Jeunes Agriculteurs. Canton de Truchtersheim
Ferme Saint-Ulrich : du pis au pot
Jeunes Agriculteurs. Canton de Truchtersheim
Publié le 08/08/2016
Dans le canton de Truchtersheim, le concours de labour est l’occasion d’organiser une grande fête paysanne. Dimanche 7 août, l’équipe des Jeunes Agriculteurs, présidée par Sébastien Hager, vous donne rendez-vous sur la ferme Saint-Ulrich à Durningen. L’occasion de pénétrer au cœur de l’univers du lait, de la production à la transformation.
« Mon père, Patrick Messer, s’est installé en 1985 sur la ferme familiale avec son frère Hubert, explique Julien Messer, membre des Jeunes Agriculteurs du canton de Truchtersheim. Mais 10 vaches laitières et 10 ha de terres, ce n’était pas suffisant pour faire vivre trois familles. Alors, ils se sont lancés dans la transformation et la vente directe pour dégager davantage de revenus. » En 1992, ils ont réalisé une sortie d’exploitation, avec un premier bâtiment et un atelier aux normes. L’objectif était d’élever 40 vaches laitières. « En 2006, mon oncle a quitté l’EARL pour entrer au Comptoir agricole. Dès lors, mes parents ont travaillé avec des salariés jusqu’en 2012, année de mon installation. Nous avons construit une nouvelle étable équipée d’un robot de traite et avons augmenté le cheptel à 70 vaches laitières. » Le bâtiment, d’une superficie de 3 200 m2, a été conçu pour accueillir deux robots, mais pour l’instant, une partie est utilisée pour le stockage du matériel et de la paille. 100 places sont aménagées, dont 70 pour la production et 30 pour la préparation au vêlage. « Nous ramenons les génisses dans l’étable trois mois avant le vêlage pour les habituer au couchage et au raclage automatique. » Confort et automatisation Les logettes creuses paillées ont permis de réduire considérablement la consommation de paille. « Nous utilisons un mélange de paille, de chaux et d’eau pour faire un matelas confortable, dans le but de prolonger la longévité des vaches laitières. Les vieilles vaches font plus de matière grasse et de taux protéique, ce qui est important pour la fabrication de produits laitiers. » La doyenne est née en 1999 ! Le robot, un Lely Astronaut A4, a été mis en route le 5 août 2014. Un robot repousse fourrage Juno permet de repousser l’aliment plusieurs fois par jour, et ainsi de répartir le flux des vaches au robot. Une cage de contention Wopa a également été installée pour améliorer la sécurité des salariés lors de la manipulation des animaux, tandis qu’une brosse Luna participe au confort des vaches. « L’ancien bâtiment d’élevage a été transformé pour accueillir la nursery et les génisses », explique Julien Messer. « Nous sommes en train d’agrandir l’atelier de transformation et de le mettre aux nouvelles normes. Le premier avantage de ces investissements, c’est de réduire la pénibilité du travail des salariés, grâce à la climatisation, aux ponts pour transférer le lait depuis le tank à lait, et aux chambres froides qui permettent d’agrandir les cycles de production. Nous avons également mis les installations aux normes vétérinaires, pour respecter la marche en avant du produit. » Actuellement, la ferme Saint-Ulrich transforme les deux tiers de sa production qui s’élève à 650 000 litres. Les 250 000 l restants sont livrés à Alsace Lait. « À terme, nous aimerions transformer l’ensemble de notre production », confie Julien. Un goût du lait constant La surface agricole est de 43 hectares, dont 7,5 ha de blé, 7,5 ha de betteraves sucrières, 16 ha de maïs, le reste étant en prairies. « Notre gros souci, aujourd’hui, c’est l’autonomie fourragère : nous sommes obligés d’acheter 7 à 8 ha de maïs sur pied pour alimenter les animaux. Acheter du foin ou du maïs ensilé génère un coût énorme. » Lorsqu’on fait de la transformation, il faut un goût du lait constant, explique Julien. C’est pourquoi la ration n’a pas changé depuis dix ans. Elle se compose de maïs ensilage et de pulpe de betterave surpressée, auxquels s’ajoutent la luzerne déshydratée et les concentrés. « Nous sommes passés depuis deux mois à des concentrés non OGM pour répondre aux attentes des clients. » Julien Messer partage les tâches dans l’étable avec sa compagne, Laure. Il s’occupe aussi des cultures, même si certains travaux agricoles sont réalisés par une entreprise. « La fenaison est faite en combiné avec mon voisin », précise Julien. Lui-même essaie de dégager du temps pour se familiariser avec la transformation et la vente. 400 000 l de lait sont transformés chaque année par la ferme Saint-Ulrich et revendus sur les marchés, dans les petites épiceries, les grandes surfaces, ainsi que dans le magasin de producteurs Hop’la à Oberhausbergen. La gamme de produits proposés est large : yaourts nature, aromatisés, aux fruits, flans, riz au lait, crèmes dessert, fromage blanc battu, à l’ail, sur coulis, crème fraîche, beurre, lait cru entier, pasteurisé et écrémé, etc. L’entreprise, dirigée par Patrick Messer, emploie 25 salariés, soit 15 équivalents temps plein. La ferme Saint-Ulrich souhaite développer les visites à la ferme. La prochaine aura lieu le 12 août à 14 h (sur réservation au 06 82 30 89 33). D’une durée d’une heure et demie, elles permettent au public de découvrir l’activité d’élevage, d’obtenir des réponses à toutes ses interrogations et de déguster les produits laitiers au cours d’un goûter. « Ouvrir nos fermes, c’est le meilleur axe de communication pour faire passer nos messages. Régulièrement, des écoles, des groupes d’agriculteurs, mais aussi nos clients, viennent nous voir. Établir le contact avec les consommateurs, c’est primordial quand on fait de la transformation et de la vente directe. »












