Élevage

Eurogénétique. Concours prim’holstein

Deux beaux doublés pour les éleveurs alsaciens

Publié le 11/04/2017

Vendredi 7 avril, le ring du centre des congrès d’Épinal a accueilli pour la dernière fois le concours prim’holstein d’Eurogénétique, avant un transfert à Colmar en 2018. Goldblack du Tombuy (Lauthority x Kite), copropriété du Gaec du Tombuy et du Gaec Derrière la Tour à Gimécourt (55), remporte les titres de meilleure mamelle Adulte, championne Adulte et le titre suprême de grande championne de cette édition 2017.

Pour juger le concours prim’holstein 2017, les organisateurs d’Eurogénétique avaient invité Thomas Allard, 35 ans, installé dans le Morbihan où il produit 500 000 litres de lait avec une cinquantaine de vaches laitières, sur 70 hectares. Juge agréé depuis sept ans, Thomas Allard a officié pour des concours départementaux, le régional de Normandie, le national du Mans, mais également le Salon international de l’agriculture à Paris en 2015 et le Tech Elevage en 2017. Les terres vosgiennes n’étaient pas inconnues pour l’éleveur morbihanais qui a parcouru les routes du Grand Est en tant que technicien de Prim’Holstein France durant quelques années. Thomas Allard a été épaulé sur le ring par Jean-Baptiste Pardon, ancien technicien à Élitest, aujourd’hui installé en élevage de montbéliardes. Les deux hommes se sont mis à l’œuvre dès 10 heures du matin. La journée a débuté par le jugement des quatre sections de vaches en première lactation. Janeiro du Tombuy (Atla5G x Sanchez) du Gaec du Tombuy à Gimécourt (55), Prinz Elfrida (Afterschock x Fever Crac) de l’EARL Prinz à Hausgauen (68) et Adam Jocko (Parocas x Vonard) du Gaec Adam à Sorans-les-Breurey (70) ont successivement été choisies comme premières de leur section. « On termine par une section Espoir de très haut niveau. Mon choix s’est joué sur de petits détails », commente le juge avant de désigner, dans la quatrième section, celle qui sera, quelques minutes plus tard, championne Espoir de cette édition 2017 : Riedill Jaste (Impression x Bolton) de l’EARL Wollenburger à Binderheim (67). « C’est une vache qui respire la jeunesse, qui a beaucoup de caractère laitier. C’est un animal très complet avec un très bon système mammaire », souligne le juge. La dauphine de section, Riedill Jeunesse (Impression x Shottle) remporte le titre de meilleure mamelle Espoir et celui de réserve Espoir. « C’est tout ce qu’on recherche chez une vache laitière. Elle a un pis haut qui exprime bien le potentiel laitier », note Thomas Allard. C’est donc un doublé pour l’EARL Wollenburger. Doublé pour le Gaec Wilt La matinée s’est poursuivie avec trois sections de vaches en deuxième lactation. Dans la première section, Coum Iloa remporte la première place. « Elle a beaucoup de caractère laitier », apprécie le juge. Dans la seconde section, Thomas Allard trouve sa meilleure mamelle Jeune et championne Jeune : Wilt Enjy (Shot AL x Sanchez) du Gaec Wilt à Dachstein (67). « C’est une vache très bien équilibrée, bien proportionnée avec un pis impeccable. Elle a fait la différence sur la hauteur du plancher et de l’attache arrière. C’est le modèle de vache en deuxième lactation que je recherche », commente-t-il. Pour lui, dans la dernière section « trois vaches se distinguent. Ce sont trois vaches très