Élevage

Publié le 23/06/2016

Ils ont eu leur coupe d’Europe avant l’heure. Les éleveurs français ont particulièrement brillé samedi lors de la Confrontation européenne holstein. Avec des produits de leurs élevages trustant les premières places : la bretonne Héline en classe intermédiaire, la suissesse Galys Vray et l’espagnole Ashlyn Vray, première et deuxième dans la catégorie senior et finale européenne, des vaches issues de l’élevage français Vray-Holstein.

Devant près de 5 000 supporters de 17 nations, dans un théâtre du Parc des expositions de Colmar chauffé à blanc, les éleveurs français ont brillé samedi 18 juin, trustant les podiums avec Héline, Galys Vray et Ashlyn Vray. Le juge international, Markus Mock, avait à départager environ 75 vaches dans chacune des trois catégories junior, intermédiaire 2e lactation et seniors. Au final, sur les quelque 180 concurrentes, c'est un triplet pour les éleveurs français, avec trois vaches holstein nées en France, aux trois premières places du concours final toutes catégories : Galys Vray, Ashlyn Vray et Héline. « Un niveau exceptionnellement élevé » Chez les juniors, dans la troisième section, citons l’alsacienne Gwenn Izaray, de l’élevage Wilt, qui arrive cinquième. Mais la finale ne retient que les deux premières places des trois sections, et c’est la vache suisse Pandora, une fille d’Aftershock, « aux caractères laitiers affirmés » qui se place première devant l’autrichienne Naomi (par Yorick et une fille de Théo), « un modèle exceptionnel, bien balancé ». Les 73 concurrentes en classe intermédiaire étaient réparties en trois sections. Markus Mock a souligné « un niveau exceptionnellement élevé » pour ces vaches en 2e lactation. La bretonne Cap J Irana (par Numéro Uno et une fille de Goldwin), du Gaec Cabon (29), est la gagnante évidente de la première section. Mais c’est Héline (par Chelios et une fille d’Umanoir), la favorite, qui remporte cette finale intermédiaire : « La perfection, le top de la race », pour le juge. Une consécration pour l’élevage breton de Patrick Rabin, peu habitué de ce genre d’épreuve, mais qui détient la vache la mieux pointée de sa génération en Europe. Trois vaches nées en France aux trois premières places Place ensuite aux 75 seniors, départagées en trois sections, d'un niveau global extrêmement élevé, selon Markus Mock qui a parfois pris beaucoup de temps pour scruter les caractères morphologiques des concurrentes. Dans la finale senior, ce sont deux habituées des podiums, Galys-Vray (par Atwood et une fille de Damion), et Ashlyn Vray (issue de Goldwin et Uzes Vray par Lheros), qui arrivent aux deux premières places. Ces vaches suisse et espagnole sont nées dans le même élevage, celui de Jean-Paul et Françoise Bichon, à Trovay en Loire-Atlantique, qui avec ces deux vaches sont passés à la dimension internationale, après avoir renouvelé leurs courants de sang, avec de la génétique canadienne et américaine. Les vainqueurs des trois classes se sont retrouvés dans la finale européenne toutes catégories. Markus Mock a placé les deux seniors Galys Vray et Ashlyn Vray en tête devant Héline, concluant ce championnat européen, finalement par trois vaches nées en France, aux trois premières places.  La moisson de victoires se poursuivant avec la grande finale par équipes nationales. 12 juges avaient à noter les lots de toutes les nations, excepté celui de la leur. L’équipe des éleveurs français faisait retentir la Marseillaise devant des milliers de supporters européens surchauffés. 

Publié le 23/06/2016

Le dernier concours en date avait eu lieu en 2013 à Fribourg. La douzième édition de la Confrontation européenne holstein s'est tenue le week-end dernier au Parc des expositions de Colmar. Pour marquer cet événement, préparé durant trois ans, les représentants des 17 pays concurrents se sont réunis dans le théâtre transformé en ring.

Sur la scène, le présentateur scande le nom de chaque pays en français, en anglais et en allemand avant l'entrée de son représentant. Le public applaudit ou lance quelques huées selon le pays cité. À chacun ses supporters. Lorsque l'ensemble des éleveurs est présent, la parole est donnée à Pascale Gaillot, présidente de la commission agriculture et forêt de la région Grand Est : « Cette très belle confrontation européenne a vocation à faire reconnaître le savoir-faire des éleveurs laitiers de 17 pays européens. Le président de région, Philippe Richert, m'a demandé de vous transmettre ses encouragements pour que cet événement soit une réussite, ainsi qu'une belle fête qui permette à chacun de dépasser la crise qui frappe l'ensemble de la filière, quel que soit le pays dans lequel vous œuvrez. L'agriculture n'est pas seulement une activité économique, c'est une indéniable source de richesse par ses activités productives, non délocalisables. » Le Grand Est produit 10 % du lait français Pascale Gaillot présente la structure de cette nouvelle grande entité : « Nous sommes dans l'une des plus grandes régions agricoles françaises : de l'Alsace aux portes du bassin parisien. Elle représente 10 % du territoire français, dont un tiers est couvert de forêts. 50 000 exploitations mettent en valeur ce territoire. L'agriculture du Grand Est repose sur trois systèmes de production : les céréales, la vigne et l'élevage. Notre modèle se caractérise principalement par la polyculture-élevage. Il reste le modèle le plus résilient face aux incidents climatiques. Nous produisons 10 % du lait français avec un cheptel de 328 000 bovins, soit 2,2 milliards de litres chaque année. 116 établissements transforment le lait. Trois jours ne seront pas suffisants pour découvrir cette région agricole. » 181 prim'holstein présentes La secrétaire générale de la Confédération européenne holstein et red holstein, Suzanne Harding, s'exprime en anglais, directement traduit sur grand écran : « La confrontation européenne est devenue l'un des événements les plus attendus du calendrier européen. Elle réunit les meilleures prim'holstein et prim'holstein rouges. Ce sont 181 prim'holstein qui sont présentes, venues de 17 pays. La douzième édition de cette confrontation sera un spectacle fabuleux et mémorable ». Thomas Prinz, président du Club Holstein 68, conclut la cérémonie d'ouverture : « Cet événement est le reflet de notre métier, l'élevage, et de notre passion, la holstein. »

