Élevage

Publié le 28/04/2017

L’assemblée générale d’Alsace Lait, le jeudi 20 avril à Hœrdt, a permis aux participants de mieux comprendre le marché laitier européen et mondial, à travers l’analyse de ses dirigeants, Michel Debes et Frédéric Madon.

Après une année 2016 extrêmement difficile, le moral des éleveurs n’est pas au beau fixe, souligne le président d’Alsace Lait, Michel Debes. « Notre métier si noble est en souffrance. » Si la globalisation est désignée comme le principal fléau, l’oppression administrative accentue le malaise. Face à une production mondiale abondante, les marchés se durcissent, provoquant une chute des prix. L’Europe a acheté 350 000 t de poudre et lancé une politique de réduction volontaire de la production. Du coup, les cours du lait sur le marché spot se sont redressés fin 2016. La France est le seul pays à avoir, grâce à la contractualisation, baissé ses volumes de production pour équilibrer l’offre et la demande. « Partout en Europe, les entreprises réfléchissent à une forme de contrôle de la production. » Fin mai, les stocks européens de poudre de lait à 0 % devraient atteindre 500 000 t, ce qui pèsera lourdement sur les marchés à l’avenir. Or cela ne représente que 2 % de la production européenne. « Un effort partagé permettrait de réguler la production », estime le président. Un prix supérieur à la moyenne française et allemande Avec 336,53 €/1 000 l en moyenne, Alsace Lait a payé l’an dernier le prix le plus bas de ces dernières années. Mais ce prix est supérieur de 3,40 cts à la moyenne française et de 6 cts à la moyenne allemande. « Le retour de la plus-value s’est fait jusqu’au producteur, même si l’entreprise doit avoir les moyens d’investir. » Elle vient d’investir plus de 4 M€ pour augmenter sa capacité et sa qualité de production et compte y consacrer 4,50 M€ en 2017. Alsace Lait a réalisé un résultat de 2,20 M€ en 2016. « Nous allons verser des intérêts sur les parts sociales et un complément de prix sur les mois d’été. » Par ailleurs, l’entreprise s’est engagée à payer 320 €/1 000 l jusqu’à la fin du mois de juin. « En pleine négociation sur les MDD, nous ne savons pas si nous arriverons à faire passer des hausses. Elles sont pourtant indispensables, et si nous les obtenons, nous les répercuterons sur le prix payé aux producteurs. » « Nous avons besoin de plus d’Europe ! » 2017 sera une année compliquée, avec beaucoup d’espoirs déçus, poursuit le président. « Mais restons positifs : le lait est une denrée de première nécessité, sa consommation augmente dans le monde de 2 % par an et la population s’accroît chaque jour de 250 000 individus. » Autre point positif, le beurre, décrié pendant trente ans, est devenu en l’espace d’un an un produit très recherché et son prix a doublé en un an ! « Nous allons passer une phase difficile. C’est le rôle de la coopération d’aider ses adhérents à passer le cap. Mais nous avons besoin de plus d’Europe ! Et, surtout, nous avons besoin d’une France qui remette en avant le travail. Avec les efforts appropriés, nous pourrons transformer l’avenir. » L’agroalimentaire génère 20 % de la valeur ajoutée de l’industrie française, indique le directeur, Frédéric Madon. Il est à l’origine d’un emploi sur six et représente le troisième excédent sectoriel de la France. Notre pays est le quatrième exportateur mondial de produits agroalimentaires. Conclusion de Frédéric Madon : « L’agroalimentaire est un secteur porteur, aidé par la croissance démographique mondiale, l’augmentation du niveau de vie et l’urbanisation. Mais la fiscalité alimentaire s’alourdit d’année en année et grève nos entreprises : elle représente 13 % du budget de l’État. » L’industrie agroalimentaire est également pénalisée par sa dépendance à l’énergie - elle est le troisième consommateur d’énergie en France. 