Élevage

Publié le 22/02/2017

Entre les directives européennes, les actions très médiatisées d’associations, les exigences des industriels, de la grande distribution, et les comportements des consommateurs, il est difficile pour un éleveur confronté aux soucis quotidiens de se positionner face à la notion de bien-être animal. Le chercheur Joop Lensink donne des repères.

« Le concept de bien-être animal (BEA) ne va pas disparaître demain. Il faut l’accepter », prévient Joop Lensink, enseignant chercheur à l’Institut supérieur agricole de Lille, spécialiste du sujet. Il proposait récemment une conférence au lycée agricole d’Obernai sur ce sujet qui déboussole un peu les acteurs de l’agriculture, confrontés aux scandales médiatiques. Du côté des consommateurs, la perception du BEA est très souvent « conditionnée par le marketing » fait autour des produits, leur emballage par exemple. Bien que les animaux n’expriment pas oralement leur souffrance et malgré les difficultés d’évaluation, les autorités européennes, très proactives sur le BEA, ont intégré quelques notions : le bon état de santé physique et mentale, vivre dans un environnement compatible avec les besoins physiologiques, ne pas ressentir de souffrance physique ou émotionnelle comme la peur, la douleur, la souffrance, l’ennui. Les grilles d’évaluation du BEA se fondent sur quatre grands principes : l’alimentation, le logement, la santé, et enfin, il faut que l’animal puisse exprimer ses comportements. Ce qui permet lors d’audits, de classer les élevages. Exemple concret, les boiteries : « En France, 10 à 15 % des vaches sont boiteuses, indique Joop Lensink, ce qui causerait 15 % de perte de production laitière. » Les directives européennes protègent le marché intérieur Les premières directives sur le BEA datent de 1974. Elles concernent les conditions d’abattage et d’hygiène. Si la volaille, le porc, les veaux sont concernés, il n’y a pour l’heure pas de directive en matière de BEA sur les vaches laitières, mais uniquement des recommandations. Souvent vécues comme contraignantes, les directives européennes permettent également de mieux contrôler et protéger le marché intérieur, rappelle Joop Lensink, face à des pays comme le Brésil où « les coûts de production en porc ou volaille n’ont rien à voir avec les nôtres ». Après avoir assuré l’alimentation de sa population, l’enjeu pour l’Union européenne est désormais de produire dans de bonnes conditions éthiques, en toute transparence. Ses directives visent à prévenir les scandales alimentaires. Certaines pratiques comme la castration des porcelets sont placées sous « actes de convenance zootechnique ». La castration est recommandée sous anesthésie. Pour l’heure, en France, l’œuf est le seul produit donnant un choix à l’achat sur les conditions d’élevage. 0 : bio, 1 : plein air, 2 : libre en bâtiment, 3 : cage. En France, les études d’opinion sur les préoccupations du consommateur placent la question du BEA après celle du prix, de la qualité, de la sécurité de l’information, de la praticité et de l’intérêt nutritionnel. « Cependant, c’est une préoccupation de plus en plus prégnante, car on veut davantage savoir ce que l’on mange aujourd’hui… » « Il faut en réalité distinguer les consommateurs qui se préoccupent du BEA et ceux qui parlent du droit des animaux. Il y a ceux qui considèrent que les intérêts humains priment sur ceux des animaux, mais qu’il ne faut pas infliger de douleur aux animaux. Et il y a ceux qui considèrent que l’utilisation des animaux à quelle que fin que ce soit est moralement inacceptable », explique Joop Lensink. C’est le mouvement végane. « Les ONG de type L214 sont à classer dans celles qui défendent les droits des animaux. Elles montrent certaines pratiques inacceptables mais qui ne représentent qu’une infime partie, non représentative de la réalité. Leur objectif est de choquer pour viser une transition de l’alimentation. » « Ne pas répondre à L214 » Alors quelle attitude doivent adopter les filières d’élevage face à ces mouvements ? Joop Lensink préconise plusieurs choses (lire en encadré). « La profession agricole ne doit pas répondre à ce type d’associations, elle doit être cohérente, régler effectivement ses problèmes d’élevage, et accepter la voie végane. » D’autres mouvements, WWF ou PMAF, « à classer dans les défenseurs du BEA, dénoncent certains systèmes d’élevage, mais avec une stratégie plus argumentée, ils promeuvent des systèmes alternatifs. Ils interviennent en zootechnie, auprès des consommateurs. Leur stratégie est de faire bouger les industriels et les supermarchés. Ce qu’ils arrivent à faire. Par exemple Unilever n’intègre plus que des œufs de plein air dans sa mayonnaise Amora. Ces associations remettent des trophées dans des opérations très médiatisées », relate le chercheur, ce qui oriente les industriels. Autre exemple : Mac Do n’utilise plus que des œufs plein air. Désormais, la question est de savoir « si on peut dupliquer le système des œufs aux autres filières, et si on peut segmenter le marché en fonction du BEA. C’est un grand débat. » Si certains industriels prennent des initiatives de labellisation privées, (par exemple Danone avec sa marque Les 2 vaches), le mieux reste les labels collectifs, plus efficaces, mieux compris des consommateurs, conclut Joop Lensink.