Publié le 20/06/2016

L’assemblée générale de la Fédération nationale porcine (FNP) s’est tenue le 9 juin à Morteau dans le Doubs. Malgré une légère remontée des cours grâce à une demande forte de la Chine, la situation reste compliquée pour les éleveurs de porcs. Le fonds porcin doit donc être défendu, et la FNP travaille à des mesures qui permettraient de capter de la valeur ajoutée.

La FDSEA et les JA du Bas-Rhin étaient représentés à cette assemblée générale par Mathieu Schneider, responsable du groupe porc chez les JA et, Jean Kauffmann, éleveur. Les producteurs de porcs présents attendaient la définition d’axes de travail pour sortir de cette crise qui devient interminable. Même si les nombreuses mesures obtenues par la FNSEA (fonds d'allégement des charges, aide au paiement des cotisations MSA, année blanche, rallonges budgétaires du Plan de sauvetage de l'élevage…) ont permis tant bien que mal d’accompagner la situation de crise, le fonds porcin, validé par l’Autorité de la concurrence depuis bientôt cinq mois, est toujours en attente. Concernant l’application expérimentale de l’étiquetage obligatoire sur produits transformés en France, la Commission européenne devait donner son aval avant le 12 juin. Sans réponse de sa part, les opérateurs considèrent la démarche applicable pour deux ans. Déséquilibre entre l'offre et la demande Estelle Antoine, de l’Institut du porc (Ifip), a dressé un état des lieux du marché du porc et de ses perspectives à plus ou moins long terme. La moyenne de prix en 2016 était de 1,12 €/kg. Elle a insisté sur le fait que ce prix payé au producteur est « bien trop bas par rapport au prix de l’aliment ». Les fondamentaux, à savoir une production croissante et la consommation en berne à l’échelle européenne continuent de peser sur le marché. « La filière porcine est toujours embourbée, peu de choses ont changé, les fondamentaux sont les mêmes », affirme Paul Auffray, président de la FNP. Pour remédier à ce déséquilibre, la Chine, première destination pour l’exportation française, tire actuellement le marché. L’Ifip a noté une hausse de 15 à 20 % des exportations de l’Union européenne (UE) en 2016. Cette opportunité représente aussi un risque car les importations chinoises sont cycliques et d'autres pays tentent de se positionner sur ce marché. « La filière chinoise se structure, leurs grandes exploitations seront productives dès 2017 », explique l’ingénieure de l’Ifip. L’embellie pourrait donc être de courte durée. Capter la valeur ajoutée Une table ronde a permis de redéfinir les axes d’orientation stratégiques de la filière. Les débats ont porté sur la qualité, les contrats, la reconquête du marché intérieur et la nécessité de remettre l’éleveur au centre des relations qui lient la filière. En effet, à l’instar de la distribution et des transformateurs, les producteurs veulent aussi « prendre leur valeur ajoutée », a déclaré Gilles Pécastaing, secrétaire général de la FNP. Il a suggéré « la création d’un marché à terme pour le porc et des systèmes assurantiels pour gérer le risque revenu/prix ». D’autres dénoncent le manque cruel de compétitivité du secteur porcin. « Notre problématique est la compétitivité. Nous avons le désagréable sentiment d'être enfermés dans un bocal européen, alors que la conjoncture mondiale est plutôt favorable », a affirmé Guillaume Roué, président d'Inaporc. À cela se rajoute le problème de l'embargo russe : « Nous subissons les conséquences sans compensation ». La perte pour l'UE serait de l’ordre de 10 milliards d'euros dont 1 milliard rien que pour la France. Le fonds d'urgence porcin encore attendu Le fonds d'urgence porcin « doit être mis en place le plus vite possible », a demandé le président de la FRSEA Bretagne, Thierry Coué. Ce fonds de 100 M€ promis par la grande distribution est bloqué depuis plusieurs semaines par le refus affiché des fédérations d'industriels de participer à sa collecte. « Il y a un fort blocage des abatteurs, des coopératives et des distributeurs sur le mécanisme », a déploré François Valy, vice-président de la FNP. De son côté, Paul Auffray a regretté : « Nous sommes près du but mais rien n'y fait, tout est bloqué ». Ce différend traduit, selon lui, le manque de solidarité des acteurs de la filière. « Nous sommes en soutien total dans la mise en place de ce fonds », a tenu à rappeler Thierry Coué, également membre du bureau de la FNSEA. Malgré la morosité engendrée par la crise, l’assemblée générale de la FNP s’est cependant déroulée dans un climat plus apaisé que l’année dernière, en l’absence du ministre de l'Agriculture, en déplacement en Pologne.

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