Élevage

Publié le 03/07/2017

La simmental française continue à se développer dans les élevages : l’effectif a atteint 40 000 animaux en France en 2016 et le cap des 2 000 cheptels est en vue. L’objectif de Simmental France est d’apporter aux éleveurs les outils pour améliorer la génétique dans leur élevage.

Organisme et entreprise de sélection (OES) de la race simmental française, Simmental France organisait son assemblée générale mercredi 21 juin à la Maison des associations de Wœrth. Une assemblée présidée pour la dernière fois par Jean Bernhard, dont le successeur sera désigné à la rentrée. Avant de présenter son rapport moral, le président de l’OES a rendu hommage à André Hance, ancien président de l’unité de sélection décédé début 2017, et Jean-Georges Herr, ancien directeur de Simmental France, disparu en avril, deux infatigables défenseurs de la race simmental. « Ils ont cru à la simmental quand la race était au plus bas. C’est grâce à leur dynamisme qu’elle s’est développée », a-t-il souligné en saluant la mémoire de « deux hommes passionnés ». Les éleveurs sont confrontés depuis deux ans à une crise prolongée : aux mauvais rendements et aux prix anormalement bas s’ajoutent les attaques sur les pratiques d’élevage. « Les éleveurs n’ont jamais fait autant pour le bien-être animal depuis dix ans et pourtant, les attaques continuent », constate Jean Bernhard en appelant à « plus de reconnaissance » vis-à-vis des éleveurs. Autre frustration exprimée par le président de Simmental France : après 30 ans de restriction sur la matière grasse, les bienfaits du beurre sont à nouveau reconnus, d’où la tentation des laiteries de mieux rémunérer le taux butyreux aux dépens du taux protéique. Une telle évolution n’est pas favorable à la simmental, juge Jean Bernhard. Les éleveurs de simmental ont en revanche quelques motifs de satisfaction : une étude récente montre que l’avenir est aux races mixtes. La simmental, qui a l’avantage de produire longtemps et dont la qualité de la viande est reconnue par de nombreux restaurateurs, en fait partie. Dans ce contexte, l’objectif de l’OES est de continuer à apporter aux éleveurs les outils nécessaires à l’amélioration génétique de leurs troupeaux. La percée dans l’Ouest se confirme Depuis 2010, les effectifs simmental ne cessent d’augmenter en France, constate Hervé Vignon, directeur de l’OES. Plus de 40 000 animaux et 1 800 cheptels sont recensés en 2017. « C’est une dynamique qui perdure depuis quelques années ». La Haute-Marne, au cœur du berceau de la race, est largement devancée par l’Aveyron (plus de 200 cheptels). Le Massif central constitue une zone de développement importante et la simmental effectue depuis quelques années une percée dans l’Ouest, qui est « loin d’être anecdotique ». Le nombre de vaches simmental inscrites au Contrôle laitier est en baisse, ce qui se vérifie également dans les autres races. Les performances laitières, elles, « n’ont jamais été aussi hautes » : la production moyenne ressort à 6 224 kg, avec une lactation parmi les plus courtes en vaches