Élevage

Publié le 29/04/2017

Pour limiter l’impact de la crise laitière, la coopérative Unicoolait a débloqué 1 million d’euros au bénéfice de ses adhérents. Une mesure exceptionnelle prise dans une situation exceptionnelle, alors qu’Unicoolait fêtera ses 70 ans cet automne.

« L’amélioration de la conjoncture laitière est sur les rails depuis l’automne dernier, mais pour l’instant, les producteurs de lait restent sur leur faim. Nous attendons toujours que le prix du lait remonte au-dessus des coûts de production pour combler le déficit de ces deux dernières années », expose Jean-Luc Jacobi, président d’Unicoolait, à l’assemblée générale de la coopérative, le 7 avril à Drulingen. Il avait auparavant dressé le bilan d’une année 2016 « catastrophique pour les agriculteurs ». La détérioration de la conjoncture laitière s’est accentuée au premier trimestre 2016 sous l’effet de la surproduction enregistrée en Europe du Nord et du ralentissement des achats extérieurs, explique-t-il. Les mesures prises par le Conseil des ministres européens du 14 mars 2016 n’ont pas suffi à enrayer la crise. « La décision de mettre en place une régulation des volumes était certainement la mesure à prendre dans un contexte de surproduction », admet Jean-Luc Jacobi. Mais elle est intervenue trop tard pour avoir l’effet escompté. De plus, les livraisons de poudre de lait écrémé à l’intervention ont abouti à la constitution de stocks importants qu’il faudra bien remettre sur le marché un jour ou l’autre, juge le président d’Unicoolait. Montrer la direction à prendre La fixation du prix du lait pour le deuxième semestre 2016 a donné lieu à des actions syndicales musclées envers Lactalis, le n° 1 français de la transformation laitière. « Même si le niveau de prix du lait obtenu n’a pas été suffisant pour couvrir les charges dans nos exploitations, cet accord a permis de montrer à tous les acteurs de la filière et aux consommateurs la direction à prendre. » Partenaire commercial d’Unicoolait, Lactalis a prolongé le contrat d’approvisionnement qui le lie à la coopérative jusqu’au 31 décembre 2030. Cet engagement donne des perspectives de développement aux producteurs. Mais à quel prix ? « Le renouvellement des générations passe par l’attractivité de notre métier de producteur de lait, par la modernisation de nos bâtiments d’élevage pour rendre le travail moins pénible, mais surtout par un prix du lait qui permet de rémunérer le travail à sa juste valeur », insiste Jean-Luc Jacobi en appelant à prendre en compte « la situation réelle du terrain ». Dans cette année exceptionnelle, la coopérative a pris une mesure exceptionnelle : le conseil d’administration a décidé de payer 1 million d’euros supplémentaires aux producteurs, ce qui a permis de limiter la baisse du prix du lait conventionnel à 20 €/1 000 l par rapport à 2015 au lieu de 25 €/1 000 l. Cette décision se traduit dans les comptes de la coopérative : elle affiche un résultat négatif de 859 000 € pour un chiffre d’affaires de 57,70 M€. Ce résultat impacte très peu la bonne santé financière d’Unicoolait, précise Marc Hoenen, son directeur. Au-delà de cette mesure exceptionnelle, « il est plus que jamais nécessaire de revoir les relations contractuelles, commerciales et sociétales », juge Jean-Luc Jacobi. La loi Sapin II, promulguée en décembre dernier, peut y contribuer en apportant davantage de transparence et une meilleure répartition du rapport de force entre agriculteurs et industriels, veut croire le président d’Unicoolait. « En tout cas, les producteurs de lait ont vivement besoin de plus de reconnaissance et de prise en compte des coûts de production dans la détermination des prix », souligne-t-il. Collecte en baisse en 2016 152,3 millions de litres (Ml) ont été livrés durant la campagne laitière 2015/2016, un volume en hausse de 3,3 % par rapport à la campagne précédente. Huit jeunes agriculteurs, dix exploitations ayant modernisé leur bâtiment d’élevage et 108 exploitations ont bénéficié de volumes supplémentaires dans le cadre de la gestion raisonnée des volumes, signale Jean-Georges Berst, vice-président de la coopérative. Mais sous l’effet de la météo et de la crise laitière, la collecte 2016 est en recul de 2,52 %, à 146,6 Ml (123,6 Ml de lait conventionnel, 23 Ml de lait biologique). La moyenne par point de collecte s’établit à 462 500 l. Le prix du lait conventionnel à 38/32 a atteint 302,15 €/1 000 l, selon Gilles Becker, vice-président. Les volumes collectés ont chuté jusqu’à - 10 % au 4e trimestre. 86 adhérents d’Unicoolait ont réduit volontairement leur production en profitant du programme mis en place par l’Union européenne et des aides correspondantes. D’où un « manque à produire » légèrement supérieur à 1 Ml. Lait bio : sept nouvelles conversions Les producteurs de lait biologique ont vécu une année fourragère 2016 « catastrophique ». « Nous en avons subi les conséquences tout au long de l’hiver », témoigne Véronique Klein, vice-présidente, d’Unicoolait. La mauvaise qualité des fourrages a conduit notamment à l’augmentation du nombre de spores butyriques et à l’obligation d’acheter des aliments bios complémentaires à l’extérieur. Malgré une baisse de la collecte de 5,41 %, plus marquée qu’en lait conventionnel, le lait bio représente 16 % de la collecte totale de la coopérative. En mai dernier, sept nouvelles exploitations ont démarré leur conversion pour un litrage total de 4,5 Ml. « Nous devrions atteindre 30 Ml de lait bio dans les deux années qui viennent », souligne Véronique Klein. Le prix du lait bio à 38/32 s’élevait en 2016 à 474,91 €/1 000 l, en hausse de 18,8 € par rapport à 2015. Ce qui représente un différentiel de 166,5 €/1 000 l par rapport au lait conventionnel. Ce prix « s’inscrit dans un contexte de marché porteur et toujours en croissance », constate la vice-présidente d’Unicoolait. « Avec les litrages importants du Grand Est, nous espérons toujours que le groupe va miser sur une transformation bio dans la région. Les consommateurs sont de plus en plus sensibles à la transformation au plus près des lieux de production, à l’empreinte carbone et au bon sens écologique. Je pense que le groupe Lactalis ne peut occulter ces tendances. » Sans se prononcer sur cette question, Serge Moly, directeur des achats lait chez Lactalis, constate que la France est le seul pays européen où la collecte a augmenté de 10 % entre 2012 et 2014. Le cap des 600 Ml de lait bio aurait dû être atteint au printemps 2016, mais la météo ne l’a pas permis, ce qui a entraîné des ruptures d’approvisionnement dans les magasins. « Nous souhaitons relancer la dynamique de conversion dans les zones historiques », a déclaré le représentant de Lactalis. Des échanges sont en cours avec Unicoolait pour définir le rythme de conversion souhaitable, ainsi qu’une nouvelle méthode de fixation du prix du lait bio permettant de donner une meilleure visibilité aux producteurs.

