Élevage

Publié le 10/02/2017

Suite à un épisode de mortalité survenu en été 2014 dans les ateliers d’engraissement spécialisés, Marc Peterschmitt, vétérinaire à Comptoir Élevage, a mené une étude sur les problèmes de calculs urinaires des bovins à l’engraissement.

En été 2014, plusieurs cas de mortalité sont survenus dans des ateliers d’engraissement de bovins alsaciens, suite à des problèmes de calculs urinaires (urolithiase). « Un cas sur 1 000, ce n’est pas grand-chose, mais ce qui était inquiétant, c’était la gravité des lésions observées à l’abattoir », explique Marc Peterschmitt, vétérinaire à Comptoir Élevage (anciennement Copvial). Pour comprendre ce phénomène, une étude a été menée d’août 2014 à janvier 2016. Le vétérinaire a rendu compte des résultats lors d’une réunion technique organisée le 20 janvier au CFPPA d’Obernai, en présence de 70 engraisseurs spécialisés d’Alsace et de Lorraine. Les mâles d’abord L’étude a d’abord montré une prédisposition sexuelle aux urolithiases : « Les mâles sont beaucoup plus concernés que les femelles. » Et parmi les mâles, les jeunes bovins sont nettement plus affectés. Encore faut-il distinguer les différentes races d’animaux : les jeunes bovins de race à viande le sont plus que les jeunes bovins mixtes, ceux-ci étant eux-mêmes plus concernés que les jeunes bovins de race laitière. « Le charolais est n° 1 sur le podium », précise encore Marc Peterschmitt. La prévalence lésionnelle sur les jeunes bovins charolais est la suivante : un sur deux est atteint de cystite, trois sur quatre présentent du sable dans les urines, un sur deux des calculs urinaires et enfin un sur dix présente des lésions de cystite très sévères. Les cas de subocclusion (énormément de calculs et de sable dans la vessie) suivent la prédisposition raciale, mais Marc Peterschmitt constate que même dans ces situations, le jeune bovin « semble bien vivre avec ses calculs ». Le vétérinaire s’est également posé la question d’une prédisposition géographique aux urolithiases. Il a constaté que les animaux engraissés dans le Bas-Rhin présentaient plus de cystite que ceux engraissés en Moselle, en Meurthe-et-Moselle et dans la Meuse. « Le phénomène s’aggrave en allant vers l’Est », indique Marc Peterschmitt qui constate en parallèle que « les urines sont de plus en plus basiques en allant vers l’Est ». En Alsace même, la fréquence des lésions est plus importante dans le Ried. Ce que le vétérinaire explique en partie par la dureté de l’eau. Marc Peterschmitt avance également un effet saison : les animaux abattus entre avril et septembre présentent plus de lésions que ceux abattus en période hivernale. Le stress hydrique en serait la cause : « Les besoins en eau des animaux sont supérieurs en été, mais ils ne s’abreuvent pas forcément suffisamment à cette période. Ceux qui sont abattus en hiver ont potentiellement la capacité de dissoudre leurs calculs. » Le vétérinaire a aussi comparé les jeunes bovins engraissés dans les ateliers spécialisés et ceux engraissés dans les élevages naisseurs d’origine. Il en ressort que les jeunes bovins engraissés dans les ateliers spécialisés sont « significativement plus atteints que les autres ». Or, une