Élevage

Publié le 28/09/2016

Le tribunal de Strasbourg a validé l’offre proposée par le Comptoir agricole et l’union de coopérative Cloé pour poursuivre les activités de collecte et de commercialisation des bovins et des porcins alsaciens. La nouvelle organisation, qui démarrera dès le 10 octobre, permettra de maintenir une offre coopérative sur le territoire alsacien, souligne Marc Moser, président du Comptoir agricole.

La décision de la Chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg est tombée lundi dernier. Le juge a accepté l’offre de reprise des activités de la coopérative Copvial présentée conjointement par le Comptoir agricole et la Coopérative lorraine d’élevage (Cloé) pour assurer la poursuite des activités de collecte et de commercialisation de bovins et de porcins en Alsace, annonce Marc Moser, président du groupe Comptoir agricole. « J’ai assisté à l’audience au tribunal en compagnie de Denis Fend, notre directeur général, Me Lochert, notre avocat, Bruno Colin, président de Cloé, et de plusieurs responsables agricoles, dont Franck Sander, président de la FDSEA, et Patrick Bastian, conseiller régional. » L’offre présentée par l’administrateur judiciaire, Me Claude-Maxime Weyl, repose sur la reprise, pour l’euro symbolique, des actifs de la coopérative Copvial, ainsi que des titres de la société Copvial Finances, société qui détient le centre d’allotement de Brumath. « Vu les conditions imposées par Bigard pour la reprise de l’abattoir, nous avons posé les mêmes exigences pour le centre de Brumath, un outil essentiel pour permettre à l’union de coopératives Cloé de faire un ramassage et un allotement performants. Nous repartons ainsi sans boulet au pied… et sans investissement à faire. » Par ailleurs, les deux partenaires se sont engagés à reprendre 15 des 21 salariés de la coopérative. La nouvelle organisation entrera en vigueur à partir du 10 octobre, après une période de transition de cinq mois durant laquelle Cloé a assuré la mise en marché des animaux des adhérents de Copvial. « Les techniciens et les commerciaux, que nous avons repris assureront les missions d’accompagnement et de conseil au nom du Comptoir agricole. » Qu’est-ce qui va changer pour les producteurs ? « Le Comptoir agricole sera l’interface entre les éleveurs et Cloé dont le rôle est de collecter et de commercialiser auprès de différents abattoirs du Grand Est les animaux des éleveurs qui travailleront avec nous. » En interne, la structuration est la même que pour le houblon ou la pomme de terre : un groupe spécialisé élevage a été créé. Il sera animé par une commission composée d’éleveurs. « Cette nouvelle filière du Comptoir agricole travaillera avec Cloé en viande bovine afin de proposer une stratégie claire et dynamique pour l’élevage alsacien. » Le grand changement, par rapport à la situation antérieure, c’est que les prix seront connus quelques jours à l’avance, explique Marc Moser. Et dans la nouvelle configuration, le Comptoir agricole n’aura plus d’abattoir à gérer. « Les charges seront beaucoup moins importantes car nous n’aurons pas à gérer de gros volumes pour rentabiliser l’outil. » Concrètement, un éleveur ayant des animaux à vendre préviendra le centre d’allotement de Brumath. Son interlocuteur missionnera Cloé pour collecter et vendre les animaux. Celle-ci les orientera vers les cinq abattoirs avec lesquels elle travaille, en fonction de la typologie des animaux et des besoins des clients. L’adhésion du Comptoir agricole à l’union de coopératives Cloé a été acceptée. « Nous pourrons donc bénéficier du savoir-faire de cette structure qui a plus de dix ans d’existence. » Marc Moser indique que Cloé a repris à sa charge une partie du personnel de Copvial pour le transport des animaux. « C’est une chance que le Comptoir agricole offre aux éleveurs une solution coopérative, avec la garantie de paiement, la transparence et la solidité de notre groupe », souligne le