Élevage

Publié le 03/08/2016

Pour un concours interraces, c’était un concours interraces : brunes des Alpes et jersiaises se sont mêlées aux prim’holstein, dimanche dernier à Lorentzen. Et des Lorrains aux Alsaciens… Une grande première !

L’élevage était en fête, dimanche 31 juillet à Lorentzen. Comme l’ancien président du syndicat interraces d’Alsace Bossue, Edwin Bauer, se plaît à le dire, le bonheur était dans le pré. Côté organisation, l’équipe du nouveau président, Thomas Strohm, a fait du bon travail. Côté restauration, les Jeunes Agriculteurs d’Alsace Bossue ont eu fort à faire pour satisfaire tous les appétits. Enfin, côté public, il y avait beaucoup de monde autour du ring lors du défilé des animaux, et surtout lors de la présentation des veaux par les enfants, un spectacle qui fait toujours recette. Sur le ring, pas question de voir la vie en noir et blanc ! Cette année, le spectacle était haut en couleur, avec des brunes des Alpes, une race très présente en Côte d’Or caractérisée par des vaches de grande taille à la robe gris souris, et des jersiaises, des vaches de petite taille, à la robe fauve, au mufle ardoisé et aux onglons noirs. Deux races très laitières, appréciées pour la richesse en protéines de leur lait, un atout de poids pour la transformation fromagère, a expliqué Roland Wokal, qui animait le concours interraces. Quant à la prim’holstein, plus besoin de la présenter ! Le juge venait droit de Côte d’Or. « Je suis heureux de juger votre comice », a déclaré Loïc Doudeau, technicien chez Prim’Holstein France. Dans la première section des génisses, il a mis en avant les atouts de Laika, du Gaec du Vieux Moulin-Muller à Hirschland, un bon carré de bassin, une épaule bien dessinée. « Cet animal se démarque des autres par son déplacement. » Dans la deuxième section, Loïc Doudeau a classé Rado-Labich, du Gaec du Bitscherberg à Volmunster, en pole position. « Elle m’a plu d’emblée parce qu’elle est très homogène. Elle a un très bon dessus et un bon agencement de bassin. » C’est cette dernière qui remporte le championnat génisses. « Une génisse doit avoir de la puissance, de l’avant-main, car elle est sollicitée en premier veau. » Rado-Labich possède tout cela ! Elle a aussi des membres de qualité, une ossature fine, un angle de jarret favorable. Sans oublier la qualité de sa locomotion. Chez les vaches en première lactation, le quarté gagnant était le 11, 12, 13, 14. « Si j’avais voulu le faire, je n’y serais pas arrivé », a relevé le juge avec humour. Jessica, du Gaec Dintinger à Weislingen, se classe première, par la solidité dans son dessus, sa puissance et la qualité de ses membres. Qualité du ligament, équilibre de la mamelle, deux atouts qui lui valent d’être élue meilleure mamelle de sa section. Chez les vaches en deuxième lactation, Hanna, du Gaec Strohm à Domfessel, a séduit le juge par la qualité de son attache avant, l’implantation de ses trayons adaptée à tous les systèmes de traite. « Elle a beaucoup de caractère laitier », souligne Loïc Doudeau. Ce qui lui vaut d’être sacrée championne jeune vache et meilleure mamelle jeune vache. Chez les vaches en troisième lactation, c’est Corneli qui arrive en tête. Impressionnante par ses dimensions, elle se distingue par la profondeur de son avant-corps, son très beau dessus, son bassin bien fait, la netteté de son jarret. Le juge a aimé son attache avant soudée au corps et son aisance dans le déplacement. Malgré son âge - elle est née en décembre 2007 et en est à sa sixième lactation -, elle présente un bel état de conservation. Et sa production est à l’avenant : elle a produit 11 056 kg de lait en 305 jours durant sa cinquième lactation, avec un TB de 37,4 et un TA de 34,1. Ces qualités lui valent de remporter le titre de grande championne de ce concours, devant ses plus jeunes concurrentes. « Les beaux jours reviendront » Dans la foulée, Justine Masserand de Baerendorf a animé la présentation des veaux. Trois groupes de jeunes ont participé à cette animation qui suscite un véritable engouement dans les fermes. Emma (8 ans) et Victor (4 ans), du Gaec du Vieux Moulin à Hirschland, ont présenté Météo, un veau né le 15 juin dernier. « De la météo, on pourrait en parler, cette année », s’est exclamée Emma. Ce veau a de qui tenir : sa mère s’appelle Eau et son père Iznogoud. Cela ne s’invente pas ! Le Gaec de l’Arc-en-Ciel, de Petit Rederching en Moselle, a fait sensation avec ses deux veaux, Miss Red et Mikita, présentés par un quatuor de choc, Elsa et Julien (6 ans), Léo (4 ans) et Louis (3 ans), qui a bien amusé la galerie… Puis Météor était de retour, présenté cette fois par Florian (7 ans) et Célia (3 ans), de l’EARL de la Honau à Keskastel. « Ces enfants nous mettent du baume au cœur dans cette période difficile », a souligné Véronique Klein, vice-présidente de la Chambre d'agriculture d’Alsace. L’heure était aux discours. Thomas Strohm a regretté l’annulation du concours de la race limousine, faute de participants. Il a remercié bénévoles et partenaires qui ont contribué au bon déroulement de ce concours et invité le public à la finale cantonale de labour qui se déroulera le dimanche 14 août à Butten, chez Jean-Philippe Weinstein et Rémy Gilgert. Pour son dernier discours, le président sortant, Edwin Bauer, a rappelé qu’il a pris la présidence du syndicat interraces d’Alsace Bossue en 1980, à une époque où tous les concours locaux ont fusionné avec le concours départemental, sauf celui de Lorentzen qui fait de la résistance… « Même en rêve, je n’aurais pas osé y croire ! » Le député Patrick Hetzel a souligné l’ampleur des difficultés que traverse actuellement l’agriculture, difficultés conjoncturelles mais aussi structurelles. « C’est d’autant plus préoccupant que l’agriculture est essentielle et stratégique pour notre développement économique. » Véronique Klein se réjouit que de jeunes éleveurs d’Alsace Bossue prennent le relais, aussi bien dans le syndicat de la race prim’holstein, avec Jean François Dintinger, que dans le syndicat interraces d’Alsace Bossue, avec Thomas Strohm. « Cette année est particulièrement difficile pour toutes les productions, mais l’élevage est touché à cœur, surtout en Alsace Bossue où cette production est primordiale. La Chambre d'agriculture et la FDSEA seront à vos côtés pour vous soutenir en cette période de crise. Il faut garder le moral, les beaux jours reviendront pour l’élevage et les autres filières. »

