Élevage

Publié le 11/02/2017

Éveline et Michel Hazemann reçoivent sur rendez-vous dans leur ferme-auberge des Hauts-Bois à Ranrupt quiconque souhaite venir se mettre au vert, et déguster de la viande salers bio. Dont voici le schéma de sélection.

L’assemblée générale des éleveurs de race salers se tenait lundi 6 février chez Évelyne Hazemann à Ranrupt, en présence de Sébastien Stoessel, président du service élevage, Nicolas Fady, président du Syndicat des éleveurs alsaciens de la race salers, des techniciens venus tout droit du Cantal, Pierre Laceppe, technicien au herd-book, de Vincent Gaillard, de l’ULC, entreprise de sélection de la race salers à Aurillac, du président du herd-book salers, M. Duffayet, et du vice-président, Géraud Trin. 45 reproductrices, vente directe et ferme-auberge Nous reviendrons ultérieurement sur la partie statutaire, mais voici un petit descriptif du schéma de sélection de cet élevage de salers dans cette ferme-auberge des Hauts-Bois, située dans un havre de verdure, au pied du Champ du Feu, sur le versant ouest du massif, où Éveline et son époux, Michel, accueillent sur rendez-vous les agrotouristes. L’exploitation de la ferme-auberge compte 45 reproductrices salers, quelques highlands, pour une SAU de 110 hectares. Pour en arriver là, Évelyne et Michel Hazemann sont allés chercher des reproductrices en Auvergne en 2006. Coup dur ! Ils perdent subitement 22 vaches, frappées de fièvre et d’atrophie des poumons, maladie jusqu’alors inconnue sur le massif vosgien. Ils trouvent finalement le traitement approprié et l’épreuve ne les entrave pas dans leur volonté de poursuivre avec cette race mixte, réputée pour sa qualité bouchère, et sa facilité à vêler. Aujourd’hui, tandis que quelques femelles sont écoulées en vente directe, les mâles sont vendus dans la plaine d’Alsace, via le Comptoir agricole, comme broutard à l’âge de 10 mois pour l’engraissement. Quant au reste des femelles, il est destiné au renouvellement du cheptel. La viande salers bio, dont le persillé est particulièrement apprécié des amateurs, peut être dégustée sur place à la ferme-auberge. Éveline Hazemann accueille sur rendez-vous. « Améliorer la base de l’élevage » Évelyne et Michel Hazemann ont fait le choix d’améliorer les performances de leur élevage avec un reproducteur sélectionné au Domaine du Fau, berceau de la race, à Saint Bonnet de Salers dans le Cantal. « Dans cet élevage, on travaille à la sélection de vaches plutôt épaisses sur le dessus, dont les morceaux sont recherchés en boucherie », introduit le technicien, Pierre Laccepe. Le taureau du cheptel est un fils d’Halley. « Né en mai 2015, il possède un bon GMQ avec 305 kg à 210 jours. Il va améliorer la base de l’élevage. Bien pointé, avec de grosses épaules, mais pas très soudées, il possède néanmoins un bon développement, noté 7 à 8, un bon bassin, de bons aplombs. » Pierre Laccepe l'a conseillé à l’élevage Hazemann en raison notamment de sa bonne profondeur et bonne largeur de poitrine, conférant une bonne aptitude à valoriser les fourrages grossiers. En bio, les Hazemann nourrissent 100 % de leur cheptel en foin, regain et enrubanné. « Nous travaillons beaucoup à sélectionner des taureaux calmes, c’est un caractère important, vu que les cheptels s’agrandissent », ajoute Pierre Laccepe. Avoir des garanties de fiabilité sur les performances Pour compléter leur sélection, Éveline et Michel Hazemann ont également recours à l’insémination, avec des reproducteurs tels Icare. Sont également proposés au herd-book des taureaux comme Baron ou Beguin : « Ils font partie des taureaux qui améliorent la race et offrent des garanties de fiabilité sur les performances des produits à venir. Baron est un taureau complet, avec de bons indices de croissance et un bon développement musculaire. Beguin, c’est le taureau qui apporte le plus de lait sur les filles qui produisent », explique Vincent Gaillard.

