Élevage

Concours interraces d’Alsace Bossue

Helios sacrée grande championne

Publié le 28/06/2017

Dimanche 25 juin à Lorentzen, les plus belles vaches laitières d’Alsace Bossue et du Pays de Bitche ont défilé dans le ring pour briguer le titre de grande championne. Il a finalement été attribué à Helios, de l’EARL Ensminger à Waldhambach.

Le concours d’élevage bovin organisé par le Syndicat interraces d’Alsace Bossue vient de vivre une nouvelle édition. Même si sa date a été avancée d’un mois, l’engouement du public est intact. Lorsqu’arrive l’heure de désigner les championnes, de nombreux spectateurs se pressent autour du ring d’élevage où les concurrentes, des prim’holstein pour la plupart, sont examinées sous toutes les coutures par Laurent Pierrefitte, technicien chez Bovec en Meurthe-et-Moselle. Dans la première section, réservée aux génisses, une brune des Alpes s’est glissée au milieu de ses congénères de la race prim’holstein. Une difficulté supplémentaire pour le juge qui relève la grande hétérogénéité de cette section. Sa préférence va à Rado-Loana. Née le 6 novembre 2015 (Graal/Rado-Israël), elle appartient au Gaec du Bitcherberg à Volmunster (57). « Elle a beaucoup de chic, une belle ligne du dessus et une largeur de poitrine prometteuse. » Elle remporte du même coup le championnat génisses. « Une ouverture de côtes comme on les aime » Dans la section II, qui regroupe les vaches en première lactation, c’est Jonquille qui s’impose. Le Gaec de la Honau et du Forstweg à Keskastel est l’heureux propriétaire de cet animal né le 13 septembre 2014 (Galosh Isy/Grenade) et ayant produit 25,8 kg de lait à son meilleur contrôle. « Elle a une très bonne mamelle et une ouverture de côtes comme on les aime. » Helios, de l’EARL Ensminger à Waldhambach, se classe première de la section III, réservée aux vaches en deuxième lactation. Née le 26 août 2012 (Arivera/Alisée), elle a produit 7 860 kg de lait à 38,1 de TB et 31,8 de TA lors de sa première lactation qui a duré 305 jours. « C’est un animal très complet, très harmonieux, avec une belle ligne du dessus et une belle ouverture de côte. Sa suprématie dans cette section est indiscutable. » La section IV, qui rassemble les vaches en troisième lactation et plus, est la plus fournie. Après un examen approfondi, c’est finalement Hispani, du Gaec Dintinger à Weislingen, qui emporte l’adhésion du juge. Née le 16 septembre 2012 (Damion/Tristan), elle a produit 10 183 kg de lait à 34,9 de TB et 31,8 de TA en deuxième lactation (303 jours). « C’est l’animal le plus complet. Elle a de bons membres, de bonnes capacités », déclare-t-il. Il relève la qualité des attaches avant et arrière de sa mamelle, ce qui lui vaut d’être élue meilleure mamelle de ce concours. Dans la foulée, Helios remporte le titre de grande championne de cette édition 2017. Les dossiers d’actualité s’invitent à la fête Puis vient le moment, toujours très attendu, de la présentation des veaux par les enfants. Le Gaec du Vieux Moulin Muller à Hirschland, l’EARL de la Honau et du Forstweg à Keskastel, l’EARL Bauer de Keskastel, le Gaec de l’Arc-en-ciel de Petit Rederching et le Gaec du Bitcherberg à Volmunster réussissent, une fois de plus, à attendrir le public avec leurs saynètes ou leurs chansons. Où il était question de thèmes d’actualité, comme les dégâts de sangliers ou les dérives écologistes. Autant de perches tendues aux responsables professionnels et aux personnalités politiques qui ont assisté à cette manifestation. Parmi eux, Véronique Klein, vice-présidente de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, Patrick Bastian, conseiller régional, ainsi que le député fraîchement réélu Patrick Hetzel. Tous soulignent la bonne organisation de ce concours qui permet de mettre en avant le savoir-faire des éleveurs de la région, mais aussi de faire connaître leurs difficultés, accentuées par une météo qui fait des siennes et des prix qui s’inscrivent durablement à la baisse. « La présence des élus et des responsables syndicaux montre l’intérêt qu’ils portent aux éleveurs d’Alsace Bossue, déclare Thomas Strohm, président du Syndicat interraces d’Alsace Bossue. Nous sommes fiers de présenter les plus beaux échantillons de nos élevages. Tous les modes de production (conventionnel, bio) et de commercialisation (laiterie, vente directe), sont représentés », indique-t-il. Profitant de la tribune qui lui est offerte, il s’insurge contre le projet de liaison A4-Lorentzen. « C’est un projet que tout le monde appelle de ses vœux, explique-t-il. Mais une fois de plus, l’agriculture paiera un lourd tribut, au titre des compensations environnementales. »

Jeunes Agriculteurs. Canton Molsheim

Belles vaches à vendre !

