Élevage

Publié le 02/10/2017

Le grand rassemblement de l’élevage bovin se prépare dans le cadre habituel de la foire Simon et Jude à Habsheim. Pas moins de 180 bovins défileront sur le ring lors des concours et des présentations au grand public, les 29 et 30 octobre.

Afin que cette 23e édition soit un beau concours conjuguant professionnalisme et camaraderie, les éleveurs des trois syndicats des races prim’holstein, montbéliarde et salers s’unissent, en partenariat avec le service élevage de la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA) et Élitest, la commune de Habsheim, avec le soutien des Conseils régional et départemental, des banques (Crédit Mutuel, Banque Populaire et Crédit Agricole) et de nombreux partenaires organisationnels et financiers. En coulisses, la préparation s’organise et les éleveurs habituent les vaches à marcher au licol, les lavent et les bichonnent afin de mettre en valeur leurs plus beaux atouts. Le concours de la foire Simon et Jude est une étape importante : l’occasion de montrer son savoir-faire en termes de sélection génétique et de conduite du troupeau laitier. Il clôture la saison pour certains et prépare aux prochaines échéances pour d’autres, en tout cas, il est un lieu de rencontre et de discussion apprécié par tous. Les animations Comme l’an dernier, le chapiteau accueillera la finale départementale de jugement de bétail organisée par la CAA et le lycée agricole. Pour la 12e année consécutive aura lieu le concours du meilleur présentateur en race montbéliarde et prim’holstein. Le défilé des enfants avec leurs veaux est reconduit, il n’est accessible qu’aux éleveurs exposants et les veaux sont soumis aux mêmes conditions sanitaires que les vaches. Toujours dans le but de communiquer avec le grand public, la filière viande bovine alsacienne sera à l’honneur avec la promotion de la marque « Goûter l’Alsace - S’esch Guät », possibilité de dégustation sur place. Les éleveurs laitiers de l’association des huit cantons seront également présents pour vous présenter leur marque « A Güeter », yaourt local, produit à partir de 100 % de lait d’Alsace-Lorraine.

Publié le 01/10/2017

Le toastage des graines protéagineuses pour améliorer leur potentiel nutritif de l’aliment et l’autonomie protéique s’implante en France. Le toasteur Mecmar était présenté au salon Tech & Bio.

À l’état natif et parce qu’elles jouent un rôle de stockage de protéines ou d’acides aminés, les graines protéagineuses comportent des substances dont la fonction est de préserver leurs réserves protéiques et donc de s’opposer à leur digestibilité. Ingérées à l’état brut, les graines de soja, pois, lupin, féveroles ne sont donc pas totalement bien digérées par les ruminants ou les monogastriques. Des facteurs dits antinutritionnels et des mécanismes limitant le potentiel nutritif des protéagineux sont relativement bien identifiés. En alimentation animale, la digestion de ces graines protéagineuses est confrontée à deux problèmes. Pour une partie de ses protéines, la graine contient des inhibiteurs d’enzyme digestive appelés facteurs anti-trypsiques et lectines, qui sont des glycoprotéines. Agglutinées, elles protègent les réserves protéiques des enzymes digestives. Et inversement, pour une autre partie des réserves protéiques de la graine appelées les globulines, elles sont trop digérées dans le rumen pour être assimilées dans l’intestin des ruminants. Pour augmenter la digestibilité intestinale des protéagineux et par conséquent améliorer l’autonomie protéique des exploitations agricoles, plusieurs techniques ont été étudiées : l’extrusion des graines soumises à haute pression et température, procédé que l’on retrouve avec les tourteaux, leur germination, la torréfaction (chaleur sèche et longue) et le toastage (chaleur sèche et courte). Le traitement thermique à haute température durant un court instant présente le double intérêt de dégrader les facteurs antinutritionnels et de remanier au plan moléculaire les protéines, les rendant moins digestibles dans le rumen et mieux assimilables dans l’intestin, ce que les nutritionnistes appellent le N bypass. Attention cependant de ne pas chauffer trop la graine au risque de compromettre également la digestibilité intestinale des protéines. Le toasteur mobile Mecmar présenté au salon Tech & Bio, se compose d’un brûleur qui chauffe l’air autour de 280 °C, les grains, acheminés par une vis sans fin, passent de manière continue sur un tapis et sont chauffés pendant 20 à 60 s et ressortent à 120 °C. Un intérêt naissant Plusieurs groupes d’agriculteurs en France s’intéressent de près à cette technique. Cinq toasteurs sont en service pour des élevages bovins lait, en engraissement et en canard prêt à gaver. En Vendée, sept éleveurs du groupe Grapea-Civam (Groupe de recherche pour une agriculture paysanne économe et autonome) ont finalement opté pour le toastage. Entre 500 kg à 40 tonnes par exploitation, soit un total de 250 t sont toastées. Ils ont préféré ce procédé plutôt que l’extrusion, jugée coûteuse, et techniquement délicate. Ils ont complété leur investissement par un système de refroidissement en continu. Assez répandu en Italie, explique Philippe Olivier de Secopalm, une société gersoise de conseil en nutrition animale, le toastage commence tout juste à intéresser les éleveurs français. Dans le Gers, 17 adhérents d’une Cuma traitent 1 500 t de graines. L’investissement, évalué à 80 000 € (remorque comprise), donne un prix de revient du toastage estimé à 10 €/t. Dans le Morbihan, Joël Guégan, a créé Protéa Thermic et propose la prestation avec son unité mobile de toastage. En Normandie, Michel Dumont, un éleveur qui l’a testé, a évalué le gain nutritif comme suit : sa ration est composée de 9 kg de maïs, 5,5 kg de luzerne, 3 kg d’ensilage d’herbe, 3 kg de féverole et 0,5 kg de lupin. Il compte diminuer la proportion de féverole de 3 à 2,3 kg. Notant au passage que le toastage élimine de l’humidité résiduelle, améliore la conservation des graines, leur appétence et élimine les toxines. Il faut compter 40 000 € pour une machine de débit 1 t/h.

