Élevage

Jeunes Agriculteurs. Cantons de Sélestat, Marckolsheim et Benfeld

La viande en vedette

Publié le 08/08/2016

Un an après la finale départementale de labour, les Jeunes Agriculteurs du canton de Sélestat donnent à nouveau rendez-vous au public à Ebersheim, le dimanche 31 juillet. Cette fois-ci, cela se passera sur la ferme de l’EARL de l’Aubach, au Rischmattweg.

À l’occasion de la finale intercantonale de labour, Claudine et Frédéric Ott accueilleront le public sur leur ferme, tournée vers la polyculture et l’élevage. Côté cultures, le couple exploite 160 ha, dont 85 ha de maïs, 30 ha de blé, 25 ha de betteraves sucrières, 19 ha de prairies, sans oublier 1 ha de « gel des terres ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que les rendements ne seront pas au rendez-vous, cette année, dans ce secteur qui a subi de graves inondations. « Pour le blé, les résultats sont catastrophiques dans le secteur d’Ebersheim. Les parcelles ont souffert de l’excès d’eau et du manque de chaleur à la floraison, ce qui a ralenti la photosynthèse, et les grains ne se sont pas remplis correctement. Au final, un rendement de 35 q/ha, avec un poids spécifique de 62. C’est un record… dans le mauvais sens ! » Conséquence, 70 % de la récolte a été déclassée en blé fourrager. Cela ne s’annonce guère mieux pour les betteraves : après trois orages successifs, les fossés ont débordé et l’eau a envahi les parcelles. Certaines betteraves ont péri, d’autres n’ont pas poussé. Et le maïs ne se présente pas mieux, bien qu’il soit irrigué. « On sort de trois années difficiles et on aurait eu bien besoin d’une bonne année pour renflouer les trésoreries. Mais cette année est la pire de toutes, d’autant que les prix des céréales sont au plus bas. » Côté viande, « nous faisons de l’engraissement. Nous achetons une centaine de veaux de 8 jours prim’holstein et 120 broutards ». Ces animaux sont abrités dans deux bâtiments, dont l’ancienne étable laitière construite en 1977. « Nous avons arrêté la production laitière en 2014, parce que nous manquions de main-d’œuvre et qu’il aurait fallu investir dans une nouvelle salle de traite. » Le bâtiment a donc été entièrement réaménagé pour accueillir 120 places de jeunes bovins. « C’est la troisième fois que ce bâtiment subit des modifications », souligne Claudine Ott. À l’origine, c’était un hangar de stockage ; il a été transformé en étable laitière avec aire paillée, puis équipé de logettes paillées, et enfin réaménagé en bâtiment JB, avec système en pente. Le deuxième bâtiment est équipé d’un système de raclage sous l’auge. L’alimentation est réalisée une fois par jour à l’aide d’une mélangeuse, avec une ration à base de maïs, de pulpe de betterave et de foin. Le paillage se fait également à la machine. Les animaux sont livrés à Cloé et à Socobeval. « Cette filière aussi traverse une crise grave », précise Frédéric Ott. Pour autant, c’est avec joie que la famille Ott-Rohmer accueillera les visiteurs, dimanche 31 juillet. De nombreuses animations sont au programme, indique Johanna Trau, présidente des JA du canton de Sélestat, canton qui compte une trentaine de membres. Comme l’an dernier, il y aura un bar à lait version plage, où seront servis des cocktails avec et sans alcool. Des panneaux d’information permettront aux visiteurs de se familiariser avec la production de viande bovine et de lait. Une miniferme sera installée sur place à l’intention des enfants, qui pourront également profiter du château gonflable ou participer à un gymkhana de tracteurs à pédale. Une exposition de machines agricoles est également prévue. Enfin, 15 à 25 laboureurs des trois cantons de Sélestat, Marckolsheim et Benfeld devraient s’affronter sur une parcelle voisine.

Canton de Geispolsheim

En compagnie des vaches…

Publié le 08/08/2016

Les JA du canton de Geispolsheim invitent le public dimanche 31 juillet à leur journée portes ouvertes à la ferme du Mittelegert à Lipsheim, avec des animations autour de la filière lait et le traditionnel concours de labour.

