Volailles Bruno Siebert
Une production locale valorisée grâce à une nouvelle gamme
Volailles Bruno Siebert
Publié le 14/10/2016
L’abattoir Bruno Siebert d’Ergersheim est un des maillons d’une filière locale qui se déploie dans le Grand Est de la France à raison d’un couvoir, quatre fournisseurs d’aliments, et 49 éleveurs. Une production dont le caractère local était méconnu du grand public et qui est aujourd’hui mieux valorisée grâce au lancement d’une nouvelle gamme : les poulets du Grand Est.
Hier, lorsque l’un des cinq millions de consommateurs de la région Grand Est dégustait une volaille Bruno Siebert, il mangeait local sans forcément le savoir ! Il était tout de même dommage de ne pas faire savoir aux consommateurs qu’en ajoutant un tel volatile dans leur caddie, ils soutiennent l’économie locale. Aussi la filière a-t-elle voulu pallier ce manque de visibilité en lançant deux nouvelles gammes : les poulets du Grand Est et les lapins d’Alsace Lorraine Champagne-Ardenne. Mais à part le nom, rien ne change au sein de l’organisation de la filière. Il y a toujours un couvoir principal (Les Couvoirs de l’Est à Willgottheim) ; quatre fournisseurs d’aliments qui utilisent en partie des matières premières produites localement, notamment des céréales ; 49 éleveurs répartis dans la région Grand Est, mais principalement dans le Bas-Rhin ; un abattoir de lapins et de volailles situé dans ce même département et qui abat quelque 180 000 volatiles par semaine d’activité. Du poulet label (20 000), mais surtout du poulet standard (160 000), issu d’élevages en claustration, et qui est aujourd’hui valorisé par cette nouvelle gamme. Car qui dit poulet standard ne dit pas forcément mauvaise qualité. Certes les exigences inscrites dans le cahier des charges de cette production sont inférieures à celles du cahier des charges des poulets label rouge, mais elles ne sont pas nulles non plus : « Nous sommes sur une croissance intermédiaire, entre 48 et 52 jours, contre 35 jours pour un poulet d’entrée de gamme et 84 jours pour un poulet label rouge », indique Cyril Besnard, directeur adjoint de l’abattoir de volailles Siebert. En outre, les élevages de poulet sous contrat avec les volailles Siebert utilisent la souche de poulet JA 957 : « Par rapport au poulet label, cette souche a la même mère, c’est le coq qui change ». Du coup elle valorise bien cette croissance intermédiaire, tout en étant rustique, donc avec une faible mortalité. Autres éléments du cahier des charges : le recours aux antibiotiques est autorisé mais pas de manière systématique, l’alimentation est 100 % végétale, avec des minéraux et des vitamines. Équitable, local, et en grandes surfaces L’ensemble du volume de poulets standards qui sort de l’abattoir Siebert devrait être commercialisé sous cette marque en grande distribution, au même niveau de prix qu’avant le lancement de la gamme. Son aspect régional sera mis en avant par différents moyens : « la localité de production et le nom de l’éleveur seront mentionnés sur l’étiquetage, ce qui constituera un gage de traçabilité. Et 11 éleveurs se sont portés volontaires pour faire partie du groupe d’animation et accompagner le lancement de la gamme en magasin. Car l’intérêt de la démarche c’est aussi de mieux faire connaître le savoir-faire des éleveurs. C’est important qu’ils puissent parler du produit en tant qu’éleveur et pas en tant que commercial », avance Cyril Besnard. Damien Schultz, producteur de poulet du Grand Est à Artolsheim, a plus d’un argument à mettre en avant : « Les consommateurs sont friands de commerce équitable, de filières courtes. Avec cette démarche, nous avons le parfait exemple que le commerce équitable ne concerne pas que des produits qui viennent du bout du monde, et qu’il est possible d’acheter équitable, local, et en grandes surfaces. » Autre argument : celui du soutien à une filière en plein essor et en bonne santé (lire en encadré), créatrice d’emplois (300 rien qu’à l’abattoir) et qui génère de l’activité économique en milieu rural. L’abattoir a en effet consenti récemment des investissements pour pouvoir absorber la hausse de production générée par le succès de la filière. Un bon accueil L’enseigne E. Leclerc de Geispolsheim fait partie des premières à avoir achalandé son rayon boucherie avec ces deux nouvelles gammes : « Depuis un an, nous avons davantage la volonté de travailler avec des produits locaux, entre autres les volailles Siebert, parce que cela permet de tisser du lien entre producteurs, distributeurs et consommateurs, de maintenir des emplois et de réduire les coûts de transport », indique Alain Noé, chef du département produits carnés au sein de l’enseigne Leclerc de Geispolsheim. Depuis leur mise en rayon, les deux gammes bénéficient d’un bon accueil se traduisant par une progression des ventes.












