Élevage

Syndicat de la race limousine d’Alsace

Alors que revoilà la FCO…

Publié le 18/04/2017

L’assemblée générale du syndicat de la race limousine d’Alsace a été l’occasion pour les éleveurs de faire un point sur la situation sanitaire et notamment sur la FCO, qui refait parler d’elle.

146 €. C’est le bénéfice qui solde les comptes 2016 du syndicat de la race limousine d’Alsace. « C’est un petit budget, mais suffisant pour nous rencontrer de temps en temps », sourit Joseph Steinmetz, président du syndicat, qui ne se lancera pas dans un long discours pour dire à quel point l’année a été mauvaise et les prix toujours aussi bas. Une réalité que les éleveurs ne connaissent que trop bien. La parole est donc donnée à Céline Chaudron, responsable du service réglementation et qualité à l’Association de production animale de l’Est (Apal), qui regroupe 1 500 éleveurs et 50 commerçants privés en Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine. « Nous proposons la réalisation de plans sanitaires d’élevage, une large gamme de matériels d’élevage et des conseils techniques : nutrition animale, bilan de lot, étude des coûts de production, diagnostic et amélioration des bâtiments… » Depuis peu, l’Apal propose un accompagnement pour l’amélioration de l’autonomie alimentaire, notamment en optimisant l’agrosystème des prairies, mais aussi grâce aux méteils, aux couverts… Le service Clé de sol constitue une aide à la gestion du cahier d’épandage. Mais l’Apal peut faire davantage : calcul du plan de fumure, enregistrement des pratiques phytosanitaires, cartographie des zones épandables, calcul des IFT, accompagnement à la rédaction du DUER… L’autre cœur de métier de l’Apal, c’est de développer différentes filières, avec des cahiers des charges spécifiques, pour répondre aux demandes de l’aval, et de qualifier les exploitations qui approvisionnent ces filières, avec des grilles de prix spécifiques. Exemples (non exhaustifs car la liste est longue) : Bœuf limousin Blason Prestige (label rouge), Bœuf de nos régions, Veau rosé, Hugo Denoyers, Bœuf du Grand Est Alsace (pour des génisses de 340 à 450 kg), Goûter l’Alsace (génisses et vaches de moins de 6 ans de race à viande ou croisées, de 340 à 370 kg pour une plus-value de 13 cts/kg), Cœur de gamme (avec une demande de l’enseigne Lidl pour des génisses limousines). Les participants sont restés assez circonspects face à la complexité de la gamme, et à son efficacité pour dégager de la plus-value pour les éleveurs : « Pendant 30 ans on nous a demandé de produire des bêtes lourdes et on a sélectionné nos troupeaux en ce sens. Et maintenant on nous demande des carcasses à 400 kg, pour des prix qui ne nous permettent même pas de vivre », constate un éleveur, résumant le sentiment général. FCO : reprise de l’activité vectorielle Comme lors des autres assemblées générales de syndicats de race, Céline Zuber, technicienne au GDS Alsace, est intervenue sur l’IBR et la BVD, (lire en page 6 du n° 9 du 3 mars 2017). Mais, à la demande des éleveurs, elle a surtout axé son propos sur la FCO, dont elle a rappelé les signes cliniques : chute de production, atteinte des yeux, nez croûteux, œdèmes… Puis, elle a retracé l’historique de la maladie, apparue en France, d’abord dans le Nord, à l’automne 2006. S’en étaient suivis une campagne de vaccination volontaire, puis deux ans de campagne de vaccination obligatoire. La FCO semblait alors maîtrisée en France, jusqu’à ce que de nouveaux cas soient détectés à l’été 2015 dans le Massif Central. « Actuellement, environ 110 nouveaux cas par semaine, uniquement du sérotype 8, sont détectés un peu partout en France. L’Alsace est concernée depuis quelques semaines », a indiqué Céline Zuber. Elle a rappelé que les vecteurs de la maladie sont des insectes piqueurs qui subsistent dans les bâtiments en hiver. « On s’attend donc à détecter de nouveaux cas avec la reprise de l’activité vectorielle. » Anticiper les mouvements d’animaux Pour l’instant, la maladie tente d’être endiguée par un système de zones : « On distingue la zone réglementée, où la FCO est présente, et la zone indemne. La circulation des animaux peut se faire sans contraintes particulières au sein d’une même zone. Par contre, pour faire passer des animaux de la zone réglementée à la zone indemne, des contraintes sont imposées, comme la vaccination des animaux suffisamment à l’avance pour que l’immunité soit acquise ou la désinsectisation et la réalisation d’une PCR avant le départ », a détaillé Céline Zuber. Des règles qui sont valables pour les mouvements en France comme à l’export. Il s’agit donc « d’anticiper pour ne pas être coincés ». Céline Zuber a rendu les éleveurs attentifs au fait que la vaccination n’est reconnue à l’export que si elle est réalisée et attestée sur le passeport par un vétérinaire. Si le vaccin est gratuit, l’acte est facturé. En outre, pour lutter contre la FCO, la vaccination est encouragée sur les mâles comme les femelles. Pratiquée en période de reproduction, elle peut provoquer des retours en chaleur. Elle est donc déconseillée à cette période mais, une fois les mères pleines, « il n’y a plus de contre-indication ». La vaccination est possible à partir de deux mois et demi d’âge, une seconde injection doit être réalisée trois semaines après la première. Puis un rappel serait nécessaire tous les ans afin de maintenir l’immunité. Des conséquences dramatiques Les éleveurs ont encore en mémoire les conséquences dramatiques que peut avoir la FCO. La fièvre et l’abattement qu’elle provoque sur les animaux pénalisent leurs performances. Si la contamination intervient en cours de gestation, il y a risque d’avortement, de veaux mal formés, « débiles », incapables de se nourrir seuls et qui meurent rapidement. Au vu du rapport bénéfice/risque, Céline Zuber a donc conseillé aux éleveurs de vacciner, d’autant que le vaccin est encore gratuit : « Il faut en profiter, parce que s’il y a des pertes liées à la FCO, elles ne seront pas prises en charge. » Comment sera gérée la FCO à long terme ? Difficile pour Céline Zuber de se prononcer : « L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) estime que l’éradication est possible à condition de mettre en place une campagne de vaccination obligatoire pendant cinq ans et une campagne de surveillance sérologique renforcée. La décision d’éradiquer ou non la maladie devra être prise au niveau européen. Mais, pour l’instant, personne ne se prononce. »

