Élevage

Après la reprise de l’abattoir par Jean-Paul Bigard

Reconstruire une coopération forte en Alsace

Publié le 06/07/2016

« Nous avons besoin de votre confiance. » C’est le message qu’a martelé Jean-Paul Bastian, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, en ouvrant la réunion d’information de vendredi dernier à Schiltigheim, après l’annonce de la reprise de l’abattoir de Holtzheim par le groupe Bigard.

« Cette réunion est un point d’étape, pour faire le bilan et se projeter dans l’avenir. Nous sommes conscients du séisme financier, de la perte de confiance, de la peur de l’avenir que cette affaire a provoqués. Notre rôle de responsables professionnels est d’être à vos côtés pour gérer ce dossier extrêmement délicat. » Jean-Paul Bastian l’avoue, c’est le dossier le plus compliqué de toute sa carrière. Mais, prévient-il, « le sauvetage de l’abattoir n’est qu’une étape. Nous avons besoin d’unité pour nous en sortir. » Un constat s’impose : le liquidateur judiciaire, Me Weil, a tenu ses engagements. « Tous les animaux livrés jusqu’à aujourd’hui seront payés à J + 10. Les animaux livrés à partir de lundi seront payés par Bigard », précise Jean-Paul Bastian. Il faut maintenant organiser l’avenir. « Nous avons fixé un ordre de priorités. » La première était de continuer à faire fonctionner l’abattoir. Jean-Paul Bastian a remercié les éleveurs qui ont accepté de livrer leurs animaux, les techniciens qui se sont occupés de la collecte. La baisse d’activité a été limitée à 10 %, les ventes se sont poursuivies et les stocks ont été résorbés. « Cela nous a permis de continuer à travailler sur ce dossier. » Le nouveau patron est arrivé La deuxième priorité était de trouver un repreneur. Si plusieurs personnes se sont intéressées au dossier, en particulier Thierry Schweitzer, une seule a déposé une offre, Jean-Paul Bigard. « C’est sans nul doute la reprise de l’abattoir par un grand groupe qui est la solution la plus viable, car il faudra avoir les reins solides financièrement. » Cette affaire a un goût de déjà-vu : le groupe Bigard était partie prenante dans la construction de l’abattoir et, il y a quelques années, il a été approché par Copvial pour un éventuel partenariat. Jean-Paul Bigard a accompagné son offre de reprise à l’euro symbolique d’un engagement de poursuivre l’abattage des porcs et des bovins et d’injecter 15 millions d’euros (M€) dans la modernisation de l’outil. Ses objectifs sont d’abattre 3 000 cochons et 500 bovins par semaine et de rapatrier progressivement ses trois sites de découpe de Strasbourg, Sélestat et Sarrebourg à Holtzheim. « À terme, quand tout sera opérationnel, il devrait y avoir 160 salariés à Holtzheim. » Vu l’onde de choc engendrée par cette affaire, il était difficile de demander aux éleveurs de s’engager par écrit à continuer à approvisionner l’abattoir et Jean-Paul Bigard n’a pas posé cette exigence. « Mais nous nous sommes engagés à ce que les éleveurs jouent le jeu. » L’abattoir est à présent géré par Socopa, filiale du groupe Bigard, et dirigé par le directeur de l’abattoir de Metz, arrivé sur le site la semaine dernière. « Nous allons le rencontrer dans les prochains jours », indique Jean-Paul Bastian. Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, ajoute : « Imaginez-vous s’il n’y avait plus d’abattoir ! Il fallait tout faire pour assurer la pérennité de l’abattoir et garantir l’avenir de la filière, notamment de l’élevage de porcs. Pour qu’une exploitation puisse investir, se développer, installer un jeune, si le marché le permet, il faut offrir des perspectives. » Ces perspectives sont des plus encourageantes : le groupe Bigard est le premier transformateur de viande en France et il détient le plus de labels rouges en viande… Son homologue de la FDSEA du Haut-Rhin, Denis Nass, ajoute : « Nous voulons construire ensemble une filière viande avec des fondations solides. Mais si vous avez des questions plus personnelles, il ne faut pas hésiter à échanger avec vos responsables professionnels, vos comptables, vos banquiers. » « À l’initiative du groupe jeunes, les éleveurs de porcs ont décidé la semaine dernière de faire confiance au groupe Bigard », indique Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin. Pour lui, le développement de la filière viande repose sur le maintien d’un outil de proximité. Il a remercié le Comptoir agricole qui a consenti un effort important pour permettre de construire l’avenir. « Nous avons accompagné les difficultés de Copvial il y a sept ans pour permettre à l’élevage alsacien de conserver un outil d’abattage et de développer sa production, rappelle Marc Moser, président du Comptoir agricole. Cela n’a pas suffi et les partenaires de la SCI ont fait un effort considérable pour soutenir cette filière en difficulté. » Un éleveur s’est inquiété du devenir des parts sociales souscrites par les éleveurs auprès de la coopérative Copvial. « Une entreprise ne peut pas rembourser des parts sociales si elle a un capital négatif, explique Jean-Paul Bastian. Depuis lundi, Copvial n’existe plus. Il faudra créer une nouvelle organisation de producteurs et choisir de nouveaux représentants. » La reprise du centre d’allotement de Brumath se pose aussi car on aura besoin d’un tel outil pour bien fonctionner, indique