grosse proportion des engraisseurs spécialisés sont dans le Ried et distribuent des rations avec des pulpes de betteraves et du maïs. Abreuvement : pas seulement une question de débit S’agissant de l’abreuvement, le vétérinaire estime que les abreuvoirs à niveau constant sont « inadaptés pour les jeunes bovins en finition ». On leur préférera les abreuvoirs à palette. Les éleveurs qui ont eu des problèmes d’urolithiase en 2014, notamment ceux qui ont eu des cas mortels, avaient des débits d’abreuvement largement inférieurs à la moyenne des élevages audités. Mais le débit n’est pas le seul paramètre à contrôler : « Le nettoyage et la surveillance des abreuvoirs doivent être quotidiens », insiste Marc Peterschmitt. Il faut aussi veiller à ce que la compétition autour de l’abreuvoir ne soit pas trop forte car « un animal qui ne boit pas, ne mange pas et ne croît pas ». Pour cela, il faut prévoir un abreuvoir pour dix animaux, avec un débit minimum de 10 litres/minute. L’accessibilité des abreuvoirs est un autre point de vigilance. Les besoins d’un bovin en finition sont en effet de l’ordre de 40 litres d’eau/jour. S’agissant de l’alimentation, Marc Peterschmitt constate que « plus il y a de pulpes dans la ration, plus les lésions d’urolithiase sont fréquentes ». En revanche, il ne semble y avoir aucune corrélation entre le taux de matière sèche des pulpes et la gravité des lésions. La part de maïs dans la ration étant, en tout cas dans les élevages alsaciens, inversement proportionnelle à celle des pulpes, une ration riche en maïs se traduit par moins de lésions. Pour ce qui est de l’ensilage d’herbe et de luzerne, le vétérinaire juge que les plantes fourragères basses semblent poser plus de problème en raison de leur contamination par la terre. Enfin, « plus la ration est énergétique, plus le GMQ est élevé, plus le risque de lésions sévères est important ». Pour autant, il ne semble pas y avoir de lien entre le type de correcteur énergétique et le niveau de lésions. L’alimentation joue un rôle Pour compléter son analyse, Marc Peterschmitt a étudié la prévalence lésionnelle de l’atelier d’engraissement du lycée agricole d’Obernai. Il s’agissait d’effacer l’effet race et l’effet élevage et de se concentrer sur l’incidence de l’alimentation. Le lycée agricole d’Obernai distribue deux types de ration : une ration mélangée avec 51 % de pulpes de betteraves et une ration maïs. Tous les animaux sont soumis aux mêmes conditions d’abreuvement : de l’eau du réseau avec un abreuvoir pour 17 animaux. La ration mélangée est un facteur de risque plus important, indique Marc Peterschmitt. En étudiant les résultats des pesées, il apparaît que les animaux ayant les lésions les plus marquées grandissent mieux au départ, mais que leur GMQ chute après 14 mois. Les croissances cumulées, quant à elles, « sont dans un mouchoir de poche ». Pour finir, Marc Peterschmitt évoque quelques leviers d’action pour réduire l’impact des urolithiases dans les élevages. La maîtrise des struvites en fait partie, de même que celle de l’abreuvement. Il importe aussi de limiter les contaminations en terre des matières premières et d’être vigilant quant à l’âge d’abattage des animaux.

