Élevage

Publié le 07/05/2017

Pour sa dernière année à la tête de la commission production, Jean Bernhard en a vu de toutes les couleurs. « Nous avons rarement connu une année aussi pénible », indique-t-il. La production laitière a reculé de 2,5 % en France, de 4 % en Alsace. « Alsace Lait a résisté un peu mieux : la baisse n’a été que de 0,78 %. » Une partie de cette baisse est imputable à la mauvaise qualité du stock fourrager.

À Alsace Lait, la collecte a démarré sensiblement au-dessus de la courbe 2015 pour finir légèrement en dessous. Par contre, les taux ont permis de limiter la baisse des prix. « Les trois premiers mois de 2017 sont au-dessus des deux dernières années », annonce Jean Bernhard. Les fortes chaleurs de l’été 2016 ont retardé les chaleurs, et donc les vêlages, ce qui explique le pic de production en mars 2017. Le nombre de points de collecte a encore diminué en 2016 (- six producteurs), mais le volume global livré a augmenté. « En dix ans, nous sommes passés de 373 à 256 producteurs, de 296 000 litres à 554 000 litres en moyenne. » Comment s’est passée la contractualisation en 2016 ? « En début d’année, nous étions légèrement au-dessus des volumes contractualisés. À partir de juillet, nous étions au même niveau, mais dès octobre-novembre, il y a eu un décrochage. » Le volume produit était de 141,7 millions de litres (Ml) pour un volume contractualisé de 142 Ml, avec une sous-estimation de la production en début d’année et une surestimation en fin d’année. Les éleveurs doivent ajuster leurs prévisions. « Individuellement, 145 exploitations sur 240 étaient en dessous d’un taux de réalisation de 95 %. » Une gestion trimestrielle de la production Désormais, Alsace Lait impose une gestion trimestrielle de la production, avec un suivi mensuel : chaque mois, le volume dépassant le volume engagé est payé au prix du marché spot. Chaque trimestre, le volume dépassant de 10 % le volume engagé trimestriel est décoté de 150 €/1 000 l. Autre précision, pour les jeunes agriculteurs, l’attribution des volumes contractualisés se fait à partir de la date effective d’installation. Jean Bernhard a présenté les résultats du contrôle laitier, auquel adhèrent 207 exploitations, avec le soutien financier d’Alsace Lait. Concernant la composition du lait, le taux de matière grasse a augmenté de plus d’1 g pour s’élever à 41,43 g. Le taux de matière protéique a lui aussi progressé (+ 0,4), à 33,57 g. « La moyenne des producteurs Alsace Lait est supérieure à la moyenne du laboratoire d’analyse », a relevé Jean Bernhard. Cette augmentation est sans doute liée à la baisse de la production par vache laitière. La qualité bactériologique du lait est bonne : 99,67 % du lait collecté a moins de 100 000 germes, 98,89 % sont même en dessous du seuil de 50 000 germes. « Depuis 2012, c’est la meilleure année ! Il faut poursuivre dans ce sens et agir sur les points critiques qui entraînent parfois des pointes brutales. » « Vous parvenez à bien gérer le niveau de numération cellulaire : 73,4 % du lait collecté est en dessous de 250 000 cellules. Vous arrivez au niveau de 2010, bravo ! Moins de cellules, c’est moins de mammites, moins de lait jeté. » Par ailleurs, 66 % du lait affiche un taux de spores butyriques inférieur à 800 spores par litre. « La courbe est en constante amélioration. » 99,83 % de la collecte a un indice cryoscopique inférieur à 506. Pour le challenge Haute Qualité 2016 (≤ 25 000 germes, ≤ 250 000 cellules, ≤ 800 spores, absence d’inhibiteurs), 28 producteurs ont livré 12 mois sur 12 du lait haute qualité. « Tous les systèmes de traite sont représentés », a précisé Jean Bernhard. Excellente qualité bactériologique Au niveau de la flore mésophile, la qualité bactériologique du lait est excellente. Mais certaines flores spécifiques sont assez néfastes, notamment les levures moisissures : ce sont les premiers germes qui se développent sur le lait caillé. « Cela reste problématique pour une partie des laits. » Les élevages concernés sont ceux dont le nettoyage est insuffisant et inefficace, ou dont l’environnement de traite est inapproprié (salle de traite obsolète, lavettes non nettoyées ou non séchées). « Ensuite, il y a les accidents, en général vite réglés. S’affranchir des accidents est impossible, mais la recherche de points critiques permet de limiter le nombre d’accidents ou leur gravité. » Comment a évolué le prix du lait à la production ? Le prix acompte s’élève à 328,08 €, en baisse de 23,09 €. À cela s’ajoute le bonus pour la qualité du lait. « L’augmentation des taux et de la matière protéique engendre un gain de près de 3 €. La bonne qualité du lait améliore aussi le revenu des producteurs. » S’y ajoute la haute qualité (1,55 €/1 000), le challenge HQ sur des litrages importants. L’intérêt sur le capital social, la ristourne sur les rétrocessions et le complément de prix pour les mois d’été viennent compléter ce prix, qui s’établit à 336,53 €, soit une baisse de 16,90 €/1 000 l. « C’est le prix le plus bas de ces six dernières années. ». Un producteur sur trois adhère au suivi technico-économique Écolait, a relevé Jean Bernhard. Les éleveurs concernés ont, en moyenne, une SAU de 110 ha, une SFP lait de 69 ha (maïs 25 ha, herbe 43 ha). La production moyenne par vache a légèrement baissé : elle s’établit en moyenne à 8 846 l. Cependant, cette production est très variable d’une exploitation à l’autre : de 5 500 l à 12 600 l/vache. « Le groupe représente bien la diversité de l’élevage alsacien. » Le plus grand producteur produit 2,5 Ml/an, le plus petit 250 000 l. Soit en moyenne 722 659 l, pour 1,88 unité de main-d’œuvre pour le troupeau laitier. La marge brute s’établit à 197 €/1 000 l (- 20 €), avec de fortes amplitudes. Quels sont les objectifs d’évolution de la production ? « Notre volonté est d’absorber tous les volumes que vous avez l’intention de produire. Mais en 2015, certains producteurs ont largement excédé les volumes contractualisés, ce qui nous a amenés à modifier le système. » Le nombre de producteurs diminue, libérant des litrages qui vont aux producteurs prioritaires, en particulier aux jeunes agriculteurs. « Notre objectif n’est pas d’acheter du lait sur le marché spot. » Pour preuve, la production est passée de 122 à 140 millions de litres en quelques années. « Nous souhaitons tous augmenter notre production. Mais le développement doit être harmonieux. »