Publié le 17/07/2016

Dans l’espace réservé habituellement aux congrès, la vente aux enchères proposant 42 lots était le clou de la première journée de la confrontation européenne. Toutes les holstein ont trouvé acquéreur, pour un prix moyen de près de 6 000 euros.

« On commence tout de suite avec un vrai « crack » : Ponderosa Mc Cutchen Ashley, un lot exceptionnel pour un événement exceptionnel », prévient l’un des lecteurs de pedigree, Giuseppe Beltramino. « Fille de l’une des plus belles vaches que l’on ait eu en Europe Ashlyn-Vray, première vache espagnole à avoir obtenu la note Ex-96. » « Ex » signifie excellent et 96 est le nombre de points, le maximum étant 97. « Ashlyn-Vray, issue d’une famille canadienne, a un parcours extraordinaire puisqu’elle est devenue réserve championne adulte à l’Européen de Fribourg en 2013 et Grande Championne du concours international de Vérone en 2014 ». La mise à prix de ce premier lot débute, comme pour tous les autres, à 2 600 euros. La salle est bondée. De nombreux spectateurs sont contraints de rester debout. Les mains se lèvent sans attendre. Les huit crieurs s’époumonent à chaque mouvement, et le prix s’envole. Au bout de plusieurs minutes d’enchères, le marteau tombe : 15 200 €. Les vaches s’enchaînent sur scène, mais une erreur vient interrompre la vente. L’acheteur d’un lot n’a pas été identifié. L’enchère repart à 12 000 €, un acheteur enchérit à 12 200 €. Le lot, une fille directe d’une des meilleures vaches de show, Silvermaple Damion Camomille, trouve son acquéreur. Un des trois signeurs s’approche pour valider son achat. « Une future star des rings déjà prête à collecter ! » Les lots se suivent et ne se ressemblent pas : une noire du Loiret pour 5 000 €, une mère à taureaux avec déjà pour 5 000 € d’embryons vendus pour 8 400 € et 16 200 € pour Lysyn-Vray ! Née en Loire-Atlantique, elle est la petite-fille de la célèbre Ashlyn-Vray. « Une future star des rings déjà prête à collecter », selon le catalogue et le lot le plus onéreux de la soirée. La salle se vide peu à peu. Le public reste cependant nombreux jusqu’à la dernière génisse présentée, une sœur de Goldwyn Hauley (Ex-97), adjugée à 7 600 €. Pour Giuseppe Beltramino, c’est l’une des meilleures ventes en Europe qu’il ait jamais connue. « Malgré une période complexe pour les éleveurs, la vente a bien fonctionné avec une bonne moyenne de prix, ce qui est d’autant plus étonnant que cette vente était orientée vers la morphologie des génisses, un achat plus risqué que celui d’une mère à taureaux. » Franck Guittard, éleveur à Bréchaumont dans le Haut-Rhin, est l’heureux acquéreur de deux génisses, l’une sans corne et l’autre avec « un index intéressant », achetées avec des collègues pour des stations de donneuses d’embryons. Dix génisses achetées par des étrangers Claude Charles, gérant de la vente, se félicite de son caractère véritablement international, du point de vue des vendeurs et des acheteurs. Les génisses viennent du Luxembourg, d’Allemagne, de Suisse, d’Espagne et d’Italie. « En 40 ans de métier, je n’avais jamais vu cela. Les animaux ont été triés et bien préparés pour ce cadre exceptionnel. Le prix de vente moyen de 6 000 € est excellent vu la conjoncture actuelle. » Sur les 42 génisses, 10 iront à l’étranger : 6 en Suisse, 4 aux Pays-Bas, une en Allemagne et une en Italie. Les autres gagneront les quatre coins de la France. Tous les vendeurs et acheteurs ont reçu un bon d’achat de 500 € à valoir sur le catalogue Beiser environnement.