2016, une année de changements La guerre des prix à laquelle se livre la grande distribution est dévastatrice : « Les 16 218 entreprises agroalimentaires, confrontées à quatre centrales d’achat qui représentent 20 à 25 % du marché alimentaire, se voient appliquer des baisses successives. » Les prix connaissent une déflation de 4 % sur les trois dernières années. « L’incapacité de répercuter la hausse des coûts de production exerce une pression terrible sur les marges. La guerre des promotions qui fait rage actuellement accroît ce phénomène déflationniste. » 2016 est une année de changements. Les habitudes des consommateurs évoluent, entre la concurrence des glaces et des pâtisseries, la déstructuration des repas et la mode des produits végétariens. Il y a également des changements dans le portefeuille clients et fournisseurs : leur nombre se réduit, suite à la restructuration des entreprises. Il y a d’autres périls en la demeure, souligne Frédéric Madon, citant pêle-mêle les messages anti-lait, les accords du CETA, la renégociation du TIPP, l’embargo russe et l’étiquetage d’origine. « Notre entreprise doit s’adapter en permanence, et de façon intelligente, à ces nouveaux enjeux. » Avec un chiffre d’affaires de 104,7 millions d’euros (M€), Alsace Lait a réalisé un résultat net de 2,20 M€ en 2016, en léger recul. « Le taux de marge s’élève à 33,89 %, alors que nous avons payé un prix du lait supérieur à la moyenne grâce à la maîtrise des charges externes et à la productivité. » Les filiales du groupe se portent bien, signale Frédéric Madon. Savoie Yaourt a réalisé un résultat exceptionnel, la holding du groupe, ALP, un résultat record. « La filiale canadienne n’est pas encore à l’équilibre mais s’en rapproche grâce à la croissance de l’activité fromage et au recours à des sous-traitants. » Elle réalise un chiffre d’affaires de 12,5 millions de dollars pour l’ultra frais et a créé une marque, Riviera, qui s’impose peu à peu sur le marché. De bonnes nouvelles qui expliquent le résultat consolidé du groupe de 3 M€. L’embellie attendue en 2017 ne se dessine pas rapidement, constate Frédéric Madon. Le marché spot est à nouveau très bas, la matière grasse bat des records à la hausse, les négociations avec la grande distribution se durcissent et les marchés financiers se retendent. Pour tirer son épingle du jeu, Alsace Lait doit être « rigoureuse et pertinente dans ses choix, à l’écoute des marchés. » Des entreprises dynamiques, une politique européenne ambitieuse Jean-Paul Bastian, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, s’interroge : « Que serait l’Alsace sans son agroalimentaire ? Ce sont les entreprises qui font vivre la région et l’identité régionale. » Demain, la politique agricole devra intégrer davantage l’agroalimentaire. « La production sans la transformation, sans la plus-value, cela ne veut pas dire grand-chose. » Que faire pour que l’agriculture retrouve sa compétitivité ? Pour Jean Paul Bastian, il faut une bonne politique agricole, au niveau national et européen. Les années à venir seront déterminantes pour la Pac, avec sa révision à mi-parcours et un élément nouveau, la sortie des Britanniques de l’Union européenne. La Grande Bretagne étant un contributeur net de l’UE, il manquera plusieurs milliards pour boucler le budget européen. On s’oriente vers une politique de restrictions budgétaires. L’élevage doit être force de proposition pour anticiper les défis et conserver des outils d’intervention. « À plus long terme, quelle politique laitière européenne voulons-nous ? Ni le tout-libéral, ni le tout-quota. » Il faut prévoir des instruments financiers pour éviter la dégradation des marchés, avoir un discours positif sur l’environnement. « À vous d’imaginer la politique laitière dont vous aurez besoin en 2010. Une politique ambitieuse, ouverte sur le marché. « Après un chalet en Savoie, vous êtes en train de construire une cabane au Canada », a plaisanté le député Antoine Herth. Autant d’investissements qui sont une nécessité pour accéder aux marchés, selon lui. « Perfectionnez et consolidez votre outil, car il est vital pour les exploitations agricoles. Et faites en sorte que la valeur ajoutée créée revienne en partie aux producteurs. »