Publié le 02/02/2017

Le 19 janvier, Hervé Wendling, président du syndicat ovin d’Alsace depuis 2009 et président du Comité d’orientation ovin régional (C2OR) Nord-Est, a été élu président de la section ovine de la FRSEA Grand Est et administrateur FNO. Deux nouveaux mandats qu’il compte mettre à profit pour porter encore plus haut une filière en plein essor, et qui se structure au niveau de la nouvelle grande région.

EAV-PHR : Quelles ont été les conséquences de la réforme territoriale sur la filière ovine ? Hervé Wendling : Elle s’est traduite par la mise en place d’un Comité d’orientation régional élevage (Corel), spécifique à la filière ovine. Ce comité regroupe les techniciens ovins des Chambres d’agriculture, les organismes de producteurs et les présidents des syndicats de producteurs des dix départements de la nouvelle grande région. L’objectif de ce comité est de travailler sur les demandes et l’avenir de la filière, notamment à travers un contrat de filière. Et puis d’une section ovine au sein du Corel, ce qui fait que nous sommes désormais entendus, ce qui n’était pas forcément le cas avant. L’Alsace représente 1 % du cheptel ovin français, la région Grand Est 10 %. EAV-PHR : Le contrat de filière vise notamment à améliorer les performances des éleveurs. Par quels leviers ? HW : Tout d’abord par la mise en place d’un plan génétique, qui permettrait d’améliorer les troupes, pour produire plus d’agneaux. Car dans notre région, l’amélioration de la rémunération passe obligatoirement par l’amélioration de la productivité. Ce plan génétique vise donc à favoriser l’achat d’agnelles qualifiées dans le but d’apporter plus rapidement des améliorations que par la voie mâle. En Alsace plus particulièrement nous allons nous orienter vers l'achat d’agnelles prolifiques et désaisonnalisables, pour pouvoir vendre des agneaux à nos clients toute l’année. De telles agnelles ont un coût, environ 150 € à 5 mois. Et les agnelles classiques se vendent assez bien en ce moment. Donc les éleveurs ont tout intérêt à les vendre et en acheter d’autres, plus prolifiques. Ce plan génétique sera ouvert à tous les éleveurs du Grand Est, mais sera conditionné par la réalisation préalable d’une étude par un technicien ovin, afin d’évaluer les besoins de l’élevage. La priorité sera donnée aux Jeunes Agriculteurs et aux nouveaux installés, puis sera fonction de l’état initial du troupeau. L’évolution des performances de l’élevage sera suivie pendant au minimum trois ans. L’amélioration de la génétique passe aussi par l’achat de bons béliers, issus de sélectionneurs, pour que l’investissement soit fructueux. Le montant de l’enveloppe régionale allouée à ce plan devrait être finalisé dans les jours à venir. Nous avons aussi la volonté d’argumenter pour conserver une part de l’enveloppe allouée au Plan bâtiment. Et nous aimerions que des investissements dans un couloir de contention ou une cage de contention puissent être subventionnés d’une manière ou d’une autre. En fait c’est déjà le cas, par la Mutualité sociale agricole ou la Caisse d’assurance-accidents agricole, mais pas dans tous les départements. Il n’existe pas de dispositif au niveau régional. Abaisser le seuil de déclenchement de la subvention dans le cadre du Plan bâtiment sous la barre des 15 000 € pourrait être une solution. EAV-PHR : Le contrat de filière comprend également une incitation à l’installation de nouveaux éleveurs ovins ? Comment comptez-vous vous y prendre ? HW : Nous devons parler de notre métier, nous faire voir, nous faire entendre. Nous n’avons pas à rougir par rapport aux autres filières. Nous évoluons actuellement dans un contexte plutôt favorable, qui nous permet de redynamiser la production. Et, personnellement, je suis confiant dans l’avenir puisque l’élevage ovin français ne subvient même pas à 50 % de la consommation française. Il y a donc encore de quoi faire ! La demande est là, même si la consommation de viande d’agneau baisse progressivement. Mais cela relève davantage d’un travail des professionnels de la boucherie sur la consommation de viande d’agneau. Il y a des bouchers qui savent très bien la vendre, qui proposent autre chose que du gigot ou de l’épaule, par exemple des steaks de gigot d’agneau, cuits en quelques minutes, et