président. Cette structure pourra profiter des fonctions support du Comptoir agricole (informatique, qualité, etc.). « Tous les éleveurs qui veulent travailler avec le Comptoir agricole et Cloé sont les bienvenus, qu’ils adhèrent ou non au Comptoir agricole pour la collecte de céréales. Ils n’ont aucune obligation de travailler en exclusivité avec le Comptoir agricole pour l’ensemble de leurs productions. » Mais, prévient-il, la nouvelle filière devra être autonome financièrement. « Notre comptabilité analytique permet de séparer les différentes filières sur le plan financier et donc d’agir sur la maîtrise des coûts, en toute transparence. » Apporter une plus-value à la production alsacienne Et pour les éleveurs porcins ? Cloé n’ayant plus d’activité porcine en Lorraine, c’est le Comptoir agricole qui reprendra intégralement cette activité, de l’achat des animaux en ferme à leur vente à l’abattoir. Les porcs de boucherie seront vendus directement au groupe Bigard qui gère l’abattoir de Holtzheim. Les référentiels de qualité, notamment pour les porcs bios, se mettront en place progressivement, en partenariat avec le Comptoir agricole, l’abatteur et les distributeurs. « Je suis persuadé que Bigard saura valoriser la qualité alsacienne en s’appuyant sur notre bassin de consommation et nos spécificités culinaires. Cela ne peut que tirer la production vers le haut. » « Si le Comptoir agricole s’est engagé dans cette voie, c’est surtout pour assurer la pérennité des filières d’élevage et offrir aux éleveurs des opportunités de développement dans les filières porcine et bovine, avec un partenaire reconnu », insiste Marc Moser. Grâce à cette nouvelle structuration, les éleveurs continueront à bénéficier des mêmes services, que ce soit sur le plan du conseil technique, de la fourniture d’agroéquipements spécifiques ou des prestations vétérinaires, sur le site de Brumath. « Une des spécificités du Comptoir agricole, c’est de fabriquer des aliments pour le bétail. Cela permettra aux techniciens spécialisés d’avoir une approche plus globale de la partie élevage. » S’appuyer sur la puissance du groupe La mise en place des ateliers devra se faire en concertation avec le Comptoir agricole et Cloé, afin de répondre aux attentes des différents abattoirs. « Cela aussi, c’est un changement majeur. Auparavant, les adhérents de Copvial travaillaient pour un seul client, l’abattoir de Holtzheim. Aujourd’hui, ils devront répondre à la demande des cinq abattoirs et l’offre à fournir ne sera pas la même. La performance viendra à travers le prix. » Marc Moser est convaincu de la pertinence de la nouvelle organisation. Cloé commercialise 50 000 bovins avec une équipe de 15 personnes. De son côté, le Comptoir agricole emploie 8 personnes dédiées. Soit deux structures légères, souples et réactives. « La problématique est totalement différente de celle de Copvial SA qui employait 250 personnes », explique-t-il. « Les éleveurs doivent comprendre que la situation est radicalement différente. La nouvelle structuration du Comptoir agricole n’a rien à voir avec celle de Copvial, car nous ne gérons pas d’abattoir. L’éventail de débouchés est beaucoup plus large, car Cloé travaille avec cinq abattoirs dans le Grand Est. Bigard ne représente que 50 % de ces débouchés. Enfin, le Comptoir agricole sera le premier maillon de la chaîne. Avec l’abatteur et le distributeur, nous essayerons d’apporter une valorisation à la production, afin de dégager un maximum de revenus dans nos élevages. » Marc Moser conclut : « Notre cheval de bataille, c’est la performance économique. Cependant, nous sommes conscients que, tant que la problématique de la dette n’est pas soldée, certains éleveurs hésiteront à travailler avec nous. Mais avec cette nouvelle organisation, qui s’appuie sur une structure légère, la puissance et le savoir-faire du Comptoir agricole, nous offrons les mêmes capacités de paiement que nos concurrents ! »

