischinger. Les dernières bêtes sont vendues à différentes autres coopératives.   Avec Louis Frischinger?? et Nicolas Dieterich??? Publiée par Terre d'elsass sur Samedi 13 février 2021   Des frais de tonte importants Toujours dans l’objectif de veiller au bien-être animal, l’éleveur fait tondre ses moutons. Une prestation qui s’élève à 2,35 euros par brebis et par tonte, un coût financier important. Chaque année, il récolte une tonne de laine. Or, elle était stockée depuis deux ans. « Je viens enfin de réussir à la vendre. Deux tonnes à une coopérative de Haute-Marne au prix de 0,15 euro le kilo ! J’ai donc reçu 300 euros. Cela ne me paie même pas les frais de tonte. Mais le marché de la laine est totalement fermé. La seule usine française a fermé en 2005 et il n’y a que deux marchands de laine dans le Grand Est », regrette Louis Frischinger. Pour compléter ses revenus, l’éleveur réalise des prestations de déneigement en hiver et d’entretien d’espaces verts en hiver pour les industries. Notamment celles présentes à Fontaine. Un marché développé depuis de nombreuses années par son père.

Marie-Noëlle et Jean-Jacques

Éternels adolescents

Publié le 11/02/2021

En couple au village et au champ, Marie-Noëlle et Jean-Jacques Muller, éleveurs laitiers en Gaec à Hirschland, s’aiment depuis le lycée. Complémentaires et complices, ils travaillent en amoureux depuis 2016… Sauf quand les enfants se ramènent ! Et pour le bonheur de leurs parents, cela arrive souvent.

