Élevage

Assemblée générale du syndicat ovin du Bas-Rhin

Dommage que le loup ne soit pas vegan…

Publié le 18/04/2017

L’assemblée générale du syndicat ovin du Bas-Rhin a été l’occasion d’évoquer les sujets qui fâchent - loup, retards de paiement des MAE, retour de la FCO… Et aussi ceux qui rassemblent, comme l’essor de la filière ovine. Deux nouveaux marqueurs de cet essor ont été annoncés : l’installation d’une troupe ovine au lycée agricole d’Obernai et l’embauche d’un salarié compétent au service de remplacement.

Le loup est dans la bergerie ! Et le lynx aussi. Le 6 janvier 2017, un promeneur a observé un loup dans les Vosges du Nord. Une observation qui a été expertisée et validée par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), chargé du suivi de l’espèce en France. Et un lynx se promène également dans le secteur. Pour ce qui est du loup, « aucun autre indice de présence n’a été relevé ces derniers mois et rien n’atteste actuellement de l’installation de l’espèce dans le département », indique la préfecture. Mais les éleveurs ovins, particulièrement ceux d'Alsace du Nord, sont inquiets. Et le sujet a été largement évoqué lors de l’assemblée générale du syndicat ovin du Bas-Rhin : « Le risque est réel », a déclaré Hervé Wendling, président du syndicat. Dans le Haut-Rhin, le loup a déjà frappé deux fois, et le lynx une fois. « Nous allons devoir nous équiper de chiens, de filets… Certes des aides existent, mais les paiements devront être plus rapides que ce à quoi l’administration nous a habitués », a-t-il poursuivi. Avant de lâcher que les éleveurs ne sont tout bonnement « pas prêts à accepter la présence du loup », et n’ont qu’un seul regret : « Que le loup ne soit pas vegan. » Patrick Soury, secrétaire général de la FNO, a rejoint Hervé Wendling : « Le loup est incompatible avec l’élevage ovin », a-t-il asséné. En 2016, plus de 10 000 brebis ont succombé à ses attaques en France. Un chiffre « en croissance permanente ». Filets, chiens, la protection contre le loup s’organise En cas d’attaque de loup avérée, le Plan d’action national loup 2013-2017 se déploiera en Alsace. « C’est l’ONCFS qui sera en charge de constater les dégâts, qui seront indemnisés selon un barème national en fonction de la valeur des animaux tués », a déclaré Anne Gautier, responsable du pôle agricole à la DDT. D’ores et déjà les autorités ont prévu des mesures, comme la mise à disposition temporaire de filets anti-loups, ou l’acquisition subventionnée de chiens. Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, a déclaré que le syndicat sera « vigilant » à l’évolution de ce dossier. Et, si Patrick Soury a « bon espoir de faire évoluer sa qualification d’animal protégé », rappelons que le loup et le lynx sont des espèces protégées en France comme en Europe. En cas d’observation de loup ou d’indices de sa présence, la préfecture invite à contacter l’ONCFS du Bas-Rhin au 03 88 70 48 59 ou à sd67@oncfs.gouv.fr. MAE : les paiements arrivent Autre sujet qui a animé les débats de cette assemblée générale, les aides Pac. Et en particulier les retards de paiement : « Le solde des MAE 2015 s’est longtemps fait attendre. Ce sont des mesures volontaires, il est donc inadmissible qu’elles soient les dernières versées », a dénoncé Stéphane Huchot, secrétaire du syndicat ovin du Bas-Rhin. Anne Gautier a fait un point d’étape : « On sort de l’ornière mais il y a encore des étapes à franchir. Les aides découplées du premier pilier sont en grande majorité sur les comptes en banque. Dans le cadre du deuxième pilier, un apport de trésorerie (ATR) pour les MAE et les primes bios de 2015 vient d’être versé. 