Élevage

Opération Fermes ouvertes - Made in viande

En mode selfie avec les vaches

Publié le 09/06/2016

Vendredi 27 mai, une classe de CM1-CM2 de l'école élémentaire de la gare de Geispolsheim investissait la ferme d'Éric et Caroline Schwoob, producteurs de viande. Les élèves ont dégainé smartphones et interrogations.

Se prendre en selfie avec une vache, il n'y a guère que dans une ferme que cet exploit est réalisable ! Les élèves de CM1-CM2 de l'école élémentaire de la gare de Geispolsheim ne s'en sont pas privés, dégainant qui son smartphone, qui son appareil photo numérique, pour s'immortaliser, hilares, entre amis, et avec une vache. Mais passé ce moment d'intense excitation, les élèves ont peu à peu remballé leurs appareils pour écouter les explications de Caroline Schwoob : « Nous élevons des vaches allaitantes, qui vont produire des veaux, et que nous pouvons garder une dizaine d'années. Et des génisses, soit des vaches qui n'ont pas encore eu de veaux, que nous achetons à 8-10 mois et que nous engraissons jusqu'à 30 mois. Ces animaux partent ensuite à l'abattoir, pour donner de la viande. » Les élèves auraient été curieux de visiter aussi l'abattoir, mais « il n'est pas à nous, précise Caroline Schwoob. Il ne se situe pas très loin, à Holtzheim. » Elle ajoute que l'exploitation agricole abrite aussi des chevaux : « Le cheval ça peut se manger, mais pas les nôtres. Ce sont des chevaux destinés aux loisirs. » Parmi les bovins, l'agricultrice désigne ceux qui arborent une robe noire : « Ce sont des black angus, ils sont destinés à la reproduction, à la production de veaux. Il y a aussi des charolaises, des limousines, des blanc-bleu belges, qui sont engraissées. » Les questions des élèves fusent : « Comment est-ce que les vaches entrent dans les parcs ? Pourquoi elles se montent dessus ? » Les cornes, notamment, font l'objet de diverses observations : Caroline Schwoob explique que certaines races ont des cornes, d'autres pas, que les bovins sont parfois écornées, et que cela réussit plus ou moins bien, ce qui explique que certaines vaches ont des formes de cornes biscornues. Elle en profite pour glisser que si les vaches ne mordent pas, « il faut se méfier des coups de cornes ». Ainsi va la vie… À un élève qui s'inquiète de savoir si les vaches peuvent s'échapper, Caroline Schwoob répond : « Non, elles ne s'échappent pas, elles habitent ici, et nous aussi, nous ne sommes pas très loin ». Elle précise également que « les bovins destinés à l'engraissement ne sortent pas. Ils restent à l'étable, pour bien grossir. Alors que les vaches allaitantes peuvent sortir au printemps et en été. » Une élève s'inquiète de voir l'étable arriver à saturation, s'il y a toujours de nouveaux veaux qui naissent. Caroline Schwoob la rassure en rappelant que certains animaux s'en vont aussi, à l'abattoir notamment, et que d'autres meurent, de vieillesse ou de maladie. Une information qui suscite des interrogations quant aux rituels d'enterrement des vaches : cercueil ou pas, croix ou pas… Caroline Schwoob rétablit la vérité : « Les animaux morts sont ramassés par un équarrisseur et incinérés ». Herbe, foin, ensilage… Devant la mélangeuse, l'agricultrice explique : « C'est une sorte de grand mixeur pour mélanger les aliments des vaches qui sont nourries avec de l'herbe enrubannée, du foin, de l'orge aplatie que nous produisons ». Plus tard, face aux faneuses, elle détaille la différence entre le foin et l'ensilage d'herbe : « Le foin c'est de l'herbe qui est fauchée avec une faucheuse, éparpillée plusieurs fois avec un faneur pour qu'elle sèche bien, remise en andain avec un andaineur avant d'être pressée en balles rondes ou carrées. L'ensilage d'herbe c'est aussi de l'herbe, qui est fauchée, mais qui est moins séchée. On ne passe qu'une fois le faneur et, après avoir été pressées, les bottes sont enfermées dans un film plastique avec une enrubanneuse pour mieux conserver cette herbe plus humide. » Un métier de passionné « Pourquoi vous avez choisi ce métier ? », demande un élève. « Par passion », répond sans hésiter Caroline Schwoob. « Et qu'est-ce que vous préférez dans ce métier ? », interroge un autre. « Le contact avec les animaux », déclare l'éleveuse. « Et vous travaillez beaucoup ? », s'enquiert encore un autre. « Ça dépend des périodes, mais quand il faut récolter les fourrages comme en ce moment, on se lève tôt et on se couche tard. C'est dur mais on aime le faire. Et puis on peut prendre des vacances, comme tout le monde. » « Et vous êtes bien payés ? », sonde un écolier. « C'est un peu compliqué en ce moment », concède l'éleveuse. Éric Schwoob prend alors le relais pour expliquer que le prix de la viande varie en fonction des saisons, de la demande, et qu'en ce moment il est très bas, c'est pourquoi il vend sa viande en direct aux particuliers, boucheries, supermarchés, « sinon, on ne s'en sortirait pas ».