d’autres pas. Pourquoi pas organiser des dégustations en GMS ? On y réfléchit car c’est le meilleur moyen de donner envie de manger de la viande d’agneau. Mais cela demande de l’implication de la part de tous les éleveurs. En tout cas la communication sur notre produit fait partie intégrante du contrat de filière. Nous voulons aussi travailler davantage avec l’enseignement agricole. Nous organisons déjà les Ovinpiades des jeunes bergers. C’est une opération qui fonctionne, qui attire des jeunes vers la production ovine, mais ça n’est pas suffisant. Certains départements sont dotés de lycées spécialisés dans l’élevage ovin. Ne serait-il pas envisageable de créer des spécialités ovines dans tous les lycées, et de délocaliser les étudiants pour une partie de leurs études dans ces lycées spécialisés ? Pourquoi pas aussi constituer une petite troupe à Obernai ou à Rouffach, ne serait-ce que pour entretenir les espaces verts et sensibiliser les élèves à cette production. Car l’élevage ovin peut très bien s’envisager comme un atelier complémentaire pour un céréalier alsacien. Il suffit d’avoir un cheptel de 150 à 200 moutons et de leur faire pâturer les engrais verts. Un système qui permet aussi de valoriser la paille, de bénéficier d’une fertilisation organique, et de la plus-value générée par la vente d’agneaux. EAV-PHR : Tout comme la planification de la production. En quoi consiste-t-elle ? HW : C’est quelque chose qui existe déjà. En début d’année, chaque éleveur qui déclare ses brebis pour la prime ovine doit aussi déclarer son niveau de production estimé, mois par mois, pour l’année à venir. Ces informations sont centralisées au niveau national et devraient théoriquement servir à gérer le marché. Mais cela ne fonctionne pas très bien car dans certaines régions des éleveurs attendent le dernier moment pour vendre leurs agneaux en espérant une hausse des cours. Au final tous les agneaux sortent en même temps, cela déstabilise les centres d’allotement, plombe le marché et entraîne une baisse du cours de l’agneau. Le dispositif ne portant pas ses fruits, il gagnerait à être amélioré. Car au niveau de l’association Agneau Terroir d’Alsace, le fait de pouvoir fixer en interne le prix de l’agneau à l’année constitue un confort de travail certain. EAV-PHR : La présence du loup sur le territoire de la région Grand Est peut-elle pénaliser la dynamique actuelle ? HW : Le loup constitue en effet un sérieux problème, qui est géré au niveau national, avec des mesures qui ne font que repousser le problème sans le résoudre, malgré tout l’argent et le temps qui est injecté dans ce dossier. Et puis je trouve que le préjudice moral infligé aux éleveurs n’est pas suffisamment pris en compte. On dit que le loup ne cause pas de victimes humaines. C’est faux, le loup a déjà conduit des éleveurs au suicide. Pour moi c’est inadmissible. Et c’est incompréhensible que l’on s’évertue à vouloir faire cohabiter loup et élevage ovin. C’est impossible. EAV-PHR : Vous êtes aussi président du Comité d’orientation ovin régional (C2OR) Nord-Est. Quel est le rôle de cette structure ? HW : Cette structure, qui existe depuis une dizaine d’années, regroupe à peu près les mêmes acteurs que le Corel, mais son périmètre d’action est le quart nord-est de la France, soit la région Grand Est, plus la Picardie et la Franche-Comté. C’est une émanation de la Fédération nationale ovine (FNO) qui définit notamment les actions mises en place au sein du programme Inn’Ovin de reconquête ovine. Dans ce cadre, les actions menées en 2016 vont être reconduites en 2017. Nos objectifs restent les mêmes : plus 10 % d’agneaux produits à l’horizon 2020, renouveler les générations, organiser les Ovinpiades et trouver des financements pour les actions de la filière EAV-PHR : Finalement la région Grand Est constitue donc un atout pour l’élevage ovin ? HW : Je pense qu’il faut mettre en commun les atouts de tous les départements et en faire profiter un maximum de personnes. Il faut prendre la grande région comme un atout, et non comme un frein. Notre objectif est d’être solidaires, de créer une dynamique. La nouvelle grande région nous a permis de bénéficier d’un poste d’administrateur supplémentaire au niveau national. À nous de créer désormais un noyau fort.

