Élevage

Publié le 04/05/2017

Une quinzaine de jeunes éleveurs charolais ont participé à l’école des juges, le 21 avril, sur l’élevage de la famille Boehmler à Forstfeld.

Organisée par l’Association des jeunes éleveurs charolais (Ajec) présidée par Gaétan Vix, l’école des juges a réuni une quinzaine de participants, vendredi 21 avril à Forstfeld. « C’est la première fois qu’on organise cette action, à la demande de nos adhérents », explique Gaétan Vix, à la tête du groupe qui comprend 25 jeunes, en majorité bas-rhinois. L’objectif de cette journée, comprenant une partie théorique et une partie pratique, est d’améliorer les compétences techniques des participants pour qu’ils puissent évaluer le plus précisément possible les animaux et en parler avec les mots qui conviennent, précise Gaétan Vix. L’Ajec a fait appel à deux inspecteurs du herd-book charolais pour animer la formation : François Robergeot et Laura Tursin. La matinée est consacrée à la race charolaise et aux différents postes sur lesquels les participants doivent concentrer leur attention. François Robergeot prend soin de nommer les différentes parties de la morphologie des animaux et de les mettre en relation avec les morceaux de viande correspondants. « Dans leur métier, les jeunes ont besoin de connaître parfaitement la morphologie des animaux. C’est aussi le cas dans les concours, qui sont un bon moyen de se comparer entre élevages et un moment de rencontre entre éleveurs qu’il faut garder dans ces moments difficiles », souligne François Robergeot. L’exercice se distingue du pointage : il s’agit plutôt de procéder à une description morphologique complète, tout en intégrant les astuces pour juger en concours. Travaux pratiques L’après-midi, place est faite aux travaux pratiques. Guillaume Boehmler a isolé quatre mâles et quatre femelles dans l’étable. Chaque participant reçoit une grille où il doit noter les qualités et les faiblesses de chaque animal, l’état corporel, les qualités bouchères, l’éventuel critère éliminatoire puis le classement au concours. Habitué à faire passer l’agrément aux juges, François Robergeot utilise ces travaux pratiques pour repérer les participants les plus à l’aise. « Avec une race présente dans 80 départements et de nombreux concours à tous les échelons, nous avons besoin de nombreux juges, explique l’inspecteur du herd-book. Il faut assurer le renouvellement. » Devenir juge nécessite une grande pratique. « Il ne faut pas seulement avoir un bon jugement, il faut être capable de l’exprimer : bien décrire l’animal, donner son ressenti, mettre en évidence les qualités et les défauts… Et le faire au micro, c’est une difficulté supplémentaire. » Dans l’étable de la ferme Boehmler, heureusement, il n’y a ni micro, ni public. Les jeunes de l’Ajec peuvent donc se lancer, sans craindre de se tromper. Les mâles, bien que d’un type différent, sont dans un état assez comparable, mais les femelles sont plus hétérogènes. « Vous avez plus de mal à les juger ? C’est normal », rassure François Robergeot. Il passe en revue les quatre vaches : l’arrière-main, l’épine dorsale, l’arrondi de culotte, l’inclinaison du bassin, la largeur du trochanter, la tête, les aplombs… Les qualités d’abord, conseille-t-il aux jeunes de l’Ajec. On n’aborde les défauts qu’ensuite et pour justifier le classement de l’animal. « Qui veut s’exercer ? », demande-t-il à la cantonade. Perrine Ludwig se lance, compare les vaches les unes aux autres en réutilisant les termes appris le matin. « Il y a du rythme, de la comparaison, c’est bien », la félicite l’inspecteur du herd-book qui conseille aux jeunes éleveurs de s'entraîner régulièrement chez eux.

Assemblée générale de la race montbéliarde du Bas-Rhin

De bons résultats génétiques et des nouveautés

Publié le 02/05/2017

L’assemblée générale de la race montbéliarde se tenait récemment à Batzendorf. Le représentant de la coopérative d’insémination Élitest a dévoilé un bilan positif et quelques nouveautés.