Fête des bergers

Une très belle affluence

Publié le 28/09/2017

Ce dimanche, la fête des bergers a attiré de nombreux visiteurs à Rosenwiller-Dettwiller, sur l’exploitation ovine de Vincent Stoffel. Les Jeunes Agriculteurs du canton de Saverne, le Syndicat des éleveurs ovins du Bas-Rhin et leurs partenaires bouchers charcutiers avaient mitonné un programme riche en animations et une assiette du berger qui a été plébiscitée.

Lors de la dernière édition de la fête des bergers, 200 repas avaient été vendus en prévente, et la fête s’était achevée sur le score de 1 000 repas vendus. Pour cette édition 2017, « nous totalisons déjà 400 repas en prévente. J’espère qu’on aura prévu assez pour tout le monde… », indiquait Perrine Ludwig, présidente des Jeunes Agriculteurs du canton de Saverne, alors que les premiers convives commençaient à se diriger vers l’imposant chapiteau prévu pour les accueillir. Verdict au lendemain de la fête : aucun gaspillage alimentaire. Les 850 assiettes du berger (gigot et brochettes d’agneau accompagnés de frites et de flageolets) prévues ont été servies à midi, soit plus de 1 000 repas en tout avec les grillades, et 350 tartes flambées ont été enfournées le soir. Entre ces deux pauses gastronomiques, les visiteurs ont pu pleinement profiter d’un soleil radieux et de températures clémentes pour flâner entre les diverses animations proposées : exposition avicole, visite de la ferme Stoffel, démonstration de tonte de mouton, de chien de troupeau, marché du terroir, promenade en calèche ou en poneys, exposition de matériel agricole (notamment dédié à l’élevage ovin, en partenariat avec Cobevim), démonstration de récolte d’herbe, de sciage de bois… Missionnés par les membres du Syndicat ovin du Bas-Rhin pour les seconder dans la gestion de l’intendance de la partie restauration, les 60 bénévoles mobilisés par les Jeunes Agriculteurs du canton de Saverne n’ont pas failli à leur réputation d’efficacité. Le plan de relance génétique est acté À l’heure de l’inauguration officielle, responsables professionnels et élus locaux se sont succédé pour féliciter les organisateurs, dire leur plaisir de voir la filière ovine maintenir la dynamique qu’elle a engagée il y a quelques années, et l’importance d’organiser de telles manifestations pour communiquer sur le métier d’agriculteur auprès du grand public. Hervé Wendling, président du Syndicat ovin du Bas-Rhin, a indiqué que, par le biais de la Fédération nationale ovine, les éleveurs ovins resteront vigilants sur le sort qui sera réservé à cette production dans le cadre de la future Pac. Et, sur la prédation, l’autre sujet « chaud » du moment, il a été très clair : « Nous ne tolérerons aucune attaque sur notre territoire. Il est temps de mettre en place un véritable plan loup ! » Il a tenu à mettre à l’honneur Jean Bernhard et Lucien Simler pour leur engagement en faveur de l’élevage ovin. En écho à Véronique Klein, qui représentait la Chambre d'agriculture d’Alsace, et qui a plaidé pour la relocalisation de l’alimentation, et la transparence des agriculteurs sur leurs pratiques, Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, a dénoncé le problème d’image dont souffre l’agriculture : « On nous colle une étiquette qui ne correspond pas à la réalité. Les éleveurs soignent leurs animaux, la terre est le patrimoine des agriculteurs, qui prennent soin de leur outil de travail. C’est ce que nous montrons lors de telles manifestations ». Et, sans remettre en cause les bénéfices apportés par la Pac, il a tout de même relevé le caractère artificiel de cette rémunération. Or, pour lui, le maintien d’une agriculture dynamique passe par « la rémunération du travail ». Patrick Bastian, vice-président de la commission agriculture et forêt de la Région Grand Est, a eu le plaisir d’annoncer aux éleveurs ovins que le plan de relance génétique pour lequel ils se sont tant mobilisés - et qui représente un certain montant - est acté par les instances régionales. Sur le sujet du loup, il a fait preuve de la même fermeté qu’Hervé Wendling. Pour lui, le loup et l’élevage en plein champ ne sont « pas compatibles. » L’inauguration officielle a été clôturée par Frédéric Bierry, président du Conseil départemental, qui a listé les services rendus par l’agriculture et qui justifient donc l’engagement du Département à ses côtés. L’entretien des paysages, « qui font la richesse de l’Alsace ». Une alimentation saine, « qui ne peut l’être que si elle est locale ». C’est pourquoi le Conseil départemental poursuit l’objectif d’approvisionner tous les restaurants des collèges bas-rhinois, mais aussi ceux des hôpitaux, des maisons de retraite en produits locaux. Il a aussi souligné le lien entre l’agriculture et l’industrie agroalimentaire, « pourvoyeuse d’emplois et d’attractivité pour le territoire ». Deux secteurs qui constituent des viviers d’emplois que le Département compte solliciter afin de favoriser le retour à l’emploi. En conclusion, Hervé Wendling a tenu à remercier tous les partenaires de l’association Agneau Terroir d’Alsace, sans qui la dynamique de la filière ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui, et l’ensemble des éleveurs ovins qui se sont engagés nombreux pour faire de cette fête une réussite : « Ce genre de manifestation permet de redynamiser les membres du syndicat. Travailler ensemble crée de la solidarité. Et ça fait plaisir ! »

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