Publié le 28/04/2017

L’assemblée générale d’Alsace Lait, le jeudi 20 avril à Hœrdt, a permis aux participants de mieux comprendre le marché laitier européen et mondial, à travers l’analyse de ses dirigeants, Michel Debes et Frédéric Madon.

Après une année 2016 extrêmement difficile, le moral des éleveurs n’est pas au beau fixe, souligne le président d’Alsace Lait, Michel Debes. « Notre métier si noble est en souffrance. » Si la globalisation est désignée comme le principal fléau, l’oppression administrative accentue le malaise. Face à une production mondiale abondante, les marchés se durcissent, provoquant une chute des prix. L’Europe a acheté 350 000 t de poudre et lancé une politique de réduction volontaire de la production. Du coup, les cours du lait sur le marché spot se sont redressés fin 2016. La France est le seul pays à avoir, grâce à la contractualisation, baissé ses volumes de production pour équilibrer l’offre et la demande. « Partout en Europe, les entreprises réfléchissent à une forme de contrôle de la production. » Fin mai, les stocks européens de poudre de lait à 0 % devraient atteindre 500 000 t, ce qui pèsera lourdement sur les marchés à l’avenir. Or cela ne représente que 2 % de la production européenne. « Un effort partagé permettrait de réguler la production », estime le président. Un prix supérieur à la moyenne française et allemande Avec 336,53 €/1 000 l en moyenne, Alsace Lait a payé l’an dernier le prix le plus bas de ces dernières années. Mais ce prix est supérieur de 3,40 cts à la moyenne française et de 6 cts à la moyenne allemande. « Le retour de la plus-value s’est fait jusqu’au producteur, même si l’entreprise doit avoir les moyens d’investir. » Elle vient d’investir plus de 4 M€ pour augmenter sa capacité et sa qualité de production et compte y consacrer 4,50 M€ en 2017. Alsace Lait a réalisé un résultat de 2,20 M€ en 2016. « Nous allons verser des intérêts sur les parts sociales et un complément de prix sur les mois d’été. » Par ailleurs, l’entreprise s’est engagée à payer 320 €/1 000 l jusqu’à la fin du mois de juin. « En pleine négociation sur les MDD, nous ne savons pas si nous arriverons à faire passer des hausses. Elles sont pourtant indispensables, et si nous les obtenons, nous les répercuterons sur le prix payé aux producteurs. » « Nous avons besoin de plus d’Europe ! » 2017 sera une année compliquée, avec beaucoup d’espoirs déçus, poursuit le président. « Mais restons positifs : le lait est une denrée de première nécessité, sa consommation augmente dans le monde de 2 % par an et la population s’accroît chaque jour de 250 000 individus. » Autre point positif, le beurre, décrié pendant trente ans, est devenu en l’espace d’un an un produit très recherché et son prix a doublé en un an ! « Nous allons passer une phase difficile. C’est le rôle de la coopération d’aider ses adhérents à passer le cap. Mais nous avons besoin de plus d’Europe ! Et, surtout, nous avons besoin d’une France qui remette en avant le travail. Avec les efforts appropriés, nous pourrons transformer l’avenir. » L’agroalimentaire génère 20 % de la valeur ajoutée de l’industrie française, indique le directeur, Frédéric Madon. Il est à l’origine d’un emploi sur six et représente le troisième excédent sectoriel de la France. Notre pays est le quatrième exportateur mondial de produits agroalimentaires. Conclusion de Frédéric Madon : « L’agroalimentaire est un secteur porteur, aidé par la croissance démographique mondiale, l’augmentation du niveau de vie et l’urbanisation. Mais la fiscalité alimentaire s’alourdit d’année en année et grève nos entreprises : elle représente 13 % du budget de l’État. » L’industrie agroalimentaire est également pénalisée par sa dépendance à l’énergie - elle est le troisième consommateur d’énergie en France. 