laitières. Elle est en hausse de 65 kg par rapport à l’année d’avant, à 40,2 de taux butyreux et 33,7 de taux protéique. Grâce aux données d’abattage des jeunes bovins, on sait maintenant que la simmental produit le meilleur poids de carcasse : 391 kg contre 384 kg pour la montbéliarde et 382 kg pour la normande, avec un âge à l’abattage inférieur à ces deux autres races (617 jours). « On attendait ces résultats pour pouvoir communiquer sur les aptitudes bouchères de la simmental et sa mixité », se réjouit le directeur de Simmental France (lire notre encadré). En tant qu’organisme de sélection, Simmental France est actif dans la promotion de la race. Il participe notamment à tous les grands salons d’élevage. Un nouveau site internet est en cours de déploiement (www.simmentalfrance.fr). Il se veut attrayant et fonctionnel et comportera d’ici peu un module sur l’offre génétique. Le nombre d’IA réalisées en 2016 (41 400) est en légère baisse par rapport à 2015. La situation varie selon l’entreprise de mise en place : dans la zone Élitest, qui représente un gros quart du total des IA, le nombre d’IA est en recul de 5 %, mais dans la zone Évolution (Ouest), il augmente de 6 %. Hervé Vignon relève que le croisement avec d’autres races, en particulier les races bouchères (charolais, blanc bleu) se développe : une tendance à mettre en relation avec les problèmes de trésorerie des éleveurs, qui s’en sortent mieux en vendant des veaux croisés. La part des taureaux génomiques augmente fortement en 2016, comparée à celle des taureaux indexés sur descendance : les deux catégories sont désormais quasiment à égalité. Une importante diversité génétique 340 taureaux différents ont été utilisés en IA en 2016, gage d’une importante diversité génétique. Le taureau le plus demandé, Haddock, ne représente que 8 % des IA. Il est suivi de Barnum et Brocard (5 % chacun). Même si cela complique la logistique, Hervé Vignon considère que la diversité génétique de la race est « un atout à conserver ». Le bilan génétique des IAP est en forte amélioration depuis une dizaine d’années, particulièrement depuis l’arrivée des taureaux génomiques, comme le montre la progression des différents index (production, morphologiques et fonctionnels). Sortis la veille de l’assemblée générale, les résultats d’index ont été présentés par Jean-Baptiste Geoffray. Parmi les taureaux indexés sur descendance, plusieurs nouveautés intéressantes : Guépard, un très bon taureau laitier (156 pt d’Isu, 53 pt d’Inel), positif dans les deux taux. Il est à privilégier sur vaches, si possible sur de grandes vaches, recommande le technicien. Gallius est l’autre bonne surprise du classement (131 pt d’Issu, 32 d’Inel) : « Il est un cran au-dessus en matière de taux et plus complet en morphologie que Guépard, le seul regret, c’est qu’il est négatif en cellules, il faudra faire attention dans les accouplements ». Brocard, Cactus, Barnum et Basta confirment leurs qualités. Le technicien a également présenté les taureaux génomiques du catalogue, ainsi que les taureaux étrangers, suisses notamment.

