Élevage

Le fromage Cœur de massif se développe

Un produit de diversification

Publié le 26/09/2017

Le fromage Cœur de massif a trouvé ses consommateurs. Mieux même, la demande est actuellement supérieure à l’offre. Il représente une source de diversification économique pour les éleveurs.

Installé avec sa compagne, Sarah Grewis, sur l’exploitation familiale située au cœur du village de Sondernach - le Gaec de la ferme de l’Estive -, Pierre Deybach, 32 ans, transforme 250 000 litres de lait pour produire ses fromages : munster, bargkass et Cœur de massif. Il élève ses vingt vaches vosgiennes et sa vingtaine de génisses sur deux sites : 40 hectares sur le secteur de Sondernach, et 50 ha d’alpage sur le versant nord du Hohneck, côté Lorraine. C’est là-bas, entre 1 100 et 1 350 mètres d’altitude qu’elles passent les beaux jours, de juin à septembre. Deux sites et donc deux lieux de travail. « Nous avons une salle de traite mobile. Nous montons au Hohneck deux fois par jour pour effectuer la traite des vaches. La première se fait à 6 h 30, le matin. Nous partons de la ferme dès 6 h. Les génisses, elles, restent en bas pour pâturer les prés qu’on ne peut pas faucher », explique Pierre Deybach. L’éleveur ne vend pas son lait à une laiterie. Il transforme la quasi-totalité de sa production pour réaliser ses fromages, en moyenne 9 tonnes chaque année. 50 % de sa production est vendue directement au magasin à la ferme, ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 10 h à midi. Chaque jour une dizaine de clients se présentent au magasin qui propose également de la charcuterie, des yaourts, des jus de pommes ou encore des produits dérivés de l’Organisme de sélection de la race bovine vosgienne (OS vosgienne). L’autre moitié de la production part dans des boucheries, des fermes auberges de la vallée de Thann, des magasins de vente à Munster, des boulangeries ou encore le marché de Muhlbach-sur-Munster le samedi matin. La ferme de l’Estive est en bio depuis l’installation de Pierre Deybach en 2012. « Le marché était saturé et nous voulions travailler différemment, faire quelque chose de nouveau. Et, surtout, la demande était là. Nous avons donc franchi le pas même si le coût des aliments a été doublé », ajoute l’éleveur. Valoriser la vache vosgienne Historiquement, la ferme produit du munster, du bargkass, mais aussi de la tomette. Depuis mai 2016, Sarah Grewis et Pierre Deybach proposent également à leurs clients du Cœur de massif. L’idée était de diversifier la production, mais également de valoriser la vosgienne. « La fabrication du Cœur de massif est plus rapide. Cela nous libère du temps pour travailler dans les meilleures conditions. C’est un fromage plus économique et de meilleure qualité. Il nécessite cependant davantage de manipulations. Nous en produisons environ 2 tonnes chaque année », résume Pierre Deybach. Il constate avec satisfaction que le fromage est très demandé par ses clients. Il est du coup assez souvent en rupture de stock, car la production du Cœur de massif nécessite deux mois d’affinage. « Du coup, nous sommes bien contents de pouvoir proposer d’autres fromages. Mais, c’est vrai que les gens apprécient le Cœur de massif qui convient parfaitement pour les raclettes. Facilement reconnaissable grâce à sa forme carré, vous