2016, une année de changements La guerre des prix à laquelle se livre la grande distribution est dévastatrice : « Les 16 218 entreprises agroalimentaires, confrontées à quatre centrales d’achat qui représentent 20 à 25 % du marché alimentaire, se voient appliquer des baisses successives. » Les prix connaissent une déflation de 4 % sur les trois dernières années. « L’incapacité de répercuter la hausse des coûts de production exerce une pression terrible sur les marges. La guerre des promotions qui fait rage actuellement accroît ce phénomène déflationniste. » 2016 est une année de changements. Les habitudes des consommateurs évoluent, entre la concurrence des glaces et des pâtisseries, la déstructuration des repas et la mode des produits végétariens. Il y a également des changements dans le portefeuille clients et fournisseurs : leur nombre se réduit, suite à la restructuration des entreprises. Il y a d’autres périls en la demeure, souligne Frédéric Madon, citant pêle-mêle les messages anti-lait, les accords du CETA, la renégociation du TIPP, l’embargo russe et l’étiquetage d’origine. « Notre entreprise doit s’adapter en permanence, et de façon intelligente, à ces nouveaux enjeux. » Avec un chiffre d’affaires de 104,7 millions d’euros (M€), Alsace Lait a réalisé un résultat net de 2,20 M€ en 2016, en léger recul. « Le taux de marge s’élève à 33,89 %, alors que nous avons payé un prix du lait supérieur à la moyenne grâce à la maîtrise des charges externes et à la productivité. » Les filiales du groupe se portent bien, signale Frédéric Madon. Savoie Yaourt a réalisé un résultat exceptionnel, la holding du groupe, ALP, un résultat record. « La filiale canadienne n’est pas encore à l’équilibre mais s’en rapproche grâce à la croissance de l’activité fromage et au recours à des sous-traitants. » Elle réalise un chiffre d’affaires de 12,5 millions de dollars pour l’ultra frais et a créé une marque, Riviera, qui s’impose peu à peu sur le marché. De bonnes nouvelles qui expliquent le résultat consolidé du groupe de 3 M€. L’embellie attendue en 2017 ne se dessine pas rapidement, constate Frédéric Madon. Le marché spot est à nouveau très bas, la matière grasse bat des records à la hausse, les négociations avec la grande distribution se durcissent et les marchés financiers se retendent. Pour tirer son épingle du jeu, Alsace Lait doit être « rigoureuse et pertinente dans ses choix, à l’écoute des marchés. » Des entreprises dynamiques, une politique européenne ambitieuse Jean-Paul Bastian, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, s’interroge : « Que serait l’Alsace sans son agroalimentaire ? Ce sont les entreprises qui font vivre la région et l’identité régionale. » Demain, la politique agricole devra intégrer davantage l’agroalimentaire. « La production sans la transformation, sans la plus-value, cela ne veut pas dire grand-chose. » Que faire pour que l’agriculture retrouve sa compétitivité ? Pour Jean Paul Bastian, il faut une bonne politique agricole, au niveau national et européen. Les années à venir seront déterminantes pour la Pac, avec sa révision à mi-parcours et un élément nouveau, la sortie des Britanniques de l’Union européenne. La Grande Bretagne étant un contributeur net de l’UE, il manquera plusieurs milliards pour boucler le budget européen. On s’oriente vers une politique de restrictions budgétaires. L’élevage doit être force de proposition pour anticiper les défis et conserver des outils d’intervention. « À plus long terme, quelle politique laitière européenne voulons-nous ? Ni le tout-libéral, ni le tout-quota. » Il faut prévoir des instruments financiers pour éviter la dégradation des marchés, avoir un discours positif sur l’environnement. « À vous d’imaginer la politique laitière dont vous aurez besoin en 2010. Une politique ambitieuse, ouverte sur le marché. « Après un chalet en Savoie, vous êtes en train de construire une cabane au Canada », a plaisanté le député Antoine Herth. Autant d’investissements qui sont une nécessité pour accéder aux marchés, selon lui. « Perfectionnez et consolidez votre outil, car il est vital pour les exploitations agricoles. Et faites en sorte que la valeur ajoutée créée revienne en partie aux producteurs. »