Denis Fend, directeur général de la coopérative. « Cloé est notre future structure aval » La priorité actuelle est de mettre en place une nouvelle organisation pour assurer la collecte et la commercialisation des animaux à Socopa, poursuit Denis Fend. Socopa poursuivra l’abattage de bovins et de porcs sur le site de Holtzheim et achètera les animaux à Cloé qui s’appuiera sur les coopératives de base pour les relations avec les éleveurs. « Concrètement, cela signifie la création d’une section élevage au sein du Comptoir agricole et de la Coopérative agricole de céréales (CAC) et, dans la foulée, l’adhésion des deux coopératives à Cloé », explique Denis Fend. Mais il n’est pas exclu que le Comptoir agricole gère l’activité porc en direct car Cloé, spécialisée dans les bovins, n’a pas de réseau en porcins. Cloé s’occupe du planning des animaux, des annonces, du transport, de l’allotement et des ventes aux abattoirs régionaux, et même au-delà selon les débouchés. Les animaux sont payés à la coopérative régionale (Comptoir agricole ou CAC) qui se charge de la rémunération de ses adhérents. Les coopératives de base s’occupent des techniciens et de l’animation du groupement. Les interlocuteurs des éleveurs seront donc les techniciens des coopératives. « Nous devrons obtenir un agrément de collecteur et un agrément de groupement de producteurs. Mais pour cela, nous devons attendre que la liquidation de la coopérative soit prononcée. » Reste la question des services. « La vente d’aliments humides pour les porcs a déjà été reprise par Lorial. Et nous pouvons assurer la vente de matériel d’élevage », précise Denis Fend. Il faudra aussi veiller à la continuité des prestations vétérinaires, en reprenant l’agrément PSE (Programme sanitaire d’élevage). Le Comptoir agricole propose d’appliquer à l’élevage le même schéma que pour le houblon ou la pomme de terre, en créant une commission élevage où toutes les productions animales seront représentées. Mais attention, prévient Denis Fend, « chaque filière doit assurer son équilibre financier et les comptes seront présentés en toute transparence. » Marc Moser ne le cache pas, les débats étaient assez houleux au sein du conseil d’administration de la coopérative, qu’il s’agisse de l’abandon des créances de la SCI ou du rôle que peut jouer le Comptoir agricole au sein de l’élevage alsacien. « Le schéma lorrain fonctionne bien, nous avons décidé de le copier. » En s’appuyant sur le premier transformateur français de viande, l’union de commercialisation Cloé, le sérieux des coopératives céréalières, l’élevage alsacien a encore de belles années devant lui, estime le président du Comptoir agricole. Le vice-président de la CAC, Jean-Michel Habig, est sur la même longueur d’onde. « Nous sommes prêts à accompagner les éleveurs, dans le Haut-Rhin comme dans le Bas-Rhin. Le projet n’est pas totalement finalisé, il faut encore l’améliorer, en s’inspirant d’une méthodologie qui a fait ses preuves. Un gros travail a été fait pour maintenir l’abattoir, à vous de voir ce que vous voulez en faire. » À l’avenir, prévient Jean-Paul Bastian, il faudra que les éleveurs s’engagent, fassent vivre les organisations de producteurs, représentent les producteurs au sein de Cloé. « Nous allons nous bagarrer jusqu’au bout » « Il y a encore beaucoup de choses à régler, poursuit Franck Sander. Tout au long de l’été, nous continuerons à nous voir, à discuter, pour faire avancer les dossiers et reconstruire l’avenir. » Et bien sûr trouver une solution au problème des créances des éleveurs. Elles seraient de l’ordre de 2 M€, dont la moitié concernerait les producteurs de porcs. « Je comprends que les éleveurs qui ont des impayés importants soient préoccupés. Mais les choses ne sont pas calées. Nous avons un certain nombre d’engagements et nous avons besoin de confiance réciproque », affirme Jean-Paul Bastian. L’ensemble des responsables agricoles se mobilisent pour permettre aux éleveurs concernés de passer le cap. Il faut actionner tous les leviers, les pistes les plus sérieuses étant l’État et la Région. « Le président, Philippe Richert, a dit qu’il ne laissera pas tomber les éleveurs », rappelle Jean-Paul Bastian. Il espère que le Conseil départemental soutiendra lui aussi la filière, même s’il n’a plus la compétence économique. En attendant, un financement transitoire a été négocié avec les banques. Trente producteurs ont des créances importantes, précise-t-il. « Il faudra trouver une solution pour chaque cas. Aucun producteur ne doit être obligé d’arrêter son exploitation à cause de ces impayés. » Pour compléter ce dispositif, la création d’un fonds de solidarité professionnelle est même envisagée. « Je peux comprendre l’inquiétude des éleveurs, dans un contexte où les trésoreries sont au plus mal, ajoute Denis Nass. Mais nous avons réussi à sauvegarder l’abattoir, les éleveurs ont accepté de continuer à livrer et la structuration de la collecte est en cours. Nous allons nous bagarrer jusqu’au bout. » Bruno Colin a fait passer un message : « Nous avons connu une expérience similaire à la vôtre, il y a quelques années en Lorraine, et nous avons trouvé une solution car tout le monde a adhéré au projet. Vous n’y arriverez que si vous partez tous ensemble. Il faut préserver l’unité des éleveurs. »