trouverez sous sa croute tachetée grisée à brune, une texture moelleuse et onctueuse, un gout floral et fruité prononcé grâce à l’alimentation des vaches Vosgiennes sur le Massif Vosgien.Il se déguste facilement », commente Pierre Deybach. Son prix de vente, qui permet de valoriser le travail des éleveurs, a été fixé par l’OS vosgienne entre 16 et 18 € le kg. À la ferme de l’Estive, le prix est de 16 €. « Nous constatons que les gens ne sont pas regardants sur les prix. Ils cherchent avant tout de la qualité. C’est précisément notre état d’esprit. Ici, le magasin de vente se trouve à l’avant de l’atelier de transformation que l’on distingue à travers les vitres. Derrière, il y a les bêtes. Chez nous, tout est visible », précise Sarah Grewis. Se former À l’avenir, le jeune couple d’éleveur compte bien produire encore davantage de Cœur de massif qui représente pour l’exploitation une vraie source de diversification. « Et un joli coup de publicité, car ce nouveau fromage nous a apporté de nouveaux clients. Des touristes, mais surtout beaucoup des gens du secteur. Aujourd’hui, la demande est supérieure à notre offre. Donc, notre défi à l’avenir est de pouvoir produire davantage pour y répondre. C’est intéressant car, quand on transforme, on n’est pas dépendant d’une laiterie. Le fait de réaliser un produit local et régional permet également de maîtriser les charges, de trouver de nouveaux débouchés, de sécuriser le travail », souligne Pierre Deybach. Il fait partie des 24 producteurs qui ont été formés par l’OS depuis début 2015 pour produire du Cœur de massif (lire en encadré). Une formation annuelle appréciée et nécessaire. « Cela nous a permis de faire une étude de marché. Nous avons alors constaté qu’il y avait un potentiel de vente de 18 t en Alsace-Lorraine et de 70 t pour toute la France. En 2016, 33 t ont ainsi été produites. En 2017, 44 t devraient l’être. Il y a donc une belle et réelle progression. Elle ne répond cependant pas encore à la demande. Nous cherchons à attirer de nouveaux éleveurs pour produire du Cœur de massif. Ce qui leur permettrait de se diversifier eux aussi », précise Laurine Spieser, chargée de mission circuits locaux et diversification à l’OS vosgienne. Une formation Vivea est prévue en hiver (en janvier) sur trois journées et demie dont une demi-journée en fromagerie avec un exploitant qui produit déjà du Cœur de massif. Et une journée en salle consacrée à toutes les explications nécessaires sur la transformation et les deux cahiers des charges. Parmi les points à respecter, il faut, par exemple, avoir un minimum de 55 % de vaches vosgiennes dans son cheptel, avec une augmentation de 5 % par an, et respecter des normes de production strictes. Les exploitations doivent ainsi s’engager à ne pas utiliser d’ensilage (maïs et herbe), et tout autre fourrage ayant un taux de matière sèche inférieur à 50 % (enrubanné) dans l’alimentation des vaches laitières, à limiter la complémentation des animaux à 1 200 kg de concentré/vache/an. Ils s’engagent aussi à avoir un minimum de 150 jours de pâture pour les vaches en lactation avec un minimum de 30 ares de pâture par vache, un maximum de 70 unités d’azote minéral par hectare d’herbe ou encore à ne pas utiliser de produits phytosanitaires sur les surfaces en herbe.