« Une année qu’on aimerait oublier rapidement. » Voilà comment Jean-Marie Schoenel, président du Syndicat de la race montbéliarde du Bas-Rhin, a résumé 2016 en début d’assemblée générale, mercredi 15 mars. Fourrage de mauvaise qualité, retards dans le versement des aides Pac, la saison n’a pas été très bonne. Mais Luc Voidey, directeur d’Élitest, était arrivé avec de bonnes nouvelles, de quoi remonter le moral des exploitants. Bon bilan génétique des accouplements Il a commencé par présenter les résultats de l’année dernière : 130 donneuses, 400 embryons et 5 lots constitués par an, pour un résultat très positif. « Le bilan génétique des accouplements a été très bon, explique-t-il. Chez les femelles, on retrouve des caractéristiques très proches des mâles. » Depuis juillet 2016, 84 embryons de la station donneuse de Ceyzeriat, dans l’Ain, ont été posés en Alsace. Alors que la pose se fait en frais dans le Haut-Rhin, la distance contraint les techniciens d’Umotest (groupe de dix coopératives dont fait partie Élitest) à utiliser des embryons congelés dans le Bas-Rhin. Là aussi, le résultat est au rendez-vous : « On atteint un taux de plus de 55 % de gestation, soit la moyenne Umotest », se réjouit le responsable de la coopérative. Avec en moyenne 135 points d’Index de synthèse unique (ISU) pour les femelles testées, la campagne 2016 est un bon cru. Des actions Umotest Luc Voidey a aussi annoncé que les génotypages de veaux seront désormais pris en charge par Umotest. Les femelles seront facturées 400 € aux éleveurs et les meilleures d’entre elles pourront être placées en station donneuse. Elles rentreront à l’âge de 9 mois et seront restituées à 30 mois. Cela permettra au propriétaire de passer du statut de receveur à celui de donneur. Pour les mâles, deux situations possibles. Si le taureau possède de bonnes caractéristiques, Umotest proposera une indemnité de 250 à 350 € afin de le faire entrer en station. Si la bête est destinée à la production de viande, l’éleveur recevra 100 € de compensation. Élitest baisse le prix des inséminations artificielles Par ailleurs, Élitest a baissé son prix d’insémination artificielle. Ce geste commercial part du constat de l’absence d’activité cyclique et des venues en chaleur tardives, probablement à cause de la faible qualité du fourrage. Cette opération dure jusqu'au 30 avril. En attendant des jours meilleurs, il semblerait donc que les membres du syndicat puissent compter sur le soutien des inséminateurs.

Publié le 29/04/2017

Pour limiter l’impact de la crise laitière, la coopérative Unicoolait a débloqué 1 million d’euros au bénéfice de ses adhérents. Une mesure exceptionnelle prise dans une situation exceptionnelle, alors qu’Unicoolait fêtera ses 70 ans cet automne.