Bruno Colin, président de Cloé

Organiser la collecte des animaux alsaciens

Publié le 06/07/2016

Producteur de lait et de viande bovine en Meurthe-et-Moselle, Bruno Colin est vice-président de la Coopérative agricole de Lorraine (CAL) et préside l’union de commercialisation Cloé. Lors de la réunion du 1er juillet à Schiltigheim, il a expliqué pourquoi Cloé est intervenue auprès de Copvial et comment il envisage l’avenir.

« Nous avons vécu exactement la même situation en Lorraine, il y a quelques années, explique Bruno Colin. Il y avait dans chaque département une coopérative spécialisée impliquée dans l’aval. Deux d’entre elles n’ont pas survécu. » CAPV et CAPVL ont décidé en 2002 de créer une union commerciale pour travailler sur la convergence commerciale et technique. « En 2008-2009, CAPV (Moselle) a traversé les mêmes difficultés que vous » : elle a investi dans un abattoir à Sarreguemines et perdu 18 millions d’euros (M€). La coopérative céréalière Lorca a alors décidé de créer une section d’élevage ; 95 % des éleveurs y ont adhéré. « Nous nous sommes ensuite rapprochés de la CAL. » Sur les quatre départements lorrains, Cloé travaille avec plusieurs abattoirs : Metz, Verdun, Sarrebourg (groupe Bigard) et Mirecourt (Elivia). « Nous gérons la logistique ; les deux centres d’allotement, qui appartiennent à nos coopératives de base, nous permettent d’alloter les femelles, les broutards et les animaux vifs. » Depuis 2012, Cloé s’est spécialisée dans les bovins et réalise 65 M€ de chiffre d’affaires. Les coopératives de base (CAL et Lorca) gèrent les relations avec les adhérents et sont reconnues comme organisations de producteurs, Cloé s’occupant de la relation aval. L’abattage des animaux constitue le gros de l’activité. « Nous avons aussi une activité broutards, veaux et reproducteurs. » Avec 19 000 jeunes bovins, 5 000 génisses, 1 000 bœufs et 8 500 vaches, Cloé fait environ le double de l’activité de Copvial. 60 % des animaux vont sur la Lorraine, 40 % hors région. « Bigard constitue 34 % de nos débouchés, indique Bruno Colin. Il est connu pour être dur dans les négociations, mais il sait s’adapter au marché. Il est reconnu par ses pairs européens pour son excellence. Il saura vendre de la viande et de la charcuterie en Alsace. » Concrètement, comment cela va-t-il se passer ? « Cloé organise le transport, la logistique et la commercialisation des animaux. Les éleveurs nous présentent les stocks tous les vendredis, nous enlevons les animaux la semaine suivante. En fin de semaine, nous gérons la facturation et payons les éleveurs le vendredi suivant. Nous payons à 18-19 jours, alors que les abattoirs paient à 21 jours. C’est ce que nous vous proposerons dès lundi matin. Dans un avenir proche, nous espérons travailler avec une ou plusieurs coopératives, qui assureront la relation adhérent. » Cloé est une structure légère - elle emploie 15 salariés - afin de travailler au moindre coût. « La fonction technique et développement est assurée par Cloé qui connaît les attentes du marché. » Elle est intervenue auprès des éleveurs alsaciens pour commercialiser tous les animaux pour le compte de l’administrateur judiciaire et les approvisionner en broutards ou en veaux de 8 jours. Il ne lui a fallu que quelques jours pour organiser la collecte des animaux en Alsace, avec une méthode très proche de celle de Copvial. Il y a sur le territoire national 52 coopératives et 3 000 négociants. Avec un tiers de parts de marché, Cloé se situe dans la moyenne nationale de la coopération. « Dans le Grand Est, il y a 200 négociants face à Cloé, Copvial hier et EMC2 élevage, explique Bruno Colin. Cloé est le premier apporteur de l’abattoir de Mirecourt et le deuxième de l’abattoir de Metz. Ce qui est déterminant, c’est de produire en fonction des besoins du marché. De ce point de vue, l’Alsace, avec ses nombreux consommateurs, a une vraie carte à jouer.. »