harmonieuses avec une belle qualité de mamelle et une belle démarche. » Le juge a toutefois préféré Wilt Emy (Yorick x Shottle) du Gaec Wilt. « Elle domine par l’ensemble de ses qualités, son très bon système mammaire, la qualité de son ligament suspenseur ». Wilt Emy est désignée réserve Jeune quelques minutes plus tard. Le concours est donc marqué par un nouveau doublé, cette fois pour le Gaec Wilt. Place aux sections de vaches adultes Après un intermède pour laisser place au concours de la race brune, Thomas Allard a repris le chemin du ring pour juger les sections de vaches adultes. À commencer par les vaches en troisième lactation. Dans la première section, Thomas Allard apprécie Hippie (Zeus x Bosman) du Gaec Bernard à Vittersbourg (57), pour « sa fraîcheur, la hauteur et la largeur de sa mamelle, la qualité de son ossature et de ses membres ». Dans la seconde section il préfère Nova Gape (Shout x Survivor), copropriété de la SARL Novalait et Philippe Deru à Brainville-sur-Meuse (52). « Ce n’est pas la plus dimensionnée mais elle dégage beaucoup de potentiel laitier ». Vient le temps de la section des vaches en quatrième lactation. On y trouve Goldblack du Tombuy (Lauthority x Kite), copropriété du Gaec du Tombuy et du Gaec Derrière la tour à Gimécourt (55). Goldblack connaît le ring d’Eurogénétique : elle a précédemment remporté les titres de championne Espoir et grande championne en 2014 et de championne Jeune en 2015. Cette fois encore, Goldblack tape dans l’œil du juge qui la désigne première de section. Les derniers animaux à s’avancer sur le ring sont les vaches en cinquième lactation et plus. Le juge tient à souligner la qualité du travail des éleveurs qui font vieillir leurs animaux. La plus vieille vache du concours est une femelle en huitième lactation « C’est une vache remarquable de conservation », apprécie Thomas Allard. Comme première de section, il préfère toutefois Ex Elegence (Sanchez x Mr Sam) du Gaec Adam à Sorans-les-Breurey (70), « une très belle vache très harmonieuse ». Une grande championne remarquable La fin du concours approche. Place au championnat adulte : Goldblack du Tombuy s’illustre une nouvelle fois : Thomas Allard la choisit comme meilleure mamelle Adulte et championne Adulte. « Elle a un très bon bassin, un très bon système mammaire, avec une attache arrière haute. On en prend plein les yeux. » Les championnes Espoir, Jeune et Adulte s’avancent de nouveau sur le ring. Avant de désigner la grande championne, Thomas Allard fait durer le suspense. Le juge prend quelques minutes pour remercier l’organisation. « J’ai pris beaucoup de plaisir à juger ce concours sur ce ring aujourd’hui ». Thomas Allard profite de cette tribune qui lui est offerte pour rappeler que, « ce sont des actes dont on a besoin aujourd’hui dans la profession. Nous faisons énormément de sacrifices. Aux politiques de faire des lois davantage en notre faveur ». Le juge termine en appelant les éleveurs « à faire la fête aujourd’hui. C’est important de prendre du plaisir au quotidien ». Thomas Allard a assez fait durer l’attente, la musique s’élève, il tourne autour des trois championnes avant de taper sur le flanc de Goldblack du Tombuy. « C’est un animal remarquable dans sa stature, sa prestance, avec un squelette et un pis exceptionnels ».