Publié le 10/02/2017

Suite à un épisode de mortalité survenu en été 2014 dans les ateliers d’engraissement spécialisés, Marc Peterschmitt, vétérinaire à Comptoir Élevage, a mené une étude sur les problèmes de calculs urinaires des bovins à l’engraissement.

En été 2014, plusieurs cas de mortalité sont survenus dans des ateliers d’engraissement de bovins alsaciens, suite à des problèmes de calculs urinaires (urolithiase). « Un cas sur 1 000, ce n’est pas grand-chose, mais ce qui était inquiétant, c’était la gravité des lésions observées à l’abattoir », explique Marc Peterschmitt, vétérinaire à Comptoir Élevage (anciennement Copvial). Pour comprendre ce phénomène, une étude a été menée d’août 2014 à janvier 2016. Le vétérinaire a rendu compte des résultats lors d’une réunion technique organisée le 20 janvier au CFPPA d’Obernai, en présence de 70 engraisseurs spécialisés d’Alsace et de Lorraine. Les mâles d’abord L’étude a d’abord montré une prédisposition sexuelle aux urolithiases : « Les mâles sont beaucoup plus concernés que les femelles. » Et parmi les mâles, les jeunes bovins sont nettement plus affectés. Encore faut-il distinguer les différentes races d’animaux : les jeunes bovins de race à viande le sont plus que les jeunes bovins mixtes, ceux-ci étant eux-mêmes plus concernés que les jeunes bovins de race laitière. « Le charolais est n° 1 sur le podium », précise encore Marc Peterschmitt. La prévalence lésionnelle sur les jeunes bovins charolais est la suivante : un sur deux est atteint de cystite, trois sur quatre présentent du sable dans les urines, un sur deux des calculs urinaires et enfin un sur dix présente des lésions de cystite très sévères. Les cas de subocclusion (énormément de calculs et de sable dans la vessie) suivent la prédisposition raciale, mais Marc Peterschmitt constate que même dans ces situations, le jeune bovin « semble bien vivre avec ses calculs ». Le vétérinaire s’est également posé la question d’une prédisposition géographique aux urolithiases. Il a constaté que les animaux engraissés dans le Bas-Rhin présentaient plus de cystite que ceux engraissés en Moselle, en Meurthe-et-Moselle et dans la Meuse. « Le phénomène s’aggrave en allant vers l’Est », indique Marc Peterschmitt qui constate en parallèle que « les urines sont de plus en plus basiques en allant vers l’Est ». En Alsace même, la fréquence des lésions est plus importante dans le Ried. Ce que le vétérinaire explique en partie par la dureté de l’eau. Marc Peterschmitt avance également un effet saison : les animaux abattus entre avril et septembre présentent plus de lésions que ceux abattus en période hivernale. Le stress hydrique en serait la cause : « Les besoins en eau des animaux sont supérieurs en été, mais ils ne s’abreuvent pas forcément suffisamment à cette période. Ceux qui sont abattus en hiver ont potentiellement la capacité de dissoudre leurs calculs. » Le vétérinaire a aussi comparé les jeunes bovins engraissés dans les ateliers spécialisés et ceux engraissés dans les élevages naisseurs d’origine. Il en ressort que les jeunes bovins engraissés dans les ateliers spécialisés sont « significativement plus atteints que les autres ». Or, une grosse