« L’amélioration de la conjoncture laitière est sur les rails depuis l’automne dernier, mais pour l’instant, les producteurs de lait restent sur leur faim. Nous attendons toujours que le prix du lait remonte au-dessus des coûts de production pour combler le déficit de ces deux dernières années », expose Jean-Luc Jacobi, président d’Unicoolait, à l’assemblée générale de la coopérative, le 7 avril à Drulingen. Il avait auparavant dressé le bilan d’une année 2016 « catastrophique pour les agriculteurs ». La détérioration de la conjoncture laitière s’est accentuée au premier trimestre 2016 sous l’effet de la surproduction enregistrée en Europe du Nord et du ralentissement des achats extérieurs, explique-t-il. Les mesures prises par le Conseil des ministres européens du 14 mars 2016 n’ont pas suffi à enrayer la crise. « La décision de mettre en place une régulation des volumes était certainement la mesure à prendre dans un contexte de surproduction », admet Jean-Luc Jacobi. Mais elle est intervenue trop tard pour avoir l’effet escompté. De plus, les livraisons de poudre de lait écrémé à l’intervention ont abouti à la constitution de stocks importants qu’il faudra bien remettre sur le marché un jour ou l’autre, juge le président d’Unicoolait. Montrer la direction à prendre La fixation du prix du lait pour le deuxième semestre 2016 a donné lieu à des actions syndicales musclées envers Lactalis, le n° 1 français de la transformation laitière. « Même si le niveau de prix du lait obtenu n’a pas été suffisant pour couvrir les charges dans nos exploitations, cet accord a permis de montrer à tous les acteurs de la filière et aux consommateurs la direction à prendre. » Partenaire commercial d’Unicoolait, Lactalis a prolongé le contrat d’approvisionnement qui le lie à la coopérative jusqu’au 31 décembre 2030. Cet engagement donne des perspectives de développement aux producteurs. Mais à quel prix ? « Le renouvellement des générations passe par l’attractivité de notre métier de producteur de lait, par la modernisation de nos bâtiments d’élevage pour rendre le travail moins pénible, mais surtout par un prix du lait qui permet de rémunérer le travail à sa juste valeur », insiste Jean-Luc Jacobi en appelant à prendre en compte « la situation réelle du terrain ». Dans cette année exceptionnelle, la coopérative a pris une mesure exceptionnelle : le conseil d’administration a décidé de payer 1 million d’euros supplémentaires aux producteurs, ce qui a permis de limiter la baisse du prix du lait conventionnel à 20 €/1 000 l par rapport à 2015 au lieu de 25 €/1 000 l. Cette décision se traduit dans les comptes de la coopérative : elle affiche un résultat négatif de 859 000 € pour un chiffre d’affaires de 57,70 M€. Ce résultat impacte très peu la bonne santé financière d’Unicoolait, précise Marc Hoenen, son directeur. Au-delà de cette mesure exceptionnelle, « il est plus que jamais nécessaire de revoir les relations contractuelles, commerciales et sociétales », juge Jean-Luc Jacobi. La loi Sapin II, promulguée en décembre dernier, peut y contribuer en apportant davantage de transparence et une meilleure répartition du rapport de force entre agriculteurs et industriels, veut croire le président d’Unicoolait. « En tout cas, les producteurs de lait ont vivement besoin de plus de reconnaissance et de prise en compte des coûts de production dans la détermination des prix », souligne-t-il. Collecte en baisse en 2016 152,3 millions de litres (Ml) ont été livrés durant la campagne laitière 2015/2016, un volume en hausse de 3,3 % par rapport à la campagne précédente. Huit jeunes agriculteurs, dix exploitations ayant modernisé leur bâtiment d’élevage et 108 exploitations ont bénéficié de volumes supplémentaires dans le cadre de la gestion raisonnée des volumes, signale Jean-Georges Berst, vice-président de la coopérative. Mais sous l’effet de la météo et de la crise laitière, la collecte 2016 est en recul de 2,52 %, à 146,6 Ml (123,6 Ml de lait conventionnel, 23 Ml de lait biologique). La moyenne par point de collecte s’établit à 462 500 l. Le prix du lait conventionnel à 38/32 a atteint 302,15 €/1 000 l, selon Gilles Becker, vice-président. Les volumes collectés ont chuté jusqu’à - 10 % au 4e trimestre. 86 adhérents d’Unicoolait ont réduit volontairement leur production en profitant du programme mis en place par l’Union européenne et des aides correspondantes. D’où un « manque à produire » légèrement supérieur à 1 Ml. Lait bio : sept nouvelles conversions Les producteurs de lait biologique ont vécu une année fourragère 2016 « catastrophique ». « Nous en avons subi les conséquences tout au long de l’hiver », témoigne Véronique Klein, vice-présidente, d’Unicoolait. La mauvaise qualité des fourrages a conduit notamment à l’augmentation du nombre de spores butyriques et à l’obligation d’acheter des aliments bios complémentaires à l’extérieur. Malgré une baisse de la collecte de 5,41 %, plus marquée qu’en lait conventionnel, le lait bio représente 16 % de la collecte totale de la coopérative. En mai dernier, sept nouvelles exploitations ont démarré leur conversion pour un litrage total de 4,5 Ml. « Nous devrions atteindre 30 Ml de lait bio dans les deux années qui viennent », souligne Véronique Klein. Le prix du lait bio à 38/32 s’élevait en 2016 à 474,91 €/1 000 l, en hausse de 18,8 € par rapport à 2015. Ce qui représente un différentiel de 166,5 €/1 000 l par rapport au lait conventionnel. Ce prix « s’inscrit dans un contexte de marché porteur et toujours en croissance », constate la vice-présidente d’Unicoolait. « Avec les litrages importants du Grand Est, nous espérons toujours que le groupe va miser sur une transformation bio dans la région. Les consommateurs sont de plus en plus sensibles à la transformation au plus près des lieux de production, à l’empreinte carbone et au bon sens écologique. Je pense que le groupe Lactalis ne peut occulter ces tendances. » Sans se prononcer sur cette question, Serge Moly, directeur des achats lait chez Lactalis, constate que la France est le seul pays européen où la collecte a augmenté de 10 % entre 2012 et 2014. Le cap des 600 Ml de lait bio aurait dû être atteint au printemps 2016, mais la météo ne l’a pas permis, ce qui a entraîné des ruptures d’approvisionnement dans les magasins. « Nous souhaitons relancer la dynamique de conversion dans les zones historiques », a déclaré le représentant de Lactalis. Des échanges sont en cours avec Unicoolait pour définir le rythme de conversion souhaitable, ainsi qu’une nouvelle méthode de fixation du prix du lait bio permettant de donner une meilleure visibilité aux producteurs.

Pages

Les vidéos