« On s’est rencontré à 17 ans, au lycée agricole d’Obernai, en 1ère bac techno sciences et techniques, spécialité productions animales », commence à raconter Jean-Jacques Muller. « C’est lui qui m’a draguée », balance Marie-Noëlle, dans un éclat de rire. Et ça a mis quelques mois à aboutir, cette drague, confient-ils. À l’époque, c’est sûr, les internats sont bien gardés. Pas de visite nocturne ! Alors, comment Jean-Jacques a séduit Marie-Noëlle Wendling, de son nom de jeune fille ? « Il prédisait l’avenir. Il se voyait aujourd’hui ! » « Moi, je cherchais une femme pour le futur. Mon objectif était de trouver une personne qui me suive, après les études, parce qu’il était prévu que je reprenne l’exploitation de l’oncle célibataire. Je savais qu’une fois à Hirschland mes chances de rencontrer une jeune fille seraient minces. Et je cherchais une compagne capable de me seconder, sans que ce soit mon associée… puisqu’il y avait encore mon oncle », explique Jean-Jacques. Marie-Noëlle ne s’en offusque pas, au contraire. « Les filles d’éleveurs, on était très recherchées dans ces classes ! Si ça n’avait pas été moi, ç’aurait été une autre. Moi, je voulais travailler dans le para-agricole, pas être agricultrice. Et c’est ce qu’il s’est passé : j’ai travaillé quinze ans au contrôle laitier de 2007 à 2015, en Alsace et en Moselle. Et je donnais des coups de main sur la ferme », enchaîne Marie-Noëlle, originaire de Dauendorf. Comme du p’tit lait La production laitière, c’est leur point commun, leur rêve professionnel. Ils passent quatre ans ensemble, dans la même classe, jusqu’à la fin du BTS Acse (analyse, conduite et stratégie de l’entreprise) ; quatre ans durant lesquels ils côtoient les mêmes amis, chaque jour aussi. « Au lycée agricole d’Obernai, on entre dans une grande famille », dit Jean-Jacques. « Quand il foutait le bordel, je me faisais engueuler parce que je n’arrivais pas à le raisonner », s’amuse Marie-Noëlle. « Elle était sage, au premier rang », enchérit son mari. Tout se sait. Les élèves sont même parfois invités aux mariages des enseignants. Aujourd’hui, les Muller voient toujours leurs amis communs. « Et on était tous solidaires, se souvient Jean-Jacques, avec délectation. Si on décidait qu’on irait en cours à 9 h 30, même si le prof était là à 9 h, que pouvait-il faire ? On savait délirer mais, quand on se mettait au boulot, on y allait. Ils vont se marrer les potes du lycée, quand ils liront ça ! » Une vision autoréalisatrice Marie-Noëlle est devenue amoureuse du projet de Jean-Jacques, de reprise de l’exploitation de l’oncle, avec la moitié des surfaces en herbe, tout en développant le sien. Après le BTS, elle s’est formée en alternance, jusqu’à devenir conseillère élevage. Elle n’a jamais exercé sur leur secteur mais « tous les soirs, elle rentrait, et m’informait de ce qui réussissait ailleurs. C’était très enrichissant », déroule Jean-Jacques. « Mon but, c’était tout de même de me rapprocher d’ici », confie Marie-Noëlle. Le couple s’est marié en 2006. Il fêtera ses quinze ans de mariage, cette année, mais aussi leurs 40 ans, et les 20 ans de la fin du lycée. Leur premier enfant, Emma, est né en 2008 ; Victor en 2011, et Mathilde en 2015. Les Muller ont construit à côté de l’exploitation. « Puisque j’habitais à côté, je donnais des coups de main le soir. Exactement ce qu’il avait prédit. » Mais les journées de Marie-Noëlle sont longues, puisqu’elles commencent à 4 h et finissent après la traite. Savoir et savoir-faire font la paire En 2012, à la faveur du développement de la production laitière, avec Unicoolait, Marie-Noëlle intègre la ferme sur laquelle est installé son époux depuis 2003. Elle y travaille à mi-temps. En 2015, l’oncle de Jean-Jacques part à la retraite. Marie-Noëlle devient l’associé de Jean-Jacques en 2016. « Ça devenait une évidence, au fil des années, de rester sur l’exploitation, d’autant plus qu’il y avait les enfants. Au final, le rêve est devenu réalité », s’exclame-t-elle. Avec son expérience, c’est elle qui s’occupe intégralement de la gestion du troupeau. « Pendant quinze ans, elle a enseigné aux éleveurs comment obtenir la meilleure bonification. En 2020, on l’a eue. On a réalisé moins de 200 cellules, moins de 50 000 germes et moins de 800 spores butyriques, sur douze mois consécutifs. On a reçu une prime de 6 € aux 1 000 l de lait », développe Jean-Jacques. Cette bonne performance est aussi due à son travail aux champs. « C’est un travail commun. Je dois rentrer des fourrages sans terre. Elle fait attention aux mamelles des bêtes », énumère l’agriculteur. « Je surveille aussi l’installation de traite. Je veille à ce qu’il n’y ait pas de fromage », ajoute Marie-Noëlle. Le couple a mis en application tout le savoir de Marie-Noëlle. La qualité au rendez-vous « On arrive aussi à notre rythme de croisière, enchaîne Jean-Jacques. Sans acheter de bêtes à l’extérieur, on a développé notre élevage. On était borné à augmenter la production. Maintenant, on peut mieux se concentrer sur la qualité. » En 2003, la ferme produisait 340 000 l de lait, avec cinquante prim’holsteins, pures. En 2015, 780 000 l de lait, avec 100 laitières. Et en 2020, 1 150 000 l avec 130 VL ! Et toujours la même surface : 131 ha, dont la moitié en herbe. Les vaches ne sortent pas. « On a intensifié au maximum », note Jean-Jacques. Sur l’exploitation, chacun a son travail mais les décisions sont communes. « C’est vite réglé, si c’est bénéfique pour la ferme. Et, quand il y a besoin, pour le boulot, on s’entraide », précise Marie-Noëlle, qui est quand même à la comptabilité ce que Jean-Jacques est à l’entretien des machines : la seule intervenante. Mais tout cela aurait moins de sens s’il n’y avait pas les enfants, estime Jean-Jacques. De futurs associés ? Les Muller sont gâtés. Mathilde, Victor et Emma sont surinvestis. À table, le samedi midi, toutes les discussions tournent autour de l’exploitation. « Ils parlent avec nous comme s’ils étaient nos associés », se réjouit Marie-Noëlle. Emma connaît les numéros et les noms de chacune des vaches, ainsi que la filiation. Elle suit la reproduction, lit les notes du vétérinaire si elle est en classe le jour où il passe. Victor, lui, a des suggestions pour l’amélioration générale de la ferme. Il donne le lait aux veaux les week-ends. « Ça fait chaud au cœur. Ils se donnent à fond », constate Jean-Jacques. « Ils sont passionnés et se responsabilisent », observe Marie-Noëlle. Ils savent que l’argent a une valeur, assure la maman. « On va construire une nouvelle nurserie, glissent les parents, plus accessibles pour eux. » Ils tiennent aussi leurs promesses en matière de loisirs ou de cadeaux. « Les enfants nous rendent service. On le leur rend bien. Je pense qu’on a réussi notre couple quand on voit comment ils évoluent dans le domaine. Ça leur donne des bases, une rigueur, la notion du travail, même s’ils ne s’installent pas », remarque Jean-Jacques. À couple réussi, famille unie !

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