Syndicat des éleveurs alsaciens de la race bovine salers

De l’intérêt de sélectionner en élevage allaitant

Publié le 21/02/2017

L’assemblée générale des éleveurs alsaciens de salers a été l’occasion d’expliquer le bien-fondé d’opérer une sélection du cheptel en adéquation avec les caractéristiques de chaque exploitation.

L’assemblée générale des éleveurs alsaciens de la race bovine salers se tenait lundi 6 février dans la ferme-auberge des Hauts-Bois, adossée à l’exploitation agricole d’Évelyne Hazemann, à Ranrupt. La visite de cet élevage de 45 vaches et la suite, conduit en bio, a permis d’apprécier comment le schéma de sélection de la race salers entrepris sur cette exploitation située à 750 m d’altitude avec 110 hectares de SAU, permet d’optimiser les performances technico-économiques. La production est tournée pour partie vers des femelles vendues en direct, tandis que les mâles sont vendus au Comptoir agricole comme broutard à l’âge de 10 mois pour l’engraissement. Le reste des femelles est destiné au renouvellement du cheptel et à la vente à d’autres élevages. Les Hazemann ont recours à la génétique sélectionnée au Domaine du Fau, berceau de la race, à Saint Bonnet de Salers dans le Cantal. En bio, viser une bonne aptitude à valoriser les fourrages grossiers Pierre Laceppe, du herd-book salers, a rappelé l’importance de la sélection en élevage allaitant. Il a apporté des explications sur le standard recherché des animaux. Il a jugé quelques femelles sur leur morphologie et leur pedigree. Il a également commenté le taureau récemment acquis par les éleveurs. Ce fils de Halley, « est bien pointé, avec de grosses épaules, en raison notamment de sa bonne profondeur et de sa bonne largeur de poitrine, conférant une bonne aptitude à valoriser les fourrages grossiers ». Un point important pour les Hazemann qui nourrissent tout leur cheptel au foin, au regain et à l’enrubanné. Pierre Laceppe a également expliqué l’utilité du pointage en post-sevrage pour classer et hiérarchiser les femelles d’un troupeau. Un syndicat impliqué Nicolas Fady, président du syndicat des éleveurs alsaciens de la race bovine salers, a remercié les visiteurs venus du Cantal, en particulier le président du herd-book salers, Lionel Duffayet, et le vice-président, Géraud Trin, ainsi que le technicien, Pierre Laceppe, et Vincent Gaillard, technicien schéma génétique salers de la coopérative d’insémination. Il a également salué le président du service élevage de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Sébastien Stoessel. Ce dernier a félicité le syndicat pour son implication lors de la manifestation de Habsheim en octobre dernier : « Cette participation constitue un signe fort vis-à-vis des collectivités départementales et régionales, impliquées dans le soutien financier de la manifestation, et de la Chambre d’agriculture d’Alsace, sans laquelle ce concours ne pourrait pas être mené à bien. » BVD : le dépistage porte ses fruits Vincent Gaillard a présenté le nouveau catalogue des taureaux d’insémination. Et plus particulièrement, les taureaux Baron et Béguin. Le premier est très complet en taille et en viande, et le second s’illustre par son index lait très élevé. Dans la gamme des nouveaux taureaux, Halley sort du lot grâce à de bonnes performances viande sur broutards. Et Houston est un taureau très mixte, à privilégier sur les génisses. Céline Zuber, du GDS Alsace, a présenté les dernières évolutions concernant la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR) et ses conséquences sur les mouvements des animaux. À noter également que le dépistage de la Diarrhée virale bovine (BVD) mis en place dans le Grand Est permet de diminuer le nombre d’individus infectés persistants et immunotolérants. Nicolas Fady a conclu cette réunion en faisant part de sa volonté d’organiser un voyage pour se rendre à la prochaine vente à la station d’évaluation à Sansac-Veinazès courant avril.