Costal. Poulets label rouge

« Une année de poids maîtrisés »

Publié le 19/04/2017

Bonne maîtrise des poids, baisse de l’indice de consommation, recul de la mortalité, amélioration de la marge brute… De quoi booster les producteurs de poulets label rouge, dans un contexte de demande soutenue. Le point avec Mario Troestler, technicien spécialisé volailles chez Lorial.

La filière volailles est en plein développement : il y a un an, la société Siebert d’Ergersheim a annoncé sa volonté de produire des poulets label jaunes, à raison d’un bâtiment par semaine, ce qui correspond à seize bâtiments. « En 2016, nous avons fait un essai de poulets label jaunes au Gaec de Hattisheim à Geispolsheim », indique Mario Troestler, technicien spécialisé volailles chez Lorial, lors de la réunion technique organisée début mars à Dorlisheim. Par ailleurs, un essai de poulets label noirs est en cours à la ferme Gay à Bischoffsheim. Dans le même temps, la demande continue à croître en poulets label blancs. « Nous travaillons à flux tendu. » Ceci permet d’envisager la construction de plus de vingt bâtiments sur deux ans. Cinq bâtiments ont été construits en 2016, 17 sont prévus en 2017. La filière se développe aussi en Moselle, avec la mise en place de huit bâtiments de poulet label noir. « Ces producteurs vont intégrer Alsace Volaille. » Concernant le prix des aliments, Mario Troestler a comparé les prix pratiqués par Lorial et l’indice Itavi, qui évolue en lien avec le cours des matières premières. « Il y a eu très peu de décrochages, ces dernières années. En général, nous sommes en dessous de l’indice, avec depuis un an un prix extrêmement bas. La composition de l’aliment n’est pas toujours la même : nous assistons à un retour en force du maïs, actuellement. » Le constat est satisfaisant : il y a une bonne connexion entre le prix de reprise et le cours des aliments. Mario Troestler a analysé les résultats techniques des producteurs de poulets label rouge, sur la base d’une production de 600 000 poulets. Une production en croissance : « De nouveaux éleveurs sont arrivés et les anciens producteurs ont produit plus ». La demande étant soutenue, l’âge d’abattage ne cesse de baisser, mais il n’est pas possible de descendre en dessous de 84 jours, en raison du cahier des charges du poulet label. « Par le passé, l’âge d’abattage était plus élevé en juillet et en août, mais durant toute l’année 2016, il est resté très proche des 84 jours. D’où la volonté de construire de nouveaux bâtiments. » Mortalité en baisse Une remontée de la mortalité avait été constatée en 2011 suite à la suppression des anticoccydiens. Depuis, elle a fortement baissé, même si, en 2015, les éleveurs ont constaté qu’il manquait des animaux lors de l’enlèvement, un phénomène lié à la recrudescence des prédateurs, en particulier des renards. En 2016, cette courbe est repartie à la baisse, sans doute à cause de la double vaccination contre la maladie de Marek et de l’obligation de claustration. « L’épisode hivernal de réovirose n’a pas entraîné de recrudescence de la mortalité », commente Mario Troestler. L’année écoulée se caractérise par une bonne maîtrise du poids des poulets label rouge. « De 2010 à 2014, nous avons connu une nette hausse du poids des poulets, qui était en totale déconnexion avec le poids de référence. » Or des poulets trop lourds posent des problèmes à l’abatteur. « En 2014, nous avons mis en place une politique nutritionnelle pour revenir à des poids acceptables », souligne Mario Troestler. Avec succès : les poids se sont stabilisés autour de 2,25 kg. En 2016, on constate une légère remontée, à 2,28 kg/poulet, malgré des contraintes nutritionnelles identiques. « Les conditions sanitaires se sont