proportion des engraisseurs spécialisés sont dans le Ried et distribuent des rations avec des pulpes de betteraves et du maïs. Abreuvement : pas seulement une question de débit S’agissant de l’abreuvement, le vétérinaire estime que les abreuvoirs à niveau constant sont « inadaptés pour les jeunes bovins en finition ». On leur préférera les abreuvoirs à palette. Les éleveurs qui ont eu des problèmes d’urolithiase en 2014, notamment ceux qui ont eu des cas mortels, avaient des débits d’abreuvement largement inférieurs à la moyenne des élevages audités. Mais le débit n’est pas le seul paramètre à contrôler : « Le nettoyage et la surveillance des abreuvoirs doivent être quotidiens », insiste Marc Peterschmitt. Il faut aussi veiller à ce que la compétition autour de l’abreuvoir ne soit pas trop forte car « un animal qui ne boit pas, ne mange pas et ne croît pas ». Pour cela, il faut prévoir un abreuvoir pour dix animaux, avec un débit minimum de 10 litres/minute. L’accessibilité des abreuvoirs est un autre point de vigilance. Les besoins d’un bovin en finition sont en effet de l’ordre de 40 litres d’eau/jour. S’agissant de l’alimentation, Marc Peterschmitt constate que « plus il y a de pulpes dans la ration, plus les lésions d’urolithiase sont fréquentes ». En revanche, il ne semble y avoir aucune corrélation entre le taux de matière sèche des pulpes et la gravité des lésions. La part de maïs dans la ration étant, en tout cas dans les élevages alsaciens, inversement proportionnelle à celle des pulpes, une ration riche en maïs se traduit par moins de lésions. Pour ce qui est de l’ensilage d’herbe et de luzerne, le vétérinaire juge que les plantes fourragères basses semblent poser plus de problème en raison de leur contamination par la terre. Enfin, « plus la ration est énergétique, plus le GMQ est élevé, plus le risque de lésions sévères est important ». Pour autant, il ne semble pas y avoir de lien entre le type de correcteur énergétique et le niveau de lésions. L’alimentation joue un rôle Pour compléter son analyse, Marc Peterschmitt a étudié la prévalence lésionnelle de l’atelier d’engraissement du lycée agricole d’Obernai. Il s’agissait d’effacer l’effet race et l’effet élevage et de se concentrer sur l’incidence de l’alimentation. Le lycée agricole d’Obernai distribue deux types de ration : une ration mélangée avec 51 % de pulpes de betteraves et une ration maïs. Tous les animaux sont soumis aux mêmes conditions d’abreuvement : de l’eau du réseau avec un abreuvoir pour 17 animaux. La ration mélangée est un facteur de risque plus important, indique Marc Peterschmitt. En étudiant les résultats des pesées, il apparaît que les animaux ayant les lésions les plus marquées grandissent mieux au départ, mais que leur GMQ chute après 14 mois. Les croissances cumulées, quant à elles, « sont dans un mouchoir de poche ». Pour finir, Marc Peterschmitt évoque quelques leviers d’action pour réduire l’impact des urolithiases dans les élevages. La maîtrise des struvites en fait partie, de même que celle de l’abreuvement. Il importe aussi de limiter les contaminations en terre des matières premières et d’être vigilant quant à l’âge d’abattage des animaux.