Costal. Poulets label rouge

« Une année de poids maîtrisés »

Publié le 19/04/2017

Bonne maîtrise des poids, baisse de l’indice de consommation, recul de la mortalité, amélioration de la marge brute… De quoi booster les producteurs de poulets label rouge, dans un contexte de demande soutenue. Le point avec Mario Troestler, technicien spécialisé volailles chez Lorial.

La filière volailles est en plein développement : il y a un an, la société Siebert d’Ergersheim a annoncé sa volonté de produire des poulets label jaunes, à raison d’un bâtiment par semaine, ce qui correspond à seize bâtiments. « En 2016, nous avons fait un essai de poulets label jaunes au Gaec de Hattisheim à Geispolsheim », indique Mario Troestler, technicien spécialisé volailles chez Lorial, lors de la réunion technique organisée début mars à Dorlisheim. Par ailleurs, un essai de poulets label noirs est en cours à la ferme Gay à Bischoffsheim. Dans le même temps, la demande continue à croître en poulets label blancs. « Nous travaillons à flux tendu. » Ceci permet d’envisager la construction de plus de vingt bâtiments sur deux ans. Cinq bâtiments ont été construits en 2016, 17 sont prévus en 2017. La filière se développe aussi en Moselle, avec la mise en place de huit bâtiments de poulet label noir. « Ces producteurs vont intégrer Alsace Volaille. » Concernant le prix des aliments, Mario Troestler a comparé les prix pratiqués par Lorial et l’indice Itavi, qui évolue en lien avec le cours des matières premières. « Il y a eu très peu de décrochages, ces dernières années. En général, nous sommes en dessous de l’indice, avec depuis un an un prix extrêmement bas. La composition de l’aliment n’est pas toujours la même : nous assistons à un retour en force du maïs, actuellement. » Le constat est satisfaisant : il y a une bonne connexion entre le prix de reprise et le cours des aliments. Mario Troestler a analysé les résultats techniques des producteurs de poulets label rouge, sur la base d’une production de 600 000 poulets. Une production en croissance : « De nouveaux éleveurs sont arrivés et les anciens producteurs ont produit plus ». La demande étant soutenue, l’âge d’abattage ne cesse de baisser, mais il n’est pas possible de descendre en dessous de 84 jours, en raison du cahier des charges du poulet label. « Par le passé, l’âge d’abattage était plus élevé en juillet et en août, mais durant toute l’année 2016, il est resté très proche des 84 jours. D’où la volonté de construire de nouveaux bâtiments. » Mortalité en baisse Une remontée de la mortalité avait été constatée en 2011 suite à la suppression des anticoccydiens. Depuis, elle a fortement baissé, même si, en 2015, les éleveurs ont constaté qu’il manquait des animaux lors de l’enlèvement, un phénomène lié à la recrudescence des prédateurs, en particulier des renards. En 2016, cette courbe est repartie à la baisse, sans doute à cause de la double vaccination contre la maladie de Marek et de l’obligation de claustration. « L’épisode hivernal de réovirose n’a pas entraîné de recrudescence de la mortalité », commente Mario Troestler. L’année écoulée se caractérise par une bonne maîtrise du poids des poulets label rouge. « De 2010 à 2014, nous avons connu une nette hausse du poids des poulets, qui était en totale déconnexion avec le poids de référence. » Or des poulets trop lourds posent des problèmes à l’abatteur. « En 2014, nous avons mis en place une politique nutritionnelle pour revenir à des poids acceptables », souligne Mario Troestler. Avec succès : les poids se sont stabilisés autour de 2,25 kg. En 2016, on constate une légère remontée, à 2,28 kg/poulet, malgré des contraintes nutritionnelles identiques. « Les conditions sanitaires se sont améliorées, la génétique