Publié le 04/05/2017

Une quinzaine de jeunes éleveurs charolais ont participé à l’école des juges, le 21 avril, sur l’élevage de la famille Boehmler à Forstfeld.

Organisée par l’Association des jeunes éleveurs charolais (Ajec) présidée par Gaétan Vix, l’école des juges a réuni une quinzaine de participants, vendredi 21 avril à Forstfeld. « C’est la première fois qu’on organise cette action, à la demande de nos adhérents », explique Gaétan Vix, à la tête du groupe qui comprend 25 jeunes, en majorité bas-rhinois. L’objectif de cette journée, comprenant une partie théorique et une partie pratique, est d’améliorer les compétences techniques des participants pour qu’ils puissent évaluer le plus précisément possible les animaux et en parler avec les mots qui conviennent, précise Gaétan Vix. L’Ajec a fait appel à deux inspecteurs du herd-book charolais pour animer la formation : François Robergeot et Laura Tursin. La matinée est consacrée à la race charolaise et aux différents postes sur lesquels les participants doivent concentrer leur attention. François Robergeot prend soin de nommer les différentes parties de la morphologie des animaux et de les mettre en relation avec les morceaux de viande correspondants. « Dans leur métier, les jeunes ont besoin de connaître parfaitement la morphologie des animaux. C’est aussi le cas dans les concours, qui sont un bon moyen de se comparer entre élevages et un moment de rencontre entre éleveurs qu’il faut garder dans ces moments difficiles », souligne François Robergeot. L’exercice se distingue du pointage : il s’agit plutôt de procéder à une description morphologique complète, tout en intégrant les astuces pour juger en concours. Travaux pratiques L’après-midi, place est faite aux travaux pratiques. Guillaume Boehmler a isolé quatre mâles et quatre femelles dans l’étable. Chaque participant reçoit une grille où il doit noter les qualités et les faiblesses de chaque animal, l’état corporel, les qualités bouchères, l’éventuel critère éliminatoire puis le classement au concours. Habitué à faire passer l’agrément aux juges, François Robergeot utilise ces travaux pratiques pour repérer les participants les plus à l’aise. « Avec une race présente dans 80 départements et de nombreux concours à tous les échelons, nous avons besoin de nombreux juges, explique l’inspecteur du herd-book. Il faut assurer le renouvellement. » Devenir juge nécessite une grande pratique. « Il ne faut pas seulement avoir un bon jugement, il faut être capable de l’exprimer : bien décrire l’animal, donner son ressenti, mettre en évidence les qualités et les défauts… Et le faire au micro, c’est une difficulté supplémentaire. » Dans l’étable de la ferme Boehmler, heureusement, il n’y a ni micro, ni public. Les jeunes de l’Ajec peuvent donc se lancer, sans craindre de se tromper. Les mâles, bien que d’un type différent, sont dans un état assez comparable, mais les femelles sont plus hétérogènes. « Vous avez plus de mal à les juger ? C’est normal », rassure François Robergeot. Il passe en revue les quatre vaches : l’arrière-main, l’épine dorsale, l’arrondi de culotte, l’inclinaison du bassin, la largeur du trochanter, la tête, les aplombs… Les qualités d’abord, conseille-t-il aux jeunes de l’Ajec. On n’aborde les défauts qu’ensuite et pour justifier le classement de l’animal. « Qui veut s’exercer ? », demande-t-il à la cantonade. Perrine Ludwig se lance, compare les vaches les unes aux autres en réutilisant les termes appris le matin. « Il y a du rythme, de la comparaison, c’est bien », la félicite l’inspecteur du herd-book qui conseille aux jeunes éleveurs de s'entraîner régulièrement chez eux.