Assemblée générale du syndicat ovin du Bas-Rhin

Dommage que le loup ne soit pas vegan…

Publié le 18/04/2017

L’assemblée générale du syndicat ovin du Bas-Rhin a été l’occasion d’évoquer les sujets qui fâchent - loup, retards de paiement des MAE, retour de la FCO… Et aussi ceux qui rassemblent, comme l’essor de la filière ovine. Deux nouveaux marqueurs de cet essor ont été annoncés : l’installation d’une troupe ovine au lycée agricole d’Obernai et l’embauche d’un salarié compétent au service de remplacement.

Le loup est dans la bergerie ! Et le lynx aussi. Le 6 janvier 2017, un promeneur a observé un loup dans les Vosges du Nord. Une observation qui a été expertisée et validée par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), chargé du suivi de l’espèce en France. Et un lynx se promène également dans le secteur. Pour ce qui est du loup, « aucun autre indice de présence n’a été relevé ces derniers mois et rien n’atteste actuellement de l’installation de l’espèce dans le département », indique la préfecture. Mais les éleveurs ovins, particulièrement ceux d'Alsace du Nord, sont inquiets. Et le sujet a été largement évoqué lors de l’assemblée générale du syndicat ovin du Bas-Rhin : « Le risque est réel », a déclaré Hervé Wendling, président du syndicat. Dans le Haut-Rhin, le loup a déjà frappé deux fois, et le lynx une fois. « Nous allons devoir nous équiper de chiens, de filets… Certes des aides existent, mais les paiements devront être plus rapides que ce à quoi l’administration nous a habitués », a-t-il poursuivi. Avant de lâcher que les éleveurs ne sont tout bonnement « pas prêts à accepter la présence du loup », et n’ont qu’un seul regret : « Que le loup ne soit pas vegan. » Patrick Soury, secrétaire général de la FNO, a rejoint Hervé Wendling : « Le loup est incompatible avec l’élevage ovin », a-t-il asséné. En 2016, plus de 10 000 brebis ont succombé à ses attaques en France. Un chiffre « en croissance permanente ». Filets, chiens, la protection contre le loup s’organise En cas d’attaque de loup avérée, le Plan d’action national loup 2013-2017 se déploiera en Alsace. « C’est l’ONCFS qui sera en charge de constater les dégâts, qui seront indemnisés selon un barème national en fonction de la valeur des animaux tués », a déclaré Anne Gautier, responsable du pôle agricole à la DDT. D’ores et déjà les autorités ont prévu des mesures, comme la mise à disposition temporaire de filets anti-loups, ou l’acquisition subventionnée de chiens. Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, a déclaré que le syndicat sera « vigilant » à l’évolution de ce dossier. Et, si Patrick Soury a « bon espoir de faire évoluer sa qualification d’animal protégé », rappelons que le loup et le lynx sont des espèces protégées en France comme en Europe. En cas d’observation de loup ou d’indices de sa présence, la préfecture invite à contacter l’ONCFS du Bas-Rhin au 03 88 70 48 59 ou à sd67@oncfs.gouv.fr. MAE : les paiements arrivent Autre sujet qui a animé les débats de cette assemblée générale, les aides Pac. Et en particulier les retards de paiement : « Le solde des MAE 2015 s’est longtemps fait attendre. Ce sont des mesures volontaires, il est donc inadmissible qu’elles soient les dernières versées », a dénoncé Stéphane Huchot, secrétaire du syndicat ovin du Bas-Rhin. Anne Gautier a fait un point d’étape : « On sort de l’ornière mais il y a encore des étapes à franchir. Les aides découplées du premier pilier sont en grande majorité sur les comptes en banque. Dans le cadre du deuxième pilier, un apport de trésorerie (ATR) pour les MAE et les primes bios de 2015 vient d’être versé. 