Abattoir de Holtzheim

Le groupe Bigard emporte le morceau

Publié le 30/06/2016

L'offre de reprise de l'abattoir de Holtzheim présentée mardi dernier par le groupe Bigard a été acceptée par le tribunal de grande instance de Strasbourg. Après avoir traversé une grande tourmente, l'avenir de cet outil est donc scellé, le nouveau propriétaire évoquant même des perspectives de développement. Reste aux producteurs à s'organiser.

L'heure était au soulagement, à l'issue de l'audience au palais de justice de Strasbourg. « Soulagement, car il y aura encore une filière locale de production demain », a indiqué Laurent Ulrich, éleveur de porc à Kleinfrankenheim. Jean-Paul Bigard, patron du groupe Bigard, et son fils Mathieu ont fait le déplacement à Strasbourg, en compagnie de leurs avocats, pour plaider leur dossier devant la juge de la chambre commerciale du tribunal de grande instance. À leur côté, Jean-Paul Bastian, vice-président de la Chambre d'agriculture d'Alsace, Franck Sander, président, et Patrick Bastian, vice-président de la FDSEA du Bas-Rhin et conseiller régional, Laurent Ulrich, responsable du groupe porc, Mathieu Schneider, porte-parole des éleveurs de porc chez les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, et Laurent Klein, éleveur de porc à Griesheim-sur-Souffel. « C'était une demande de l'administrateur judiciaire, Me Claude-Maxime Weil, pour témoigner de la volonté des éleveurs alsaciens d'assurer la poursuite d'une activité d'abattage dans la région », indique Frank Sander. La juge les a entendus : elle a validé l'offre de reprise de l'abattoir de Holtzheim (terrains et bâtiments) par le groupe Bigard, au prix d'1 € symbolique. Le nouveau propriétaire prendra possession des lieux le 4 juillet prochain. Optimiser l'outil Démarrer petit pour grandir vite, telle est l'ambition de Jean-Paul Bigard. D'ici deux ans au plus tard, il veut arriver à une cadence de 3 000 porcs et de 400 à 500 bovins par semaine, à comparer avec la production d'avant la crise, qui était de 2 000 à 2 500 porcs et de 150 à 200 bovins. « L'abattoir devrait atteindre rapidement sa pleine capacité qui est de 30 000 tonnes », estime Patrick Bastian, le patron du groupe Bigard n'ayant pas souhaité s'exprimer devant la presse. « Le nouveau patron veut démarrer à bas régime, et même arrêter certaines chaînes pour les moderniser. Si tout se passe bien, d'ici deux ans, le nombre de salariés devrait être équivalent à celui d'aujourd'hui. » En attendant, le groupe Bigard a annoncé son intention de recentrer son activité sur le site de Holtzheim, en rapatriant notamment les activités de sa filiale ABG, basée au marché gare de Strasbourg et spécialisée dans la découpe de viande de porc. « Il veut aller plus loin dans la découpe, précise Patrick Bastian. Selon son avocate, il a même l'intention de construire un nouveau bâtiment sur le site. » « Nous ne lui avons pas déroulé le tapis rouge, précise Laurent Ulrich avec son franc-parler habituel. Mais ce sera pour nous un nouveau partenaire. » « Il ne nous a pas demandés d'engagement écrit, il nous fait confiance », insiste Franck Sander. Dans l'intérêt des éleveurs, des salariés et de la filière viande locale, tout a été mis en œuvre pour que le groupe Bigard puisse reprendre l'abattoir, souligne Franck Sander. « Tous les partenaires du monde agricole se sont montrés raisonnables et certains, comme les membres de la SCI Synergie, ont accepté de faire d'importantes concessions, en cédant les 4 hectares de terrains et les bâtiments pour l'euro symbolique. » L'enjeu, il