636 dossiers ont été payés dans le département. » Une avancée, certes, mais qui risque de laisser un goût amer à certains. En cause : la complexité des MAE. Au niveau national, elles sont légion, et sont toutes différentes. Pour accélérer le paiement, les services de l’État ont passé ce magma à la moulinette, ce qui a conduit à un forfait à l’hectare, de l’ordre de 300 €/ha. « C’est un peu moins que ce que certains attendaient, concède Anne Gautier, mais on a dû procéder ainsi pour accélérer le processus ». En outre « si le montant de l’avance ne dépassait pas 500 €, elle n’a peut-être pas été payée. Il s’agit d’un arbitrage entre le coût du dossier et le montant de l’avance », explique Anne Gautier, qui annonce un paiement du solde des sommes dues pour 2015 cet été, et du paiement du solde des sommes dues pour 2016 en septembre. « Les retards de paiement ne peuvent que se réduire, nous y travaillons », a-t-elle assuré. Heureusement car « ils sont difficiles à accepter sur les exploitations », a regretté Franck Sander. Déclaration Pac : bon à savoir Elle a également évoqué la nouvelle campagne de déclaration Pac, qui sera fondée sur des photos satellites datant de 2015. « Nous avons effectué un travail de peignage avec l’IGN pour mettre en évidence les changements. » Si ce que « voit » l’administration avec ce système ne correspond pas à la réalité, les agriculteurs peuvent procéder à des modifications. « Vous devrez alors les justifier, avec la possibilité de joindre des pièces justificatives. » La campagne de déclaration Pac court du 1er avril au 15 mai, mais Anne Gautier a conseillé aux agriculteurs concernés par des MAE et des primes bios d’attendre la mi-avril pour commencer leur déclaration, afin d’être sûr de travailler sur la version actualisée de l’avancement des instructions des dossiers par l’État. Autre conseil : prévoir une petite marge de SIE. Et solliciter l’accueil téléphonique mis en place par la DDT. FCO : vacciner L’assemblée générale a également été l’occasion de faire un point sur la FCO. Éric Oesterlé, directeur du Groupement de défense sanitaire Alsace, a incité les éleveurs à vacciner car le risque se rapproche : « Un premier cas ayant été détecté fin février-début mars dans le Haut-Rhin sur un bovin, l’Alsace est désormais en zone réglementée. » En France, il n’y a que le sérotype 8 qui circule. Éric Oesterlé a rappelé les règles de circulation des animaux : « Dans une même zone, il n’y a pas de restriction de mouvements. Mais pour faire sortir des animaux de la zone réglementée, ils doivent être vaccinés. Et, pour l’export, la vaccination doit être effectuée par un vétérinaire car elle doit être certifiée. » L’État prend en charge le coût du vaccin jusqu’à épuisement des stocks (soit quelque 11 millions de doses à ce jour), mais les frais de vaccination sont fixés par les vétérinaires. Les actes de vaccination doivent être inscrits au registre d’élevage. D’un point de vue pratique, il est conseillé d’attendre que les animaux aient dépassé l’âge de 2 mois et demi pour les vacciner, puis de leur administrer deux doses à trois semaines d’intervalle. « L’immunité est acquise 20 jours après la seconde injection. Il faut ensuite procéder à un rappel annuel pour garantir une immunité totale », a précisé Éric Oesterlé. La vaccination peut avoir des effets indésirables, surtout si elle est pratiquée durant la période de reproduction, ce qui est donc déconseillé. « Les réactions ne sont pas liées à la vaccination seule, mais bien à la vaccination lorsqu’elle est concomitante avec le stade physiologique de la reproduction », a insisté Éric Oesterlé. Soit durant les deux mois de la spermatogénèse chez les mâles, et durant une quinzaine de jours autour de la mise à la lutte des femelles. Hervé Wendling a également incité les éleveurs à vacciner leurs animaux contre la maladie : « C’est gratuit et c’est mieux que d’être touché par la FCO ». Par ailleurs, comme les éleveurs peuvent vacciner eux-mêmes, il leur est plus facile d’éviter de vacciner pendant les périodes de reproduction, et de procéder « au fil de l’eau ». Il s’agit aussi d’anticiper l’évolution de la maladie : « Si on devait être confronté à un autre sérotype, plus virulent, sans que les vaccins mis gratuitement à disposition par l’État n’aient été utilisés, on aurait du mal à en obtenir d’autres. » Et ses conséquences sur l’ensemble de la filière : « Notre revenu est lié au nombre d’agneaux produits et, dans le cadre de l’association Agneau Terroir d’Alsace, nous devons fournir nos bouchers partenaires. On ne peut donc pas se permettre d’avoir des brebis improductives et de la casse, donc il faut y aller », a souligné Jean-Pierre Saulet-Moes, conseiller ovin à la Chambre d'agriculture d’Alsace.