Dans le canton de Geispolsheim, ils étaient 44 producteurs de lait dans les années 1950. Gérard Muller est l’un des cinq derniers à avoir perpétué cette production. En volume, il fait trois plus que les 44 producteurs réunis, précise-t-il. « Si on continue à élever des vaches, c’est qu’on aime ça », ajoute son épouse Jeanine, salariée de la ferme. En 2006, ils ont créé la SCEA du Mittelegert, dédiée au lait, en s’associant avec Pascal Kern d’Ichtrazheim et travaillent sous contrat avec Alsace Lait. Sur 120 hectares, Gérard Muller cultive du maïs, du blé et des betteraves, ainsi que de l’herbe pour le fourrage des animaux, - il assure les deux tiers de la production, le reste étant produit par son associé. La famille a investi dans deux nouveaux robots de traite, un tank à lait et un système d’alimentation sur tapis. Le premier robot date de 2013, « c’est vraiment bien et sans regrets » souligne Jeanine. Ils ont fait ces investissements en perspective de la sortie des quotas, « pour augmenter leur production », mais pour l’instant, cela reste en suspens. « C’est aussi pour notre fils Arthur » : déjà bien impliqué sur l’exploitation, il passera son bac l’année prochaine. La production annuelle est de 800 000 litres soit une moyenne d’un peu plus de 2 000 litres par jour. Le troupeau, essentiellement composé de prim’holstein, s’élève actuellement à 186 bêtes. Gymkhana, concours de labour C’est le père de Gérard Muller qui a réalisé la sortie d’exploitation sur le site actuel en 1968, Gérard Muller s’étant installé en 1985. Au fil des ans, ils ont agrandi les bâtiments, en ont ajouté de nouveaux, dont deux sont pourvus de panneaux photovoltaïques, sur une surface de 1 500 m2. Ces évolutions, bien visibles sur les quelque 4 000 m2 de surface, le public pourra les découvrir lors de la journée portes ouvertes des JA du canton, le 31 juillet. Édouard Fischer, le nouveau président de ce canton qui compte une quinzaine de membres actifs, est éleveur de poules pondeuses en plein air à Lingolsheim, 7 000 au total. Il travaille sous contrat avec le magasin collectif Hop’la. Il propose également des prestations de semis et de récolte. « La moissonneuse sur chenilles a été très sollicitée cette année, avec les inondations », note le président. Outre la découverte de cet élevage laitier, le public pourra profiter du marché de producteurs et découvrir les méthodes de compostage grâce à des panneaux explicatifs. Gérard Muller a en effet développé une valorisation des déchets verts, en partenariat avec la commune. Le public pourra également admirer les derniers modèles de machines agricoles, essayer de deviner le poids d’un veau pour remporter la tombola ou faire du gymkhana. Quant au concours de labour, organisé cette année en partenariat avec les JA du canton d’Erstein, il devrait attirer une demi-douzaine de participants. Pour la restauration, les Jeunes Agriculteurs proposent de l’échine de porc, accompagnée de salade de pomme de terre et des grillades. La journée sera clôturée par les traditionnelles tartes flambées. Édouard Fischer et la famille Muller espèrent attirer des visiteurs de la commune et des villages alentour, pour « leur montrer ce qui se fait dans la ferme » et partager leur attachement à leur métier d’éleveur… laitier !

Publié le 03/08/2016

Pour un concours interraces, c’était un concours interraces : brunes des Alpes et jersiaises se sont mêlées aux prim’holstein, dimanche dernier à Lorentzen. Et des Lorrains aux Alsaciens… Une grande première !