Après la confrontation européenne à Colmar

La holstein a créé de l’émotion

Publié le 14/07/2016

Quelques semaines après la confrontation européenne à Colmar, le président du Club Holstein 68, Thomas Prinz, dresse un premier bilan de la manifestation. Positif pour les professionnels, mitigé pour le grand public.

Avec plus de 30 000 entrées réalisées en trois journées, un concours magnifique et des bénévoles présents en très grand nombre, Thomas Prinz est évidemment ravi. D’autant plus qu’il faut remonter quelques années en arrière. Lors de son arrivée à la présidence du Club Holstein 68. Ce jour-là, il l’avait bien expliqué. Il n’acceptait pas cette responsabilité juste pour être président, mais pour faire bouger les gens et organiser quelque chose de grand. Les objectifs sont donc atteints. « Nous avons en effet réussi à dynamiser l’élevage alsacien, l’élevage haut-rhinois, mais surtout l’élevage du Sundgau. Les professionnels sont venus de partout, de tous les élevages, de toutes les races d’élevage. Au total, plus de 280 personnes ont participé à cet événement. Nous pouvons être fiers de cela. On nous avait dit que c’était impossible d’organiser une manifestation de cette ampleur, de mobiliser autant de monde. Nous l’avons fait. Le pari est gagné. Tout le monde a compris que c’était important d’être là. C’est une belle reconnaissance pour notre profession, pour l’élevage, pour la race holstein », se félicite Thomas Prinz. Et les retours des professionnels européens sont également positifs. « Nous avons eu de nombreux messages de félicitations des participants, des juges, des responsables des différents pays présents. Le concours a été une grande réussite. La soirée des éleveurs également. Nos partenaires et nos sponsors se sont montrés surpris de l’ampleur de ce concours. Nous, au Club Holstein 68, nous le savions. Mais, sinon, personne ne semblait imaginer ce que ce rassemblement allait représenter. Il n’y avait que des passionnés », ajoute Thomas Prinz. Communication difficile auprès du grand public Il faut dire que ce concours a été de grande qualité. Avec une préparation des animaux exceptionnelle, un déroulement des différentes sections minuté, des écrans géants qui ont permis à l’ensemble du public de suivre en temps réel la manifestation. « J’en profite pour saluer le travail de notre régisseur, Luc Wendling. Nous lui avons expliqué pendant des mois avant le concours ce que nous voulions et ce que nous attendions de lui. Il a très bien compris. Résultat : il a fait cela comme un vrai spécialiste du monde de l’élevage, avec la musique qui allait, le jeu de lumière adapté, le son, les images. De leurs côtés, les juges étaient tellement pris par l’événement qu’ils étaient dans l’émotion, la beauté des choses », souligne Thomas Prinz. Un regret cependant : la communication réalisée auprès du grand public. « C’est vrai que le message n’est pas très bien passé. Un événement professionnel auquel on ajoute une partie grand public, c’est quelque chose de délicat. Les tarifs ont été mal expliqués. Les 15 euros d’entrée par exemple. C’était pour les trois jours. La journée grand public représentait un coût de 5 euros et était gratuite pour les moins de 13 ans. Avec nos partenaires, nous n’avons pas réussi à bien présenter les choses, à mieux faire passer ce message », constate Thomas Prinz. Surfer sur cette vague Et maintenant ? Pour les responsables du Club Holstein 68, la porte est grande ouverte. Les éleveurs du département et du Sundgau ont montré qu’ils savaient se mobiliser, qu’on pouvait compter sur eux pour de telles manifestations et pour défendre et promouvoir la profession. De son côté, Thomas Prinz, président depuis bientôt neuf années, estime que son objectif est désormais atteint. « Merci à mon équipe, et notamment à Franck, Claude, Philippe et à Valérie qui a géré les bénévoles de main de maître. Tous les feux sont désormais au vert. Le Sundgau doit pouvoir en profiter et surfer sur cette vague, toutes races de vaches confondues. Chacun peut utiliser cette manifestation sur sa carte de visite. Personnellement, j’ai atteint le but que je m’étais fixé. Je pense qu’il est temps de passer la main. L’hiver prochain, je vais passer le relais à quelqu’un de plus jeune que moi tout aussi motivé et qui aura compris notre rôle, qui n’est pas uniquement politique, mais de défendre l’élevage laitier en général. Pour ma part, je compte continuer à aider, donner mon avis si on me le demande. Il faut maintenant développer des idées nouvelles. Depuis trois ans, cette manifestation a utilisé mon énergie. Merci à toutes et à tous », conclut Thomas Prinz.

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