Publié le 28/06/2017

La traditionnelle journée portes ouvertes des Jeunes Agriculteurs du canton de Molsheim, organisée le dimanche 2 juillet à Dachstein à la ferme Wilt, sera exceptionnellement précédée, le 1er juillet, d’une vente aux enchères de 45 animaux dont une quinzaine issue de la ferme. Une belle opportunité pour les éleveurs locaux.

À Dachstein, le sujet de conversation favori à la ferme Wilt, c’est la génétique, « tout tourne autour dans l’élevage », reconnaît Olivier Wilt. « Cela remonte à nos deux grands-pères ». Un intérêt qui s’est visiblement transformé en passion, partagée par son frère Nicolas, associé depuis 2013 sur le Gaec familial avec leur père, Jean-Claude. Au fil des années et du travail génétique réalisé sur le troupeau, le Gaec s’est régulièrement illustré dans les concours. Deux animaux ont été plusieurs fois primés à Eurogénétique à Épinal cette année. Animaux de bonne famille à prix abordables Dans l’élevage, la façon de faire, de nourrir entre autres, est « en fonction de la génétique pour améliorer la qualité des vaches », souligne Nicolas Wilt. L’objectif est d’avoir « de bonnes vaches, qui donnent du lait et ne posent pas de problèmes ». L’un des intérêts est d’obtenir au fur et à mesure des vaches « qui valorisent bien le fourrage et l’herbe, en donnant de bons volumes de lait ». Sur les 150 hectares de SAU, 60 ha sont en herbe, dont 25 ha en prairies naturelles et 35 ha en mélange suisse. Le Gaec produit actuellement 9 800 litres de lait par vache en moyenne avec un troupeau de 120 prim’holstein. Ce que recherchent également les éleveurs ce sont des animaux aptes à « vieillir sans problème de santé, tant au niveau des pattes que des mamelles », ajoute Olivier Wilt. La participation régulière aux concours, « c’est aussi l’opportunité de se comparer aux autres et de progresser ». Le Gaec se défend plutôt bien, grâce notamment à sa vache star Élégance. Elle a une logette à part avec la vingtaine de bêtes destinées à concourir et compte pas moins d’une soixantaine de descendances dans le troupeau. Des vaches que le public et les éventuels acheteurs vont pouvoir admirer samedi 1er juillet, jour de la vente aux enchères organisée par le Gaec Wilt et ses cinq partenaires. Des acheteurs régionaux, français, mais également belges, allemands, suisses et espagnols sont attendus pour cette vente Wilt and Partners où 45 animaux de toutes catégories seront présentés. Pour le Gaec, ce sera 15 animaux, des vaches en lactation, des génisses pleines et des veaux. 15 autres seront issus d’élevages régionaux et 15 de France, précise Olivier Wilt. Le Gaec a établi un catalogue qui permet de mesurer la belle qualité génétique de ces vaches, « toutes issues de bonne famille en remontant sur dix générations » ! « Ce n’est pas juste une vente d’élite, c’est une vente pour tous », indique encore l’éleveur. Et c’est une opportunité pour les éleveurs locaux, d’autant que « les prix resteront largement abordables ». Cette vente, comme la précédente en 2008, est « un moyen de valoriser les investissements réalisés, une collecte d’embryons coûtant 1 000 €. Le but de la génétique n’est pas de nous enrichir, mais d’équilibrer les dépenses. » Château gonflable, salle de traite La vente aux enchères démarrera à 19 h, la ferme accueillera les acheteurs potentiels dès le début de l’après-midi. Les JA du canton de Molsheim, présidé par Joffrey Jost, vont assurer la restauration de cette soirée, tartes flambées et pizzas notamment. Certains acheteurs, venant de loin, seront encore là le lendemain pour la journée portes ouvertes des JA. « C’était le bon moment pour donner du temps et de l’énergie au service du collectif », souligne Joffrey Jost, membre depuis quelques années, président depuis le mois de mai. « C’est la suite logique de mon engagement au sein des JA », cela permet une nouvelle dynamique, d’autres affinités, ajoute Nicolas Wilt, trésorier des JA. Joffrey Jost, installé sur l’EARL Piémont des Vosges avec son père, Thierry, et sa mère, Anne-Marie, précise qu’il n’y a plus de concours de labour dans le canton depuis longtemps. Pour cette journée, les JA de Molsheim ont prévu des animations pour les enfants, un château gonflable entre autres. Le menu dominical sera composé de steak mariné ou de grillades, au choix, accompagnés d’un buffet de crudités. Le public aura tout loisir de découvrir le troupeau, la salle de traite de 2 x 16, qui date de 2014, ainsi qu’une exposition de matériels agricoles. Les visiteurs pourront bien sûr admirer les super-vaches et les intéressés découvrir les dessous et les enjeux de la génétique avec ces passionnés. Cette journée s’achèvera sur une touche gourmande avec les délicieuses tartes flambées des JA.