Concours de la race simmental

Ibiza est la plus belle vache du jour

Publié le 05/06/2016

Race mixte par excellence, la simmental a ouvert le défilé des plus belles vaches du département, dimanche 22 mai au festival de l'élevage de Brumath. C'est le Gaec Bernhard à Wœrth qui repart avec le trophée, Ibiza ayant été sacrée grande championne de ce concours.

Pour juger les animaux en concours, Jean Bernhard, président de la race simmental, a fait appel à Thomas Klenk, éleveur dans le Bade-Wurtemberg. Son troupeau de 130 bovins, dont 80 vaches laitières, des simmental naturellement, affiche une moyenne d'étable de 9 000 à 9 500 kg de lait. Il est venu avec son acolyte, Hugo Kurtz. La traduction était assurée par Rémy Bierbaum, technicien Élitest, son collègue, Claude Ettlinger, animateur de la race simmental du Bas-Rhin, assurant le placement des animaux dans le ring. Une seule section de génisses était inscrite au programme. « La gagnante est donc la championne génisse du concours », précise Rémy Bierbaum. « Nous nous sommes décidés pour Jelina, du Gaec Bernhard à Wœrth, une génisse tout en longueur et en harmonie, indique Thomas Klenk. Ein tolles Rind ! » À sa suite, Idole, de l'EARL Herzog à Ettendorf, « très élégante et longue, avec de beaux aplombs. Elle n'est pas aussi bien tondue que la gagnante, c'est pourquoi elle ne paraît pas aussi jolie. » La troisième est Juvamine, du Gaec Bernhard. « Élégante et moderne, elle a un seul défaut, des trayons surnuméraires. » Il y a deux sections de vaches en première lactation. Dans la première, c'est Ibiza, du Gaec Bernhard, qui est sortie du lot. « Grande et longue, elle produit plus de 30 kg de lait. Quand elle aura deux veaux, ce sera une belle vache simmental. » Le juge apprécie sa belle mamelle, compacte et bien implantée. « Les trayons sont suffisamment longs pour favoriser la traite automatisée. » Ces qualités lui valent d'être classée meilleure mamelle jeune vache. La deuxième, Irène, du Gaec de la Source à Wickersheim, a elle aussi une belle mamelle, mais un peu moins harmonieuse que la première : « Son attache avant est un peu trop prononcée. » Cassi, de l'EARL Engel à Buhl, se classe troisième. « C'est une belle vache, très productive, avec un beau bassin, un modèle de vache mixte. Comme elle a vêlé depuis longtemps, sa mamelle est un peu moins en état », souligne le juge. Doublé pour Ibiza Dans la deuxième section, les juges ont eu du mal à sélectionner la plus belle vache dans le duo de tête. Ils ont finalement préféré Huître, de l'EARL Marzolf à Nehwiller-près-Woerth. « C'est une jeune vache très harmonieuse, très longue, avec de beaux aplombs, garants d'une belle longévité. Sa mamelle n'est pas aussi belle mamelle que celle de la deuxième, mais les attaches sont bonnes, ce qui lui vaut cette première place. » La deuxième, Hôtesse, de l'EARL Fichter à Uhrwiller, a une très belle mamelle, longue et équilibrée. Elle est sacrée meilleure mamelle de sa section. « C'est une très belle vache. » En troisième position, Ibiza, de l'EARL Herzog, est une belle vache, très équilibrée, « mais sa mamelle ne peut pas rivaliser avec les deux premières ». Décidément, Ibiza a tapé dans l'œil des juges. Sacrée championne mamelle jeune vache, elle décroche dans la foulée le championnat jeune vache. « C'est la vache la plus en forme de ce quatuor. » Ce choix ravit l'éleveur qui affiche un grand sourire. La championne réserve est Irène, du