Organisme de sélection de la race bovine vosgienne

Des éleveurs pleins d’enthousiasme

Publié le 10/04/2017

Nombre de vaches femelles et d’adhérents en hausse, progrès génétiques salués, lancement réussi du fromage Cœur de massif : l’Organisme de sélection de la race bovine vosgienne a vécu une année 2016 très positive. Un dynamisme qui devrait se poursuivre via la valorisation de nouvelles filières viande.

Les éleveurs de vaches vosgiennes peuvent être enthousiastes. Lors de sa dernière assemblée générale, l’Organisme de sélection (OS) de la race a fait état d’un bilan flatteur pour 2016 : 320 animaux de race pure en une année, le nombre d’adhérents qui continue d’augmenter (193 contre 186 en 2015) ou encore le fromage Cœur de Massif qui a su trouver son public. Comme le souligne le président de l’OS, Florent Campello, ce produit « rayonne » et « surprend » au niveau local et national comme il a pu le constater lors du Salon international de l’agriculture (SIA) à Paris. « Grâce à lui, nous maintenons la rusticité de notre race et la modernité de notre travail », se félicite-t-il. Chez les éleveurs qui se sont lancés dans cette aventure, les retours sont très bons. Lionel Vaxelaire en produit une fois par semaine. Il n’a aucun stock. « Il y a une forte demande suite au SIA. C’est un beau produit qui plaît beaucoup. » Même constat chez Christian Ancel, du Gaec des Hautes Huttes. Il a fabriqué 3 000 kg de Cœur de massif depuis avril 2016. « C’est une plus-value importante pour mon exploitation », se réjouit-il aujourd’hui. Au 31 décembre 2016, 21 éleveurs de vosgiennes s’étaient formés à la création de ce fromage. Quatorze sont dans la production opérationnelle, dont trois au sein de la Fromagerie de la vallée de Munster. « Le fromage est tellement apprécié des consommateurs que les caves d’affinage sont vides. La demande est clairement supérieure à l’offre. Pour le moment, on ne peut pas donner suite au marché national. Les nouveaux producteurs sont donc les bienvenus », souligne Laurine Spieser, chargée de mission circuits courts et valorisation au sein de l’OS. Un « modèle » pour les autres races Il semble loin le temps où la vosgienne était au bord du déclin. Aujourd’hui, elle est en passe de devenir un « modèle » pour les autres races en matière de génétique. « Grâce à un budget en hausse, nous sommes plus précis sur les valeurs de nos animaux. Nous connaissons en ce moment même un véritable bond en avant avec la génomique. Tout cela profite à l’ensemble de nos éleveurs et de nos exploitations. » Avec la génétique, l’OS vosgienne travaille quotidiennement pour apporter des solutions aux éleveurs. « C’est essentiel pour nous faire vivre et faire vivre les générations futures. » Et c’est bien loin d’être fini. Avec l’entrée en vigueur du Règlement zootechnique européen (RZE) le 1er novembre 2018 (lire en encadré), le travail de l’OS va considérablement évoluer et place la race vosgienne au « Cœur » de son système génétique. « Ce règlement va fondamentalement changer le cours de notre histoire. L’éleveur sera au cœur de ce changement. C’est lui qui sera le maître de l’avenir de sa race. Car seuls ceux qui touchent physiquement la vosgienne savent ce qu’il lui faut pour son avenir. » Un grain de viande « unique » À commencer par une filière bouchère qui a de nouvelles perspectives devant elle par le biais de Charal. En 2016, 50 animaux ont été commercialisés par ce biais via Bresson Viandes. En 2017, la collecte sera élargie via Gasparini, Haute-Saône Bétail, Ueberschlag et Socobeval. Les animaux sont abattus à Metz. « Grâce à cette filière courte qui se met en place, nous bénéficions d’une nouvelle possibilité de valoriser notre travail, avec une plus-value intéressante de 8 centimes le kg de carcasse pour les éleveurs », développe Florent Campello. De quoi confirmer les bons retours observés lors du dernier SIA. Pour la première fois, les éleveurs de vosgiennes y ont emmené des animaux allaitants. « Cela s’est très bien passé et prouve que notre race a largement sa place dans cette catégorie. » Et ce n’est pas fini. La commission valorisation a repris en main le projet de filière « veau de lait » évoqué en 2014. L’idée est simple : valoriser une viande qui « se finit bien » tout en promouvant la race vosgienne dans sa mixité. « C’est un grain de viande unique qui a déjà été repéré par certains consommateurs. À terme, ce serait une nouvelle plus-value pour les éleveurs, et un nouvel ambassadeur de la marque « Race bovine vosgienne ». » L’enthousiasme « vosgienne », a encore de beaux jours devant lui.

Syndicat de la simmental française d’Alsace

« Une race stratégique »

Publié le 09/04/2017

Malgré la fin des quotas laitiers, les races mixtes ont toute leur place dans le paysage laitier européen. C’est le message qu’a fait passer le président du syndicat de la simmental française d’Alsace, Jean Bernhard, lors de l’assemblée générale qui s’est tenue mercredi 22 mars à Rœschwoog.