améliorées, la génétique aussi. » Un autre phénomène se greffe là dessus : « En 2015, l’été caniculaire a fait chuter fortement le poids des poulets et nous avons conseillé aux éleveurs de commander des miettes et des granulés à l’approche de la saison estivale, ce qu’ils ont fait dès l’année suivante. Résultat, la courbe de poids est plus stable à la sortie de l’été. » Les contraintes nutritionnelles devront à nouveau être revues pour se rapprocher du poids de référence. Entre 2015 et 2016, l’indice de consommation a connu une amélioration significative, ajoute Mario Troestler. « Nous avons gagné 64 g d’aliment par kg de poulet. » Le taux de déclassement (poulets congestionnés ou griffés) a légèrement augmenté en 2016. Pourtant, les éleveurs n’ont pas relâché leurs efforts… La nette remontée des saisies de carcasses en fin d’année est liée à l’épisode de réovirose (lire notre article en page 13). La marge brute augmente La marge poussins-aliments (MPA) par kg augmente de 2 cts en 2016, du fait de l’amélioration de l’indice de consommation. La MPA est calculée en fonction du prix de vente du poulet, duquel on déduit le coût du poussin et de l’aliment, précise Mario Troestler. La MPA/m2/lot est elle aussi en hausse. « Un bon aliment est essentiel, mais il faut aussi que l’animal soit en bonne santé pour pouvoir valoriser cet aliment. Cela passe par une bonne désinfection, une bonne prophylaxie, des bâtiments bien ventilés et à l’abri des rongeurs, et moins de prédations sur les parcours. » De nombreux efforts ont été faits en matière de prophylaxie, indique le technicien : « Les éleveurs se sont impliqués dans la lutte contre la bronchite, l’entérite nécrotique et la maladie de Marek. Ils ont investi dans les raticides, les souricides, de meilleurs désinfectants. » Parallèlement, ils ont construit des bâtiments neufs et les ont dotés d’équipements performants. « En vingt ans, le bâtiment a quasiment doublé de valeur, du fait de la technologie. » Sur le plan sanitaire, un plan de biosécurité a été mis en place : il a permis de former vingt éleveurs. Les cas de salmonelles ont été très rares en 2016 ; sur 260 analyses salmonelles, 256 ont été négatives. Seule une analyse positive concernait une salmonelle majeure (Entiridis). La mise en place d’un double vaccin contre la maladie de Marek fait qu’aucun cas de maladie n’a été détecté. La chasse aux kilomètres Emmanuel Brochet, responsable production et approvisionnement chez Siebert, confirme la croissance de la demande. « En 2013, nous abattions 15 500 tonnes de volailles, actuellement, nous dépassons les 19 000 t. » Un des objectifs de l’abatteur est de concentrer la production autour de l’abattoir. « Un mois de ramassage chez Siebert, c’est entre 20 000 et 30 000 km. Un mois de livraison, c’est 175 000 km. C’est pour cela que je fais la chasse aux kilomètres. » Les poulets bios sont produits à 100 % par des éleveurs bas-rhinois. La production de poulets label est elle aussi 100 % bas-rhinoise (34 éleveurs). Les poulets standards blancs et jaunes sont produits par 53 éleveurs, 100 % Grand Est. Quant à la viande de lapin, elle est produite par 34 éleveurs, dont 31 dans le Grand Est, 1 en Belgique et 2 en Allemagne. 65 % des poules viennent de France, 30 % de Suisse, 5 % d’Europe. Quelques conseils d’Emmanuel Brochet : « Soyez très vigilants sur les griffures, car c’est un motif de déclassement et de saisie. Il y a un effort à faire sur la propreté des pattes. C’est lié à un problème de dégradation de litière : la fiente colle sous la voûte plantaire, ce qui entraîne une brûlure. Il faut réagir très vite, dès qu’on constate un problème. Il faut que les pattes soient belles, car nous les valorisons sur le marché asiatique. »