L’élevage était en fête, dimanche 31 juillet à Lorentzen. Comme l’ancien président du syndicat interraces d’Alsace Bossue, Edwin Bauer, se plaît à le dire, le bonheur était dans le pré. Côté organisation, l’équipe du nouveau président, Thomas Strohm, a fait du bon travail. Côté restauration, les Jeunes Agriculteurs d’Alsace Bossue ont eu fort à faire pour satisfaire tous les appétits. Enfin, côté public, il y avait beaucoup de monde autour du ring lors du défilé des animaux, et surtout lors de la présentation des veaux par les enfants, un spectacle qui fait toujours recette. Sur le ring, pas question de voir la vie en noir et blanc ! Cette année, le spectacle était haut en couleur, avec des brunes des Alpes, une race très présente en Côte d’Or caractérisée par des vaches de grande taille à la robe gris souris, et des jersiaises, des vaches de petite taille, à la robe fauve, au mufle ardoisé et aux onglons noirs. Deux races très laitières, appréciées pour la richesse en protéines de leur lait, un atout de poids pour la transformation fromagère, a expliqué Roland Wokal, qui animait le concours interraces. Quant à la prim’holstein, plus besoin de la présenter ! Le juge venait droit de Côte d’Or. « Je suis heureux de juger votre comice », a déclaré Loïc Doudeau, technicien chez Prim’Holstein France. Dans la première section des génisses, il a mis en avant les atouts de Laika, du Gaec du Vieux Moulin-Muller à Hirschland, un bon carré de bassin, une épaule bien dessinée. « Cet animal se démarque des autres par son déplacement. » Dans la deuxième section, Loïc Doudeau a classé Rado-Labich, du Gaec du Bitscherberg à Volmunster, en pole position. « Elle m’a plu d’emblée parce qu’elle est très homogène. Elle a un très bon dessus et un bon agencement de bassin. » C’est cette dernière qui remporte le championnat génisses. « Une génisse doit avoir de la puissance, de l’avant-main, car elle est sollicitée en premier veau. » Rado-Labich possède tout cela ! Elle a aussi des membres de qualité, une ossature fine, un angle de jarret favorable. Sans oublier la qualité de sa locomotion. Chez les vaches en première lactation, le quarté gagnant était le 11, 12, 13, 14. « Si j’avais voulu le faire, je n’y serais pas arrivé », a relevé le juge avec humour. Jessica, du Gaec Dintinger à Weislingen, se classe première, par la solidité dans son dessus, sa puissance et la qualité de ses membres. Qualité du ligament, équilibre de la mamelle, deux atouts qui lui valent d’être élue meilleure mamelle de sa section. Chez les vaches en deuxième lactation, Hanna, du Gaec Strohm à Domfessel, a séduit le juge par la qualité de son attache avant, l’implantation de ses trayons adaptée à tous les systèmes de traite. « Elle a beaucoup de caractère laitier », souligne Loïc Doudeau. Ce qui lui vaut d’être sacrée championne jeune vache et meilleure mamelle jeune vache. Chez les vaches en troisième lactation, c’est Corneli qui arrive en tête. Impressionnante par ses dimensions, elle se distingue par la profondeur de son avant-corps, son très beau dessus, son bassin bien fait, la netteté de son jarret. Le juge a aimé son attache avant soudée au corps et son aisance dans le déplacement. Malgré son âge - elle est née en décembre 2007 et en est à sa sixième lactation -, elle présente un bel état de conservation. Et sa production est à l’avenant : elle a produit 11 056 kg de lait en 305 jours durant sa cinquième lactation, avec un TB de 37,4 et un TA de 34,1. Ces qualités lui valent de remporter le titre de grande championne de ce concours, devant ses plus jeunes concurrentes. « Les beaux jours reviendront » Dans la foulée, Justine Masserand de Baerendorf a animé la présentation des veaux. Trois groupes de jeunes ont participé à cette animation qui suscite un véritable engouement dans les fermes. Emma (8 ans) et Victor (4 ans), du Gaec du Vieux Moulin à Hirschland, ont présenté Météo, un veau né le 15 juin dernier. « De la météo, on pourrait en parler, cette année », s’est exclamée Emma. Ce veau a de qui tenir : sa mère s’appelle Eau et son père Iznogoud. Cela ne s’invente pas ! Le Gaec de l’Arc-en-Ciel, de Petit Rederching en Moselle, a fait sensation avec ses deux veaux, Miss Red et Mikita, présentés par un quatuor de choc, Elsa et Julien (6 ans), Léo (4 ans) et Louis (3 ans), qui a bien amusé la galerie… Puis Météor était de retour, présenté cette fois par Florian (7 ans) et Célia (3 ans), de l’EARL de la Honau à Keskastel. « Ces enfants nous mettent du baume au cœur dans cette période difficile », a souligné Véronique Klein, vice-présidente de la Chambre d'agriculture d’Alsace. L’heure était aux discours. Thomas Strohm a regretté l’annulation du concours de la race limousine, faute de participants. Il a remercié bénévoles et partenaires qui ont contribué au bon déroulement de ce concours et invité le public à la finale cantonale de labour qui se déroulera le dimanche 14 août à Butten, chez Jean-Philippe Weinstein et Rémy Gilgert. Pour son dernier discours, le président sortant, Edwin Bauer, a rappelé qu’il a pris la présidence du syndicat interraces d’Alsace Bossue en 1980, à une époque où tous les concours locaux ont fusionné avec le concours départemental, sauf celui de Lorentzen qui fait de la résistance… « Même en rêve, je n’aurais pas osé y croire ! » Le député Patrick Hetzel a souligné l’ampleur des difficultés que traverse actuellement l’agriculture, difficultés conjoncturelles mais aussi structurelles. « C’est d’autant plus préoccupant que l’agriculture est essentielle et stratégique pour notre développement économique. » Véronique Klein se réjouit que de jeunes éleveurs d’Alsace Bossue prennent le relais, aussi bien dans le syndicat de la race prim’holstein, avec Jean François Dintinger, que dans le syndicat interraces d’Alsace Bossue, avec Thomas Strohm. « Cette année est particulièrement difficile pour toutes les productions, mais l’élevage est touché à cœur, surtout en Alsace Bossue où cette production est primordiale. La Chambre d'agriculture et la FDSEA seront à vos côtés pour vous soutenir en cette période de crise. Il faut garder le moral, les beaux jours reviendront pour l’élevage et les autres filières. »

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