Dressant le bilan de l’année laitière 2016, marquée par des stocks fourragers et des prix du lait faibles, Jean Bernhard a fait un sombre constat : « Les bonnes années se font rares et les mauvaises années s’accumulent. S’installer, investir, se développer ne doivent plus se faire à la légère et méritent une réflexion de fond. » À ces difficultés s’ajoute la pression de la grande distribution, dont « les exigences sont souvent beaucoup plus sévères que la réglementation », et dont le seul but est de prendre des parts de marchés à ses concurrents. « Nous avons connu une forte baisse de la production, du fait du fourrage de mauvaise qualité, poursuit Jean Bernhard. Dans le nord de l’Europe, de nombreux éleveurs ont jeté l’éponge car ils n’avaient plus les moyens d’acheter des concentrés. » Dès que les prix sont remontés, les Allemands ont augmenté leur production, entraînant une nouvelle chute des cours. Nombre d’exploitations ont doublé, voire triplé, leur production depuis la fin des quotas, car ils n’avaient aucune contrainte de livraison, et cela a déséquilibré le marché. Mais la situation pourrait évoluer, explique le président de la race simmental : « Je reviens d’un forum en Allemagne : ce pays a enfin compris que la contractualisation à la française est la seule solution viable ». À la sortie des quotas, tout le monde pensait que les races mixtes allaient disparaître. « Deux ans plus tard, les instituts spécialisés pensent que l’avenir sera plutôt aux races mixtes », se réjouit Jean Bernhard. La race simmental a d’énormes capacités, souvent méconnues : une bonne production de lait, des taux intéressants, une viande de qualité. De plus, elle présente une belle longévité : « Elle peut faire quatre, cinq, voire huit veaux. » Certains signes ne trompent pas : elle est de plus en plus demandée - « Les éleveurs qui ont appris à la connaître l’apprécient beaucoup » - et de nombreux acteurs de la génétique s’y intéressent. « Ils ont compris que la simmental est une race stratégique. » Claude Ettlinger, technicien d’Élitest, a présenté le rapport d’activité et le rapport financier du syndicat. Au chapitre élections, Daniel Hertzog, Michel Fichter et Thierry Marx ont été réélus au conseil d’administration. Jeanine Holtzer n’ayant pas souhaité se représenter, c’est Arnaud Hatt de Wickersheim qui a été désigné pour la remplacer. 6 970 litres de lait à 7 % en moyenne Présenté par Annabelle Ragot, du service élevage de la Chambre d'agriculture d’Alsace, le bilan de synthèse rassemble les données de dix élevages bas-rhinois en race pure. L’effectif moyen est en augmentation, à 65 vaches. « Il y a moins d’éleveurs, mais plus de bovins, ce qui reflète la restructuration en cours. » En moyenne, une vache a 2,8 veaux en lactation, ce qui confirme la rusticité de la race. Le pourcentage de primipares s’élève à 29,4 %. « Pour une bonne longévité, le taux de renouvellement ne doit pas être trop élevé. » En baisse de 192 l, la production de lait brut s’établit à 6 471 par vache. Les taux sont bons, ce qui donne une moyenne de 6 970 l/vache de lait à 7 %. Les vaches simmental bas-rhinoises obtiennent de bons résultats cellulaires, « meilleurs que pour les autres races. Mais cela reste un sujet de préoccupation pour les industriels. » Les intervalles vêlage-vêlage sont de 393 jours. « C’est l’un des points forts de la race, connue pour sa fertilité. » L’âge au premier vêlage est de 33,1 mois. « Les génisses vêlent avec un mois de moins. Ce critère s’améliore, je m’en réjouis. » L'assemblée générale du syndicat de la simmental d'Alsace s'est poursuivie par une visite de la nouvelle étable de l'élevage Cousandier à Roeschwoog.

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