Syndicat de la race limousine d’Alsace

Alors que revoilà la FCO…

Publié le 18/04/2017

L’assemblée générale du syndicat de la race limousine d’Alsace a été l’occasion pour les éleveurs de faire un point sur la situation sanitaire et notamment sur la FCO, qui refait parler d’elle.

146 €. C’est le bénéfice qui solde les comptes 2016 du syndicat de la race limousine d’Alsace. « C’est un petit budget, mais suffisant pour nous rencontrer de temps en temps », sourit Joseph Steinmetz, président du syndicat, qui ne se lancera pas dans un long discours pour dire à quel point l’année a été mauvaise et les prix toujours aussi bas. Une réalité que les éleveurs ne connaissent que trop bien. La parole est donc donnée à Céline Chaudron, responsable du service réglementation et qualité à l’Association de production animale de l’Est (Apal), qui regroupe 1 500 éleveurs et 50 commerçants privés en Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine. « Nous proposons la réalisation de plans sanitaires d’élevage, une large gamme de matériels d’élevage et des conseils techniques : nutrition animale, bilan de lot, étude des coûts de production, diagnostic et amélioration des bâtiments… » Depuis peu, l’Apal propose un accompagnement pour l’amélioration de l’autonomie alimentaire, notamment en optimisant l’agrosystème des prairies, mais aussi grâce aux méteils, aux couverts… Le service Clé de sol constitue une aide à la gestion du cahier d’épandage. Mais l’Apal peut faire davantage : calcul du plan de fumure, enregistrement des pratiques phytosanitaires, cartographie des zones épandables, calcul des IFT, accompagnement à la rédaction du DUER… L’autre cœur de métier de l’Apal, c’est de développer différentes filières, avec des cahiers des charges spécifiques, pour répondre aux demandes de l’aval, et de qualifier les exploitations qui approvisionnent ces filières, avec des grilles de prix spécifiques. Exemples (non exhaustifs car la liste est longue) : Bœuf limousin Blason Prestige (label rouge), Bœuf de nos régions, Veau rosé, Hugo Denoyers, Bœuf du Grand Est Alsace (pour des génisses de 340 à 450 kg), Goûter l’Alsace (génisses et vaches de moins de 6 ans de race à viande ou croisées, de 340 à 370 kg pour une plus-value de 13 cts/kg), Cœur de gamme (avec une demande de l’enseigne Lidl pour des génisses limousines). Les participants sont restés assez circonspects face à la complexité de la gamme, et à son efficacité pour dégager de la plus-value pour les éleveurs : « Pendant 30 ans on nous a demandé de produire des bêtes lourdes et on a sélectionné nos troupeaux en ce sens. Et maintenant on nous demande des carcasses à 400 kg, pour des prix qui ne nous permettent même pas de vivre », constate un éleveur, résumant le sentiment général. FCO : reprise de l’activité vectorielle Comme lors des autres assemblées générales de syndicats de race, Céline Zuber, technicienne au GDS Alsace, est intervenue sur l’IBR et la BVD, (lire en page 6 du n° 9 du 3 mars 2017). Mais, à la demande des éleveurs, elle a surtout axé son propos sur la FCO, dont elle a rappelé les signes cliniques : chute de production, atteinte des yeux, nez croûteux, œdèmes… Puis, elle a retracé l’historique de la maladie, apparue en France, d’abord dans le Nord, à l’automne 2006. S’en étaient suivis une campagne de vaccination volontaire, puis deux ans de campagne de vaccination obligatoire. La FCO semblait alors maîtrisée en France, jusqu’à ce que de nouveaux cas soient détectés à l’été 2015 dans le Massif Central. « Actuellement, environ 110 nouveaux cas par semaine, uniquement du sérotype 8, sont détectés un peu partout en France. L’Alsace est concernée depuis quelques semaines », a indiqué Céline Zuber. Elle a rappelé que les vecteurs de la maladie sont des insectes piqueurs qui subsistent dans les bâtiments en hiver. « On s’attend donc à détecter de nouveaux cas avec la reprise de l’activité vectorielle. » Anticiper les mouvements d’animaux Pour l’instant, la maladie tente d’être endiguée par un système de zones : « On distingue la zone réglementée, où la FCO est présente, et la zone indemne. La circulation des animaux peut se faire sans contraintes particulières au sein d’une même zone. Par contre, pour faire passer des animaux de la zone réglementée à la zone indemne, des contraintes sont imposées, comme la vaccination des animaux suffisamment à l’avance pour que l’immunité soit acquise ou la désinsectisation et la réalisation d’une PCR avant le départ », a détaillé Céline Zuber. Des règles qui sont valables pour les mouvements en France comme à l’export. Il s’agit donc « d’anticiper pour ne pas être coincés ». Céline Zuber a rendu les éleveurs attentifs au fait que la vaccination n’est reconnue à l’export que si elle est réalisée et attestée sur le passeport par un vétérinaire. Si le vaccin est gratuit, l’acte est facturé. En outre, pour lutter contre la FCO, la vaccination est encouragée sur les mâles comme les femelles. Pratiquée en période de reproduction, elle peut provoquer des retours en chaleur. Elle est donc déconseillée à cette période mais, une fois les mères pleines, « il n’y a plus de contre-indication ». La vaccination est possible à partir de deux mois et demi d’âge, une seconde injection doit être réalisée trois semaines après la première. Puis un rappel serait nécessaire tous les ans afin de maintenir l’immunité. Des conséquences dramatiques Les éleveurs ont encore en mémoire les conséquences dramatiques que peut avoir la FCO. La fièvre et l’abattement qu’elle provoque sur les animaux pénalisent leurs performances. Si la contamination intervient en cours de gestation, il y a risque d’avortement, de veaux mal formés, « débiles », incapables de se nourrir seuls et qui meurent rapidement. Au vu du rapport bénéfice/risque, Céline Zuber a donc conseillé aux éleveurs de vacciner, d’autant que le vaccin est encore gratuit : « Il faut en profiter, parce que s’il y a des pertes liées à la FCO, elles ne seront pas prises en charge. » Comment sera gérée la FCO à long terme ? Difficile pour Céline Zuber de se prononcer : « L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) estime que l’éradication est possible à condition de mettre en place une campagne de vaccination obligatoire pendant cinq ans et une campagne de surveillance sérologique renforcée. La décision d’éradiquer ou non la maladie devra être prise au niveau européen. Mais, pour l’instant, personne ne se prononce. »

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