Comptoir Élevage et Cloé
« Le défi de demain est de produire pour un marché »
Comptoir Élevage et Cloé
Publié le 10/01/2017
L’assemblée générale du Comptoir agricole a permis de faire un focus sur la nouvelle filière du groupe, Comptoir Élevage, et sur l’union Cloé, chargée de la commercialisation des animaux auprès des abatteurs.
« Avant sa liquidation judiciaire, le groupe Copvial avait trois activités : la coopérative, l’abattage (Holtzheim) et la transformation (Reichstett), rappelle Denis Fend, directeur général du Comptoir agricole. Depuis, trois nouveaux intervenants ont pris le relais : Bigard (abattage), Cloé (commercialisation des animaux) et le Comptoir agricole (logistique). » Le groupe Bigard a rapatrié sur le site de Holtzheim les ateliers de découpe qu’il exploitait au marché gare de Strasbourg et à Sélestat. 120 personnes travaillent aujourd’hui sur ce site qui regroupe des unités d’abattage, de viande et de découpe. La charcuterie de Reichstett, quant à elle, a fermé ses portes. La coopérative Copvial comptait auparavant 21 salariés qui s’occupaient de l’organisation de la production, du conseil technique, de l’achat des animaux en élevage et de la logistique. Huit salariés ont rejoint Comptoir Élevage, sept autres travaillant désormais pour Cloé. Les volumes traités s’élèvent à 12 000 bovins et 80 000 porcins. « Comptoir Élevage n’a pas la même ambition que Copvial. Nous n’avons pas de coûts fixes, puisque nous n’avons pas d’abattoir à gérer. Nous nous sommes dotés d’une équipe légère. » Placée sous la responsabilité de Romain Gerussi, elle comprend deux vétérinaires, Marc Peterschmitt et Hugues Lejeune, trois techniciens, Pascal Daul, Maximilien Bradhering et Gabriel Knoerr, ainsi que Sylvie Constantini et Chantal Bapst, chargées de l’administration des ventes. Par ailleurs, Alain Burg, salarié détaché de Cloé, s’occupe de la logistique, du planning et des agrofournitures. Optimiser la collecte et la logistique Bruno Colin, éleveur laitier en Lorraine, a présenté l’union Cloé, dont il est le président. En 2002, deux coopératives spécialisées, CAPV et CAPVL, ont décidé de travailler ensemble pour être plus performantes sur le plan commercial et logistique. En 2008-2009, elles se sont rapprochées des coopératives céréalières, la CAL et Lorca, qui ont créé des sections élevage. À l’origine, elles avaient une activité bovine, porcine et ovine. « Mais nous nous sommes vite rendu compte qu’il fallait se concentrer sur les bovins. », souligne Bruno Colin. Aujourd’hui, Cloé dispose de trois centres d’allotement pour faire le tri des animaux et livrer les abattoirs de Metz (Charal), Verdun (EMC2), Mirecourt (Elivia), Sarrebourg (abattoir multi-espèces de proximité) et Holtzheim (Bigard). « Lorsque nous avons accueilli le Comptoir agricole, il a fallu coordonner les actions commerciales, logistiques, financières, ainsi que la facturation. Les choses se sont mises en place en un temps record. » La première mission de Cloé est commerciale : mettre en marché les animaux collectés par les coopératives de base, CAL Élevage, Lorca Élevage et Comptoir Élevage, dans un contexte de concentration des abatteurs. « Notre préoccupation essentielle, explique Bruno Colin, c’est la couverture des paiements. Nous recherchons la valeur ajoutée, mais nous voulons être sûrs d’être payés. La contractualisation représente 20 à 25 % de notre activité, que ce soit avec le groupe Bigard-Socopa-Charal ou Elivia. Nous avons aussi une activité bio - nous avons été reconnus comme organisation de producteurs bios. C’est le défi de demain de produire pour un marché. » Sur le plan logistique, Cloé assure la gestion et l’organisation des transports. « L’optimisation de la collecte est déterminante. » Le planning est établi en début de semaine mais il évolue constamment : « On travaille avec du vivant. » Cloé emploie un logisticien qui a une vue globale de tous les animaux et un responsable par centre d’allotement. « Nous avons la chance d’avoir un bon maillage territorial. Cela permet de ramasser les animaux pour répondre à la demande des abatteurs, voire d’alloter des broutards pour les mettre à la disposition des éleveurs. » Un petit groupe, de grosses responsabilités Comment se structure l’organisation ? « La relation amont reste du domaine des coopératives de base, qui sont reconnues organisations de producteurs », explique Bruno Colin. L’éleveur est en relation avec sa coopérative de base. L’agent relation élevage remonte le stock à Cloé. « Nous avons une vue d’ensemble sur les trois coopératives, nous savons ce que veulent les abatteurs, nous cherchons à optimiser le flux commercial par rapport à la valeur ajoutée et au flux logistique. » Lorsque les animaux sont collectés, ils sont acheminés à l’abattoir. « Notre priorité, ce sont les acteurs locaux, poursuit Bruno Colin. Nous voulons créer de la valeur ajoutée sur notre secteur. Dans le Grand Est, les capacités d’abattage sont plutôt bien structurées. De ce fait, nous avons une diversité de débouchés qui nous permet d’optimiser les flux commerciaux et de chercher de la valeur ajoutée, comme la filière qualité Carrefour. » Cloé fonctionne avec 29 salariés, une petite équipe par rapport au chiffre d’affaires qui s’élève à 90 millions d’euros (M€). La gouvernance est assurée par un conseil d’administration, avec une demande d’adhésion du Comptoir agricole et de la Coopérative agricole de céréales (CAC). La fonction commerciale est assurée par le directeur (à temps partiel), les fonctions support - informatique, back-office - par les coopératives de base. « L’adaptation produits-marché se fait à travers les coopératives de base. C’est le commerce qui dicte ce que l’on doit faire, en termes de développement technique. » Conclusion de Bruno Colin : « Cloé est un petit groupe qui a de grandes responsabilités, un gros chiffre d’affaires mais un petit résultat. Tout le résultat est reversé aux coopératives de base pour le redistribuer aux éleveurs. »