Alsace, Moselle, Haute-Marne : deux jours d’échanges en Alsace

Lait sans OGM : comment s’adapter à la demande ?

Publié le 14/06/2017

Pour répondre à la demande du marché allemand, trois laiteries et fromageries du Grand Est demandent à leurs producteurs de leur livrer du lait issu d’animaux nourris sans OGM. Comment les services d’élevage peuvent-ils les accompagner dans cette démarche ? 60 conseillers des Chambres d’agriculture d’Alsace, Moselle et Haute-Marne ont mis en commun leurs pistes lors d’une rencontre commune organisée les 6 et 7 juin en Alsace.

À partir du 1er octobre 2017, Sodiaal collectera du lait issu d’animaux nourris sans OGM dans trois de ses zones de collecte françaises. 165 producteurs de la région de Sausheim, dans le Haut-Rhin, sont concernés. Ce lait sera envoyé à l’usine Entremont de Langres (Haute-Marne) pour fabriquer de l’emmental destiné au marché allemand (lire notre encadré). La laiterie Freiwald, située à Freistroff en Moselle, s’est lancée dans une démarche similaire pour pouvoir livrer du lait en Allemagne. La collecte démarre ce mois-ci. La fromagerie Hutin, basée à Dieue-sur-Meuse près de Verdun, emboîtera le pas au 1er janvier prochain : spécialisée dans la fabrication de fromages à pâte molle et pâte fraîche, elle fait partie du groupe allemand Hochland, l’un des leaders européens de la fabrication fromagère, qui vend ses produits dans 30 pays. « Un train qui passe » La demande de lait issu d’animaux nourris sans OGM (que nous appellerons lait sans OGM) vient du consommateur allemand, rappelle Gilles Saget, responsable du pôle méthodes et références de 3CE (Chambre Contrôle Conseil Élevage, lire en encadré). « En France, on exporte 40 à 45 % de notre lait et notre principal partenaire est l’Allemagne. Toutes les grandes entreprises laitières du Nord-Est commercent avec ce pays, renchérit Jean-Claude Perrin, responsable des achats lait à la fromagerie Hutin. Le lait sans OGM, c’est un train qui passe. Soit on le regarde passer, soit on saute dedans. » « Je ne sais pas si on a vraiment le choix, ajoute-t-il. On ne peut pas négliger la demande qui nous est faite. » « Collectivement, on a intérêt à y répondre », affirme pour sa part Benoît Rouillé, responsable de projets en production laitière à l’Institut de l’élevage (Idele). Il pose toutefois une condition : « Que l’éleveur s’y retrouve économiquement ». Les producteurs laitiers du Grand Est sont certes bien placés pour produire du lait sans OGM, puisqu’ils sont proches de l’Allemagne. Les laiteries concernées proposent à leurs adhérents un contrat, par lequel ils s’engagent à respecter un cahier des charges basé sur le standard de l’association allemande Vlog. Avec à la clé, une prime pour compenser les surcoûts. Celle-ci varie selon les entreprises : de 7,5 €/1 000 l pour Freiwald à 10 €/1 000 l dès la période de conversion pour Sodiaal. La fromagerie Hutin, quant à elle, propose une prime de conversion de 5 €/1 000 l pendant les trois mois de conversion et 10 €/1 000 l ensuite. Trois scénarios et un mix Cette prime est-elle suffisante pour que les éleveurs s’y retrouvent ? Les conseillers en élevage, qui ont travaillé sur la question, n’apportent pas de réponse toute faite. Tout dépendra de la stratégie utilisée pour s’affranchir du soja, principal ingrédient « à risque OGM ». Trois scénarios semblent les plus probables : lui substituer du soja non-OGM, le remplacer par d’autres aliments non-OGM (coproduits, protéagineux, méteils) ou bien améliorer l’autonomie protéique de l’exploitation. Sur le long terme, Benoît Rouillé considère que la meilleure stratégie repose sur un « mix des trois ». Plus globalement, le représentant de l’Idele pose la question du gain pour la filière : il doit être évalué en tenant compte de tous les surcoûts (de production, de collecte et de transformation), mais aussi des bénéfices en termes d’images, qui sont plus difficilement quantifiables. Président du pôle élevage et secrétaire général de la Chambre d’agriculture de Moselle, Jean-Marie Gallissot s’inquiète de la concurrence possible vis-à-vis du lait bio. « Le cahier des charges est quasiment identique. Quel avenir pour le lait bio une fois que le lait sans OGM sera sur le marché ? », interroge-t-il. « Est-ce qu’on aura assez d’aliments de substitution pour répondre aux besoins ? », se demande pour sa part Jean Bernhard, ancien responsable élevage dans le Bas-Rhin. En Autriche, rapporte-t-il, les éleveurs laitiers ont appris à se passer des tourteaux de soja depuis 2008, où ils sont passés en alimentation non-OGM à 100 %. Mais le cheptel autrichien ne compte que 400 000 vaches laitières. Si peu, comparé au cheptel tricolore.

Pages

Les vidéos