Association sanitaire régionale Grand Est

Au service du sanitaire animal et végétal

Publié le 13/02/2017

L’Association sanitaire régionale Grand Est a été créée le 26 janvier, lors de son assemblée générale constitutive qui s’est tenue à Laxou.

L’Association sanitaire régionale (ASR) Grand Est a pour objet la prévention, la surveillance et la maîtrise de l’ensemble des dangers sanitaires, conformément à l’article L 201-11 du code rural. La création de l’ASR Grand Est est le résultat d’une initiative portée par la Fédération des organismes à vocation sanitaire (OVS) d’Alsace, de Champagne-Ardenne et de Lorraine : les trois Fédérations régionales de défense contre les organismes nuisibles (Fredon, en charge de la protection sanitaire des végétaux) et les trois Fédérations régionales des groupements de défense sanitaire (FRGDS, en charge de la protection sanitaire des animaux). En présence des services de l’État, du Conseil régional Grand Est, des Conseils départementaux et de représentants des Chambres d’agriculture, les OVS ont présenté les statuts de cette nouvelle instance, adoptés à l’unanimité. L’ASR Grand Est constitue un maillon central de la gouvernance sanitaire française. À ce titre, elle a plusieurs missions décrites dans le code rural (article L 201-12) : élaborer le Schéma régional de maîtrise des dangers sanitaires (SRMDS) et la coordination de sa mise en œuvre. Cette mission va se traduire par la réalisation d’un diagnostic territorial décrivant les productions des différentes filières, le niveau d’occurrence des dangers sanitaires ainsi que les enjeux sanitaires en région. Le diagnostic va ainsi permettre d’identifier les dangers sanitaires pour lesquels une action collective sera proposée ou est déjà conduite. construire des Programmes collectifs volontaires (PCV) contre certains dangers sanitaires, qui structurent des actions de surveillance, de prévention et de lutte ; collecter les informations liées à la détection ou à la suspicion de dangers sanitaires. Fédérer les acteurs du territoire Outre ses membres fondateurs, cette structure régionale accueille également des membres de plein droit que sont l’Organisation vétérinaire à vocation technique (OVVT), le Conseil régional Grand Est, les Conseils départementaux, la Chambre d’agriculture régionale Grand Est, ainsi que toute organisation ou association professionnelle dès lors qu’elle exerce une compétence sanitaire dans le territoire considéré. Toute personne morale intervenant dans la région dans le domaine de la surveillance, de la prévention et de la lutte contre les risques, parasites et maladies animales ou végétales, peut faire une demande d’adhésion. Cette structure régionale se veut un lieu de concertation sur les dangers sanitaires impactant aussi bien les animaux que les végétaux, mais également leurs détenteurs, qu’ils soient professionnels ou non, en tenant compte des enjeux économiques, environnementaux, patrimoniaux et de santé publique.

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