Publié le 17/04/2017

Sur le plan commercial, « l’année 2016 était difficile en raison de la guerre des prix à laquelle se livrent la grande distribution et la restauration hors foyer, et de la pression concurrentielle provoquée par la disponibilité en matière première laitière », explique Frédéric Madon, directeur général d’Alsace Lait.

À l’usine de Hœrdt, l’activité de transformation affiche un recul de plus de 10 %. Les produits ultra-frais occupent une part significative de cette activité. Alsace Lait a lancé quatre produits innovants ces derniers mois : fromages frais, préparations pour tartes flambées, yaourts aux fruits et briques de préparation pour la RHF (tiramisu et pannacotta). Elle continue à se moderniser : après avoir investi 4,10 M€ en 2016, elle prévoit 4,50 M€ d’investissement en 2017. « Nous avons acheté une unité NEP1 (Nettoyage en place) pour le nettoyage des camions et des tanks de lait cru, investi dans la pasteurisation du lait cru : nous réalisons désormais une double pasteurisation, à réception puis sur le lait écrémé, pour améliorer la qualité bactériologique du lait cru. » Le chiffre d’affaires global d’Alsace Lait s’élève à 104,70 M€. La marge sur production s’établit à 34,80 M€, la valeur ajoutée produits à 19,60 M€. « La baisse de la valeur ajoutée de 3,50 M€ est liée à la baisse du chiffre d’affaires de la laiterie. » La marge industrielle recule de 12,2 %, la marge commerciale de 6,4 %, précise le directeur. L’excédent brut d’exploitation recule de 23,7 %, mais reste positif, à 7,40 M€. Le résultat financier s’améliore, le résultat exceptionnel est bénéficiaire. Le résultat net comptable baisse de 556 000 € mais reste bénéficiaire, à 2,19 M€. La capacité d’autofinancement s’établit à 5,70 M€. Les fonds propres d’Alsace Lait dépassent 26 M€ (avant distribution). « L’entreprise a donc une structure financière saine mais sa capacité d’endettement n’est pas exceptionnelle », souligne Frédéric Madon. Le directeur général a présenté les résultats consolidés du groupe, incluant Alsace Lait, ALP, Savoie Yaourt et les activités au Canada. Le chiffre d’affaires consolidé atteint 117,50 M€. Le résultat d’exploitation est de 4,50 M€, le résultat net de 3 M€. Les fonds propres consolidés du groupe atteignent 27,80 M€.

Publié le 16/04/2017

Alsace Lait a collecté l’an dernier 141,7 millions de litres, produits par 256 exploitations, soit huit de moins qu’en 2015. La coopérative alsacienne a enregistré une baisse de son chiffre d’affaires, ce qui entraîne une diminution du résultat, à 2,19 millions d’euros.