Publié le 17/09/2017

La fête des bergers se déroulera dimanche 24 septembre sur l’exploitation ovine de Vincent Stoffel, à Rosenwiller près de Dettwiller dans le canton de Saverne.

Organisée tous les trois ans, la fête des bergers se déroulera dimanche 24 septembre sur l’exploitation de Vincent Stoffel à Rosenwiller, près de Dettwiller, dans le canton de Saverne. « C’est la quatrième édition, précise Hervé Wendling, président du Syndicat ovin du Bas-Rhin, qui organise l’événement. Nous n’avions pas pu l’organiser l’an passé, faute de trouver un éleveur prêt à l’accueillir. » La fête des bergers vise à la fois le grand public et les professionnels. « Notre objectif, c’est de montrer notre dynamisme et l’élan des éleveurs ovins depuis quelques années », explique Hervé Wendling. En montrant toutes les facettes d’une exploitation ovine, en faisant la promotion du métier auprès des visiteurs, en leur faisant goûter la viande d’agneau, les membres du syndicat ovin entendent bien prouver qu’ils savent se remettre en question et qu’ils sont en phase avec leur temps. « La fête des bergers, c’est aussi notre fête à nous, éleveurs ovins, un moment où on peut tous se retrouver, échanger », souligne le président du syndicat. Une bergerie à l’extérieur du village Double-actif, Vincent Stoffel partage son temps entre son exploitation et l’entreprise Kuhn, fabricant de machines agricoles où il travaille dans le service des pièces de rechange. En 1999, il a construit une nouvelle bergerie à l’extérieur du village qu’il a agrandie six ans plus tard. Au fur et à mesure de l’augmentation de sa troupe, il y a ajouté un bâtiment de stockage et un hangar pour les machines. Sa troupe compte à présent 400 brebis, dont une centaine de rouges de l’Ouest et 300 romanes, parfois croisées avec des béliers île de France. « La rouge de l’Ouest apporte de la conformation, la romane de la prolificité », explique Vincent Stoffel, qui produit ses agneaux sous la marque Agneau Terroir d’Alsace. Ses deux principaux clients sont la boucherie Balzer-Riedinger à Vendenheim, qui lui est fidèle depuis plus de dix ans, et la boucherie Lorch, d’Ingwiller. « Quand on vend en circuit court, la difficulté est de produire toute l’année : il faut réguler les sorties en fonction du marché. » C’est la raison pour laquelle il pratique quatre périodes agnelages par an. Yvan, le fils aîné de Vincent Stoffel, est actuellement en première au lycée agricole d’Obernai : plus tard, il aimerait reprendre l’élevage de son père. Le souhait de l’éleveur serait qu’il en fasse une activité à temps plein, mais pour l’instant, il est limité par les surfaces en herbe. Le jour de la fête des bergers, le public découvrira l’exploitation « telle qu’elle fonctionne tous les jours », indique l’éleveur. Les agriculteurs qui seraient tentés par une diversification pourront se renseigner auprès des adhérents du syndicat sur la création d’un atelier ovin. « Avec une exploitation bien organisée, on peut faire de l’élevage ovin en double activité comme le fait Vincent, souligne Hervé Wendling. C’est une production intéressante quand on a pas mal d’herbe à valoriser mais on peut aussi travailler en hors-sol. L’élevage ovin peut aussi intéresser des céréaliers, qui sèment des engrais verts après la récolte des céréales : ils mettent les animaux en pâture sur leurs champs en automne-hiver et élèvent les agneaux en bergerie l’été. Cela se pratique ainsi en Champagne-Ardenne où les prairies sont inexistantes. » Défilé du troupeau et marché du terroir Une soixantaine de bénévoles seront mobilisés pour la fête des bergers. Elle débutera par le défilé du troupeau, qui descendra de la colline à 11 h pour rejoindre la ferme Stoffel. Des démonstrations de tonte et de chiens de troupeau au travail sont prévues, ainsi qu’une présentation de matériel ovin. Les membres du syndicat ovin ont fait appel aux Jeunes Agriculteurs du canton de Saverne, pour assurer la partie restauration, indique Perrine Ludwig, leur présidente. La viande d’agneau proviendra des adhérents de l’association Agneau Terroir d’Alsace et sera préparée par la boucherie Balzer-Riedinger. À midi, les visiteurs pourront déguster l’assiette du berger, composée de brochettes ou de gigot d’agneau, de frites, flageolets, d’un dessert et d’un café. Le reste de la journée, les JA prépareront des grillades et dès 17 h, ils se relaieront derrière le four à tartes flambées. Soucieux de promouvoir les produits locaux, les JA du canton ont aussi prévu un marché du terroir avec une quinzaine d’exposants présentant des produits variés : fruits, légumes, fromages de chèvre et de brebis, glaces au lait de brebis, miel, pain, confitures, pâtisseries. Une créatrice d’objets fantaisie pour enfants et l’association Artisans du monde seront également de la partie.

Journée de la filière porcine

Tout est bon dans le cochon !

Publié le 15/09/2017

Sur le stand d’Interbev, c’est la filière porcine qui a animé la journée du 7 septembre. Présence de porcelets, recettes, dégustations de filet mignon légèrement salé et poivré, juste saisi à la plancha.

Mathieu Schneider et Denis Fix, éleveurs de porcs à Schwenheim et Truchtersheim, ont eu à cœur de sensibiliser le public sur la qualité de cette viande locale, à l’occasion de la journée de la filière porcine, jeudi 7 septembre, sur le stand d’Interbev à la foire européenne. Installé en EARL depuis janvier, sur une exploitation qui compte 250 truies et 1 300 animaux à l’engraissement, Mathieu Schneider se sent actuellement quelque peu « frustré ». La situation s’était améliorée depuis le début d’année, souligne-t-il, avec un prix « correct » pour la viande. Un soulagement pour la trésorerie qui permettait « d’envisager l’avenir plus sereinement ». Mais depuis peu, les prix baissent à nouveau et de façon « incompréhensible » pour ces deux éleveurs. Le prix est fixé au niveau national par le marché du porc breton, mais ils constatent qu’en Europe, il est resté « haut partout, sauf en France, et de manière inexplicable ». Mathieu Schneider ajoute que le prix pour les producteurs est resté « le même qu’il y a vingt ans », alors que tout a augmenté, le matériel, les bâtiments. Mathieu Schneider et Denis Fix déplorent de devoir produire au même prix, tout en maintenant la qualité de la viande. En tout cas, lors de ce rendez-vous avec le public, leur viande a largement été plébiscitée. « Excellent », « top », « génial », des félicitations qui leur ont mis un peu de baume au cœur.

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