Gaec de la Source, « une très belle vache avec une superbe mamelle, bien irriguée, mais avec des trayons un peu trop écartés. » Chez les vaches en deuxième lactation, le juge relève un lot de vaches relativement complet, reflet de l'expression de la race. Homelit, de l'EARL Engel, s'arroge la première place. Les qualificatifs ne manquent pas pour la décrire : « Très élégante, très complète, très grande, très fine, elle a une belle profondeur et une mamelle régulière avec quatre beaux trayons ». Une bête en devenir : elle a produit plus de 7 000 litres de lait en première lactation. La deuxième, Harmony, est elle aussi très élégante, très fine. Elle a été sacrée meilleure mamelle de cette section. La troisième est Herasmu, du Gaec de la Source, « une belle vache laitière, très longue, mais avec une mamelle un peu trop pleine ». Thomas Klenk a une mention spéciale pour Hebee, du Gaec Bernhard, « une simmental très en état, la plus « viande » de cette confrontation ». « Des vaches que l'on a plaisir à regarder » Abordant le classement des vaches de trois lactations et plus, le juge ne boude pas son plaisir : « De belles mamelles, de belles pattes… Ce sont des vaches que l'on a plaisir à regarder. » C'est Émeraude, de l'EARL Fichter qui se place en tête de cette section. Elle affiche une moyenne de plus de 9 000 kg. « Elle a aussi la plus belle mamelle de sa section, et ce malgré cinq veaux, une belle performance ! » Gouille, du Gaec Bernhard se classe en deuxième position, suivie de Danoise, de l'EARL Herzog. « Très productive, elle a déjà fait cinq veaux et produit 8 000 kg de lait. » Coup de chapeau du jury à la plus vieille vache de ce concours, Crissy, appartenant à l'EARL Engel. « Bien qu'elle ait fait sept veaux, elle marche encore très bien. C'est toujours sympa d'avoir une telle vache dans son étable, une vache facile à vivre, facile à travailler. » La tension monte d'un cran à l'approche de l'attribution des titres de championnes. Le championnat meilleure mamelle est remporté par Émeraud, fille de Barnum, qui produit régulièrement 9 000 kg de lait et cumule de très bons taux. Elle a eu cinq veaux, mais elle a la plus belle mamelle, la plus équilibrée. « Une mamelle qui aurait encore été mieux mise en valeur si elle avait été mieux tondue », souligne Hugo Kurtz. Cerise sur le gâteau, Émeraud s'arroge aussi le titre de championne adulte. « Si elle revient dans cinq ans, elle sera toujours parmi les meilleures », pronostique le juge. La réserve est Homelit, de l'EARL Engel. Pour briguer le titre de grande championne de ce concours simmental, trois vaches étaient en lice, la championne génisse, la championne jeune vache et la championne vache adulte. C'est Ibiza, fille d'Illuminati, qui remporte le titre. C'est la plus belle vache du jour, selon Thomas Klenk. « Très bien tondue, sa mamelle est bien mise en valeur. Très équilibrée, elle donne une bonne idée de la longévité de cette vache. Un animal vraiment super ! » Le juge prédit un bel avenir à Jelina, du Gaec Bernhard : « C'est à cela qu'une simmental doit ressembler. Mais comme elle n'a pas encore de mamelle, elle ne peut pas être sacrée championne. » Vient ensuite l'heure de choisir le plus beau lot d’ensemble. Le Gaec de la Source Hatt l'emporte sur l'EARL Engel et le Gaec Bernhard. En conclusion, le juge apprécie l'effort consenti par les éleveurs pour mettre en avant leurs animaux malgré le faible prix du lait.