636 dossiers ont été payés dans le département. » Une avancée, certes, mais qui risque de laisser un goût amer à certains. En cause : la complexité des MAE. Au niveau national, elles sont légion, et sont toutes différentes. Pour accélérer le paiement, les services de l’État ont passé ce magma à la moulinette, ce qui a conduit à un forfait à l’hectare, de l’ordre de 300 €/ha. « C’est un peu moins que ce que certains attendaient, concède Anne Gautier, mais on a dû procéder ainsi pour accélérer le processus ». En outre « si le montant de l’avance ne dépassait pas 500 €, elle n’a peut-être pas été payée. Il s’agit d’un arbitrage entre le coût du dossier et le montant de l’avance », explique Anne Gautier, qui annonce un paiement du solde des sommes dues pour 2015 cet été, et du paiement du solde des sommes dues pour 2016 en septembre. « Les retards de paiement ne peuvent que se réduire, nous y travaillons », a-t-elle assuré. Heureusement car « ils sont difficiles à accepter sur les exploitations », a regretté Franck Sander. Déclaration Pac : bon à savoir Elle a également évoqué la nouvelle campagne de déclaration Pac, qui sera fondée sur des photos satellites datant de 2015. « Nous avons effectué un travail de peignage avec l’IGN pour mettre en évidence les changements. » Si ce que « voit » l’administration avec ce système ne correspond pas à la réalité, les agriculteurs peuvent procéder à des modifications. « Vous devrez alors les justifier, avec la possibilité de joindre des pièces justificatives. » La campagne de déclaration Pac court du 1er avril au 15 mai, mais Anne Gautier a conseillé aux agriculteurs concernés par des MAE et des primes bios d’attendre la mi-avril pour commencer leur déclaration, afin d’être sûr de travailler sur la version actualisée de l’avancement des instructions des dossiers par l’État. Autre conseil : prévoir une petite marge de SIE. Et solliciter l’accueil téléphonique mis en place par la DDT. FCO : vacciner L’assemblée générale a également été l’occasion de faire un point sur la FCO. Éric Oesterlé, directeur du Groupement de défense sanitaire Alsace, a incité les éleveurs à vacciner car le risque se rapproche : « Un premier cas ayant été détecté fin février-début mars dans le Haut-Rhin sur un bovin, l’Alsace est désormais en zone réglementée. » En France, il n’y a que le sérotype 8 qui circule. Éric Oesterlé a rappelé les règles de circulation des animaux : « Dans une même zone, il n’y a pas de restriction de mouvements. Mais pour faire sortir des animaux de la zone réglementée, ils doivent être vaccinés. Et, pour l’export, la vaccination doit être effectuée par un vétérinaire car elle doit être certifiée. » L’État prend en charge le coût du vaccin jusqu’à épuisement des stocks (soit quelque 11 millions de doses à ce jour), mais les frais de vaccination sont fixés par les vétérinaires. Les actes de vaccination doivent être inscrits au registre d’élevage. D’un point de vue pratique, il est conseillé d’attendre que les animaux aient dépassé l’âge de 2 mois et demi pour les vacciner, puis de leur administrer deux doses à trois semaines d’intervalle. « L’immunité est acquise 20 jours après la seconde injection. Il faut ensuite procéder à un rappel annuel pour garantir une immunité totale », a précisé Éric Oesterlé. La vaccination peut avoir des effets indésirables, surtout si elle est pratiquée durant la période de reproduction, ce qui est donc déconseillé. « Les réactions ne sont pas liées à la vaccination seule, mais bien à la vaccination lorsqu’elle est concomitante avec le stade physiologique de la reproduction », a insisté Éric Oesterlé. Soit durant les deux mois de la spermatogénèse chez les mâles, et durant une quinzaine de jours autour de la mise à la lutte des femelles. Hervé Wendling a également incité les éleveurs à vacciner leurs animaux contre la maladie : « C’est gratuit et c’est mieux que d’être touché par la FCO ». Par ailleurs, comme les éleveurs peuvent vacciner eux-mêmes, il leur est plus facile d’éviter de vacciner pendant les périodes de reproduction, et de procéder « au fil de l’eau ». Il s’agit aussi d’anticiper l’évolution de la maladie : « Si on devait être confronté à un autre sérotype, plus virulent, sans que les vaccins mis gratuitement à disposition par l’État n’aient été utilisés, on aurait du mal à en obtenir d’autres. » Et ses conséquences sur l’ensemble de la filière : « Notre revenu est lié au nombre d’agneaux produits et, dans le cadre de l’association Agneau Terroir d’Alsace, nous devons fournir nos bouchers partenaires. On ne peut donc pas se permettre d’avoir des brebis improductives et de la casse, donc il faut y aller », a souligné Jean-Pierre Saulet-Moes, conseiller ovin à la Chambre d'agriculture d’Alsace.