« L’année 2016 s’annonçait compliquée. Mais personne ne s’attendait à ce qu’elle le soit à ce point », souligne Michel Debes, président d’Alsace Lait, lors de l’assemblée de section du secteur Sud, le lundi 4 avril à Erstein. Le prix du lait payé par la coopérative alsacienne n’échappe pas à cette tendance : « Il se situe à 336 €/1 000 l, le prix le plus bas de ces cinq dernières années, ce qui explique la trésorerie tendue d’un grand nombre d’exploitations. » À cela s’ajoute un léger recul de la collecte de lait, de l’ordre d’1 million de litres. Les négociations avec la grande distribution sont terminées. « Comme d’habitude, les distributeurs qui se vantent de soutenir les producteurs, notamment au salon de l’agriculture, continuent à vouloir payer le prix le plus bas possible. Quoi qu’il en soit, ces négociations se sont soldées par une petite augmentation des prix, du fait de la hausse des cours de la matière grasse. » « La matière grasse est revenue en odeur de sainteté » Étrange retournement de situation : « Les quotas laitiers ont été mis en place à cause des stocks de beurre européens. Or, depuis deux ans, on manque de beurre car la matière grasse animale est revenue en odeur de sainteté. Par contre, les produits allégés n’ont plus la cote… » D’où vient ce soudain engouement ? Les chercheurs américains ont démontré que le beurre favorise la croissance du cerveau. D’après Michel Debes, le prix de la matière grasse restera à un niveau élevé tout au long de l’année. « Au niveau d’Alsace Lait, nous sommes juste à l’équilibre en ce qui concerne la matière grasse », souligne-t-il. Pour autant, le marché international est toujours très tendu : « La poudre de lait est retombée à 1 700 €/tonne. On risque de repartir à l’intervention et de regonfler les stocks européens. Il y a 350 000 t de poudre de lait en stock au niveau européen, 600 000 t au niveau mondial, ce qui empêche l’amélioration du prix des fromages. Par ailleurs, l’embargo russe continue, les Chinois ont une position attentiste, la spéculation est au point mort. Cela montre que nous sommes soumis à des fluctuations auxquelles personne ne comprend rien… » Et au niveau français, la consommation interne est atone, voire en régression pour les produits ultra-frais. D’autres dangers menacent. En Allemagne, le prix du lait est remonté à 31 cts le litre, ce qui risque d’entraîner un redémarrage de la production laitière dans ce pays, alors qu’elle avait baissé de 2 % l’an dernier. « Durant la crise, les Allemands ont perdu 7 à 8 % de leurs producteurs, souligne Michel Debes. Nous essayons de les convaincre de contractualiser leur production, à l’image de la France. » Investir et se diversifier Alsace Lait a poursuivi sa politique de prix en 2016 : « Nous continuerons à annoncer des prix par trimestre », indique Michel Debes. Une bonne nouvelle : « L’an dernier, nous n’avions pas fait de complément de prix car notre coopérative se situait parmi les prix les plus hauts. Cette année, nous vous proposons un rattrapage de prix sur les litrages des mois d’été, à savoir + 10 €/1 000 l en juillet et en août, + 15 € en septembre. » Ce rattrapage des prix répond à une logique, explique le président : « En général, l’usine manque de lait durant l’été alors que la production est excédentaire au début de l’année. Nous ne changerons pas notre politique de prix, car vous orientez les vêlages de vos vaches et de vos génisses par rapport à cette grille. » Le président annonce un prix de 320 €/1 000 l pour les mois d’avril, mai et juin. « C’est un peu plus bas que l’an dernier, mais les prix de juillet, août et septembre ne seront pas plus bas. Nous espérons que les négociations concernant les marques de distributeur (MDD) se passeront mieux et que nous pourrons avoir des prix à la hausse, qui se répercuteront sur les producteurs. » Au niveau des volumes, le nouveau schéma est entré dans les mœurs. « Nous l’avons mis en place en 2016 parce que nous avons perdu des marchés suite aux problèmes de qualité que nous avons rencontrés et aux baisses de prix que nous ne voulions pas concéder sur certains produits. Nous n’avons pas revu à la baisse les volumes de chaque producteur, car les producteurs doivent pouvoir se projeter sur l’avenir. » Alsace Lait continue à investir pour améliorer la performance de son outil de transformation et augmenter sa capacité de production. Elle poursuit également sur la voie de la diversification des risques. « Notre filiale Savoie Yaourt contribue très fortement au résultat du groupe. Et notre joint-venture au Canarda pourrait s’avérer être une source de diversification aussi intéressante que Savoie Yaourt. En un an à peine, nous avons réussi à imposer une marque sur le marché canadien. » Malgré ces perspectives somme toute prometteuses, les dirigeants d’Alsace Lait n’oublient pas qu’un certain nombre de producteurs traversent de grandes difficultés. « Nous sommes une entreprise coopérative, nous essayons d’être aussi solidaires que possible, tout en respectant l’équité de la coopération, insiste Michel Debes. Certains producteurs ont décidé d’arrêter la production laitière, d’autres ont été orientés vers la cellule Réagir. »

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