Concours interraces d’Alsace Bossue

Helios sacrée grande championne

Publié le 28/06/2017

Dimanche 25 juin à Lorentzen, les plus belles vaches laitières d’Alsace Bossue et du Pays de Bitche ont défilé dans le ring pour briguer le titre de grande championne. Il a finalement été attribué à Helios, de l’EARL Ensminger à Waldhambach.

Le concours d’élevage bovin organisé par le Syndicat interraces d’Alsace Bossue vient de vivre une nouvelle édition. Même si sa date a été avancée d’un mois, l’engouement du public est intact. Lorsqu’arrive l’heure de désigner les championnes, de nombreux spectateurs se pressent autour du ring d’élevage où les concurrentes, des prim’holstein pour la plupart, sont examinées sous toutes les coutures par Laurent Pierrefitte, technicien chez Bovec en Meurthe-et-Moselle. Dans la première section, réservée aux génisses, une brune des Alpes s’est glissée au milieu de ses congénères de la race prim’holstein. Une difficulté supplémentaire pour le juge qui relève la grande hétérogénéité de cette section. Sa préférence va à Rado-Loana. Née le 6 novembre 2015 (Graal/Rado-Israël), elle appartient au Gaec du Bitcherberg à Volmunster (57). « Elle a beaucoup de chic, une belle ligne du dessus et une largeur de poitrine prometteuse. » Elle remporte du même coup le championnat génisses. « Une ouverture de côtes comme on les aime » Dans la section II, qui regroupe les vaches en première lactation, c’est Jonquille qui s’impose. Le Gaec de la Honau et du Forstweg à Keskastel est l’heureux propriétaire de cet animal né le 13 septembre 2014 (Galosh Isy/Grenade) et ayant produit 25,8 kg de lait à son meilleur contrôle. « Elle a une très bonne mamelle et une ouverture de côtes comme on les aime. » Helios, de l’EARL Ensminger à Waldhambach, se classe première de la section III, réservée aux vaches en deuxième lactation. Née le 26 août 2012 (Arivera/Alisée), elle a produit 7 860 kg de lait à 38,1 de TB et 31,8 de TA lors de sa première lactation qui a duré 305 jours. « C’est un animal très complet, très harmonieux, avec une belle ligne du dessus et une belle ouverture de côte. Sa suprématie dans cette section est indiscutable. » La section IV, qui rassemble les vaches en troisième lactation et plus, est la plus fournie. Après un examen approfondi, c’est finalement Hispani, du Gaec Dintinger à Weislingen, qui emporte l’adhésion du juge. Née le 16 septembre 2012 (Damion/Tristan), elle a produit 10 183 kg de lait à 34,9 de TB et 31,8 de TA en deuxième lactation (303 jours). « C’est l’animal le plus complet. Elle a de bons membres, de bonnes capacités », déclare-t-il. Il relève la qualité des attaches avant et arrière de sa mamelle, ce qui lui vaut d’être élue meilleure mamelle de ce concours. Dans la foulée, Helios remporte le titre de grande championne de cette édition 2017. Les dossiers d’actualité s’invitent à la fête Puis vient le moment, toujours très attendu, de la présentation des veaux par les enfants. Le Gaec du Vieux Moulin Muller à Hirschland, l’EARL de la Honau et du Forstweg à Keskastel, l’EARL Bauer de Keskastel, le Gaec de l’Arc-en-ciel de Petit Rederching et le Gaec du Bitcherberg à Volmunster réussissent, une fois de plus, à attendrir le public avec leurs saynètes ou leurs chansons. Où il était question de thèmes d’actualité, comme les dégâts de sangliers ou les dérives écologistes. Autant de perches tendues aux responsables professionnels et aux personnalités politiques qui ont assisté à cette manifestation. Parmi eux, Véronique Klein, vice-présidente de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, Patrick Bastian, conseiller régional, ainsi que le député fraîchement réélu Patrick Hetzel. Tous soulignent la bonne organisation de ce concours qui permet de mettre en avant le savoir-faire des éleveurs de la région, mais aussi de faire connaître leurs difficultés, accentuées par une météo qui fait des siennes et des prix qui s’inscrivent durablement à la baisse. « La présence des élus et des responsables syndicaux montre l’intérêt qu’ils portent aux éleveurs d’Alsace Bossue, déclare Thomas Strohm, président du Syndicat interraces d’Alsace Bossue. Nous sommes fiers de présenter les plus beaux échantillons de nos élevages. Tous les modes de production (conventionnel, bio) et de commercialisation (laiterie, vente directe), sont représentés », indique-t-il. Profitant de la tribune qui lui est offerte, il s’insurge contre le projet de liaison A4-Lorentzen. « C’est un projet que tout le monde appelle de ses vœux, explique-t-il. Mais une fois de plus, l’agriculture paiera un lourd tribut, au titre des compensations environnementales. »

Jeunes Agriculteurs. Canton Molsheim

Belles vaches à vendre !

Publié le 28/06/2017

La traditionnelle journée portes ouvertes des Jeunes Agriculteurs du canton de Molsheim, organisée le dimanche 2 juillet à Dachstein à la ferme Wilt, sera exceptionnellement précédée, le 1er juillet, d’une vente aux enchères de 45 animaux dont une quinzaine issue de la ferme. Une belle opportunité pour les éleveurs locaux.