Producteurs de foie gras fermiers d’Alsace

Une filière proche du grand public

Publié le 04/06/2016

L’association Gänzeliesel rassemble les producteurs de foie gras fermiers d’Alsace. Ils se mobilisent pour promouvoir la filière agricole et défendre le patrimoine du foie gras d’Alsace.

L’association Gänzeliesel tenait son assemblée générale lundi 23 mai à la ferme Nonnenmacher à Wœllenheim. Une assemblée générale marquée par un renouvellement à la tête de l'association. Après une quinzaine d'années en tant que président de l'association, Georges Kuntz laisse sa place à Nicolas Lechner, lui-même éleveur et producteur de foie gras en Alsace. Georges Kuntz laisse entre les mains du nouveau président, une association dynamique et engagée dans de nombreux projets. La douzaine d’éleveurs gaveurs transformateurs régionaux pour l’élaboration de foie gras fermier a dressé le bilan de l’année passée.  Le marché de Noël de Strasbourg : une action phare Les producteurs sont conscients de l’importance du marché de Noël tant au niveau promotionnel que commercial. Les chalets sont devenus un rendez-vous annuel avec le grand public. Au total, cinq gaveurs ont tenu un chalet pendant toute la durée du marché. Des animations ont été organisées en soirée avec des dégustations de produits.  Avec l’application de l’état d’urgence, le marché de Noël de Strasbourg n’ayant pas échappé au dispositif de sécurité, la fréquentation était en baisse. Les producteurs seront tout de même présents en 2016, espérant un regain de la fréquentation pour une nouvelle édition à Strasbourg, capitale de Noël. 7e édition du concours du meilleur foie gras d’Alsace Comme chaque année, le concours du meilleur foie gras d’Alsace s’est déroulé en partenariat avec la Fédération des chefs d’Alsace. Présidé par Pascal Bastian, chef 2* Michelin du Cheval Blanc à Lembach, le concours se tenait dans la cave historique des Hospices Civils de Strasbourg. Guillaume Schuller a remporté le concours devant Christophe Pujol, en deuxième place, et Yann Eber, troisième. Sylvain Mang, trésorier de l’association était présent dans l’équipe de jury au côté d’une dizaine de professionnels. Ce partenariat renforce le lien entre la communauté des chefs de la région et les producteurs. Un lien primordial pour le développement de la filière. Des producteurs formés régulièrement Un des piliers de l'association est l'accompagnement de ces membres dans une démarche d'évolution et de formation. Pour cela, en lien avec des professionnels du Sud-Ouest, région phare de la production de foie gras, des formations sont organisées plusieurs fois par an sur des thèmes fortement liés à l'actualité. La dernière formation a permis d'aborder un projet ambitieux de transformation d'aliment animal directement à la ferme. Le but étant d’améliorer l’autonomie protéique des exploitations en utilisant les productions protéagineuses de la ferme comme le soja, la féverole ou le lupin.  L'association possède d'autres moyens de communication comme le site alsacefoiegras.fr qui permet au grand public de connaître les différents points de vente de foie gras fermier d'Alsace. Y figurent également des recettes en ligne, suscitant la gourmandise des visiteurs. Des partenariats permettent à l'association de maintenir une communication tout au long de l'année comme avec l'association pour la promotion des asperges d'Alsace, la Fédération des chefs de cuisine et restaurateurs d'Alsace ou encore Alsace Qualité. Nouvelles normes de biosécurité Dans le Sud-Ouest, une grande partie des élevages d'oies et de canards ont subi l'interdiction d'introduire de nouveaux palmipèdes dans l'exploitation. Le vide sanitaire passé, l'influenza aviaire est censée être derrière les éleveurs, mais de nombreuses mesures de biosécurité vont être mises en place dès juillet. L'année 2016 sera un tournant important pour les conditions sanitaires dans les élevages. À ce jour, aucune aide technique n'est offerte aux éleveurs pour mettre en place le décret de biosécurité. L'association a lancé un appel auprès des responsables politiques pour la mise à disposition d'un technicien dédié au suivi de ces nouvelles normes d'élevage.

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