Alsace Lait
Une stratégie de diversification réussie
Alsace Lait
Publié le 24/11/2016
Plusieurs salariés d’Alsace Lait ont reçu la médaille d’honneur agricole, samedi dernier à Vendenheim, en présence de Frédéric Bierry, président du Conseil départemental du Bas-Rhin, et de son vice-président, Étienne Wolf. L’occasion de regonfler le moral des troupes, après une année très difficile pour les producteurs.
Bizarre. C’est ainsi que Michel Debes, président d’Alsace Lait, qualifie l’année 2016. « Climatiquement, nous avons connu tous les extrêmes », des excès d’eau à la sécheresse. En Alsace, un dicton affirme qu’une année bissextile est une demi-année (« A Schaltjohr esch a Halbjohr »). Il s’est pleinement vérifié cette année… « Alors que le rendement du blé s’élevait à 90 q/ha en 2015, nous avons eu du mal à atteindre 45 q/ha en 2016. Il faut remonter à nos grands-parents pour retrouver de tels chiffres ! » Sur le marché du lait, le déséquilibre entre l’offre et la demande a créé un marasme sur les prix. « Par rapport à ces prix étriqués, Alsace Lait s’en sort un peu mieux. Les producteurs souffrent aussi chez nous, mais bénéficient d’un des meilleurs prix du lait. C’est le résultat des choix stratégiques que nous avons opérés, mais aussi de la renommée de nos marques, Alsace Lait et Savoie Yaourt. » La stratégie de diversification est une réussite, affirme Michel Debes. « Cette réussite, nous la devons aussi au personnel de l’entreprise », insiste-t-il. Une embellie se dessine sur les produits industriels, notamment le beurre et la poudre (lire en encadré). « Nous sortons de deux années de crise. Les investissements dans nos outils de transformation sont devenus le bras armé du développement de nos exploitations. » 2017 sera une année passionnante, et pas seulement au niveau politique, annonce Michel Debes. « Que ce soit à Alsace Lait, à Savoie Yaourt ou au Canada, nous voulons continuer sur notre lancée pour être plus présents sur nos marchés, conforter nos entreprises. Ouverts sur le monde, nous voulons tous avancer ensemble. » « Une performance louable » Pour Frédéric Madon, directeur général d’Alsace Lait, 2016 est « une année correcte » sur le plan des résultats. « Je suis particulièrement satisfait des résultats de Savoie Yaourt, qui contribuent à la croissance du groupe. C’est une très belle réussite en termes d’intégration. » Les investissements au Canada s’avèrent tout aussi fructueux. « Notre ambition de développer une marque et une offre de produits ultrafrais a réussi. En un peu plus d’un an, l’usine de Sorel a réalisé un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros (M€), l’objectif étant d’atteindre rapidement 30 M€. Notre marque est présente dans toutes les enseignes de la grande distribution. » Avec à la clé trois prix de l’innovation ! « Avec la sortie des quotas, nous sommes entrés sur le marché de l’offre et de la demande, poursuit le directeur général. Ce rapport de force a provoqué une forte volatilité et une baisse significative du prix du lait. Le challenge consiste désormais à s’adapter aux nouvelles règles du jeu, tant pour les producteurs que pour l’usine qui doit investir pour poursuivre son développement et s’adapter au marché mondial. » Pour 2017, Frédéric Madon exhorte ses collaborateurs à faire preuve de « plus d’efficacité, plus de rigueur », bref à viser l’excellence. « Chacun d’entre nous doit contribuer au résultat de l’entreprise, pour nous permettre d’investir et de pérenniser nos outils à Hœrdt, Aix-les-Bains et Sorel. » En cette période préélectorale, Frédéric Madon souhaite que les candidats aient des projets défendant certaines valeurs comme le travail, « synonyme de liberté, pas seulement matérielle, mais aussi intellectuelle », et le sens de la responsabilité, une valeur à cultiver selon lui. « J’espère que nos futurs dirigeants considéreront que l’entreprise est le socle de la société et qu’ils allégeront nos contraintes, qu’ils réduiront la pression fiscale et sociale pour que nous puissions continuer à être compétitifs, à nous développer et à remplir notre rôle social. » Un fleuron de l’économie alsacienne « Cette entreprise est née de la volonté des producteurs, mais elle ne peut être pérenne que grâce à votre travail », souligne Jean-Paul Bastian, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace. Dans un marché de moins en moins réglementé, les productions se feront autour d’une entreprise de transformation, affirme-t-il. « C’est vrai pour le sucre, cela l’est aussi pour le lait et la viande. C’est pour cela que nous nous sommes tant battu pour sauver l’abattoir de Holtzheim. » Après son collègue Étienne Wolf, qui souligne sa fierté d’avoir une entreprise comme Alsace Lait dans son canton, Frédéric Bierry rappelle que le Conseil départemental du Bas-Rhin soutient les entreprises agroalimentaires en développant le manger local dans les restaurants scolaires et le restaurant collectif de l’Hôtel du Département. Il salue le dynamisme et le courage d’Alsace Lait qui s’ouvre sur l’extérieur, avec des investissements en Savoie et au Canada. « Notre volonté est d’être à vos côtés et de faciliter la vie de votre entreprise. »