À Dachstein, le sujet de conversation favori à la ferme Wilt, c’est la génétique, « tout tourne autour dans l’élevage », reconnaît Olivier Wilt. « Cela remonte à nos deux grands-pères ». Un intérêt qui s’est visiblement transformé en passion, partagée par son frère Nicolas, associé depuis 2013 sur le Gaec familial avec leur père, Jean-Claude. Au fil des années et du travail génétique réalisé sur le troupeau, le Gaec s’est régulièrement illustré dans les concours. Deux animaux ont été plusieurs fois primés à Eurogénétique à Épinal cette année. Animaux de bonne famille à prix abordables Dans l’élevage, la façon de faire, de nourrir entre autres, est « en fonction de la génétique pour améliorer la qualité des vaches », souligne Nicolas Wilt. L’objectif est d’avoir « de bonnes vaches, qui donnent du lait et ne posent pas de problèmes ». L’un des intérêts est d’obtenir au fur et à mesure des vaches « qui valorisent bien le fourrage et l’herbe, en donnant de bons volumes de lait ». Sur les 150 hectares de SAU, 60 ha sont en herbe, dont 25 ha en prairies naturelles et 35 ha en mélange suisse. Le Gaec produit actuellement 9 800 litres de lait par vache en moyenne avec un troupeau de 120 prim’holstein. Ce que recherchent également les éleveurs ce sont des animaux aptes à « vieillir sans problème de santé, tant au niveau des pattes que des mamelles », ajoute Olivier Wilt. La participation régulière aux concours, « c’est aussi l’opportunité de se comparer aux autres et de progresser ». Le Gaec se défend plutôt bien, grâce notamment à sa vache star Élégance. Elle a une logette à part avec la vingtaine de bêtes destinées à concourir et compte pas moins d’une soixantaine de descendances dans le troupeau. Des vaches que le public et les éventuels acheteurs vont pouvoir admirer samedi 1er juillet, jour de la vente aux enchères organisée par le Gaec Wilt et ses cinq partenaires. Des acheteurs régionaux, français, mais également belges, allemands, suisses et espagnols sont attendus pour cette vente Wilt and Partners où 45 animaux de toutes catégories seront présentés. Pour le Gaec, ce sera 15 animaux, des vaches en lactation, des génisses pleines et des veaux. 15 autres seront issus d’élevages régionaux et 15 de France, précise Olivier Wilt. Le Gaec a établi un catalogue qui permet de mesurer la belle qualité génétique de ces vaches, « toutes issues de bonne famille en remontant sur dix générations » ! « Ce n’est pas juste une vente d’élite, c’est une vente pour tous », indique encore l’éleveur. Et c’est une opportunité pour les éleveurs locaux, d’autant que « les prix resteront largement abordables ». Cette vente, comme la précédente en 2008, est « un moyen de valoriser les investissements réalisés, une collecte d’embryons coûtant 1 000 €. Le but de la génétique n’est pas de nous enrichir, mais d’équilibrer les dépenses. » Château gonflable, salle de traite La vente aux enchères démarrera à 19 h, la ferme accueillera les acheteurs potentiels dès le début de l’après-midi. Les JA du canton de Molsheim, présidé par Joffrey Jost, vont assurer la restauration de cette soirée, tartes flambées et pizzas notamment. Certains acheteurs, venant de loin, seront encore là le lendemain pour la journée portes ouvertes des JA. « C’était le bon moment pour donner du temps et de l’énergie au service du collectif », souligne Joffrey Jost, membre depuis quelques années, président depuis le mois de mai. « C’est la suite logique de mon engagement au sein des JA », cela permet une nouvelle dynamique, d’autres affinités, ajoute Nicolas Wilt, trésorier des JA. Joffrey Jost, installé sur l’EARL Piémont des Vosges avec son père, Thierry, et sa mère, Anne-Marie, précise qu’il n’y a plus de concours de labour dans le canton depuis longtemps. Pour cette journée, les JA de Molsheim ont prévu des animations pour les enfants, un château gonflable entre autres. Le menu dominical sera composé de steak mariné ou de grillades, au choix, accompagnés d’un buffet de crudités. Le public aura tout loisir de découvrir le troupeau, la salle de traite de 2 x 16, qui date de 2014, ainsi qu’une exposition de matériels agricoles. Les visiteurs pourront bien sûr admirer les super-vaches et les intéressés découvrir les dessous et les enjeux de la génétique avec ces passionnés. Cette journée s’achèvera sur une touche gourmande avec les délicieuses tartes flambées des JA.

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