Publié le 19/01/2017

Les conseillers d’Alsace Conseil Élevage ont débuté mardi 3 janvier à Gommersdorf une série de réunions hivernales permettant d’aborder notamment les stratégies alimentaires en cette période difficile. La réorganisation interne du service a également été évoquée.

Depuis le 1er octobre, Alsace Conseil Élevage est organisé en deux zones distinctes. Celle située au nord de la région, dirigée par Annabelle Ragot avec douze conseillers pour 256 élevages, et celle située au sud, dirigée par Dominique Wolfer avec également douze conseillers pour 290 élevages. Dominique Wolfer a précisé que 50 % de son travail était consacré au conseil et 50 % au suivi et au management des différents conseillers. Des missions d’autant plus importantes après une année 2016 très compliquée et même à oublier avec un prix du lait en berne, une météo capricieuse, des rendements des céréales en baisse et de moins bonne qualité. « Dans ces circonstances difficiles, il faut utiliser les créneaux permettant d’acheter moins cher. La première leçon à retenir de ces derniers mois est qu’il faut de la souplesse dans les élevages pour faire face aux aléas conjoncturels. Les aléas climatiques, on les subit. Mais, les aléas conjoncturels, on peut les travailler pour tenter de mieux y faire face. La seconde leçon est que c’est vraiment le moment de s’interroger et de questionner son système et ses projets. Il ne faut pas hésiter à se remettre en cause pour prendre un nouveau départ », a expliqué Dominique Wolfer. Dans tous les cas, les conseillers d’Alsace Conseil Élevage seront présents pour faciliter les choix des éleveurs. Sachant que, demain, ces conseillers vont intervenir sur l’ensemble du Grand Est et mutualiser leurs moyens d’action et techniques par le biais de ce qui a été nommé « 3CE » pour Chambre Conseil Contrôle Élevage. Des points de vigilance La réunion a ensuite abordé la question des stratégies alimentaires. Christophe Bertrand, technicien conseil pour Alsace Conseil Élevage, s’est attaché à donner des pistes d’actions aux éleveurs en les prévenant immédiatement que ces conseils n’étaient en rien des solutions miracles. Il a pris l’exemple d’un troupeau moyen de 60 vaches. Il a également fait le constat que 2016 a été une année atypique avec des ensilages d’herbe très hétérogènes en qualité et en quantité, des récoltes retardées, des problèmes de conservation d’appétence du foin, des ensilages de maïs également très hétérogènes en quantité et en qualité en particulier sur la matière sèche et, surtout, aucun marché porteur. « Dans ces conditions, il ne faut pas hésiter à ajuster la densité de la ration en là diminuant tout comme le correcteur azoté. Il y a également des points de vigilance à observer : celui du début de lactation par exemple. Il faut également privilégier la diminution du concentré production et rechercher une meilleure autonomie protéique », a précisé Christophe Bertrand. Il a également insisté sur l’importance de ne pas apporter d’azote en complément pour les légumineuses. Ces dernières peuvent apporter un plus au niveau agronomique et aider à résoudre des problèmes de santé. Il convient également de valoriser les céréales fermières. Tout cela nécessite des conditions de faisabilité : la capacité de stocker, le broyage, avoir de la trésorerie, observer la tenue des marchés, se doter de davantage de main-d’œuvre. « Quoi qu’il en soit, nous sommes dans un contexte où les éleveurs n’ont pas d’autre choix que de s’adapter et d’avoir une réactivité quotidienne. Pour chaque système, il existe une ou plusieurs solutions adaptées. Il faut donc chercher à optimiser toutes les catégories d’animaux, que ce soit les vaches laitières, les veaux ou encore les vaches taries. Il faut également chercher à avoir des fourrages de qualité. Le tout, en ne restant pas seul dans son coin. Il faut partager sa propre expérience avec ses voisins et collègues. Dans tous les cas, les conseillers d’Alsace Conseil Élevage sont là pour vous aider, ainsi que les experts en alimentation », a conclu Christophe Bertrand. Les alertes informatiques Un outil informatique d’Alsace Conseil Élevage a ensuite été présenté : les alertes CEL. Un nouveau cap a été franchi en 2016 avec la mise en place de nouvelles « alertes » par Estel (ex-Arsoe, associations régionales de services aux organismes d’élevages) et les organismes d’élevage, dont les Chambres d’agriculture, les centres d’inséminations et les groupements de défense sanitaire du Grand Est. Ce nouveau module permet d’afficher les « alertes » de tous les domaines de l’élevage, en particulier dans le segment du Contrôle laitier. L’information est mise à jour après chaque contrôle. Elle permet aux agriculteurs davantage de réactivité et d’autonomie. En Alsace, ces données sont fournies par le biais d’Est Élevage. « Après chaque pesée par exemple, les indicateurs sont calculés et disponibles dès que la pesée est traitée et analysée à raison de cinq traitements par jour. Ces données sont fournies aux éleveurs et aux conseillers. Cela permet de renforcer la relation du binôme qui favorise la confiance mutuelle, d’avoir des informations très rapidement et d’être ainsi réactif. L’éleveur dispose du même outil que son conseiller. Il est autonome dans la gestion de son élevage et les deux parties peuvent ainsi échanger encore plus facilement. La liste des alertes est très importante : des données concernant la baisse de production à l’infertilité, en passant par l’acidose, l’équilibre alimentaire, les infections ou encore l’augmentation du coût total de l’alimentation. Les alertes sont consultables par e-mail », a résumé Dominique Wolfer. Ce dernier est en outre à l’initiative d’une formation à venir qui doit permettre aux éleveurs de faire leur bilan, le point sur leur fonctionnement et leur situation, et de mieux apprécier leurs forces et limites. « Il s’agit de poser les bases d’une évolution de l’entreprise en fonction des projets des agriculteurs. » Cette formation devrait avoir une durée de deux jours et demi en février 2017 à Sainte-Croix-en-Plaine, puis une nouvelle demi-journée de bilan à l’automne-hiver 2017. Une formation gratuite, en partenariat avec Vivea, pour les exploitants agricoles. « C’est une nouvelle façon de voir le management de l’entreprise. Il y a une douzaine de places. Pour s’inscrire, il faut me contacter par le biais de la Chambre d'agriculture », a conclu Dominique Wolfer.

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