Assemblée générale de la race montbéliarde du Bas-Rhin

De bons résultats génétiques et des nouveautés

Publié le 02/05/2017

L’assemblée générale de la race montbéliarde se tenait récemment à Batzendorf. Le représentant de la coopérative d’insémination Élitest a dévoilé un bilan positif et quelques nouveautés.

« Une année qu’on aimerait oublier rapidement. » Voilà comment Jean-Marie Schoenel, président du Syndicat de la race montbéliarde du Bas-Rhin, a résumé 2016 en début d’assemblée générale, mercredi 15 mars. Fourrage de mauvaise qualité, retards dans le versement des aides Pac, la saison n’a pas été très bonne. Mais Luc Voidey, directeur d’Élitest, était arrivé avec de bonnes nouvelles, de quoi remonter le moral des exploitants. Bon bilan génétique des accouplements Il a commencé par présenter les résultats de l’année dernière : 130 donneuses, 400 embryons et 5 lots constitués par an, pour un résultat très positif. « Le bilan génétique des accouplements a été très bon, explique-t-il. Chez les femelles, on retrouve des caractéristiques très proches des mâles. » Depuis juillet 2016, 84 embryons de la station donneuse de Ceyzeriat, dans l’Ain, ont été posés en Alsace. Alors que la pose se fait en frais dans le Haut-Rhin, la distance contraint les techniciens d’Umotest (groupe de dix coopératives dont fait partie Élitest) à utiliser des embryons congelés dans le Bas-Rhin. Là aussi, le résultat est au rendez-vous : « On atteint un taux de plus de 55 % de gestation, soit la moyenne Umotest », se réjouit le responsable de la coopérative. Avec en moyenne 135 points d’Index de synthèse unique (ISU) pour les femelles testées, la campagne 2016 est un bon cru. Des actions Umotest Luc Voidey a aussi annoncé que les génotypages de veaux seront désormais pris en charge par Umotest. Les femelles seront facturées 400 € aux éleveurs et les meilleures d’entre elles pourront être placées en station donneuse. Elles rentreront à l’âge de 9 mois et seront restituées à 30 mois. Cela permettra au propriétaire de passer du statut de receveur à celui de donneur. Pour les mâles, deux situations possibles. Si le taureau possède de bonnes caractéristiques, Umotest proposera une indemnité de 250 à 350 € afin de le faire entrer en station. Si la bête est destinée à la production de viande, l’éleveur recevra 100 € de compensation. Élitest baisse le prix des inséminations artificielles Par ailleurs, Élitest a baissé son prix d’insémination artificielle. Ce geste commercial part du constat de l’absence d’activité cyclique et des venues en chaleur tardives, probablement à cause de la faible qualité du fourrage. Cette opération dure jusqu'au 30 avril. En attendant des jours meilleurs, il semblerait donc que les membres du syndicat puissent compter sur le soutien des inséminateurs.

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