Cérémonie inaugurale
Les élus dans le ring
Cérémonie inaugurale
Publié le 28/05/2016
Bien que l'heure fût à la fête, les responsables politiques et professionnels n'ont pas pu faire l'impasse sur les difficultés que traverse la filière élevage.
En l'absence du maire de Brumath, Étienne Wolf, c'est son adjoint, Jean-Pierre Jost qui a accueilli les nombreux invités venus assister à l'inauguration du festival de l'élevage. « On voit rarement une si belle brochette d'élus », a-t-il indiqué en leur souhaitant la bienvenue. Jean Bernhard, président de l'Union des syndicats d'élevage du Bas-Rhin, a salué la présence de Pascal Cormery, président de la Caisse centrale de la Mutualité sociale agricole, Frédéric Bierry, président du Conseil départemental du Bas-Rhin, Patrick Bastian, conseiller régional, et de nombreux représentants des organisations professionnelles agricoles. Il a évoqué la crise que traverse l'élevage, une crise économique, mais aussi morale, et déploré les caprices de la météo : après la sécheresse de l'an dernier, les pluies de ce printemps compliquent les chantiers agricoles. À cela s'ajoutent les difficultés de Copvial SA. « Si l'abattoir disparaît, la filière viande risque d'être affaiblie. » Les éleveurs viennent à Brumath pour travailler, se rencontrer, discuter, mais aussi pour faire la fête et apprendre à se connaître, a-t-il ajouté. « C'est ce qui fait que le festival connaît un bel essor ces dernières années, comme le prouve le nombre grandissant de participants. Sous l'impulsion du nouveau président du Syndicat de la race prim'holstein du Bas-Rhin, Jean-François Dintinger, nous avons innové, avec un concours de génisses d'ampleur régionale. Hier soir, 35 jeunes étaient dans le ring pour toiletter leurs animaux. Cela faisait plaisir à voir ! » Jean Bernhard a remercié les nombreux partenaires qui contribuent au succès de cette manifestation : Chambre d'agriculture, Élitest, Costal, Groupama, Crédit Agricole, Crédit Mutuel, L'Est Agricole et Viticole et Radio Liberté, partenaire de longue date. « Nous devons continuer à y croire » S'exprimant au nom des organisations professionnelles agricoles Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, a remercié les élus pour leur présence, et leur soutien au quotidien. Malgré une conjoncture difficile et un manque de visibilité, « nous devons continuer à y croire, a-t-il souligné. Cette journée montre l'unité des éleveurs autour de leur métier, cela nous rassure et nous montre que la filière a de l'avenir. » Pour lui, le succès du plan bâtiment est la meilleure preuve : 130 dossiers ont consommé l'ensemble de l'enveloppe. « Toutes les collectivités doivent faire un effort financier pour répondre aux attentes des éleveurs », a-t-il affirmé. Concernant l'abattoir de Holtzheim, la recherche d'un repreneur suit son cours. « À nous de créer un groupement pour collecter les animaux et garantir la continuité de l'approvisionnement. » En ce qui concerne les pertes financières subies par les éleveurs, Franck Sander a indiqué que tout devait être mis en œuvre pour en réduire l'impact. Les garanties de paiement seront respectées a-t-il assuré. « Même si les temps sont durs, à nous de faire en sorte d'assurer la continuité de la chaîne, du producteur au consommateur. » Patrick Bastian, conseiller régional, reconnaît que le dossier de l'abattoir est de loin le plus délicat. « J'espère qu'on trouvera rapidement un repreneur pour cet outil indispensable pour assurer la pérennité de la filière. La Région sera au côté du repreneur, mais aussi des éleveurs qui ont subi des pertes financières. » Le Conseil régional a signé un pacte sur la ruralité, autour de plusieurs axes : le haut débit, un chantier qui est en train de démarrer ; les céréales, avec les investissements qui seront réalisés dans le port de Metz ; les circuits courts ; l'installation des jeunes. « 2016 a été l'addition des budgets régionaux. En 2017, nous irons vers une convergence pour insuffler du dynamisme à cette grande région agricole. » Concernant le plan bâtiment Patrick Bastian s'est félicité qu'il y ait encore une envie d'investir. « La Région s'efforcera de régler les dossiers les plus urgents. » L'agriculture fait partie de l'ADN de l'Alsace, a affirmé Frédéric Bierry. « Nos compétences ont changé, nous n'avons plus le droit d'aider l'agriculture en direct. Nous souhaitons continuer à soutenir la Chambre d'agriculture dans ses projets, nous trouverons les moyens d'être vos partenaires malgré un contexte budgétaire différent. Nous avons la chance d'avoir des jeunes qui veulent investir, qui y croient, nous trouverons des solutions pour être à leurs côtés. » Tous les partenaires doivent se serrer les coudes pour trouver une solution pérenne pour l'abattoir, a-t-il déclaré en ajoutant : « La filière agroalimentaire alsacienne est géniale. Nous avons des producteurs de talent, des professionnels des métiers de bouche de haut niveau, des industries agroalimentaires dynamiques. Il faut tout faire pour continuer à soutenir cette dynamique partenariale. »