Publié le 02/02/2017

Le 19 janvier, Hervé Wendling, président du syndicat ovin d’Alsace depuis 2009 et président du Comité d’orientation ovin régional (C2OR) Nord-Est, a été élu président de la section ovine de la FRSEA Grand Est et administrateur FNO. Deux nouveaux mandats qu’il compte mettre à profit pour porter encore plus haut une filière en plein essor, et qui se structure au niveau de la nouvelle grande région.

EAV-PHR : Quelles ont été les conséquences de la réforme territoriale sur la filière ovine ? Hervé Wendling : Elle s’est traduite par la mise en place d’un Comité d’orientation régional élevage (Corel), spécifique à la filière ovine. Ce comité regroupe les techniciens ovins des Chambres d’agriculture, les organismes de producteurs et les présidents des syndicats de producteurs des dix départements de la nouvelle grande région. L’objectif de ce comité est de travailler sur les demandes et l’avenir de la filière, notamment à travers un contrat de filière. Et puis d’une section ovine au sein du Corel, ce qui fait que nous sommes désormais entendus, ce qui n’était pas forcément le cas avant. L’Alsace représente 1 % du cheptel ovin français, la région Grand Est 10 %. EAV-PHR : Le contrat de filière vise notamment à améliorer les performances des éleveurs. Par quels leviers ? HW : Tout d’abord par la mise en place d’un plan génétique, qui permettrait d’améliorer les troupes, pour produire plus d’agneaux. Car dans notre région, l’amélioration de la rémunération passe obligatoirement par l’amélioration de la productivité. Ce plan génétique vise donc à favoriser l’achat d’agnelles qualifiées dans le but d’apporter plus rapidement des améliorations que par la voie mâle. En Alsace plus particulièrement nous allons nous orienter vers l'achat d’agnelles prolifiques et désaisonnalisables, pour pouvoir vendre des agneaux à nos clients toute l’année. De telles agnelles ont un coût, environ 150 € à 5 mois. Et les agnelles classiques se vendent assez bien en ce moment. Donc les éleveurs ont tout intérêt à les vendre et en acheter d’autres, plus prolifiques. Ce plan génétique sera ouvert à tous les éleveurs du Grand Est, mais sera conditionné par la réalisation préalable d’une étude par un technicien ovin, afin d’évaluer les besoins de l’élevage. La priorité sera donnée aux Jeunes Agriculteurs et aux nouveaux installés, puis sera fonction de l’état initial du troupeau. L’évolution des performances de l’élevage sera suivie pendant au minimum trois ans. L’amélioration de la génétique passe aussi par l’achat de bons béliers, issus de sélectionneurs, pour que l’investissement soit fructueux. Le montant de l’enveloppe régionale allouée à ce plan devrait être finalisé dans les jours à venir. Nous avons aussi la volonté d’argumenter pour conserver une part de l’enveloppe allouée au Plan bâtiment. Et nous aimerions que des investissements dans un couloir de contention ou une cage de contention puissent être subventionnés d’une manière ou d’une autre. En fait c’est déjà le cas, par la Mutualité sociale agricole ou la Caisse d’assurance-accidents agricole, mais pas dans tous les départements. Il n’existe pas de dispositif au niveau régional. Abaisser le seuil de déclenchement de la subvention dans le cadre du Plan bâtiment sous la barre des 15 000 € pourrait être une solution. EAV-PHR : Le contrat de filière comprend également une incitation à l’installation de nouveaux éleveurs ovins ? Comment comptez-vous vous y prendre ? HW : Nous devons parler de notre métier, nous faire voir, nous faire entendre. Nous n’avons pas à rougir par rapport aux autres filières. Nous évoluons actuellement dans un contexte plutôt favorable, qui nous permet de redynamiser la production. Et, personnellement, je suis confiant dans l’avenir puisque l’élevage ovin français ne subvient même pas à 50 % de la consommation française. Il y a donc encore de quoi faire ! La demande est là, même si la consommation de viande d’agneau baisse progressivement. Mais cela relève davantage d’un travail des professionnels de la boucherie sur la consommation de viande d’agneau. Il y a des bouchers qui savent très bien la vendre, qui proposent autre chose que du gigot ou de l’épaule, par exemple des steaks de gigot d’agneau, cuits en quelques minutes, et d’autres pas. Pourquoi pas