Publié le 17/04/2017

Sur le plan commercial, « l’année 2016 était difficile en raison de la guerre des prix à laquelle se livrent la grande distribution et la restauration hors foyer, et de la pression concurrentielle provoquée par la disponibilité en matière première laitière », explique Frédéric Madon, directeur général d’Alsace Lait.

À l’usine de Hœrdt, l’activité de transformation affiche un recul de plus de 10 %. Les produits ultra-frais occupent une part significative de cette activité. Alsace Lait a lancé quatre produits innovants ces derniers mois : fromages frais, préparations pour tartes flambées, yaourts aux fruits et briques de préparation pour la RHF (tiramisu et pannacotta). Elle continue à se moderniser : après avoir investi 4,10 M€ en 2016, elle prévoit 4,50 M€ d’investissement en 2017. « Nous avons acheté une unité NEP1 (Nettoyage en place) pour le nettoyage des camions et des tanks de lait cru, investi dans la pasteurisation du lait cru : nous réalisons désormais une double pasteurisation, à réception puis sur le lait écrémé, pour améliorer la qualité bactériologique du lait cru. » Le chiffre d’affaires global d’Alsace Lait s’élève à 104,70 M€. La marge sur production s’établit à 34,80 M€, la valeur ajoutée produits à 19,60 M€. « La baisse de la valeur ajoutée de 3,50 M€ est liée à la baisse du chiffre d’affaires de la laiterie. » La marge industrielle recule de 12,2 %, la marge commerciale de 6,4 %, précise le directeur. L’excédent brut d’exploitation recule de 23,7 %, mais reste positif, à 7,40 M€. Le résultat financier s’améliore, le résultat exceptionnel est bénéficiaire. Le résultat net comptable baisse de 556 000 € mais reste bénéficiaire, à 2,19 M€. La capacité d’autofinancement s’établit à 5,70 M€. Les fonds propres d’Alsace Lait dépassent 26 M€ (avant distribution). « L’entreprise a donc une structure financière saine mais sa capacité d’endettement n’est pas exceptionnelle », souligne Frédéric Madon. Le directeur général a présenté les résultats consolidés du groupe, incluant Alsace Lait, ALP, Savoie Yaourt et les activités au Canada. Le chiffre d’affaires consolidé atteint 117,50 M€. Le résultat d’exploitation est de 4,50 M€, le résultat net de 3 M€. Les fonds propres consolidés du groupe atteignent 27,80 M€.

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