aussi. » Un autre phénomène se greffe là dessus : « En 2015, l’été caniculaire a fait chuter fortement le poids des poulets et nous avons conseillé aux éleveurs de commander des miettes et des granulés à l’approche de la saison estivale, ce qu’ils ont fait dès l’année suivante. Résultat, la courbe de poids est plus stable à la sortie de l’été. » Les contraintes nutritionnelles devront à nouveau être revues pour se rapprocher du poids de référence. Entre 2015 et 2016, l’indice de consommation a connu une amélioration significative, ajoute Mario Troestler. « Nous avons gagné 64 g d’aliment par kg de poulet. » Le taux de déclassement (poulets congestionnés ou griffés) a légèrement augmenté en 2016. Pourtant, les éleveurs n’ont pas relâché leurs efforts… La nette remontée des saisies de carcasses en fin d’année est liée à l’épisode de réovirose (lire notre article en page 13). La marge brute augmente La marge poussins-aliments (MPA) par kg augmente de 2 cts en 2016, du fait de l’amélioration de l’indice de consommation. La MPA est calculée en fonction du prix de vente du poulet, duquel on déduit le coût du poussin et de l’aliment, précise Mario Troestler. La MPA/m2/lot est elle aussi en hausse. « Un bon aliment est essentiel, mais il faut aussi que l’animal soit en bonne santé pour pouvoir valoriser cet aliment. Cela passe par une bonne désinfection, une bonne prophylaxie, des bâtiments bien ventilés et à l’abri des rongeurs, et moins de prédations sur les parcours. » De nombreux efforts ont été faits en matière de prophylaxie, indique le technicien : « Les éleveurs se sont impliqués dans la lutte contre la bronchite, l’entérite nécrotique et la maladie de Marek. Ils ont investi dans les raticides, les souricides, de meilleurs désinfectants. » Parallèlement, ils ont construit des bâtiments neufs et les ont dotés d’équipements performants. « En vingt ans, le bâtiment a quasiment doublé de valeur, du fait de la technologie. » Sur le plan sanitaire, un plan de biosécurité a été mis en place : il a permis de former vingt éleveurs. Les cas de salmonelles ont été très rares en 2016 ; sur 260 analyses salmonelles, 256 ont été négatives. Seule une analyse positive concernait une salmonelle majeure (Entiridis). La mise en place d’un double vaccin contre la maladie de Marek fait qu’aucun cas de maladie n’a été détecté. La chasse aux kilomètres Emmanuel Brochet, responsable production et approvisionnement chez Siebert, confirme la croissance de la demande. « En 2013, nous abattions 15 500 tonnes de volailles, actuellement, nous dépassons les 19 000 t. » Un des objectifs de l’abatteur est de concentrer la production autour de l’abattoir. « Un mois de ramassage chez Siebert, c’est entre 20 000 et 30 000 km. Un mois de livraison, c’est 175 000 km. C’est pour cela que je fais la chasse aux kilomètres. » Les poulets bios sont produits à 100 % par des éleveurs bas-rhinois. La production de poulets label est elle aussi 100 % bas-rhinoise (34 éleveurs). Les poulets standards blancs et jaunes sont produits par 53 éleveurs, 100 % Grand Est. Quant à la viande de lapin, elle est produite par 34 éleveurs, dont 31 dans le Grand Est, 1 en Belgique et 2 en Allemagne. 65 % des poules viennent de France, 30 % de Suisse, 5 % d’Europe. Quelques conseils d’Emmanuel Brochet : « Soyez très vigilants sur les griffures, car c’est un motif de déclassement et de saisie. Il y a un effort à faire sur la propreté des pattes. C’est lié à un problème de dégradation de litière : la fiente colle sous la voûte plantaire, ce qui entraîne une brûlure. Il faut réagir très vite, dès qu’on constate un problème. Il faut que les pattes soient belles, car nous les valorisons sur le marché asiatique. »

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