Élevage Ernwein à Oberhausbergen

Pleins feux sur la race charolaise

Publié le 23/09/2016

À Oberhausbergen, Jacques et Anne Ernwein ouvrent les portes de leur élevage charolais, dimanche 25 septembre à partir de 11 h. Les visiteurs pourront découvrir les qualités génétiques de ce troupeau créé en 1995. Une sélection de veaux mâles reproducteurs sera proposée à la vente.

« Nous avons décidé de vendre nos meilleurs veaux en direct aux éleveurs pour leur permettre d’acheter une bonne génétique sur place, expliquent les éleveurs. Jusqu’ici, nos meilleurs veaux étaient sélectionnés et envoyés à la station d’évaluation de l’Union Charolais Croissance à Migennes. Ces futurs reproducteurs étaient ensuite vendus aux enchères à l’issue de la phase d’évaluation. » Mais voilà, la déroute du groupe Copvial est passée par là ! La station de Migennes appartient à la coopérative Union Charolais Croissance, explique Jacques Ernwein. « Elle ne rémunère pas directement les éleveurs : l’argent transitait par Copvial. L’an dernier, nous avons envoyé cinq veaux à Migennes et nous n’avons jamais été payés… De ce fait, la plus-value que nous retirons de notre travail de sélection nous est passée sous le nez. » Jacques Ernwein a donc décidé de ne plus envoyer de veaux à la station d’évaluation tant que le dossier ne sera pas réglé. « C’est un peu notre riposte pour faire bouger les choses, même si je sais que d’autres éleveurs alsaciens ont une ardoise beaucoup plus lourde. Nous préférons vendre ces futurs reproducteurs directement aux éleveurs de la région. » Testage à la ferme Jacques et Anne Ernwein pratiquent le testage en ferme : l’évaluation des jeunes taureaux se fait sur l’exploitation, qui adhère au contrôle de performances. « Nous participons ainsi à leur évaluation. » C’est sur la base de cette évaluation qu’est défini l’index des taureaux disponibles à l’insémination artificielle. Les veaux qui naissent de ces accouplements sont pesés. « Quant aux génisses, elles sont conservées jusqu’au sevrage de leur premier veau, l’objectif étant de tester l’aptitude au vêlage et la production laitière, entre autres critères », explique l’éleveur. Jacques Ernwein a recours aux nouvelles technologies : « Avec Élitest, nous faisons des transplantations embryonnaires sur les meilleures vaches afin d’avoir davantage de descendants des bonnes souches. » Les mères à taureaux sont sous contrat avec Charolais Univers. La sélection des jeunes mâles, mais aussi des femelles, se fait de plus en plus grâce à la génomique : « Dès l’âge de quelques mois, nous effectuons un prélèvement de cartilage qui est analysé en laboratoire. » La génomique permet une prédiction immédiate de la valeur génétique de l’animal. « Même si la fiabilité des résultats reste à améliorer, c’est l’outil de sélection du futur. » Lors de ces portes ouvertes, Jacques et Anne Ernwein présenteront une sélection de veaux mâles - dont certains sans cornes -, ainsi que des veaux qui ont des index génomiques élevés et qui sont issus de mères à taureaux avec de très grosses morphologies. « Certaines d’entre elles ont un poids à quatre chiffres ! » C’est un peu la marque de famille de l’élevage Ernwein : « J’aime les grosses vaches, bien grandes », explique-t-il. Le couple d’éleveurs espère que ces portes ouvertes seront l’occasion d’échanger avec d’autres éleveurs. « À ceux qui achèteront un veau ce jour-là, nous leur offrirons un embryon. Quant aux autres, ils sont aussi les bienvenus. » Il conclut : « Nous sommes fiers de ce que nous sommes arrivés à faire en 21 campagnes, même si cela n’est pas toujours facile. Notre passion nous permet de surmonter les mauvais moments. »

Publié le 20/09/2016

Cette année, la fête de la montagne fête ses 10 ans ! Pour cette édition anniversaire, les organisateurs ont concocté un programme riche et varié, de manière à correspondre aussi bien aux attentes des citadins, des enfants, que des agriculteurs, et en particulier de montagne.