organiser des dégustations en GMS ? On y réfléchit car c’est le meilleur moyen de donner envie de manger de la viande d’agneau. Mais cela demande de l’implication de la part de tous les éleveurs. En tout cas la communication sur notre produit fait partie intégrante du contrat de filière. Nous voulons aussi travailler davantage avec l’enseignement agricole. Nous organisons déjà les Ovinpiades des jeunes bergers. C’est une opération qui fonctionne, qui attire des jeunes vers la production ovine, mais ça n’est pas suffisant. Certains départements sont dotés de lycées spécialisés dans l’élevage ovin. Ne serait-il pas envisageable de créer des spécialités ovines dans tous les lycées, et de délocaliser les étudiants pour une partie de leurs études dans ces lycées spécialisés ? Pourquoi pas aussi constituer une petite troupe à Obernai ou à Rouffach, ne serait-ce que pour entretenir les espaces verts et sensibiliser les élèves à cette production. Car l’élevage ovin peut très bien s’envisager comme un atelier complémentaire pour un céréalier alsacien. Il suffit d’avoir un cheptel de 150 à 200 moutons et de leur faire pâturer les engrais verts. Un système qui permet aussi de valoriser la paille, de bénéficier d’une fertilisation organique, et de la plus-value générée par la vente d’agneaux. EAV-PHR : Tout comme la planification de la production. En quoi consiste-t-elle ? HW : C’est quelque chose qui existe déjà. En début d’année, chaque éleveur qui déclare ses brebis pour la prime ovine doit aussi déclarer son niveau de production estimé, mois par mois, pour l’année à venir. Ces informations sont centralisées au niveau national et devraient théoriquement servir à gérer le marché. Mais cela ne fonctionne pas très bien car dans certaines régions des éleveurs attendent le dernier moment pour vendre leurs agneaux en espérant une hausse des cours. Au final tous les agneaux sortent en même temps, cela déstabilise les centres d’allotement, plombe le marché et entraîne une baisse du cours de l’agneau. Le dispositif ne portant pas ses fruits, il gagnerait à être amélioré. Car au niveau de l’association Agneau Terroir d’Alsace, le fait de pouvoir fixer en interne le prix de l’agneau à l’année constitue un confort de travail certain. EAV-PHR : La présence du loup sur le territoire de la région Grand Est peut-elle pénaliser la dynamique actuelle ? HW : Le loup constitue en effet un sérieux problème, qui est géré au niveau national, avec des mesures qui ne font que repousser le problème sans le résoudre, malgré tout l’argent et le temps qui est injecté dans ce dossier. Et puis je trouve que le préjudice moral infligé aux éleveurs n’est pas suffisamment pris en compte. On dit que le loup ne cause pas de victimes humaines. C’est faux, le loup a déjà conduit des éleveurs au suicide. Pour moi c’est inadmissible. Et c’est incompréhensible que l’on s’évertue à vouloir faire cohabiter loup et élevage ovin. C’est impossible. EAV-PHR : Vous êtes aussi président du Comité d’orientation ovin régional (C2OR) Nord-Est. Quel est le rôle de cette structure ? HW : Cette structure, qui existe depuis une dizaine d’années, regroupe à peu près les mêmes acteurs que le Corel, mais son périmètre d’action est le quart nord-est de la France, soit la région Grand Est, plus la Picardie et la Franche-Comté. C’est une émanation de la Fédération nationale ovine (FNO) qui définit notamment les actions mises en place au sein du programme Inn’Ovin de reconquête ovine. Dans ce cadre, les actions menées en 2016 vont être reconduites en 2017. Nos objectifs restent les mêmes : plus 10 % d’agneaux produits à l’horizon 2020, renouveler les générations, organiser les Ovinpiades et trouver des financements pour les actions de la filière EAV-PHR : Finalement la région Grand Est constitue donc un atout pour l’élevage ovin ? HW : Je pense qu’il faut mettre en commun les atouts de tous les départements et en faire profiter un maximum de personnes. Il faut prendre la grande région comme un atout, et non comme un frein. Notre objectif est d’être solidaires, de créer une dynamique. La nouvelle grande région nous a permis de bénéficier d’un poste d’administrateur supplémentaire au niveau national. À nous de créer désormais un noyau fort.

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