est vrai, était de taille : la disparition de l'outil aurait sonné le glas de la production locale, estime Frank Sander. « Il n'y aurait plus eu de filière courte. C'est encore plus vrai pour la viande de porc, l'abattoir le plus proche se situant à Orléans. Avec la reprise par le groupe Bigard qui a clairement exprimé sa volonté d'investir dans cet outil, tous les éleveurs alsaciens pourront envisager de se développer. » Patrick Bastian ajoute : « La commune de Holtzheim et le Conseil régional d'Alsace ont investi beaucoup d'argent dans cet outil, c'était important d'assurer sa pérennité. Philippe Richert, président de la Région Grand Est, et son vice-président, Philippe Mangin, ont demandé personnellement à Jean-Paul Bigard de venir étudier le dossier. Sinon, il n'y aurait pas eu de repreneur. » « La dette des éleveurs, c'est le sujet majeur » La prochaine étape consiste à trouver une solution pour les éleveurs qui ont essuyé des pertes financières suite au dépôt de bilan de Copvial SA. « Le président de Région s'est engagé à venir en aide aux éleveurs, même si les modalités de ce soutien n'ont pas encore été arrêtées », indique Patrick Bastian. « Les collectivités territoriales veulent nous aider à trouver une solution », poursuit Mathieu Schneider. Outre le soutien de la Région, nous avons obtenu celui du Conseil départemental du Bas-Rhin. Et Robert Herrmann, président de Strasbourg Eurométropole, nous a affirmé lors de l'opération La Ferme en ville qu'il se sentait très concerné par ce dossier, d'autant que l'abattoir se trouve sur le territoire eurométropolitain. C'est le moment de démontrer qu'au-delà des discours, le « manger local » est une vraie préoccupation des élus locaux. » « La dette des éleveurs est notre préoccupation majeure, confirme Franck Sander. Nous avons obtenu que les banques accordent des prêts à court terme, à un taux d'intérêt très faible, aux éleveurs concernés pour nous permettre de trouver des solutions. Nous consacrerons l'été au règlement de ce dossier. » Laurent Ulrich précise : « Pour les éleveurs de porc, l'ardoise correspond à un mois de production. Dans la conjoncture actuelle, c'est juste pas possible. » Un autre chantier s'ouvre aux responsables professionnels pour garantir la pérennité des élevages alsaciens. Il s'agit de structurer durablement la collecte des animaux. De fait, les adhérents de Copvial n'ont pas attendu le dépôt de bilan de la coopérative, intervenu le 27 juin, pour s'organiser. Ils se sont rapprochés de l'union de commercialisation Cloé, en Lorraine, pour assurer la continuité de l'activité de collecte. Rendez-vous vendredi 1er juillet à Schiltigheim La phase suivante consistera à créer, au sein du Comptoir agricole, une section élevage qui reprendra certaines prestations assurées jusqu'ici par Copvial, comme le conseil, la vente d'aliments, l'achat de broutards. C'est cette structure qui sera l'interlocuteur de Cloé, à l'avenir. Pour faire le point sur l'ensemble de la situation, une réunion d'information est organisée ce vendredi 1er juillet à 20 heures à la Maison de l'agriculture de Schiltigheim, à l'invitation de la FRSEA, des Jeunes Agriculteurs et de la Chambre d'agriculture d'Alsace. En présence de Bruno Collin, président de l'union de coopératives Cloé, les modalités pratiques de la poursuite de l'activité de collecte, d'abattage et de paiement des animaux seront présentées aux éleveurs. De son côté, le Comptoir agricole en dira plus sur la création de la section élevage.

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