Depuis sa première édition en 1985, la fête de la montagne a bourlingué dans différentes communes de la vallée de la Bruche et du val de Villé. Cette année, elle pose pour la seconde fois ses valises à Plaine. Et, comme à chaque fois, elle a emmené avec elle ce qui constitue le cœur de cette fête pour les éleveurs de montagne : le concours interdépartemental de la race vosgienne. 143 animaux venus de 31 élevages d’Alsace, des Vosges, de la Haute-Saône et du Doubs sont attendus samedi 1er octobre à partir de 10 h pour les derniers préparatifs, et à partir de 13 h pour les premiers défilés. Les animaux seront jugés par section (allaitantes, taries, génisses, jeunes et adultes) par le juge Étienne Adam, éleveur de holstein en Haute-Saône. À l’issue des défilés des différentes sections, cinq bêtes sélectionnées par une commission parmi les animaux proposés par les éleveurs seront mises en vente aux enchères à main levée. Puis Étienne Adam désignera la grande championne. Un salon professionnel Le même jour, en parallèle du concours se tiendra un salon professionnel. Les organisations professionnelles agricoles (banques, assureurs, syndicats) y tiendront des stands où les agriculteurs pourront trouver des réponses à leurs questions. Et les concessionnaires agricoles ramèneront du matériel qui permettra d’organiser des démonstrations de fauchage en pente, de réhabilitation de terrains suite aux dégâts de sangliers, de fenaison en toute sécurité… Les éleveurs à l’honneur Dimanche, la fête prendra une tournure plus dilettante, avec des animations, des expositions - notamment sur l’agriculture à l’ancienne -, un marché paysan, une mini-ferme, un défilé des enfants avec leurs veaux, la projection d’un film sur les circuits courts… Mais il y aura aussi des temps davantage destinés aux professionnels de l’agriculture, comme l’inauguration à 11 h, au cours de laquelle les personnalités locales auront sans doute quelques messages à faire passer, ou encore le concours et le championnat des jeunes présentateurs, au cours duquel 12 participants âgés de 10 à 21 ans s’attacheront à présenter le mieux possible l’animal de leur choix. Puis les vosgiennes seront de retour dans le ring, avec des défilés par lots d’élevage (lot de trois animaux d’un même élevage, les plus homogènes possible), de famille (lot d’animaux issus d’un même parent femelle) et de descendance (lot d’animaux femelles issus du taureau Gusty) qui précéderont la remise des médailles du concours, avec quelques prix spéciaux (meilleure fromagère, meilleure carrière). Un défilé des éleveurs viendra clôturer ces deux jours de fête autour de la vosgienne : « Chaque éleveur participant viendra dans le ring avec l’animal de son choix et ils recevront tous une cloche », indique Mélanie Gutzwiller, de l’Organisme de sélection de la race bovine vosgienne, qui a participé à l’organisation du concours. Débardage, pressage… Et puis certaines animations de la fête de la montagne sauront séduire aussi bien les professionnels que les amateurs. Ainsi, l’espace forêt sera le théâtre de démonstration d’une scierie mobile, des bons gestes pour affûter une tronçonneuse en sécurité, de débardage à cheval, de sculpture sur bois, de matériels forestiers. Sur l’espace apiculture et nature, les visiteurs pourront assister à la mise en pot du miel, à la création de cire pour les abeilles, au pressage de jus qui pourront ensuite être dégustés. Une exposition sera consacrée à l’arboriculture des deux vallées et une autre au concours des prairies fleuries. Les gagnants de l’édition de la vallée de la Bruche et du val de Villé de ce concours seront d’ailleurs dévoilés lors de la cérémonie de remise des médailles qui aura lieu le dimanche. Une opération de communication Le comité d’organisation de la fête de la montagne regroupe des membres de l’Association des producteurs fermiers de montagne (APFM), le syndicat de la race vosgienne du Bas-Rhin, la Chambre d'agriculture via l’Adar de la montagne, les Jeunes Agriculteurs et la FDSEA. Depuis un an, une dizaine de réunions de travail ont permis de peaufiner le programme d’une fête dont « l’objectif est de faire connaître notre métier d’agriculteur de montagne au grand public », explique Julie Humbert, agricultrice à Urbeis, membre de l’APFM et de ce comité d’organisation. Ce sera donc l’occasion de valoriser un travail effectué dans le cadre d’un stage à l’Adar de la montagne, et qui a abouti à la rédaction d’un « Guide de l’agriculture de montagne pour les curieux », au sous-titre évocateur : « Comment bien vivre ensemble en montagne vosgienne ». Dans la première partie de ce guide illustré, les agriculteurs de montagne expliquent leurs attentes vis-à-vis du public : ne pas jeter de déchets dans une prairie, ne pas les piétiner, respecter la tranquillité des animaux. Dans une seconde partie, ils expliquent pourquoi ils se livrent à certaines pratiques qui peuvent irriter leurs concitoyens : le bruit des tracteurs, les convois qui ralentissent la circulation, les épandages odorants, la boue sur les routes… Dans une dernière partie, les bénéfices que l’agriculture de montagne apporte au monde rural sont exposés : entretien des paysages, agritourisme, labels de qualités, emplois et services à la population. « Trois panneaux seront extraits de ce livret et seront disposés sur le site de la fête, et le livret sera distribué aux visiteurs et aux élus lors de la fête. » L’entrée à la fête de la montagne est gratuite. Le parking étant assez éloigné du site, des navettes gratuites seront mises en place toutes les 15 minutes.

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